Avant toute chose et par souci de transparence, sachez que selon moi le but premier d’un bon transfert UHD et d’une bonne piste sonore est de respecter les intentions originelles voulues pour l’image et la bande-son. Cette remarque est très importante pour que vous puissiez comprendre que le grain argentique n’est en rien un défaut d’image mais bel et bien une volonté artistique. De plus, mais vous devez déjà le savoir si vous me suivez depuis longtemps, c’est la VO que j’écoute de préférence et donc celle que je note au final. Ne soyez donc pas étonnés de retrouver dans les différents classements des éditions proposant seulement une VF lossy.

Trêve de bavardages, voici le classement des meilleures éditions 4K Ultra HD parues en 2022… En France, mais pas que !

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Sommaire

Le top des sorties françaises

Top Gun: Maverick

Top Gun: Maverick

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 et 1.90 IMAX – DI 4K
Captées en 6K et issues d’un master intermédiaire 4K, les vertigineuses images du chef op’ Claudio Miranda brillent de mille feux sur ce transfert UHD Dolby Vision de légende où, captation IMAX oblige lors de six passages (dont le final à couper le souffle), alterne les formats 2.39 et 1.90. La définition est ici irréprochable (la clarté des décors et des paysages se voit augmentée), les plans qui sont d’une précision chirurgicale sont encore plus finement détaillés qu’en HD (les visages, le fuselage des avions, les barrettes d’uniforme), la palette colorimétrique au style californien (hormis la froide dernière ligne droite) est plus chaleureuse (la carnation) et mieux saturée (le bleu de l’océan, les teintes orangées du ciel), les contrastes gagnent en fermeté (des noirs plus denses et des blancs – la neige – plus immaculés) et les sources lumineuses, en plus d’éviter les surexpositions de son homologue SDR (les nuages et les surfaces rocheuses sont davantage dessinés), s’affichent avec beaucoup plus d’intensité (les levers et couchers de soleil, les projecteurs du hangar du Lockheed Martin SR-72, l’éclairage intérieur du porte-avions, etc.).

• Pistes sonores : Anglais et Français Dolby Atmos
Au plus près des turbines, ces pistes sonores encodées toutes deux en Dolby Atmos (une première pour l’éditeur Paramount) vont vous clouer sur place ! Puissantes, viscérales et particulièrement bien réparties, elles envoient du pâté dès l’ouverture sur le porte-avions jusqu’au générique de fin. Les voix sont claires (le doublage de la VF s’incorpore parfaitement au mixage), la dynamique s’envole aussitôt qu’elle le peut (les scènes en avion et la séquence du voilier), les basses font montre d’une grande autorité (les infra-graves sont insensés lors des poussées des moteurs), la spatialisation déploie avec autant de précision que de générosité ses effets pyrotechniques (les trajectoires des engins, les missiles) et ses ambiances environnementales (le vent, les vagues) sur l’ensemble des canaux (de hauteur compris avec entre autres les messages radio des pilotes et les survols des chasseurs légers qui usent pleinement de la verticalité), et le score composé par Hans Zimmer et Lorne Balfe tire avantage d’une ampleur décoiffante. Alors qu’elle doit se contenter d’un « petit » Dolby Digital 5.1 sur le Blu-ray, la VF 3D de la présente édition 4K est aussi bonne pilote que la VO, si ce n’est qu’elle a un peu plus de mal à lâcher prise lors des brusques accélérations de la bande-son.

Dune (2021)

Dune (2021)

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Jouant des ombres et de la lumière, la majestueuse photographie à la beauté froide de Greig Fraser (Rogue OneThe Batman) émule une captation argentique alors même que le film a été tourné en numérique. Pour ce faire, les images issues de caméras Arri Alexa LF et Mini LF (4.5K et certifiées IMAX) ont été transférées sur pellicule 35 mm avant d’être rescannées en 4K. Unique, cette approche permet d’accéder à un admirable rendu pictural où l’homogénéité de la granularité ne dégrade en rien la précision de la définition. Et comme de bien entendu, seul le transfert UHD Dolby Vision est capable de restituer le plus fidèlement possible ce choix artistique. Finesse accrue des textures (les particules de sable, la barbe de Leto, le distille Fremen, les infrastructures d’Arrakeen), méticulosité affermie des valeurs de contraste (grâce à des ombres mieux sculptées, les séquences en basse luminosité – comme le rite de passage – y gagnent en lisibilité), richesse soulignée de la palette colorimétrique (le jaune clair « doré » du désert, les yeux bleus du peuple pionnier de Dune, la double teinte des boucliers énergétiques, les armures blanc cassé des Sardaukars) et accentuation d’éclairages (globalement modérés à l’exception des « révélations » de Paul où la luminosité devient écrasante) mieux écrêtés, permettent au 4K Ultra HD d’échapper à l’allure autrement plus matte et surexposée (en particulier sur les surfaces réfléchissantes) du Blu-ray.

• Pistes sonores : Anglais et Français Dolby Atmos, Anglais et Français Dolby Digital 5.1
Bardé d’atmosphères et expressif au possible, ce mixage Dolby Atmos (en VO comme en VF) qui exploite sans discontinuer tous les canaux qui lui sont alloués s’impose comme un très « gros morceau » acoustique. Le paysage sonore est plein de relief avec des ambiances (les déplacements du sable, le souffle du vent) et/ou effets (l’activité de la moissonneuse, les canons à obus explosifs) qui s’immiscent de partout (la scène arrière est régulièrement prise d’assaut), la dynamique envoie méchamment les décibels (cf. l’attaque éclair de la Maison Harkonnen sur Arrakis), les dialogues qui restent équilibrés en toutes circonstances sont délivrés avec une grande clarté, les enceintes de hauteur s’illustrent à de nombreuses reprises (les visions de Paul, les ornithoptères, la tempête Coriolis à la Mad Max: Fury Road, les vaisseaux spatiaux), la partition chamanique de Hans Zimmer revête une amplitude ébouriffante et le canal LFE, qui pilonne inlassablement le bas du spectre (la Voix des Bene Gesserit, l’approche des vers, le marteleur de Liet Kynes), se mêle ardemment aux festivités.

Ambulance (2022)

Ambulance (2022)

Test de l’édition allemande >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Captée en 6K et 8K (des caméras RED) avant la conception d’un master intermédiaire en 4K, cette image clinquante (qui porte indéniablement la patte du metteur en scène) frappe la rétine en UHD Dolby Vision… Car déjà incroyables en Blu-ray, ses caractéristiques visuelles sont ici enjolivées ! La définition se voit affermie (des arrière-plans plus complexes), les détails se dévoilent avec une netteté accrue (cf. la précision des visages, des vêtements et des carrosseries), la palette colorimétrique « californienne » (chaude et saturée en somme) gagne en vivacité (les gilets jaunes, l’ambulance rouge, le ciel bleu), les contrastes ardemment poussés sont encore plus francs (des noirs plus denses et des blancs plus purs) et les sources lumineuses, mieux écrêtées (au revoir la surexposition), font montre d’une intensité augmentée (les explosions, le soleil, les gyrophares, l’éclairage d’intérieur).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français (parisien) Dolby Digital 5.1
Des sensations fortes en veux-tu en voilà pour cette piste Dolby Atmos qui devrait servir de matrice à tous les films d’action qui aspirent à une bande-son 3D ! Atteignant sans accroc la combustion optimale de chaque élément du mixage, elle délivre, non sans une singulière clarté, une spatialisation constamment ébouriffante à l’intégration surround (le trafic routier, les ambiances urbaines) et/ou aérienne (les hélicoptères, les avertisseurs sonores des véhicules d’intervention, les ricochets de balles) exemplaire, des voix parfaitement restituées, une dynamique à l’ampleur d’exception (les coups de feu), des basses ultra-physiques admirablement équilibrées (les carambolages) et une omniprésente musique enveloppante au possible. Tout aussi active et rentre-dedans malgré une précision moindre, la VF(F) s’en sort plutôt bien (surtout avec l’activation d’un DSP de virtualisation) face à l’immodération de l’œuvre qu’elle sonorise.

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Résultant d’une captation 35 mm, 65 mm et IMAX ensuite finalisée en véritable 4K, cet époustouflant transfert UHD Dolby Vision n’a de cesse de magnifier la superbe photographie de Linus Sandgren (La La Land). Nettement supérieure à son homologue HD, l’image qui est beaucoup mieux définie (cf. la netteté accrue des arrière-plans) affiche une texture argentique autrement plus fine, des détails bien plus plus intimes (la tombe de Vesper Lynd, les gros plans sur les visages, la texture des vêtements), une palette colorimétrique clairement plus soutenue (à commencer par les bleus et les verts), des contrastes largement plus harmonieux où les blancs gagnent en pureté (la nature enneigée lors de la séquence d’ouverture) et les noirs en précision (l’exploration des passages souterrains), et des sources lumineuses à la fougue décuplée (l’ensoleillement extérieur et l’éclairage intérieur). À la hauteur de la classe de l’agent secret préféré de Sa Majesté, cet Ultra HD Blu-ray touche à la perfection !

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français Dolby Digital Plus 7.1
Richement spatialisée et éminemment musicale, la VO encodée en Dolby Atmos rivalise, non sans un certain flegme britannique, avec les ténors du genre. Le mixage est soigneusement équilibré, les dialogues sont parfaitement clairs, la dynamique tourne à plein gaz, les effets comme les ambiances sont particulièrement bien placés dans l’espace acoustique (l’Aston Martin sous les coups de feu à Matera, la soirée de l’organisation SPECTRE à Cuba, la chasse à l’homme dans une forêt en Norvège), la scène surround suit l’action sans discontinuer, les basses sont percutantes, la strate aérienne immerge pleinement (le retentissement d’une cloche, le survol des hélicoptères, des chutes de débris, une annonce dans les haut-parleurs et j’en passe) et le score signé Hans Zimmer, qui rythme admirablement cette 25e mission en sortant la saga de la torpeur musicale dans laquelle elle était plongée depuis longtemps (le « leitmotiv bondien », très présent, étant empoigné par les lourdes sonorités propres à son compositeur), se répand de partout avec une ampleur émérite. Plus discrète et moins frappante, la VF proposée en Dolby Digital Plus 7.1 et quoi qu’il en soit suffisamment efficace pour combler les adeptes de la langue de Molière.

SOS Fantômes: L’Héritage

SOS Fantômes: L'Héritage

Test de l’édition allemande >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.40 – DI 4K
Clinique dans sa propreté mais pourvue d’une ambiance agréablement « old school », l’image ultra-piquée de ce transfert UHD Dolby Vision se paie un joli cadre rural dont la beauté gagne en raffinement vis-à-vis du Blu-ray. L’apport de netteté (le mobilier de la maison « en ruine ») dû au DI 4K est visible, les plans sont encore plus détaillés (les visages, les vêtements, les équipements, les paysages), la photographie dominée par le brun est plus équilibrée tout en s’enrichissant de primaires plus vives (les apparitions spectrales), les contrastes qui sont plus fermes accentuent la profondeur des noirs (littéralement abyssaux) et la brillance des blancs (cf. les nuages), et les sources lumineuses dont l’éclat ne fait aucun doute (le soleil, les flux de protons) sont magnifiquement exacerbées.

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français (parisien) DTS-HD MA 5.1
Énergisée par des effets virevoltants, une dynamique à son apogée, des basses grondantes et un score « révisé » avec goût, ces pistes sonores palpitantes et non dénuées de nuances (la diffusion minutieuse des voix et des ambiances environnementales) nous embarquent dans un tourbillon multicanal de tous les instants… Surtout la VO encodée en Dolby Atmos où les interventions aériennes (les déplacements des fantômes, les salves de protons, etc.) ne manquent pas.

Candyman (2021)

Candyman (2021)

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – HDR10 / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 10 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 2K
Plus éblouie par son sens du cadre que par sa luminosité ambiante (volontairement mesurée pour coller à l’atmosphère des lieux), cette image captée en numérique trouve en ce transfert UHD HDR10 la toile de maître dont elle pouvait espérer. Pourvu d’une définition invariable et d’une compression inébranlable, il affiche des détails bien plus précis (l’intimité des visages, les bâtisses de la ville), des contrastes minutieusement renforcés aux noirs plus profonds et aux blancs purifiés (le théâtre des ombres exploite pleinement cette amélioration), des couleurs ouvertement plus riches (les primaires sont plus vives) et des sources lumineuses réhaussées (les plafonniers, une lampe de poche, les gyrophares).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français Dolby Digital 5.1
Conçue avec le plus grand soin, cette bande-son Dolby Atmos aussi équilibrée qu’investie fait montre d’un enveloppement de tous les instants. La dynamique est déployée avec force (les apparitions du Boogeyman, les coups de feu), le score qui est oppressant au possible s’étend avec beaucoup de largeur, les effets comme les ambiances passent par tous les canaux (de hauteur compris avec l’inquiétante présence dans un ascenseur, le bourdonnement des abeilles, la pluie qui frappe violemment un couloir couvert et j’en passe), le canal LFE convoque des basses autoritaires et les voix, parfois en hors-champ ou en écho, sont toujours claires. Moins précise que sa consœur mais tout de même bien répartie à son niveau (au plan horizontal donc) et plutôt puissance, la VF lossy ne démérite pas.

Spider-Man: No Way Home

Spider-Man: No Way Home

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 2K
Captées en 4.5K avant d’être supervisées en 2K lors de la création du master intermédiaire, les images de cette superproduction trouvent en ce transfert UHD Dolby Vision un allié de poids… Même si l’absence du label IMAX Enchanced (présent sur Bravia Core) aura fait couler de l’encre auprès de certains technophiles. Faut problème en passant puisque au-delà de la promesse mercantile, ce 3e opus de la saga Home a été tourné en numérique sans l’usage de caméras IMAX. C’est donc une version open matte 1.90 qui est proposée sur la plateforme de streaming et non le format 2.39 validé par le chef op’. Qui plus est, pour offrir la « meilleure expérience visuelle » à domicile, les instigateurs de ce programme « corrigent » la photographie (les couleurs sont modifiées et un DNR maison est appliqué) pour une restitution supplémentaire (plus réaliste d’après les techniciens IMAX) qui vient supplanter les choix artistiques d’origine. En somme, l’éditeur Sony a fait le bon choix en laissant ce gadget (limité au HDR10) loin du support physique. Revenons-en maintenant à nos araignées ! Si l’apport du côté de la définition (aucune baisse de régime) et du piqué (naturellement relevé) reste modéré (des textures un poil plus précises sur les costumes et les décors), c’est en se penchant sur les technologique WCG et HDR que la différence avec l’excellent Blu-ray se creuse sensiblement. Pour information, les CGI ont tous été retravaillés pour cette parution vidéo avec à la clé, un rendu beaucoup moins cheap à l’écran (le Lézard et l’Homme Sable ressemblent désormais à quelque chose). La palette colorimétrique à la Marvel (plutôt fade si vous préférez) se voie octroyer de primaires plus audacieuses (notamment sur les costumes des trois Spider-Man et du Dr Strange), les sources lumineuses affichent une tout autre intensité (les éclairs d’Electro, le lever du soleil lors du final, les reflets sur les carrosseries), et les contrastes se distinguent par des blancs d’une plus grande clarté (les nuages) et des noirs à la densité grandie (cf. la crypte du sanctuaire sacré).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français DTS-HD MA 5.1
Loin de la timidité d’une partie des films du MCU, la présente édition n’étant pas l’œuvre de Disney, cette bande-son Dolby Atmos réservée à la VO (même si limitée au plan horizontal, la VF lossless envoie tout autant du bois !) ne manque ni de puissance ni d’activité multicanale pour suivre les déplacements, pas seulement aériens, de Spidey et ses « amis ». Immersive à souhait et pourvue d’une dynamique renversante, elle lâche des effets/ambiances particulièrement bien répartis dans l’espace acoustique (une mention spéciale aux bras tentaculaires d’Octopus) mais aussi des basses physiques qui se ressentent dès que l’action s’en vient (les explosions, les coups portés). Les voix qui ne se limitent pas à la centrale sont cristallines, la scène arrière ne ménage pas son activité (notamment lors de l’affrontement sur le pont), le score de Michael Giacchino est bien enveloppant et la verticalité du mixage s’élance régulièrement (à commencer par le jet-planeur du Bouffon vert).

The Batman

The Batman

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Captée en 4.5K et 6K avant d’être scannée en 4K pour le DI, l’image expérimentale (du numérique à l’aspect vintage) que l’on doit au chef op’ Greig Fraser (Rogue One, Dune) est parfaitement restituée (jusque dans ses « imperfections » viscérales) par ce transfert UHD Dolby Vision qui élève l’expérience visuelle de son homologue HD. La compression ne fait montre d’aucune faiblesse, le faux grain argentique gagne en stabilité, la définition fait un sans-faute (les zones floues sont dues à l’usage d’objectifs anamorphiques) et les détails à la douceur somme toute volontaire (ne vous attendez pas à une netteté contemporaine) s’affichent avec un peu plus de clarté (les visages, les costumes du « Caped Crusader » et de Catwoman, les ruelles de la Cité corrompue). Obscurité quasi-permanente oblige (les blancs se font rares), l’apport des technologiques WCG et HDR est à chercher du côté de la précision et non de la démonstration puisque les couleurs sont globalement désaturées (les teintes grisâtres foisonnent) et les pics lumineux contenus. La palette colorimétrique est donc à peine plus chaude même s’il est vrai que les tonalités rouges/orangées s’expriment avec plus de générosité, les contrastes se veulent plus exigeants avec des noirs (pas forcément abyssaux) moins écrasés qu’en SDR et les sources lumineuses, jamais outrancières et mieux écrêtées (dès qu’il y a des flammes), développent un petit rayonnement supplémentaire (les levers et couchers de soleil, l’éclairage urbain, les phares des véhicules).

• Pistes sonores : Anglais et Français Dolby Atmos, Anglais et Français Dolby Digital 5.1
Aussi bien taillée pour les fans de VO que de VF, cette bande-son Dolby Atmos à la répartition exemplaire et à la puissance pertinente est une longue marche funèbre vers les ténèbres… Soutenue par des basses profondes qui, remarquablement utilisées (la musique techno de l’Iceberg Lounge, les coups portés, la turbine de la Batmobile, le carambolage), recouvrent l’espace acoustique d’une ambiance particulièrement oppressante, elle se laisse aller à une dynamique fiévreuse (la course-poursuite), use à profusion de ses effets et/ou ambiances, à l’arrière comme dans les hauteurs (le Bat-Grappin, la pluie, le vol en wingsuit), et se déplace au rythme d’un score lancinant signé Michael Giacchino.

Resident Evil: Bienvenue à Raccoon City

Resident Evil: Bienvenue à Raccoon City

Test de l’édition américaine >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.40 – DI 4K
Alors qu’elle est plongée dans l’obscurité presque totale, l’image de ce transfert UHD Dolby Vision (qui présente une mise à niveau solide par rapport à son homologue HD) n’en reste pas moins monstrueusement fantastique. Nativement 4K, elle délivre des détails plus nets (la texture de la peau, les revêtements muraux) et profite d’une définition accrue (cf. les plans aériens de Raccoon City) lui évitant toute trace de douceur. Bien évidemment, la meilleure compression vient renforcer cette impression. Enrichie en outre des technologies WCG et HDR, elle affiche des couleurs plus saines (la carnation) où les primaires se détachent mieux (les rouges sont redoutables), des contrastes époustouflants où les ombres (mieux délimitées) sont traversées de lumières plus (les lampes torches) ou moins (un briquet) aveuglantes, et de hautes luminances plus réalistes (l’éclairage urbain de la ville laissée à l’abandon, les reflets sur les surfaces métalliques et/ou mouillées, les lampes d’intérieur) où l’écrêtage gagne énormément en précision (la flamme à la sortie des canons).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Anglais DTS-HD MA 5.1, Français (québécois) Dolby Digital 5.1
D’une redoutable efficacité, cette bande-son Dolby Amos particulièrement immersive (toutes les enceintes sont de la partie) et lourdement chargée en basses (les coups de feu, les explosions) participe pleinement à l’effroi qui émane des lieux « visités ». La dynamique est enragée, le score de Mark Korven ainsi que les hits de la fin des 90’s sont amples et enveloppants, les dialogues sont parfaitement clairs, la directionnalité des effets/ambiances est très efficace (avec une présence optimale de la scène arrière) et les canaux aériens sont exploités en quasi-permanence (la pluie, les explosions, l’attaque du Licker, les grincements et/ou gémissements émanant de l’étage du manoir). Beaucoup moins large et privée de la verticalité du son (à moins d’activer un DSP de virtualisation), la VFQ a moins de chance de passer la nuit !

355

355

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – HDR10 / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 10 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Élégant et d’une grande beauté, ce superbe transfert UHD HDR10 restitue avec un soin maniaque l’attrayante photographie du chef op’ Tim Maurice-Jones. Encore plus précise qu’en 1080p où le piqué y est pourtant acéré au possible, l’image abonde de détails (vos yeux vont pouvoir se balader dans les décors ou profiter de la belle garde-robe des héroïnes) et de couleurs (une palette plus nuancée aux primaires renforcées) tout en s’offrant les services de contrastes plus ciselés (entre noirs d’ébène et blancs aveuglants) et de sources lumineuses autrement plus reluisantes (les éclairages nocturnes de Shangaï). Du reste mieux écrêtées, elles percent à travers des fenêtres pourtant « occultées » chez son homologue SDR.

• Pistes sonores : Anglais et Français DTS-HD MA 7.1
Hormis l’absence du mixage Dolby Atmos exploité dans les salles obscures, qu’il est possible d’émuler en activant un DSP de virtualisation (cf. les grondements du tonnerre), cette bande-son « furieuse » à l’environnement acoustique généreux déploie une énergie folle et une spatialisation exaltante… En VO comme en VF ! L’ouverture frontale est saisissante, les dialogues sont solidement exsudés par la centrale, la scène arrière ne tient pas en place (ambiances citadines en veux-tu en voilà, effets pyrotechniques multiples), les basses (le métro, les explosions) ne manquent pas de vigueur et la musique est continuellement enveloppante.

Vesper Chronicles (mention spéciale)

Vesper Chronicles

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – HDR10 / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 10 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Vivante alors même que le monde se meurt, la fascinante photographie de Feliksas Abrukauskas est parfaitement restituée par ce transfert UHD HDR10 qui fait montre d’un soin de tous les instants. Car triste et boueux, l’univers dépeint, s’il n’a rien de démonstratif, s’affiche avec une constante fermeté. Les légères traces compressives de son homologue 1080p sont de l’histoire ancienne, la définition ne fluctue guère, les détails fins ont été revus à la hausse (les visages, les costumes et les décors), la palette colorimétrique aux tons bruns laisse poindre des primaires plus denses (les organes du labo, la flore), les contrastes ont été renforcés (les scènes peu éclairées sont plus lisibles) et les sources lumineuses gagnent en éclat (la brillance du rayonnement solaire, la lueur des éclairages intérieurs, la blancheur cotonneuse des nuages, la luminescence des plantes de la serre).

• Pistes sonores : Anglais DTS-HD MA 7.1, Français DTS-HD MA 5.1
Sublimée par la partition éthérée de Dan Levy, cette bande-son impressionne par le réalisme de sa spatialisation. De fait, à l’avant comme à l’arrière (plus développé sur la VO), le moindre bruitage (qu’il soit forestier, organique, humain et/ou biomécanique) est rendu avec une surprenante minutie. La dynamique ne manque vraiment pas d’aisance (la menace du blob), les voix sont nettes (le doublage français est soigné), la localisation est très détaillée (les engins volants, le piège des herbes rouges) et les basses sont aussi profondes que subtiles.

Le top des exclusivités étrangères

Lamb

Lamb (2021)

Test de l’édition américaine >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Porté par une très belle photographie, ce transfert UHD Dolby Vision issu d’un DI 4K est nettement plus frappant que son homologue HD. La résolution accrue saute aux yeux (cf. la clarté des éléments en fond), les détails font montre d’une plus grande finesse (les taches de rousseur, les fourrures, la végétation, les rides), la palette colorimétrique nativement froide emploie des teintes plus nuancées (les bleus et les gris) tout en relevant les verts (les pâturages) et les jaunes (les fleurs, le marquage sur les bêtes), les contrastes se perfectionnent tant du côté des noirs (les ombres) que du côté des blancs (la laine) pour des scènes sombres à la lisibilité améliorée, et les sources lumineuses affichent un rayonnement plus naturelle (la lueur du soleil derrière les nuages, l’éclairage de l’étable, la lumière à travers les fenêtres).

• Pistes sonores : Islandais DTS-HD MA 5.1
Incroyablement immersive, cette bande-son qui fait naître un sentiment de malaise est particulièrement bien conçue… Car couverte de bruit subtils (la vie à la ferme, la présence des animaux) et d’ambiances environnementales (la pluie, le vent, la rivière) qu’elle exploite avec méticulosité à l’avant comme à l’arrière, elle attend le moment opportun pour libérer sa dynamique (robuste), ses basses (ébranlantes), sa partition musicale (bien ventilée sur les différents canaux) et ses dialogues (faciles à suivre).

Bloody Milkshake

Bloody Milkshake

Test de l’édition allemande >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Captée numériquement en 4.5K, cette image qui bénéficie d’un master intermédiaire 4K nous est livrée en UHD Dolby Vision via un transfert flatteur. Déjà un peu plus sombre que son homologue HD grâce à des contrastes plus précis qui donnent du relief aux nombreux intérieurs sombres (et de l’énergie aux blancs), elle a encore d’autres atouts à faire valoir… L’apport de netteté est marqué (les blessures sur les corps et les visages, les détails en arrière-plan), la saturation des couleurs est accentuée (les oranges, les rouges, les violets), le lumen des sources lumineuses est intensifié (les éclairages du diner et du bowling) et la solidité de l’encodage appuyée (quelques artefacts autour des textures les plus fines sur le Blu-ray).

• Pistes sonores : Anglais et Allemand Dolby Atmos
Peu portée sur la verticalité du son (l’orage lors de l’intro et le terminus d’un ascenseur) si ce n’est pour élever sa musique « techno western », ce mixage Dolby Atmos se démarque par la vigueur de sa dynamique, la spatialisation décomplexée de ses effets (notamment lors des fusillades) et l’extrême puissance de ses basses (spécialement avec la séquence dans le parking souterrain).

Evil Dead (2013)

Evil Dead (2013)

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• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 2K
Alors que le Blu-ray paru chez Metropolitan en décembre 2013 pouvait déjà se targuer de fidèlement reproduire l’aspect crasseux de la photographie (sans pour autant recourir à une forme quelconque de granularité) avec une définition somptueuse, un piqué acéré, des couleurs sanglantes, des contrastes de haut niveau et des noirs abyssaux, le présent transfert UHD Dolby Vision va encore plus loin et se pose donc comme une véritable merveille visuelle. L’image est plus nette (les textures boisées comme les effets gores gagnent en clarté), la palette colorimétrique plus macabre (les teintes qui sont globalement plus moroses partagent l’affiche avec des primaires plus enflammées), les contrastes plus affirmés (les noirs dévorent mieux les lieux) et les sources lumineuses plus éclatantes (la lueur éthérée du soleil à travers les arbres et les fenêtres, le rayonnement des éclairages artificiels, la chaleur des flammes).

• Pistes sonores : Anglais DTS-HD MA 5.1, Anglais DTS-HD MA 2.0
Une bande-son cauchemardesque riche en hurlements et autres chuchotements démoniaques qui délivre des voix limpides, des bruitages « tranchants » et/ou peu ragoûtants, des ambiances immersives, un déluge d’effets surround et des infra-graves bien senties. Un délire acoustique de tous les instants qui se doit d’être « possédé » par un DSP de virtualisation… Ne serait-ce que pour l’omniprésence de la pluie ou encore la compagnie des mouches lors de la découverte des cadavres de chats pendus dans la cave.

Copshop

Copshop

Test de l’édition scandinave >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – HDR10 / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 10 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 2K
Encore plus vif et détaillé que son homologue HD, ce transfert UHD HDR10 issu d’un DI 2K est juste fantastique. Immaculée et d’une grande netteté, l’image présente un piqué plus acéré qu’en 1080p (les visages, les décors), des couleurs oranges et « teal blue » plus vives, des contrastes sérieusement renforcés (un point qui a son importance puisqu’une grande partie de l’intrigue se déroule dans des lieux plongés dans la pénombre) aux noirs corrigés (ils sont globalement écrasés sur le Blu-ray) et des sources lumineuses considérablement accentuées (l’éclairage intérieur, les flammes).

• Pistes sonores : Anglais DTS-HD MA 5.1
Très animée à défaut d’être subtile, cette bande-son DTS-HD MA 5.1 délivre une dynamique impactante, des effets/ambiances « balancés » de toutes parts (les balles fusent et les débris volent de partout), des basses très profondes (c’est notable lorsque le score de Clinton Shorter retentit) et des dialogues, bourrés de « punchlines », d’une clarté avérée. En l’absence d’un mix 3D, activer un DSP de virtualisation permet de capter de nombreuses informations de hauteur (l’alarme de sécurité, les rideaux d’eau).

Nightmare Alley

Nightmare Alley

Test de l’édition américaine >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – HDR10 / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 10 bit – Encodage HEVC – Format 1.85 – DI 4K
Jouant du contraste entre les ombres et la lumière, de jour comme de nuit, cette saisissante image (issue d’un DI 4K) mise en valeur par un transfert UHD UHD10 de haute couture, est grandement améliorée en comparaison de son homologue 1080p SDR. Les moindres détails du cadre jouissent d’une clarté grandie (les visages, les tissus, les décors), la palette colorimétrique volontairement minimaliste (des tons bruns) se saisit de primaires plus audacieuses (les lèvres du Dr Ritter, la couleur rouge sur les tenues de Molly, l’éclat des éclairs) tout en accentuant la chaleur terreuse de la foire et la froideur monochrome de la ville, les noirs s’affichent avec une profondeur accrue (ils sont d’encre sans jamais écraser les éléments plongés dans l’obscurité), les blancs s’illustrent par une pureté relevée (la neige, la robe en organza du « fantôme ») et les sources lumineuses, allant et venant au sein d’un même plan, se dévoilent avec une vitalité nouvelle (les multiples éclairages d’intérieur, les flammes, la lueur des lampadaires).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Français (parisien) Dolby Digital 5.1
Conçue avec le plus grand soin et immersive, cette formidable bande-son donne littéralement vie au carnaval de freak animé par Guillermo del Toro. Plus enveloppante de par sa nature, la VO Dolby Atmos met à contribution l’ensemble des canaux avec transparence (pour suivre l’action même hors-champ), profite d’une verticalité attractive (cf. le public au-dessus de « l’idiot » du spectacle), use de basses bien secouées (les coups de feu et de tambour, les surtensions électriques), délivre un score subtil (que l’on doit à Nathan Johnson) parfaitement introduit dans l’espace sonore et rend clairement les dialogues. Moins précise côté spatialisation mais pourvue d’une dynamique aussi solide, la VF(F) assure également le show.

Le top des œuvres du patrimoine

Le Pacte des loups

Le Pacte des loups

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.35 – DI 4K
Basée sur le télécinéma réalisé à l’époque du DVD, l’image du précédent Blu-ray n’était qu’un mauvais « gonflage » de celle du master SD et n’avait de haute définition que le mot. Plus rien de tout ça aujourd’hui puisque intégralement « reconstituée » en 4K à partir des négatifs originaux (qu’il a fallu trier et scanner car non montés), la présente restauration réalisée sous la supervision de Christophe Gans et Sébastien Prangère (l’un des monteurs avec David Wu) est tout à fait sublime. Le négatif a été nettoyé, le color grading drastiquement retravaillé (avec à la clé une meilleure intégration de la Bête), les plans composites harmonisés et une masse considérable de détails récupérée. Grâce à cela, l’image est enfin à la hauteur des espérances de ses concepteurs (le réalisateur et son chef op’ Dan Laustsen)… Ce qui n’était même pas le cas dans les salles obscures puisque l’étalonnage numérique n’en était qu’à ses débuts. En le confrontant à son affreux homologue « HD » de 2008, le présent transfert UHD Dolby Vision s’impose comme une immense amélioration. Le grain argentique (une captation 35 mm) s’affiche avec une belle finesse, nous gagnons une portion d’image (un léger zoom arrière), le gap au niveau de la définition est incroyable (il est à présent possible d’apprécier les arrière-plans), le piqué est autrement plus aiguisé (les esquisses du chevalier de Fronsac, la fourrure des loups, les textures des costumes), la palette colorimétrique profite d’une énorme cure de jouvence (la dérive verdâtre a laissé place à des teintes beaucoup plus nuancées) avec des primaires transfigurées (à commencer par des rouges rutilants) et une carnation assainie (la dominante rose n’est plus qu’un mauvais souvenir), le taux de contraste est nettement renforcé avec des noirs plus denses (les scènes nocturnes, le grimage indien) et des blancs plus purs (les nuages ne sont plus brulés), et les différents éclairages comme les reflets, sans parler de la clarté accrue de l’ensemble (il fait moins sombre que par le passé), s’exposent avec une intensité inédite (les torches, la lumière du jour, les délimitations phosphorescentes lors du flash-back). Exception faite d’un plan en deçà (du colour banding sur le corps dénudé de Monica Bellucci laissant place aux montagnes), nous sommes bel et bien en présence d’un transfert de compétition.

• Pistes sonores : Français Dolby Atmos
N’ayant de cesse d’exploiter tous les canaux disponibles, cette bande-son nouvellement Atmos (retravaillée pour l’occasion par Cyril Holtz, le monteur son du film) est aussi percutante qu’immersive. Très dynamique et se servant au besoin de basses physiques (les pas de la Bête évoquent ceux du T-Rex de Jurassic Park), ce mixage 3D aux voix bien claires (une mention spéciale au conteur Jacques Perrin), aux effets régulièrement organiques et à la musique (signée Joseph LoDuca) ample, est pourvu d’une séparation des canaux particulièrement étudiée (notamment à 62′, lorsque Fronsac se remémore les témoignages sur l’animal). Les bruitages surgissent de partout, la scène arrière est exploitée avec constance (les cris des révolutionnaires, les projections d’eau, la présence hors-champ de la Bête, les explosions de citrouilles) et la couche supérieure, abondante il faut bien le dire (même les percussions du score y ont droit), est toujours justifiée (la pluie battante, le tonnerre qui gronde, les déplacements de l’animal au-dessus de la fosse boueuse où se trouve une bergère).

Souviens-toi… l’été dernier

Souviens-toi... l'été dernier

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.39 – DI 4K
Opérée en 4K depuis le scan des négatifs 35 mm originaux, la présente remastérisation « roule dessus » l’image du précédent Blu-ray qui était grossière (le piqué), fade (les couleurs) et crémeuse (les blancs). Formidablement filmique avec un grain argentique d’une belle finesse, ce transfert UHD Dolby Vision particulièrement sain (ni DNR ni EE) affiche une définition aiguisée (la netteté des lieux visités), des détails autrement plus intimes (les traits du visage, les vêtements), une palette colorimétrique éveillée aux primaires plus vibrantes (le ciel bleu, les ballons rouges) et à la carnation plus naturelle, des contrastes élargis aux noirs renforcés (les ombres sont mieux délimitées) et aux blancs plus purs (les robes et autres décorations lors du défilé), et des sources lumineuses largement exaltées (les reflets sur l’eau, l’éclairage artificiel lors du concours de beauté, les phares de la voiture de Max).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Anglais et Français DTS-HD MA 5.1
Plus terrifiant que le film lui-même, le mixage Dolby Atmos réservé à la VO est aussi audacieux que possible. La dynamique ne manque pas d’élan, l’immersion est constante avec une scène surround active (les bruits suspects émanant de l’arrière du véhicule de Julie, le public lors du défilé) et une verticalité parcimonieuse (les mouettes au-dessus des quais), les effets tranchants liés à « The Hook » et les ambiances environnementales (le vent, les vagues) sont délivrés avec réalisme, la musique profite d’une ampleur nouvelle, les voix sont d’une grande clarté et le canal LFE soutient le tout avec beaucoup de profondeur. Même si moins ouvertes à l’avant et plus chiches en atmosphères, les pistes sonores (VO et VF) encodées en DTS-HD MA 5.1 restent immersives et percutantes.

Event Horizon

Event Horizon

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 2.34 – DI 4K
Issu d’un récent scan 4K du négatif original (commandé l’année dernière par l’éditeur américain Shout! Factory), ce transfert UHD Dolby Vision creuse méchamment l’écart avec son homologue HD SDR datant de 2009. Les pétouilles sont de l’histoire ancienne, le grain argentique (une captation 35 mm) est nettement mieux résolu, l’étirement verticale des images a été corrigé et même si fluctuants (une limitation due à la source), les détails sont à présent autrement plus fins (les gros plans sur les visages comme les cadres larges de l’intérieur du vaisseau sont magnifiquement texturés) et n’ont plus à souffrir d’une quelconque accentuation artificielle. Et bien que la photographie use rarement de couleurs intenses, à quelques exceptions près (comme le vert du conduit informatique ou encore le rouge/orange des flammes), le WCG ravive une certaine chaleur perdue (la carnation) tout en enrichissant l’ensemble des teintes (l’échelle des gris). Quant au HDR, en plus d’ajuster les contrastes avec des blancs sains (ils ne sont plus brulés) et des noirs à la profondeur maîtrisée (et non plus bouchés), il élève la vivacité des sources lumineuses (les spots du noyau gravitationnel) et concède à l’obscurité une meilleure couverture des lieux.

• Pistes sonores : Anglais et Français Dolby TrueHD 5.1
Avec ses basses lourdes et constantes (le ronflement du moteur du vaisseau fantôme), sa partition techno cadencée, ses surrounds parfois dingues (la présence du fils du Lieutenant Peters, la déflagration des explosions) et sa dynamique débridée susceptible de s’envoler au moindre jump scare, cette bande-son multicanale ne manque véritablement pas de muscle… Spécialement la VO Dolby TrueHD, plus féroce que la petite VF (qui lutte tout de même activement) dont les dialogues peuvent être légèrement étouffés. Point de remixage néanmoins, d’où l’urgence d’activer un DSP de virtualisation pour profiter des effets de hauteur (comme les éclairs et les objets flottants) que le mixage garde dans ses entrailles.

Le Parrain

Le Parrain

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 1.85 – DI 4K
Supervisée par Coppola en personne à partir de la restauration effectuée en 2007 par Robert Harris, cette nouvelle présentation (un scan 4K sous 16-bit) nous arrive au sein d’un transfert UHD Dolby Vision absolument magnifique. Conservant une certaine douceur inhérente à la source et préservant son grain filmique (une captation 35 mm), cette glorieuse image généralement bien définie et minutieusement réétalonnée est autrement plus raffinée que par le passé. Présentée au ratio 1.85 et non plus au format 1.78 plein cadre (avec à la clé une légère perte de cadre), elle affiche une plus grande propreté (les poussières pellicule se font rares), une texture argentique moins grossière, des détails grandement améliorés (cf. la finesse accrue des gros plans, des vêtements et des décors en arrière-plan), une palette colorimétrique foncièrement plus réaliste (les teintes sont moins dorées) où la chaleur a été revue à la baisse et la carnation assainie, des contrastes sérieusement corrigés (adieu blancs brûlés et noirs bouchés) et des sources lumineuses revivifiées (les nombreux reflets, la lumière du jour qui transperce les fenêtres, les éclairages intérieurs ouatés, une enseigne au néon) qui parviennent à récupérer des éléments dans les hautes luminances.

• Pistes sonores : Anglais Dolby TrueHD 5.1, Anglais Dolby Digital 2.0 (bande originale restaurée), Français (2008) Dolby Digital 5.1, Français (1972) Dolby Digital 2.0
Approuvé par la légende Walter Murch en 2007, le mixage Dolby TrueHD 5.1 déjà en action sur le précédent Blu-ray fait son retour ici. Peu portée sur la scène surround (des ambiances discrètes de-ci de-là) et marquée par une face avant prépondérante, cette bande-son feutrée et équilibrée s’entoure d’une dynamique convenablement robuste, de dialogues d’une belle clarté et d’un score (l’inoubliable partition de Nino Rota) bien détaillé. Moins bien spatialisée et décrédibilisée par un nouveau doublage peu naturel (les voix de 2008 sont trop propres), la VF Dolby Digital 5.1 basée sur la même restauration que la VO de 2007 souffre de sa compression. Trop aiguë et écornée par un souffle assez présent, la VF Dolby Digital 2.0 mono a au moins le mérite de présenter le doublage d’époque.

Robocop (1987)

RoboCop (1987)

‹ Test de l’édition britannique (inédite en France) >

• Format vidéo : 3840×2160 / 24p – Dolby Vision / BT.2020 – YCbCr 4:2:0 / 12 bit – Encodage HEVC – Format 1.85 – DI 4K
Approuvée par Paul Verhoeven et présentée en Dolby Vision, cette restauration 4K issue d’un précédent scan des négatifs originaux (datant de 2013) semble être la mise à niveau définitive d’un Robocop plus beau que jamais ! Révélant un niveau de détail jusqu’alors inconnu (les pores de la peau, le vaste paysage urbain crasseux) et saupoudrée d’une granularité organique à la densité maîtrisée (un soupçon de DNR a dû être appliqué), elle maintient une clarté constante bien épaulée par un encodage tenant le coup. Évidemment, l’image est « boostée » (sans révisionnisme) par les technologies WCG et HDR, de sorte que les couleurs s’affichent avec plus de vibrance (la lumière rouge de la boîte de nuit, les teintes bleues-violettes de l’alliage de titane du héros titre) là où les contrastes, qui profitent d’un subtil coup de pouce, délivrent des ombres plus denses et des lumières enhardies (les enseignes au néon, les reflets sur les surfaces métalliques).

• Pistes sonores : Anglais Dolby Atmos, Anglais DTS-HD MA 5.1, Anglais DTS-HD MA 4.0, Anglais DTS-HD MA 2.0
Vintage dans ses sonorités (le bruitage des armes) mais moderne dans son traitement, cette nouvelle piste Dolby Atmos (une première chez cet éditeur) qui préserve l’intégrité de la source (fidèle à sa conception frontale) n’abuse aucunement de son « jouet » 3D… La verticalité du son se limitant à soulever de rares ambiances et le score (généreusement entreprenant) de Basil Poledouris. Plus puissante que son homologue DTS-HD MA 5.1 (cf. les explosions) et moins artificielle (davantage dans la retenue en somme), elle se veut bien large (à l’avant) et d’une grande pureté avec une activité arrière mesurée (la musique du club, la foule, la résonnance des coups de feu), des dialogues précis et des basses mieux appuyées (les premiers pas de l’ED-209), même si toujours modérées. Pour les puristes, le disque embarque en outre un mixage 2.0 ainsi qu’une bande-son 4.0 (l’élargissement naturel de sa consœur stéréo), tous deux soigneusement équilibrés et d’une authenticité certaine.

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure !

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