Déjà quatre ans au compteur pour MaG et la génération de consoles semble elle-aussi filer à toute allure. Cet été BennJ et KillerSe7ven sont également retournés couvrir l’éternelle Gamescom pour dénicher les pépites de demain. Les effluves de currywurst nous avaient manqué. Notre modeste équipe JV, renforcée par nos deux ailiers Itokiry et Neomantis, aura couvert l’actualité en faisant parfois fi des calendriers éditoriaux. Du rétrogaming aux sorties du moment, on aura chacun joué à des jeux très différents, signe d’un média qui se porte bien sur le plan créatif, nettement moins concernant son modèle économique reposant sur des équipes licenciées à tour de bras. Si les propositions ludiques étaient au rendez-vous, quels jeux ont dominé le média cette année ? La Switch 2 joue-t-elle enfin dans la cour des grands ? La scène indé était-elle toujours aussi incisive par rapport au marché AAA ? Réponse dans notre bilan écrit à quatre mains !

Sommaire

Bilan de KillerSe7ven​

QUEL EST TON RESSENTI SUR L'ANNÉE 2025 DANS LE MONDE IMPITOYABLE DU JV ?

En 2025, mon regard s’est principalement porté sur le futur proche de Nintendo. L’année passée a (enfin) accouché de la Switch 2, sortie le 5 juin en France, pour la coquette somme de 469,99 euros seule ou 509,99 euros avec le bundle Mario Kart World. Un prix loin d’être accessible pour tous les foyers et certainement un phénomène qui risque de se généraliser au regard de la hausse ahurissante des prix des composants électroniques perquisitionnés par l’industrie spéculative de l’IA. Malgré un catalogue très correct pour une console sortie il y a sept mois, je n’ai pas été porté par un enthousiasme débordant en allant chercher ma Switch 2 flambant neuve en boutique.

Publicité pour la Gamecube et promesse d’avoir une console de salon transportable. Qui n’a jamais rêvé de frimer à la plage avec sa Gamecube ?

J’ai pourtant souvenir de files d’attentes interminables à l’époque de la Wii et de la Gamecube, où aller en magasin faisait encore partie d’un processus d’initiés, un rituel de passionnés autant qu’une sorte d’aventure bravade pour ceux qui ne pouvaient pas se procurer la précieuse machine convoitée. Avec mon frère (qui écrit aujourd’hui pour MaG sous le nom d’Ummagumma) et notre mère, je me souviens d’être allé très tôt à l’ouverture du magasin Virgin de Metz chercher ma Wii, précommandée des mois plus tôt, très certainement à son annonce à l’E3 précédent. Il faisait froid ce 8 décembre 2006 et j’avais école le matin, mais au moins je faisais partie des heureux élus à expérimenter le futur du jeu vidéo ! On a fait la queue très tôt, bien avant la lumière du jour après une quarantaine de minutes à marche cadencée pour rejoindre le point de départ les premiers.

Funfact, c’est d’ailleurs lors d’une démonstration de Wii Sports en magasin que j’ai aussi fait connaissance de ce bon vieux Benoist, de dix ans mon ainé. Après une bonne rossée à Wii Tennis, il m’avait invité à un grand écart vidéoludique pour venir jouer chez lui à Gears of War sur son vidéoprojecteur. Le nec plus ultra à l’époque où tout gamin de cet âge bavait comme un locuste devant les graphismes de Marcus Phénix et sa bande, d’autant plus qu’à l’époque je n’avais pas de Xbox 360 et on jouait sur une simple TV cathodique 33 cm Sony qui me suivra jusqu’à mes 18 ans. La légende murmure que j’ai même été invité à Paris pour la compétition nationale de Wii Sports au Tennis, après avoir remporté la compétition régionale ce jour-là. Aujourd’hui, ni le magasin ni l’enseigne Virgin n’existent (mais Benoist oui). Et si cette pratique vous semble peut-être arriérée aujourd’hui, elle charriait beaucoup de rêves quant à l’avenir du jeu vidéo, en plus de rencontres IRL. En 2026, le seul témoin de votre exploit consistant à devenir le premier pigeon à payer le prix fort, c’est un livreur Amazon qui aura peut-être même sauté à pieds joints sur votre carton.

Autre temps, autres mœurs, les publicités avaient au moins le mérite de faire preuve d’une certaine légèreté, contrairement à aujourd’hui.

Nostalgie des jeux conceptuels

Blague à part, ce n’est pas qu’une affaire de nostalgie ; j’ai le sentiment très étrange que les générations n’existent plus vraiment, comme si les consoles s’enchaînaient comme de vulgaires smartphones Apple sans âme. Certes la Switch 2 est une machine techniquement solide mais elle rappelle en tous points sa grande sœur. Oui, la puissance (toute relative) est au rendez-vous, mais Nintendo n’a consenti aucun effort pour susciter l’émerveillement des joueurs. Déjà l’augmentation des prix de ses IP interpelle. La trépidation d’impatience que devrait générer la sortie de toute nouvelle console n’est plus associée à Nintendo à ce jour, ce que je ne pensais jamais écrire ici. La Switch 2 donne l’impression d’une simple tablette comme une autre. On est très loin de la surprise générée par des consoles qui ont marqué l’histoire de la firme tokyoïte. La Gameboy SP et son côté ultra Pocket inégalé, la Nintendo DS qui cassait tous les codes avec son double écran, le tactile et même le micro qui étaient utilisés conjointement pour émerveiller l’enfant que j’étais jadis.

« Kirby : Power Paintbrush » avait fait preuve d’audace en changeant les habitudes des joueurs. Bon, la publicité est un peu trompeuse, car la DS n’a jamais été très agréable à jouer sans stylet, contrairement aux smartphones aujourd’hui.

Je me souviens encore de souffler vers la jonction des deux écrans où était lové le micro, pour déplacer mon personnage dans Soul Bubble ou pour effacer les nuages du jeu d’arcade Yoshi Touch and Go. Du bout du stylet, dans Kirby : Power Paintbrush, je dessinais des courbes arc-en-ciel gracieuses sur l’écran pour propulser vers les cieux cette boule de chewing-gum rose, amputée de ces malheureux appendices par un magicien. A la fin de chaque boss de l’excellentissime Castlevania: Dawn of Sorrow, je dessinais des sceaux le plus vite possible pour les achever, en ayant pris soin de bien mémoriser leur forme au préalable pour éviter que le monstre ne renaisse de ses cendres si j’étais trop lent. Une erreur et c’était reparti pour un tour !


Enchaîner les mini-jeux en faisant le mariole dans WarioWare: Touched aux publicités très explicites sur le côté débile du jeu ou suturer une artère pendant qu’une hémorragie naissante menaçait l’équilibre vital de notre patient dans Trauma Center: Under the Knife, tout ça était rendu possible pour la première fois par une console : la Nintendo DS. Même fermer la console permettait dans certains jeux de résoudre des énigmes pour par exemple tamponner l’écran inférieur. Le hardware de la console était pensé pour les jeux de la machine avant tout.

Parfois quand la fatigue se faisait sentir, je m’amusais à faire n’importe quoi avec mon bistouri pour me faire engueuler par les infirmières de « Trauma Center : Under the Knife ». C’est à ça qu’on reconnaît les psychopathes des médecins !

Quant à la 3DS, elle nous donnait accès pour la première fois à la 3D relief sans lunettes deux ans après le rouleau-compresseur Avatar qui avait montré la technologie au grand public qui affluait en masse dans les salles obscures pour découvrir la tech. La 3D stéréoscopique m’avait émerveillé sur Kid Icarus Uprising et Super Mario 3D Land. J’avais l’impression que Nintendo cultivait cet esprit de monde de poupées dans le creux de la main, un concept qui avait toujours traversé l’architecture de ses portables : donner l’illusion de pouvoir se précipiter dans un monde, sous la couette la nuit, pour échapper aux parents, dans le noir le plus complet. Il ne restait que le jeu et le joueur. Rien d’autre. Pas de notifications ni de succès qui ne servent à rien, sinon gratifier des joueurs en mal de reconnaissance. La farce a atteint son paroxysme dans Kirby Air Riders où le jeu nous félicite pour tout et n’importe quoi. Joie, j’ai ouvert un menu… merci mais je n’en suis pas arrivé à ce stade de manque de confiance en moi pour avoir besoin qu’on ne me félicite pour rien.

« Kid Icarus Uprising » était le porte étendard de la 3D stéréoscopique sans lunettes de Nintendo. Magnifique et un jeu arcade original qui me fait espérer une suite sur Switch 2, maintenant que Sakurai est libéré de « Smash » et « Kirby ».

Sur console de salon, la Gamecube était la console la plus identifiable de Nintendo. Lancer la console et voir le menu s’afficher en musique était aussi rassurant que celui de la PS1 qui inondait l’espace de la chambre d’enfant. Dans les deux cas, on comprenait immédiatement qu’on entrait dans le monde virtuel. La carte reine que jalousait les concurrents de Nintendo, c’était son audace qui lui fait sérieusement défaut aujourd’hui et c’est son absence qui menace son hégémonie ludique aujourd’hui. Sony l’a bien compris et, outrage parmi les outrages, l’éditeur n’hésite même plus à attaquer le plombier moustachu dans son royaume, comme l’a démonté Astrobot (lire notre critique), ressorti cette année sur PC et dont Ummagumma ne tarissait pas d’éloges.

La Switch 2, console performante mais lisse

Quant aux innovations de gameplay, on est à des années lumières du lancement de la Wii et sa reconnaissance de mouvements qui avait pris tout le monde de cours. J’attendais de la Switch 2 de l’originalité et ce n’est pas du côté du hardware que je l’ai trouvée, indiquant que dans un futur proche l’hypothèse de voir tourner un jeu Nintendo sur n’importe quelle tablette n’est plus si farfelue si ses actionnaires votaient en ce sens. 2025 était l’année de sortie de la Switch 2 mais la firme du petit artisan ressemble de plus en plus à un constructeur high-tech comme un autre. C’est un peu triste pour l’enfant des années 90 que j’étais et qui imaginait quelque chose de plus grandiose un quart de siècle plus tard.

Bizarrement quels que soient les constructeurs, les consoles se ressemblent d’un modèle à l’autre et n’ont fait preuve d’aucune prise de risque sur cette génération, pour peu que le mot veuille encore dire quelque chose. Sur l’ergonomie, on sent que le succès d’Apple n’y est pas étranger. Je vous défie de différencier le menu de la Switch 1 de celui de la Switch 2. Dès la Wii, on sent l’influence de la firme de californienne. En comparaison, si j’écris le mot « Gamecube », vous avez immédiatement un serpentin violet (et presque farceur) qui s’imprime progressivement sur votre rétine. C’est l’époque mon bon monsieur, le formatage culturel est partout.

A la mort de Satoru Iwata, les hommages se sont multipliés sur la toile. Rare sont les PDG à susciter la sympathie, encore moins dans le monde disloqué d’aujourd’hui.

Décédé il y a dix ans déjà, l’ancien PDG de Nintendo, le phénomène Satoru Iwata, avait adopté une ligne hétéroclite que n’auront jamais su égaler ses successeurs. Satoru Iwata était un programmateur de génie passionné qui, à sa mort, généra certainement de grands changements en interne. Le président intérimaire Tatsumi Kimishima (2015-2018), puis Shuntaro Furukawa actuellement en poste étaient de simples financiers dont les pages Wikipedia tiennent sur un timbre post.

Malgré un lancement record qui fait de la Switch 2 la console la plus rapidement écoulée de l’histoire, les ventes ont dégringolé sur les fêtes de Noël. Faut-il y voir un déclin d’intérêt du public avec des licences reines maltraitées comme le dernier Metroid prime 4 : Beyond ? Je me méfiais sérieusement du jeu comme je l’indiquais dans mon bilan 2024. Cela dit, la douche a été encore plus froide que prévue quand j’ai découvert, médusé, les premiers extraits de gameplay à des années-lumière de l’ADN des Prime. Un jeu bavard avec des zones interconnectées par un désert vide… on devine que le développement a été chahuté à de maintes reprises. Nintendo n’a même plus de respect pour ses fans qui auront attendu depuis 2007… Près de vingt ans d’attente et de spéculations pour un jeu qui renie tout ce qui faisait le sel de la franchise, à commencer par la solitude !

Mauvais signe pour une licence très populaire au Japon, « Metroid prime 4 : Beyond » n’aura trouvé que 3 000 acquéreurs lors de la première semaine de sortie du titre.

Des ventes en trompe-l’œil ?

Au regard des performances la Switch 2, il va falloir faire bien mieux pour reproduire un élan aussi durable que celui qui porta la Switch ou la Wii en leur temps. Plus pantouflard, Nintendo a certes sorti un excellent Donkey Kong et un Mario Kart de haut niveau qui figurent dans cette sélection. Cependant, l’éditeur a aussi multiplié les écueils, sinon les échecs. Le journaliste Christopher Dring, spécialiste de l’analyse du marché, enfonce le clou sur un succès qu’il estime en trompe l’œil :

« Le résultat le plus décevant concerne la France, traditionnellement l'un des marchés européens clés de Nintendo. Selon des données partagées avec The Game Business, les ventes de la Switch 2 en France l'an dernier ont été plus de 30% inférieures à celles de la Switch 1 lors de sa première année. En conséquence, le Royaume-Uni est devenu un marché plus important que la France pour les ventes de Switch 2 en 2025. »

Classement des ventes mondiales de consoles tiré de l’excellent site Ludostrie d’Oscar Lemaire, aka le maître de statistiques et infographies dans le domaine.

Sony et Microsoft à bout de gen ?

Signe que le marché évolue, les jeux Sony sortent désormais sur PC depuis quelques années et même Microsoft ne se soucie plus du tout de ses exclusivités. Tant mieux pour moi qui suis muni d’une RTX 5070 Ti mais cela réduit quasiment à néant l’intérêt d’avoir une Xbox. Autant prendre une PS5 si l’on est familier avec son écosystème ou un PC pour les joueurs plus polyvalents. Signe des errances stratégiques de la branche Microsoft Gaming, les ventes de consoles Xbox sont catastrophiques. Lancée en 2020, la génération Xbox Series S est sortie la même année que la Playstation 5. Pourtant les deux consoles rivales ont eu des courbes de ventes inversement proportionnelles.

Peu importe le maillot qu’on porte, dans les deux cas, cette génération arrive déjà presque à son terme et aucune des deux consoles n’a rempli ses promesses à mes yeux. Après une PS4 au catalogue incroyable, on peine à voir des licences first party, à la fois innovantes et ambitieuses, émerger chez Sony. Il faut certainement incriminer des coûts de développements plus longs et une première tentative infructueuse (et débile) de privilégier le jeu service plutôt que le jeu solo, quand tout l’ADN de la PS4 s’était construit sur des aventures et IP de la sainte trinité The Last of Us, God of War, Uncharted. 2026 devrait déjà nous laisser entrevoir le futur des deux firmes.

Malgré un bilan moribond du côté des constructeurs traditionnels, la lumière venait comme d’habitude du côté de la scène indépendante, sans qui le jeu vidéo serait probablement bien triste. Cette année, mes confrères vous convaincront mieux que moi sur la vitalité de ce secteur, n’ayant pas joué à assez de jeux à mon goût. Après une année professionnelle très chargée avec de nouveaux niveaux de master à ma charge d’enseignant du supérieur et une couverture de festivals encore plus intense cette année côté ciné, je n’ai pas joué autant que je le souhaitais et certains jeux me sont aussi tombé des mains. J’aurais aimé vous parler de The Alters mais je n’ai pas pu y jouer à cause d’un jeu venu percuter tout mon agenda, mon travail, ma vie sociale…

QUELS SONT LES 5 JEUX QUE TU RETIENS CETTE ANNÉE ?

1 /ARC RAIDERS

Les anciens vétérans de Dice tirent le grelot

Dire que j’ai fini ma première partie d’Arc bougon parce que je voulais jouer à Battlefield 6 et que le premier figure aujourd’hui au sommet de mes jeux de l’année et le second parmi mes déceptions. Le lendemain de ce premier essai qui m’avait contrarié, j’ai relancé le jeu plus posé, seul, et j’ai compris que je n’avais rien compris au jeu. Jouer à Arc Raiders implique de la discipline et la dimension jeu de rôle y est au moins aussi importante que le gameplay lui-même. Prétendre qu’Arc est mon jeu de l’année confine à l’euphémisme tellement mon bilan Steam (à ne surtout pas confondre avec un bilan de santé) m’a démontré combien le jeu d’Embark studios a su siphonner tout mon temps de jeu cette année. Mon compteur Steam s’est très vite affolé les deux premiers mois de la sortie du titre dans lequel je me suis entièrement abandonné, quitte parfois à jouer dès potron-minet avant le travail. Les sessions de huit, dix heures voire seize heures consécutives s’enchaînaient les jours de repos. Mes étudiants réalisaient eux-mêmes que quelque chose avait changé à la lecture de mes cernes et alors que je leur témoignais de mes exploits à la surface, comme si j’avais conquis l’Amérique à moi tout seul. Avec plus de 160 heures de jeu, peut-être avaient-ils quelques indices ?

Avec un ami que je n’avais pas vu depuis une éternité, on a forgé un duo d’inséparables. Un rendez-vous journalier et une même obsession, chacun surveillant les arrières de l’autre quand on dépiautait une carcasse d’artificier. Arc est tout ce que la concurrence n’a pas réussi à faire depuis une éternité dans les jeux d’action en ligne. Dans Arc vous pouvez autant vous comporter comme un bon samaritain qui vient en aide à son prochain ou vous pouvez jouer les durs à cuire. Être un vil mercenaire qui tend des pièges aux pauvres âmes qui cherchaient une simple amitié dans le chaos de l’humanité déchue. Jamais je n’ai vu un jeu être aussi différent à chaque partie lancée. Votre voix est une arme autant qu’un précieux allié. Je pourrais vous parler des heures de fusillades qui se sont désamorcées par d’habiles négociations, d’amitiés éphémères avec des inconnus sauvés d’une mort certaine ou d’entâmes de discussions en allemand ou en espagnol avec de simples étrangers.

Je pourrais vous parler de cette fois où j’ai convaincu mes meurtriers de me soigner pour que je puisse fêter Noël avec ma famille. Ou de ce duel fratricide qui s’est engagé, chacun prétendant que l’autre avait tiré le premier comme dans une bonne vieille fusillade de Reservoir Dogs. Au-delà du PVP qui est finalement (presque) secondaire par rapports à tous ces aspects sociaux, le PVE impressionne par l’intelligence des ennemis qui ne cessent d’apprendre de nos erreurs et des leurs. C’est tout ce dont je rêvais depuis des lustres : que l’IA, enfin, puisse nous surprendre.

Arc Raiders est le meilleur jeu vidéo multi en ligne auquel j’ai joué à ce jour, c’est dit. Il m’aura dévoré et qu’il me dévore encore longtemps. Je ne regrette pas d’avoir découvert le jeu dès le départ avec une communauté qui s’extasiait ensemble devant toutes ces épiphanies de gameplay, oubliant toutes ses habitudes de FPS compétitifs pour aller vers autre chose de plus organique. Jusqu’ici Embark signe un sans faute sur le suivi du jeu avec des évènements climatiques qui bouleversent des maps absolument renversantes tant en termes de level design que de graphismes. Pourvu que cet esprit bon enfant dure le plus longtemps possible et que les tricheurs qui commencent à investir Speranza ne viennent pas tout gâcher.

2 /DONKEY KONG BANANZA

Dig Dug Donkey

Développé par la Team Mario, Bananza reprend le moteur graphique de Mario Odyssey, boosté pour la Switch 2. Beau comme un diable, le titre impressionne. Donkey Kong et Pauline ont pris un coup de lifting et les deux personnages de Nintendo font équipe. La jeune chanteuse en devenir est cramponnée sur le dos de la bête poilue et tout le concept du jeu repose sur une idée simple : tout casser ! Un mélange entre Steamworld et Mario qui regorge d’idées lumineuses. On sent manette en mains combien la Team Odyssey est derrière le développement du titre : tout est fait pour que la mobilité soit la plus totale et que le joueur expérimente le plus possible pour détruire l’environnement de fond en comble. L’aventure se dévore comme un bonbon et on aimerait voir plus souvent Nintendo lâcher les rennes de ses développeurs pour qu’ils dévergondent leurs mascottes ! Waluigi et Wario pourraient je l’espère être les prochains sur la liste.

3 /MARIO KART WORLD

Le maître des acrobates va vous dérouter

Un nouveau Mario Kart est toujours un évènement en soi. Sorti avec la nouvelle console de Nintendo, le jeu est bien le system seller qu’on prédisait. Derrière son apparente similitude avec Mario Kart 8 sorti il y 8 ans déjà, World est un faux jumeau avec un gameplay en trompe l’œil, bien plus axé sur l’audace que tous les Mario Kart sortis jusqu’ici. Conçu d’abord comme un monde ouvert, World offre naturellement des courses aux dimensions XXL avec des tracés offrant de très nombreuses possibilités d’évasion. Et c’est sur ce point que ce qui semblait être un gimmick au départ change profondément la manière d’appréhender le gameplay. En effet, ce nouvel opus permet de glisser sur des rambardes et éléments du décor mais aussi de réaliser des sauts muraux avec les bons timings. Je n’attendais pas ce Mario Kart sur le time trial mais c’est cet aspect qui m’a le plus fait apprécier son gameplay.

Dans Mario Kart World, notre imagination peut nous faire réaliser des acrobaties inimaginables pour atteindre des hauteurs et multiplier les passages secrets. Le jeu m’a rappelé le temps monumental que je passais petit à essayer de rebondir, parfois jusqu’à trois fois de suite, sur les rebords de la route arc en ciel dans l’objectif de sauter au-dessus du vide et couper le tracé du circuit comme une flèche perfore l’air. Et je ne m’y étais pas trompé, la communauté a répondu présente et a su regorger d’inventivité pour dénicher de nouvelles techniques et passages secrets. Mario Kart World cache un potentiel de gameplay infini et si je l’ai laissé de côté ces derniers mois, c’est que j’attends maintenant un mode 200CC pour exploiter son plein potentiel. Enfin, le fait d’enchaîner les circuits sans temps morts entre les courses dans le mode survie apporte beaucoup de fraîcheur aux coupes, même s’il faudrait maintenant laisser gérer tous les paramètres, à commencer par le nombre de joueurs pour limiter le bordel à notre sauce. Allez Nintendo, vous l’avez fait avec Super Mario Maker, vous pouvez y arriver avec Mario Kart.

4 /DOOM: THE DARK AGES

Le fast-FPS à la carte !

Tronçonné, haché, rôti, calciné, dépiauté, électrocuté… un bon démon se cuisine en cinq façons, comme un canard laqué préparé par les texans d’id software. Après les voltiges et autres acrobaties de cabri offertes par The Ancient Gods, les deux DLC de Doom Eternal, beaucoup craignaient un jeu plus terre à terre à cause du passage à un gameplay reposant sur les contres au bouclier et punitions à la masse d’arme. Exit les doubles sauts et les joutes aériennes, la nouvelle grammaire de Doom revient aux bases. « Stand and fight », trois mots scandés par les développeurs pendant la campagne promotionnelle du titre pour définir le nouvel état d’esprit du Slayer. C’est certainement le moins bon des opus d’id depuis la refonte de Doom 2016. Qu’importe, le jeu réussit la prouesse de renouveler encore une fois le gameplay plutôt que de céder à la suite facile.

Ayant saigné les DLC précités en mode de difficulté quasi maximale, je me demandais bien comment The Dark Ages allait pouvoir titiller mon goût du challenge. Et bien, les développeurs avaient pensé à moi. Alors que j’étais sceptique sur le système de paramétrage de difficulté à la carte, je suis ressorti convaincu par l’expérience. En bon masochiste qui se respecte, j’ai donc décidé de prendre les devs au mot. Allons-y, boostons tous les paramètres d’agressivité, de vélocité des balles et de déplacement des ennemis en mode Nightmare. Vous voulez découvrir ce qu’est un vrai fast FPS ; vous savez quoi faire maintenant ! Je vous laisse apprécier un aperçu de mon gameplay énervé en mode survolté. Maintenant je veux un nouveau Wolfenstein ambitieux et le retour de Quake. Vite !

5 /NINGA GAIDEN RAGEBOUND & SHINOBI: ART OF VENGEANCE

Vent de fraicheur dans le monde de l’arcade franco-espagnole

Ninga Gaiden Ragebound et Shinobi: Art of Vengeance ont tous les deux étaient des pièces de choix de la fin de l’été, chacun de ces deux titres a réussi à renouveler ces licences avec beaucoup d’intelligence. Le premier, signé The Game Baker à qui on doit les excellents jeux Blasphemous, m’a conquis par la simplicité de son gameplay et la magie de ses contres. Le gameplay tient en quelques boutons à peine et il repose avant tout sur la dextérité du joueur et la lecture scrupuleuse des patterns. On peut s’accrocher aux corniches comme au plafond, sauter et rebondir sur les adversaires et les projectiles en appuyant une nouvelle fois sur la touche saut. Cette technique donne un côté très aérien au gameplay et fait partie de l’ADN de tout bon jeu de ninja. Un jeu que je relancerais volontiers en difficile pour viser le scoring.

Shinobi: Art of Vengeance quant à lui est un faux jeu de plateforme arcade qui cache en réalité un Beat’Em Up redoutable. Contrairement à Ninga Gaiden : Ragebound, ce nouveau Shinobi développé par Lizardcube pousse la recette des combos de Streets Of Rage 4 à une nouvelle étape. Le level design (quasiment inexistant) est en réalité un prétexte à des combats survitaminés où on prend un régal monstre à enchaîner les ennemis pour faire péter les scores. Le gameplay est vraiment ultra plaisant à prendre en mains ainsi que les boss et le seul écueil réside dans la pauvreté du level design qui se répète très maladroitement, notamment dans de (rares) phases de plateformes inutiles. Pour autant, je garde souvenir d’un gameplay ciselé et d’animations de très haute volée de quoi enthousiasmer les amateurs de scores parfaits.

QUELLE EST TA DÉCEPTION DE L'ANNÉE ?

BATTLEFIELD 6 & REDSEC

Un gros calibre qui ne réinvente pas la roue du FPS

Dire que Battlefield 6 est une déception après lui avoir consacré une centaine d’heures en un mois et demi peut sembler quelque peu hypocrite au premier abord et pourtant c’est aussi comme ça qu’on peut reconnaître ses failles, à commencer par celles de ses cartes. Aucunes d’entre elles n’a su égaler les Battlefield de la belle époque. La nouvelle carte californienne n’a aucune identité. Et on regrette tellement l’époque de Tempête aux Paracels où la météo insolente pouvait changer l’ambiance de la carte en une seconde à peine. Les cartes de ce Battlefield sont trop étriquées et aucune ne sait doser ses ambiances. C’est aussi une question de direction artistique. J’aurais adoré qu’EA sache marier l’audace de Battlefield 1 où l’on sentait la sueur et la boue des tranchées à chaque pixel. Au lieu de cela, EA a joue la carte de la facilité, vous voulez du BF3/4, vous l’aurez, mais on préfèrera toujours l’original à la copie. L’équilibre air sol ne m’a pas convaincu non plus avec des hélicoptères jetables et une mer inexistante.

Pas assez de cartes mémorables, pas assez de contenu, raison pour laquelle je me suis vite rabattu sur la formule Battle Royale Redsec. J’y ai certes passé d’excellents moments et on a atteint le top 1 plusieurs fois en équipe ; cependant à aucun moment je n’ai eu l’impression de dépasser, ni même d’égaler l’âge d’or de Warzone avant qu’il ne soit truffé de cheaters. Quel dommage, alors qu’il y a pourtant milles manières de pimenter la formule. Le coup de grâce aura été donné avec des bugs inacceptables lors des mises à jour. La sensibilité de ma souris logitech changeait à chaque game de vitesse et en pleine partie, le bouton « remettre des plaques » ne fonctionnait plus, les glitchs n’avaient toujours pas été corrigés et le son était une catastrophe jusqu’à très récemment. Cerise sur le gâteau les développeurs supprimaient tout nos paramètres de jeu et revoyaient la vitesse de déplacement à la baisse, ce qui était justement l’un des points intéressants du gameplay à mes yeux. C’en était trop, j’ai alors basculé intégralement sur Arc à la finition impeccable.

Marre des jeux qui ne sont pas assez confiant dans leur gamedesign. Si je m’habitue à un gameplay, ce n’est pas pour qu’il change aussitôt. Et ai assez des titres qui retiennent leurs cartouches pour diluer l’expérience jusqu’au prochain opus ou DLC. Qu’on ne s’y méprenne, ce n’est pas un mauvais jeu et c’est même un bon Battlefield, mais sans l’écrin de ses illustres modèles des années 2010. En 2025, j’ai aussi envie de jouer à quelque chose de différent qu’un FPS (trop) scolaire.

KIRBY AIR RIDERS

Sakurai trop sur les rails ?

Sakurai a-t-il oublié de dormir ? Quand on joue à Kirby Air Riders, on a l’impression d’être catapulté dans un manège épileptique. Comme une boule de flipper qui roule comme le dit la chanson. Alors c’est très joli, ça clignote de tous les côtés, très bien, mais suis-je vraiment en train de jouer ? Attention, je ne dis pas que le jeu n’a pas de gameplay, mais qu’il est très difficile d’atteindre le premier degré de maîtrise qui suffise à voir un pallier vers une progression. J’ai joué une petite dizaine d’heures au jeu et, passé la surprise de tracés enchanteurs, on peine à voir ce qu’il faudrait faire pour s’améliorer, alors qu’on finit systématiquement premier. Alors on se dit qu’on va sans doute s’essayer au mode on-line et là… patatras… connexion impossible, des minutes d’attente interminable pour trouver d’autres joueurs. Tout ça pour une course qui s’expédie plus vite qu’on a attendu dans les menus. Aïe, aïe, aïe…

Pour que Kirby Air Ride tienne la route, il aurait fallu qu’au moins cinq courses s’enchaînent à la suite sans temps morts pour qu’on veuille bien s’y arrêter. C’est d’autant plus cruel que Mario Kart World sortait quelques mois plus tôt avec un mode survie et des courses conçues comme intégrantes à un même univers… sans temps morts. Quant aux autres modes de jeux, c’est un brawler qui est bien trop brouillon pour qu’on puisse définir une stratégie lisible. Quel dommage, on se contentera de lancer quelques courses dans une salle d’attente, quand on sait qu’on n’aura pas assez de temps pour lancer quelque chose de plus consistant. Carton jaune pour Sakurai.

QUEL EST TON PLAISIR COUPABLE ?

Ne pas avoir joué à un jeu de la famille Dark Souls étendue en 2025 est pour beaucoup considéré – et à juste titre – comme une hérésie. Jusqu’à l’hiver dernier, je n’avais encore jamais joué à un From Software en dehors de Armored Core VI : Fires of Rubicon (lire ma critique), mon premier pas vers le studio et une explosion d’adrénaline qui m’a convaincu d’essayer leurs autres licences. Curieusement, le catalogue m’était toujours passé sous la main, alors que l’ADN de leurs jeux avait tout pour me séduire. Comme je fais toujours les choses à moitié, j’ai donc commencé par Sekiro (lire mon analyse) qui m’a absolument conquis. Anecdote et non des moindres, Sekiro m’a aussi aidé à surmonter l’hiver et mes traditionnelles pensées noires associées à cette saison où je vis la nuit.

Ceux qui nous lisent savent aussi combien les shoot them up me fascinent avec toutes ces petites boulettes qui perlent sur l’écran jusqu’à ne plus rien y avoir. Les manic shooters sont un petit péché mignon pour moi et j’ai cédé à la gourmandise en me procurant Touhou Fantastic Danmaku Festival Part III. Un pur régal que je vous recommande chaudement !  

QUELLES SONT TES ATTENTES POUR 2026 ?

En tête de liste, j’attends Resident Evil Requiem (preview) qui a réussi à me donner les chocottes à la Gamescom, alors qu’on était invité par Capcom à essayer le jeu dans l’espace presse. Crévindiou, qu’est que j’ai été surpris par son ambiance et son monstre « trevorien » qui nous arrachait la tête comme Saturne dévore ses enfants. Hype maximale : le jeu va tourner comme un diable sur ma configuration PC et je frétille déjà d’impatience de jouer dans le noir, le casque sur les oreilles sur mon nouveau bureau ! Chez Capcom, Pragmata (preview) et Onimusha Way of The Sword (preview) s’annoncent aussi très sympathique et le premier devrait apporter un peu de sang neuf au catalogue Capcom. J’attends également Georges Saros, Returnal restant certainement l’un des meilleurs TPS auxquels j’ai joué. Puisque j’ai été conquis par Arc, il se murmure que Bungie se soit inspiré de lui pour son prochain extraction shooter, Marathon, dont je trouve l’univers punk SF très original pour une fois. Enfin j’attends du nouveau du côté de Max Payne Remake et Super Meat Boy 3D (preview), deux jeux qui n’ont rien à voir mais qui devraient me réjouir au plus haut point.

TON OST DE ANNÉE ?

Cette année, soit je n’ai pas assez joué, soit je n’ai pas eu de coup de cœur, du coup je me permets de glisser ici deux OST intemporelles et vers lesquelles je reviens toujours, tant elles charrient des souvenirs mémorables. Composée par Masami Ueda et Saori Maeda, la bande originale de Resident Evil 3 est une petite perle. Quant à celle de Dino Crisis 1, je vous la recommande pour travailler, idéal pour se prendre pour le Dr. Kirk qui sommeille en vous. Je crois au remake en espérant qu’il soit aussi ambitieux que celui de Resident Evil 2. Et j’ai même une date : 2028 ! 

SI TU POUVAIS VOYAGER DANS LE TEMPS, QUELLE CONSOLE TU PRESERVERAIS DE L'EXTINCTION ?

A chaque jour suffit sa peine, on frôle une guerre mondiale entre deux biscottes tous les matins. Et en bon survivaliste qui ne sait pas planter de tomates, j’ai déjà commencé à organiser mon sac de survie avec une liste des priorités essentielles pour braver la tempête. Et si la question peut sembler très compliquée au premier abord, pour moi elle est limpide : je partirais cul-nu mais avec une Gameboy Advance SP (vous imaginez la scène, c’est bien…).

Pourquoi l’ère de la Gameboy Advance ? Pas seulement parce que c’est elle qui m’a fait entrer dans le monde du jeu vidéo avec la PlayStation, mais plutôt grâce à sa ludothèque indémodable qui pouvait se payer le luxe d’intégrer le meilleur du catalogue Super Nintendo, le tout augmenté de nouvelles licences et suites de classiques avec en prime la rétrocompatibilité Gameboy Color ! C’est simple, tous les meilleurs jeux du genre sont sur GBA. En outre, jouer à des jeux 2D, c’est s’assurer qu’ils ne vieillissent jamais vraiment, contrairement à la 3D baveuse de l’ère des polygones, aussi sympathique soit-elle pour encourager l’imagination par l’abstraction. Certes je partirais un peu triste d’abandonner les Dino Crisis et Resident Evil qui m’ont bercé petit. Cela dit, je ne me voyais pas transporter une brouette avec une télé cathodique, même de 33 cm, ça jurerait sans doute avec mon style champêtre de sauvageon de la fin du monde. Ces sprites d’animation qui fourmillaient de détails ont donné naissance au meilleur de la plateforme, du RPG, de l’arcade, des metroidvanias et j’en passe.

La décennie des années 90, c’est aussi une patte graphique inimitable marquée par l’influence de Toriyama et plus généralement des animes japonais à l’ambiance dark. On ne retrouvera jamais le style de The Legend of Zelda : A Link to the past, monument du jeu vidéo inégalé. A Naples, une légende médiévale attribuée au poète Virgile prétend qu’un sorcier aurait déposé un œuf magique sous les fondations du Castel dell’Ovo qui soutiendrait la ville entière. Si cet œuf venait à disparaître, la forteresse s’effondrerait, entraînant la ruine de Naples. Pour moi, A Link to the Past, c’est un peu ça appliqué au jeu vidéo moderne !

Avant d’embarquer dans ma machine à remonter le temps, je tricherais sans doute un peu pour customiser ma machine auprès de Modding Marius qui ne cesse de me faire de l’œil sur les réseaux sociaux. Certains veulent une voiture tunée, moi je veux donner une seconde vie à mes consoles d’enfance. Cet homme est le Léonard de Vinci du retrogaming et je pèse mes mots ! Il change tous vos vieux composants pour les remplacer par des plus modernes : écran IPS laminé, changements des condensateurs, nouveaux haut-parleurs, sortie jack, meilleure batterie, port USBC voire HDMI, coque avec impression UV… tout est possible Ce que je trouve formidable, c’est qu’on peut partir d’une base qu’il nous fournit ou, mieux, envoyer son ancienne console pour qu’il la cajole. Un travail d’orfèvre que je vous invite vivement à soutenir. Assurément, je partirais avec une Gameboy Advance SP pimpée comme jaja. Vous pouvez appuyer sur le bouton rouge, j’ai fini ma biscotte.

Bilan de Ummagumma

QUEL EST TON RESSENTI SUR L'ANNÉE 2025 DANS LE MONDE IMPITOYABLE DU JV ?

Je pourrais profiter de cette section pour déplorer la désormais sempiternelle ronde de licenciements qui ont tristement émaillé 2025, comme c’était déjà le cas en 2024. Je pourrais aussi évoquer la chute de la division Xbox de Microsoft qui semble bien mal barrée avec sa stratégie douteuse « This is an Xbox ». Je pourrais faire la synthèse affolante du rachat d’EA pour des sommes faramineuses par un fonds saoudien et le gendre de Donald Trump. Je pourrais enfin vous exposer mes craintes sur l’explosion du prix des composants PC, qui a commencé et qui va durer au moins jusqu’en 2028. Mais ce serait trop long et à vrai dire je ressens plutôt l’envie de pousser une petite gueulante contre une tendance qui s’est bien trop confortablement installée ces dernières années, à laquelle nous nous sommes tous habitués et dont je me passerais bien : j’ai nommé sortir des jeux de calibre AAA vendus 110 $ CA taxes incluses dans un état non fini.

Notez que je distingue bien ici les productions AAA même si je garde encore en travers de la gorge mon expérience avec le décevant jeu indé Rue Valley, acheté à la sortie au prix fort et qui m’est finalement tombé des mains pour tout un tas de raisons principalement liées à l’ergonomie et au confort de jeu. Rue Valley donnait vraiment l’impression ne pas avoir été playtesté et certaines décisions de game design étaient simplement aberrantes et gâchaient l’aventure. J’ai donc abandonné, dépité, ce qui m’arrive assez rarement.

Sauf que deux mois plus tard, à l’occasion d’une remise en avant du titre sur Steam et à la lecture des dernières descriptions de correctifs, je découvre que presque tous les points qui m’avaient chagriné ont été résolus. Je vous entends déjà venir : « Oui mais cela veut dire que l’équipe est à l’écoute des retours des joueurs ». Très bien, soit. Mais dans mon cas la fête a été gâchée. Relancer un titre deux mois plus tard après s’être arrêté aux deux tiers, c’est compliqué, surtout lorsqu’il s’agit d’un jeu narratif. Et je dois dire que je me sens floué. Floué car j’ai l’impression d’avoir joué le rôle de cobaye, de playtesteur alors que j’ai soutenu un projet à sa sortie plutôt que d’avoir attendu une promo et des correctifs. C’est quand même un comble de se sentir puni pour avoir offert son meilleur soutien aux développeurs.

Mais bon je suis peut-être un peu bonne poire, alors j’ai envie de pardonner ces studios indépendants qui peinent à sortir leur premier jeu dans un état convenable. Nan, ce qui me rend furax, c’est lorsqu’un AAA se permet de faire la même chose. Je pense au très bon Silent Hill F qui a sorti un patch post-lancement pour réduire le nombre de combats, le seul point noir du jeu à mes yeux au moment de sa sortie. Je pense au surprenant Cronos: The New Dawn qui est sorti avec un mode Ray Tracing complètement pété. Je pense à Stalker 2 qui était sorti pétri de bugs et de stuttering. Je pense au remake de Silent Hill 2, lui aussi touché par ce fléau de l’Unreal Engine.

La liste est longue et je pourrais continuer un bon moment. Je pense que les grands studios AAA ont les moyens de se permettre des séances de QA plus léchées vu leurs résultats financiers. Une bonne résolution pour eux en 2026 ? Sortir des jeux vendus plein pot dans un état fini, j’entends sans stuttering et a minima fluides. En tout cas, à titre personnel en 2026, les achats de AAA à la sortie, c’est terminé.

QUELLE EST TA DÉCEPTION DE L'ANNÉE ?

Ça me fait un peu de peine d’écrire ça mais au moment de rédiger ce bilan, il est assez clair que Mafia:The Old Country m’a terriblement déçu. J’ai rarement joué à un titre aussi banal et qui peine à ce point à se situer.

Expérience narrative cinématograhique en couloirs à la TLOU ou open world à la GTA ? Le titre trace une ligne au milieu et choisit de ne pas choisir en nous faisant parcourir une carte postale certes jolie, mais vide, peuplée de paysans animatroniques, et où le moindre détour hors des sentiers battus se solde par une collision contre un mur invisible digne de l’esbrouffe Hellblade 2. Et on a de toute façon pas envie de s’approcher trop près des limites du décor, non seulement car rien ne nous y incite, mais surtout car les artifices de réalisation du titre sont grossiers. C’est un peu comme emmener ses petits neveux à Disneyland : on les laisse regarder la mascotte Mickey de loin, mais on se tient quand même à distance car on sait qu’approcher le rongeur de trop près risquerait de dévoiler la fermeture éclair du déguisement et le visage transpirant de l’étudiant en fac d’histoire coincé à l’intérieur.

Si encore l’action rattrapait le tout… Les fusillades sont brouillonnes et l’IA des ennemis semble être le fruit d’une fusion entre un pot de mayonnaise et un goomba. Ne parlons même pas des combats au couteau qui font gimmick et relèvent plutôt du concours de kikis palermitain.

Nous on fait l'amour on vit la vie jour après jour nuit après nuit : à quoi ça sert d'être sur la terre si c'est pour faire nos vies à genoux ?

Je pourrais cependant pardonner tous ces écueils si l’histoire était intéressante, mais là encore le bât blesse. Pour quiconque ayant regardé ses ultra classiques de films de gangster (Le Parrain, Les Soprano, Carlito’s Way pour ne citer qu’eux) ou qui connaît le thème de l’amour impossible traité dans maintes tragédies, alors l’histoire de Mafia: The Old Country est d’un classicisme consternant. Tout y est prévisible et téléphoné jusqu’au twist final qui n’en est d’ailleurs même pas un et tombe à plat. Constat cruel : aucun des personnages secondaires du jeu ne voient leur caractère évoluer au cours de l’aventure. Voilà je vais arrêter de tirer sur l’ambulance d’un jeu qui n’est pas mauvais pour autant, juste oubliable sur bien des aspects. Mafia: The Old Country a selon moi tout d’une offre que vous pouvez refuser.

QUELS SONT LES 5 JEUX QUE TU RETIENS CETTE ANNÉE ?

Avec pas moins d’une soixantaine de titres parcourus, l’année 2025 a constitué l’une de mes plus belles années de joueur (une partie de ces œuvres dataient de 2024 ou avant). Entre des propositions indépendantes ultra incisives et des AAA qui ont fait fondre ma grosse config, je ne savais plus où donner de la manette. Voici donc mon top 5. D’autres titres ont failli s’y hisser, mais ce sont vraiment les 5 jeux suivants qui ont su se distinguer à mes yeux en cette riche année 2025.

1 / BLUE PRINCE

Genre : Puzzle/Réflexion | Provenance : USA | Développeur / Editeur : Dogubomb / Raw Fury | Date de sortie : 10 avril 2025

Dans le monde merveilleux du jeu vidéo, il arrive qu’une œuvre vienne bouleverser l’ordre établi, au point de modifier notre perception du médium. Je pense au premier Doom, à Demon’s Souls, à Silent Hill 2, à Return of the Obra Dinn, à System Shock et j’en passe bien qu’ils soient rares, de par leur nature de jalons. Tous ces titres ont pour point commun, au moment de leur sortie, d’avoir procuré une expérience nouvelle et propre au jeu vidéo, que l’on peut appréhender, ressentir et comprendre uniquement par son entremise. On peut évidemment ne pas les aimer, mais ne pas les essayer, au delà de potentiellement se priver d’une épiphanie, c’est vraiment passer à côté de titres majeurs et risquer ensuite de ne plus comprendre ce qui influence quoi. Bref, lorsqu’on aime le jeu vidéo, il faut parfois se forcer à lancer des titres qui peuvent sembler intimidants au premier abord. Blue Prince ne m’intéressait ainsi pas plus que ça avant que je m’y essaie.

Et pourtant Blue Prince a eu sur mon cerveau l’effet d’une bombe. Le jeu met le joueur au défi d’explorer un manoir dont les pièces changent chaque jour, avec pour objectif initial d’atteindre une 46e pièce cachée. De plus, le manoir recèle d’autres mystères à résoudre, saupoudrant l’exploration d’indices savamment dispersés. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que Blue Prince m’a fait griffonner des pages et des pages de notes, prendre des photos à des fins d’analyse, dessiner des schémas, etc.

Son mystère a également animé des dizaines d’heures de discussions passionnées avec mon épouse, qui m’a accompagné dans l’intégralité du titre. Je finirai donc ce court paragraphe sur cette injonction péremptoire et parfaitement assumée : quiconque aime le jeu vidéo devrait vraiment essayer Blue Prince. J’aurais même envie de dire que c’est aussi un jeu très accessible aux novices pour peu qu’ils soient férus d’énigmes, car le gameplay y est très simpliste. Que vous aimiez ou non est une autre affaire, mais il serait dommage de passer à côté de ce nouveau monument du jeu de réflexion, qui s’est hissé au panthéon du genre aux côtés de cadors tels que Return of the Obra Dinn, The Case of the Golden Idol ou The Witness. Il est peut-être même au-dessus du jeu de Lucas Pope… Si vous n’avez pas encore joué à Blue Prince, saisissez l’incroyable chance que vous avez de pouvoir encore le découvrir. Il y aura un avant et un après Blue Prince.

2/ LOOK OUTSIDE

Genre : RPG / Horreur | Provenance : Québec | Développeur / Editeur : Francis Coulombe / Devolver Digital | Date de sortie : 21 mars 2025

J’ai pensé pendant une bonne partie de l’année que Look Outside, un RPG 2D d’horreur et de survie se déroulant dans un immeuble, serait mon jeu de 2025. Il peut néanmoins trôner fièrement à la seconde place de mon classement. Dans Look Outside, un événement mystérieux transforme tous ceux qui regardent par la fenêtre en monstres grotesques et terrifiants, plongeant le monde dans le chaos. On y fouille notre immeuble à la recherche de nourriture, de provisions et d’armes tout en rencontrant d’étranges personnages. Certains sont amicaux, d’autres des maniaques en puissance. Attention à qui vous choisirez d’ouvrir votre porte. Look Outside est un momument d’horreur cosmique et de huis-clos, qui se paye par ailleurs le luxe d’offrir une BO mémorable, tantôt glaçante, tantôt rassurante lorsque l’on retrouve la sécurité de son appartement. Le jeu vient par ailleurs de sortir dans une version 2.0 qui ajoute de nombreux ennemis et personnages, qu’attendez-vous ?

3 / KINGDOM COME: DELIVERANCE 2

Genre : Simulation médiévale qui s’arrange avec la réalité / RPG | Provenance : République tchèque | Développeur / Editeur : Warhorse Studios / Deep Silver | Date de sortie : 4 février 2025

Fort d’un univers original, de lois de gameplay sans concessions, d’un monde ouvert crédible et foisonnant, de personnages mémorables et d’une écriture convaincante, Kingdom Come: Deliverance 2 est un AAA atypique, qui transpire la passion de ses créateurs jusque dans ses moindres détails. Si l’on regrettera un équilibrage aux fraises qui finit par rendre l’aventure beaucoup trop facile, quelques longueurs dans la quête principale et un humour à la bonne franquette parfois un peu redondant, on en ressort toutefois avec des souvenirs par dizaines vécus aux commandes du destin de « notre » Henry.

Jamais un monde ouvert n’avait semblé si palpable, si réactif à nos choix et à nos actions. Si KCD 2 propose une quête principale globalement épique, c’est dans ses moments d’errance, alors qu’on vagabonde sans objectif précis, qu’il nous offre ses plus beaux moments de jeu vidéo. Dommage que ses mécaniques se grippent au tiers de l’aventure, mais rien que pour mon expérience des 20 premières heures, je suis obligé de tout lui pardonner.

4 / ROUTINE

Genre : Survival horror / SF | Provenance : Royaume-Uni | Développeur / Editeur : Lunar Software / Raw Fury | Date de sortie : 4 décembre 2025

Routine est radical dans sa proposition : tout y est intradiégétique, le jeu ne nous prend pas par la main concernant nos objectifs et le personnage, ainsi que son pistolet sont volontairement un peu irritants à maîtriser au début de l’aventure. Toutefois, pour peu qu’on adhère à ce parti pris et qu’on soit client de ce type de survival-horror, c’est vraiment une excellente pioche : quelle ambiance et quelle angoisse ! Il fait vraiment tourner notre imagination. Cela faisait depuis Alien: Isolation que je n’avais pas vu une DA rétrofuturiste aussi réussie. Les décors et objets sont extrêmement détaillés et on passe la majeure partie de son temps à interagir avec des interfaces intradiégétiques qui produisent des sons angoissants (si vous frissonnez dans Alien lorsque le capitaine Dallas se connecte à Mother alors ça va vous exciter aussi) qui résonnent dans ces espaces quasi liminaires.

Je me suis vraiment senti comme une proie dans cette station et, pour y avoir joué sur un 7.1 dans le noir, la spatialisation du son est d’excellente facture (c’est aussi très bien géré au casque). Le jeu a d’ailleurs tellement confiance en son ambiance sonore qu’il est dépourvu de musiques, lesquelles ne viennent jamais à nous manquer. Quant à l’histoire, prenante, elle se dévoile au compte-gouttes et se situe un peu au carrefour de L’Odyssée de l’espace, d’Alien et du volume 1 d’Annihilation. Le jeu a par ailleurs le bon goût d’être court (6 heures) et de ne pas étirer inutilement sa proposition. Routine n’est pas seulement un excellent jeu, c’est l’une des propositions horrifiques les plus originales et abouties de ces dix dernières années.

Genre : Aventure / Exploration de biomes extraterrestres | Provenance : USA | Développeur / Editeur : Double Fine / Xbox Game Studios | Date de sortie : 17 octobre 2025

Keeper a constitué l’expérience la plus merveilleuse (au sens littéral) que j’ai jouée de ma vie. Émerveillement permanent, TOUT y rend béat. Qu’il s’agisse des sons, de l’univers extraterrestre exploré ou de la musique, Keeper constitue une aventure sensorielle totale, un véritable remède à la dépression, un joyau brut d’exaltation des sens. Une belle claque, en somme, dans laquelle on retrouve un peu du jeu Exo One.

ET LES AUTRES...

Les cinq titres suivants auraient également clairement mérité de se hisser dans un top 10, alors jouez-y si leur genre vous plaît !

QUEL EST TON PLAISIR COUPABLE ?

On a tous nos petits secrets : BennJ peut passer des soirées entières à parcourir des menus de jeux vidéo ou à enregistrer le niveau de decibels de sa Wii, KillerSe7ven a peur des rideaux de douche et pour ma part je suis amoureux d’Hideo Kojima. Alors autant dire que lorsque le remake de Metal gear Solid 3, j’ai nommé Metal Gear Triangle, pardon, DELTA ! a été annoncé, j’avais déjà préparé ma torche et ma fourche, prêt à en découdre avec quiconque prendrait le parti de ce remake réalisé sans le MAÎTRE. Quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai lancé ce remake… J’avais tout faux. J’ai passé un moment dantesque. À la fois con et brillant, régressif et avant-gardiste, cliché et visionnaire, Metal Gear Solid 3 est peut-être le jeu le plus personnel de Kojima, c’est son James Bond et toutes les conversations de CODEC y transpirent son amour du cinéma. Nan vraiment je n’ai rien à redire sur ce remake ultra fidèle à la ligne de dialogue et au plan près, hormis le lifting graphique et la possibilité de jouer avec une nouvelle maniabilité si on le souhaite. Une réussite et un plaisir de pouvoir enfin se passer du filtre jaune pipi du chef d’œuvre original.

QUELLES SONT TES ATTENTES POUR 2026 ?

J’attends évidemment le prochain Resident Evil de pied ferme, la suite de Control et le prochain Frictional Games, nommé Ontos. J’attends également d’obscurs point ‘n click ou encore le jeu Halloween. Sinon, fait rare, mes trois principales attentes pour 2026 sont des redoublants de 2025. La loi du calendrier a encore frappé ! Les voici.

Hibernaculum

Hibernaculum est un dungeon crawler horrifique à la croisée des univers de Giger et de Cronenberg. Voilà je pense que je n’ai rien besoin de dire de plus pour justifier mon attente et désormais la vôtre si, comme toute personne de bon goût, vous aimez les êtres décharnés, à la frontière de la mort et parcourus de tuyaux en fusion avec leurs organes.

Project C / Project D

J’attends les deux prochains jeux en FMV de Sam Barlow comme le messie, d’autant plus qu’il signera l’un des deux (à moins qu’il ne s’agisse que d’un seul jeu ?) en collaboration avec Brandon Cronenberg. Presque toutes ses précédentes œuvres, du fondateur Her Story à son apogée, Immortality, étaient révolutionnaires et ont redéfini le jeu en FMV et donc, d’une certaine façon, le cinéma. Je n’attends pas seulement sa plongée dans le registre horrifique avec impatience : je suis surexcité.

Tenebris Somnia

Un survival horror qui mêle prises de vue réelles et esthétique 2D. Au diable les petites lignes, dites-moi où signer !

TON OST DE ANNÉE ?

L’OST de Blue Prince, sans la moindre hésitation. Mystérieuse et propice à la rêverie, je l’écoute encore plusieurs fois par semaine et elle me permet de rester connecté à cette œuvre inoubliable, qui a redéfini mon rapport au jeu vidéo. Ne jouez pas seulement à Blue Prince, écoutez-le.

SI TU POUVAIS VOYAGER DANS LE TEMPS, QUELLE CONSOLE TU PRESERVERAIS DE L'EXTINCTION ?

Je suis passionné de jeux vidéo, mais si je pouvais voyager dans le temps, je me rendrais plutôt en Afrique, il y a de cela 4 millions d’années. Je m’y promènerais prudemment jusqu’à ce que je croise un australopithèque. Alors que le bougre m’approche, prêt à me fracasser le crâne, je lui tendrais une Gameboy Color garnie de Link’s Awakening. Je reviendrais ensuite en 2026 pour mesurer les conséquences de mon acte sur l’espèce humaine.

Bilan de itokiry

QUEL EST TON RESSENTI SUR L'ANNÉE 2025 DANS LE MONDE IMPITOYABLE DU JV ?

Ma description personnelle sur MaG, écrite à mon arrivée en 2024, prophétisait un peu les événements qui m’ont transporté cette année. D’ermite, il ne me manque plus grand chose, puisque je suis désormais l’heureux propriétaire d’une magnifique maison de vieille pierre au fin fond d’une campagne peu encline au brouhaha, et que j’en ai profité pour scier à la base quantité de relations sociales que je jugeais inutiles ou contre-productives. Voire qui n’auraient jamais eu le moyen de venir me rendre visite. Ne reste que le calme, et quelques amis, avec lesquels je partage parfois le pain, le vin, et la manette de PS2… Quelle vie paisible et joyeuse. On en oublierait presque que le monde pleure la perte de sens commun, de raison et de litres d’un sang à l’odeur amère. Plus que jamais, j’ai esquivé l’actualité, bien trop heureux que j’étais de vivre pour moi et mes proches plutôt que de lire le malheur des autres, sur lequel je n’aurais rien eu à dire ou à penser de toute façon. Ainsi va la vie, parfois cruelle, souvent insensible aux maux qu’elle engendre pourtant. Et le jeu vidéo dans tout ça, me direz vous ?! J’y viens.

Cette année, ayant coupé les dernières branches me retenant encore vaguement à l’actualité vidéoludique, je n’ai pas appris grand chose au sujet de l’utilisation de l’IA, dont je me moque pas mal, et des fermetures de studios ou licenciements jugés abusifs qui, de toute façon, étaient à prévoir après le boom connu avec la récente pandémie. Je n’ai pas joué à beaucoup de titres récents non plus, du reste. Assez pour constater que la tendance ne va pas à l’originalité, mais plutôt à une savante recette mêlant confort moderne et idées vieilles de décennies. Prenez Final Fantasy Tactics : The Ivalice Chronicles par exemple. Remake d’un titre mythique, qui a le bon goût de proposer au joueur l’option de délaisser tout ce qu’il propose de neuf, ou de choisir de profiter du luxe de ses systèmes adoucis, son doublage intégral et sa frise chronologique bien pratique. Quelle prouesse. Et pourtant, il s’agit à première vue d’un jeu vieux de vingt-sept ans, s’appuyant sur la recette d’un autre (Tactics Ogre, mon amour) âgé de trente… à l’inverse, un Metroid Prime 4 qui pioche dans du vieux pour faire du neuf se prend les pieds dans le tapis. Et sa chute est d’autant plus douloureuse que l’attente a été longue, et que Nintendo ne se cache même plus de ses techniques de vente prédatrices, avec de l’Amiibo donnant accès à des musiques pour une zone en étant, sans cela, dénuée… Quelle indignité.

Mais si j’ai survolé l’actualité comme un rapace les champs de blé, quelques informations ont néanmoins réussi à pénétrer ma sérénité. Parmi elles, l’abjecte hurlement de haine politisée à l’encontre d’un Clair Obscur revendiquant une direction artistique jugée réac par une poignée d’idiots se pavanant en évangiles sur des réseaux leur déployant le tapis rouge. Celui que, quelques mois plus tôt, tout le monde semblait aduler, est devenu l’espace de quelques jours, à la suite d’une cérémonie des Game Awards toujours aussi ridicule, un sujet de clivage abrutissant. Chacun croyant dur comme fer avoir un avis propre, alors que tous ne sont le fruit que d’un battage médiatique savamment calculé, leur disant quoi penser, tous se croient alors en devoir de prêcher pour leur paroisse. Quelle erreur, quelle faute de goût, quelle preuve d’immaturité et d’imbécillité généralisée. À croire que l’histoire a cessé de se répéter, contre toute attente, elle qui avait jusque là cloué au pilori ceux qui, se croyant investis d’une mission divine, répandaient en réalité l’hérésie. J’aurais beaucoup de griefs à adresser à ces fous que l’internet et la politique aveuglent et abêtissent, mais je me contenterais à nouveau de m’en écarter poliment, car mon père m’a appris que parler aux imbéciles c’est prendre le risque de les instruire.

Dans un genre similaire, mais de l’autre côté du spectre politique, puisqu’il serait dommage de ne pas rappeler qu’aucun bord ne vaut mieux que l’autre, le malheureux Avowed a souffert de complaintes tout aussi vite prononcées, et tout aussi bêtes. Il faut dire qu’ils sont nombreux, sur la toile, à sauter au plafond dès qu’une poussière de progressisme social se fait sentir, quand bien même il ne s’agirait que d’une fausse alerte, comme souvent. Or, s’il m’arrive de donner raison à ces malandrins, lorsqu’à force de donner des coups d’épée au hasard dans le torrent ils finissent par ferrer un gros poisson (coucou Dragon Age : The Veilguard), il est difficile de ne pas leur rire au nez dans le cas présent, comme dans tant d’autres avant cela d’ailleurs. Parce qu’il était évident, au vu du passif d’Obsidian Entertainment, qu’Avowed ne serait pas du genre à faire l’apologie du mâle blanc musculeux, comme la franchise Gears of War le fait invariablement. Il faut toutefois avoir un sérieux problème pour s’offusquer de sa fin faisant référence à une créature dont le genre est incertain (on demeure dans un univers de fantasy, ressaisissez-vous !), de ses relations homosexuelles évoquées le plus souvent à demi-mot et de manière poétique, ou de sa proéminence de PNJ féminins.

Je suis d’autant plus atterré que ce propos ignare a rapidement pris le dessus sur toute considération quant à la qualité du jeu, qui n’est par ailleurs pas une grande réussite. Or, frapper un homme au sol demeurera, quoi qu’on en dise, l’apanage des pleutres, et une preuve irréfutable de manque d’honneur. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est que les propos racistes du directeur créatif du jeu, ayant fait scandale à juste raison quelques semaines avant la sortie, ont depuis été complètement oubliés, au profit de cette incessante guerre de clocher dont le cheval de bataille porte d’un côté le terme de woke, de l’autre celui de progrès. Deux poids, deux mesures.

QUELLES SONT TES DÉCEPTIONS DE L'ANNÉE ?

Avowed, justement, était ma déception de l’année, lui en qui je plaçais pas mal d’espoir, comme s’il s’agissait du retour tant attendu du maître du RPG occidental s’étant perdu depuis un Fallout : New Vegas inégalé. J’ai longtemps regardé de loin ce que produisait Obsidian Entertainment, studio qui m’avait fait rêver avec le titre susnommé, mais plus encore avec un Star Wars : Knight of the Old Republic 2 iconique, et avec l’extraordinaire South Park : Le Bâton de la Vérité, sur lequel j’aimerais revenir un jour dans ces colonnes. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir été tenté par Pillars of Eternity, mais j’étais alors trop frileux face à ce genre de proposition m’apparaissant comme trop proche d’un RPG PC, genre dans lequel je n’avais jamais mis les pieds. Je n’y suis revenu que pour tenter ma chance sur un The Outer Worlds que j’ai trouvé assez mauvais, ne terminant pas l’aventure à cause d’une direction artistique qui m’a franchement rebuté, en plus d’une technique absolument indigne et de gunfights déplorables. En ce qui me concerne, Fallout est mort, et ses successeurs spirituels, parmi lesquels je rangerai aussi un Atomfall pourtant intrigant sur le papier, suivent tous la même voie. Ainsi, beaucoup d’espoirs reposaient sur Avowed, qui allait m’offrir, je l’imaginais, une porte d’entrée dans la franchise Pillars of Eternity, en plus d’une expérience riche et fort bien écrite comme sait si bien le faire le studio. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Les premières heures passées dans les Terres Vivantes m’ont été fort agréables, et j’étais même convaincu d’avoir trouvé l’un de mes jeux de l’année, particulièrement envoûté que j’étais par cet univers verdoyant. Et je dois bien avouer que, arrivé aux crédits après avoir sensiblement accéléré le rythme pendant cinq ou six heures en mode de difficulté Histoire, je gardais la certitude d’avoir joué à un bon jeu, malgré des défauts nombreux. C’est dans cet état d’esprit que j’ai écrit mon test, qui n’est pas dithyrambique, mais rend honneur à ce titre plein de bonnes intentions. Toutefois, il s’est produit un véritable basculement dans mon esprit à force de repenser à Avowed et à ses points les plus discutables, parmi lesquels je place en tête une affreuse profusion d’ennemis. Un basculement que j’avais déjà connu quelques temps plus tôt avec un The Callisto Protocol que j’avais apprécié lors de ma première run, avant de m’en détourner complètement au point d’en détester tout souvenir. Concernant Avowed, je ne suis pas allé jusqu’à la détestation, heureusement quelque part, mais j’ai toutefois conclus, ce après avoir pris le temps de reprendre la manette pour m’en assurer, que le titre n’était juste pas pour moi. J’aurais aimé pouvoir me dire qu’il figurerait parmi ces expériences que je refais occasionnellement, comme Skyrim ou Vanquish (dont voici mon test), mais il n’en sera rien.

Tout aussi décevant, mais dans un genre radicalement différent, Gears of War : Reloaded ne m’a pas fait passer un bon moment. Pourtant, je suis un fervent défenseur de la franchise, dont j’ai fait à plusieurs reprises tous les épisodes à l’exception de Tactics, que je me garde sous le coude. J’avais bon espoir que ce remaster soit plus qu’un nouveau portage en haute définition, mais ce fut malheureusement pire que ce à quoi je pouvais m’attendre. Parce que le titre ne bénéficie d’aucun ajout, si ce n’est une compatibilité avec la Dualshock de la PS5 et ses gâchettes aux retours haptiques. Ce qui demeure très léger, pour rester poli. À côté de cela, les Comics que l’on déniche dans les niveaux, et qui représentent les seuls collectibles du jeu, n’ont toujours pas été traduits en français. Les problèmes de mixage audio que l’on connaissait sur la version de 2006 ont peut-être disparu, mais c’est une moindre consolation face à ce changement visuel apportant plus de lumière à des décors jusque là volontairement sombres, même dans le remaster Xbox One paru il y a dix ans. Le titre a vieilli, et rien n’est venu améliorer la qualité de vie. Même au niveau des doublages j’ai eu l’impression qu’on se moquait de moi, car si j’étais content de retrouver les voix françaises que j’affectionne, j’aurais apprécié pouvoir découvrir la VO… Quelle déception.

QUELS SONT LES 5 JEUX QUE TU RETIENS CETTE ANNÉE ?

Je n’ai pas honte de le dire, je fais partie des huit idiots à avoir acheté une Wii U au lancement, fortement attiré par un ZombiU à la proposition extrêmement alléchante pour tout amoureux des morts vivants, et très originale par ailleurs. Et je m’en serais voulu de ne pas mettre la main sur cette console si souvent détestée, car elle m’a permis de m’essayer à ce que je considère comme le meilleur RPG japonais de tous les temps, Xenoblade Chronicles X. Un titre d’une richesse incommensurable, proposant un mode ouvert envoûtant et gargantuesque, mettant en toute logique la console de Big N à genoux. Rappelons qu’en matière de puissance, la Wii U était assez proche d’une Xbox 360, aucun miracle n’était donc à attendre à ce niveau. Le jeu laissait toutefois nombre de questions en suspens. En toute logique, j’attendais une suite, qui ne vit jamais le jour. Alors l’annonce d’un portage amélioré, à destination de la Nintendo Switch, embarquant un tout nouvel arc scénaristique destiné à clôturer l’aventure, m’a fait bondir d’une joie pure d’enfant. Je peux donc le dire sans plus de cérémonie, Xenoblade Chronicles X : Definitive Edition est assurément mon jeu de l’année. Et si Silent Hill 2 Remake (lire notre test) n’avait pas existé, il aurait même été en lice pour le concours du jeu de la décennie, pour la seconde fois…

Mais j’ai heureusement joué à d’autres titres cette année, après avoir englouti un nombre assez honteux d’heures dans le monde ouvert de Monolith. Parmi eux, l’excellent Persona 3 Reload, que j’ai pu tester sur une Nintendo Switch 2 toute jeune et encore pleine de promesses, sur laquelle il est mon… second jeu finalement, après le très bon mais nettement moins mémorable Fast Fusion. Persona, c’est une série que je connais assez peu comparativement à Shin Megami Tensei, qu’on peut considérer comme son père en quelque sorte, ce qui ne m’a pas empêché de m’essayer à pratiquement tous les épisodes. Mais c’est bien avec le 4 que j’ai passé le plus de temps, au point de le finir plusieurs fois, d’en chercher tous les secrets, et d’en écouter la bande sonore occasionnellement, principalement quand j’ai besoin d’un petit coup de peps. J’avais beaucoup d’attentes, et j’ai été un poil déçu par un unique point : les personnages de Persona 3 Reload sont nettement moins attachants, du moins à mon sens, que ceux de Persona 4. Pour le reste, on est sur une excellente pioche : aventure longue et prenante, écriture soignée, combats engageants, excellente OST… même la génération aléatoire des étages du Tartare, qui représente le donjon unique du titre, m’a plutôt plu, contrairement à beaucoup d’autres joueurs, certainement parce que j’ai un gros passif avec le Rogue-like, et parce que Persona 4 usait d’un système similaire. Je n’aurais pas craché sur un challenge plus relevé, néanmoins, mais j’ai malgré tout passé un moment divin.

Restent mes deux coups de cœur que sont Silent Hill f et Blades of Fire. Le premier, je l’attendais de pied ferme, en amoureux de la franchise si longtemps portée disparue, et j’avais dans l’idée de m’y coller une fois arrivé aux vacances d’hiver. S’il n’est pas le meilleur jeu de la franchise, place revenant à l’une ou l’autre des versions de Silent Hill 2, il peut toutefois se targuer d’être fort honnête dans sa proposition, et plutôt original par ailleurs. Ce que j’en retiens tout particulièrement, c’est une ambiance assez prenante, m’ayant rappelé, par moments, celle d’un Kuon ou d’un Project Zero, de par ce sentiment déroutant de ne pas savoir ce qui est vrai, et ce qui ne l’est pas. Blades of Fire, quant à lui, ne faisait pas partie des jeux que j’attendais, et j’ai plongé dedans sans vraiment savoir de quoi il retournerait. Or, je fus le premier surpris de constater que cette aventure, rappelant beaucoup les recettes de jeux d’action de la Xbox 360, est extrêmement riche, et propose des systèmes jubilatoires. Les combats, pour commencer, offrent des sensations très différentes des Souls, tout en conservant une âme commune avec le genre, et chaque coup savamment porté est un délice. Mais c’est surtout tout ce qui tourne autour de la confection des armes, que l’on forge soi-même, qui mérite d’être salué. À côté de cela, si l’histoire ne fera pas date, les personnages sont plutôt attachants, et le rythme est fort bien dosé. J’aimerais vraiment qu’il finisse par rencontrer le succès qu’il mérite…

QUEL EST TON PLAISIR COUPABLE ?

Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, League of Legends a encore aspiré mon âme un paquet d’heures cette année. Et il en sera certainement de même en 2026, a fortiori si Riot annonce un remake total du jeu. Car je dois bien l’avouer, je ne suis pas enchanté par cette rumeur, peut-être fondée, quand bien même il est vrai que certains points mériteraient amélioration. Les différents changements que le jeu a subit ces dernières années n’ont déjà pas été pour me plaire. Je crains surtout qu’un remake soit synonyme de technique plus vorace, ce qui me placerait dans une situation compliquée avec mon petit PC portable pas du tout pensé pour le gaming, ou que l’idée soit de porter League of Legends sur consoles… ce qui serait à mon sens la mort du jeu. Enfin, nous verrons bien j’imagine. En attendant, pratiquement chaque week-end je consacre à LOL une bonne partie de mon temps. Du moins, jusqu’à la sortie de Call of Duty : Black Ops 7 (dont voici mon test), en qui je plaçais beaucoup d’espoirs, et qui m’a fait passer trois bonnes semaines de glissades et de sauts muraux à améliorer un ratio qui ne partait pas de bien haut. Un jeu que je conseillerai difficilement, en raison d’une campagne médiocre et d’un mode zombies que je trouve plutôt mauvais, mais qui m’a personnellement conquis. Et toujours pas de manette de cassée, donc je pense qu’on est bons !

QUELLES SONT TES ATTENTES POUR 2026 ?

Je serais bien incapable de vous dire ce qui sort en 2026 hors des créateurs qui m’intéressent vraiment, puisqu’ils sont les seuls dont j’ai suivi, de loin, l’actualité. Alors évidemment, en grand amoureux de Capcom que je suis, et de Resident Evil par dessus tout, j’attends Requiem avec une certaine impatience. Mais je demeure toutefois sur mes gardes, car tout ce que j’ai pu voir du titre jusque là ne me met pas en confiance. Disons que j’ai un peu peur que le développeur se soit trop inspiré d’autres propositions horrifiques, d’une part, et qu’un retour du méga-kitch et du scénario trop premier degré soit à prévoir, d’autre part. Des craintes et interrogations qui seront vite confirmées ou balayées, puisque le titre est attendu pour dans quelques semaines, et que je ne manquerais certainement pas de le prendre Day One. Autre jeu made in Capcom, mais proposition complètement différente, Pragmata m’intrigue pas mal depuis son annonce initiale, et ce que j’ai pu entrevoir de son gameplay et de son ambiance me botte toujours autant. Puisqu’on est sur un genre de Shooter complètement tourné vers la Science-Fiction, avec un gameplay semblant assez lourd mais des mécaniques originales, alors je ressens comme une Vibe à la sauce Binary Domain qui n’est pas pour me déplaire. Et puis qui mieux que Capcom pour sortir une nouvelle franchise de nulle part et frapper un grand coup ? L’excellent Kunitsu-Gami (lire notre test) est là pour le confirmer.

J’ai envie de croire que Nexomon 3, suite d’un RPG médiocre et d’un excellent Pokémon-like, sera pour 2026, mais au vu du peu d’infos et d’images disponibles, je dirais que l’attente est encore loin de prendre fin, idem pour l’inespéré remake de Persona 4. Tout l’inverse du prochain projet de Suda51 et Grasshopper Manufacture, Romeo is a Dead Man, un jeu qui s’annonce dans la droite lignée de la ludothèque du créateur japonais. J’attends donc un gameplay jubilatoire, quelques idées de mise en scène complètement barrées, mais surtout un esprit un peu punk, faisant cruellement défaut aux productions modernes. Bien qu’aucun des jeux de Grasshopper Manufacture ne soit parfait, chacun d’entre eux a son petit quelque chose, et je serais bien incapable d’en qualifier un seul de véritablement mauvais (ou, paradoxalement, d’en recommander un les yeux fermés). Romeo is a Dead Man ne sera donc pas le jeu de l’année, c’est certain, mais il pourrait toutefois se révéler suffisamment rafraîchissant et jouissif pour marquer durablement ceux qui, comme moi, ont une certaine affinité avec ses projets ou avec l’action décomplexée et l’hémoglobine. Enfin, je place beaucoup d’attentes dans une Switch 2 qui, pour le moment, n’est pas parvenue à me convaincre en raison d’une ludothèque aussi vide et décevante que les écrits de Virginie Despentes. À ce rythme, je serais bientôt tenté de revendre ma console pour repasser sur une Switch classique, et profiter de l’argent restant pour m’essayer à certaines des grosses cartouches Nintendo qui m’ont échappé sur la génération sortante.

TON OST DE ANNÉE ?

Celle là, elle va aller très vite. Final Fantasy Tactics : The Ivalice Chronicles, jeu vieux de près de 30 ans, qui met encore aujourd’hui à l’amende quantité de productions actuelles. Même si, il est vrai, Persona 3 Reload s’en sort pas trop mal non plus.

SI TU POUVAIS VOYAGER DANS LE TEMPS, QUELLE CONSOLE TU PRESERVERAIS DE L'EXTINCTION ?

Avec le temps, et surtout les avancées technologiques, j’ai l’impression qu’on a de plus en plus de mal à retoucher aux productions de notre enfance, paraissant bien fades ou trop limitées comparativement aux titres récents (d’où une recrudescence de remakes et remasters finalement). C’est en tout cas une tendance que j’ai constatée chez moi. Et quand bien même j’arrive à rentrer dans ce jeu que j’aimais profondément étant gamin, il m’arrive souvent de me dire que tel épisode plus récent est quand même sacrément mieux foutu, et que je perd complètement mon temps. Chose qui n’arrive toutefois pas, ou peu, avec les titres d’une unique génération dorée, comprenant la PlayStation 2, la Nintendo Gamecube et la Game Boy Advance (oh, oui, et toi aussi la Xbox, mais à l’époque tu ne valais le coup que pour DOOM 3). Et autant vous dire qu’avec ceci en tête, ainsi que mon amour du has-been, je n’ai pas attendu une guerre mondiale pour me téléporter dans cette période du jeu vidéo qui m’est plus chère que toutes les autres. Au point que je lui ai consacré un espace à part entière dans ma grande maison (eh, laissez moi flex un peu), avec une PlayStation 2 et une Gamecube rangées parallèlement sous une petite télévision cathodique toujours en forme, et mes quelques cartouches de GBA se disputant les derniers coins disponibles sur un meuble déjà bien rempli de boîtiers en plastique bleus et noirs. Alors si je ne devais en garder qu’une, le choix serait difficile, mais j’imagine que malgré mon amour inconditionnel pour Nintendo, et surtout pour sa GBA que j’embarque toujours dans une poche de mon sac à dos, je serais plutôt tenté de choisir la PS2. D’ailleurs, maintenant qu’on en parle, je retournes sur Ratchet Gladiator !

Bilan de Neomantis

QUEL EST TON RESSENTI SUR L'ANNÉE 2025 DANS LE MONDE IMPITOYABLE DU JV ?

Tout le monde ne l’aura peut-être pas remarqué, pourtant il n’est pas exagéré de parler d’une année sous le signe des ninjas. Outre la sortie d’un Assassin’s Creed : Shadows mettant en scène une kunoichi et le retour de Shinobi à la sauce française, la réapparition de la licence Ninja Gaiden via trois opus confortait cette impression. Et puis, la rockstar et ninja qu’était Tomonobu Itagaki s’est éteinte. L’illustre fondateur de la Team Ninja (le studio fêtait ses 30 ans) nous a quittés avec sa vision personnelle du médium. L’ironie voulut qu’il décède quelques jours seulement avant la sortie de Ninja Gaiden 4, bien que le titre n’ait pas grand-chose à voir avec les anciens opus du game designer et de ses équipes.

Une mauvaise nouvelle qui fut rapidement suivie par l’annonce du départ de Katsuhiro Harada de Tekken, lui le rival et ami d’Itagaki. Le scribe ninja que je suis ne peut s’empêcher d’y voir un signe. Comme si une force convoquait les ninjas éparpillés sur la planète pour qu’il poursuive son héritage. Et par ninjas du monde entier, j’entends tous ceux pour qui cette figure convoque bien plus qu’un imaginaire culturel. Avec l’idée que c’est à nous, les héritiers, de diffuser ses valeurs fondamentales et qui semblent manquer à nos sociétés numérisées. J’ai beau adorer ce retour de licences du passé, telles que Ninja Gaiden II Black, je ne peux plus nier la triste réalité derrière. Comment se fait-il qu’un jeu techniquement daté de 2008 ridiculise encore le marché du beat’em all ?

De nos jours, des communautés de fans étranges encensent toujours aveuglément Pokémon. D’autres pleurent sur Doom: The Dark Ages, sans comprendre les enjeux des studios (pour rappel, il fallait passer après Doom Eternal), ni la prouesse que représente cet opus, qui réussit à garder l’essence de la franchise tout en la faisant évoluer. La question n’est pas de rejeter les avis négatifs. Simplement d’être droit dans ses bottes, en paix avec ses goûts, pour ensuite s’ouvrir à ceux d’autrui, même s’ils diffèrent. Parce qu’on peut rejeter une expérience tout en considérant ses qualités, ou aimer une œuvre pour ses défauts. L’important, c’est le partage et, dans le cas spécifique du jeu vidéo, le ludisme. Laissons nos égos de côté pour célébrer un medium censé nous passionner et dosons nos propos et jugements. Ainsi, pour moi, la morale de cette année sera bel et bien la nécessité préserver ses valeurs d’humilité.

QUELLE EST TA DÉCEPTION DE L'ANNÉE ?

Ninja Gaiden 4 illustre parfaitement l’enfermement créatif d’un studio comme PlatinumGames – ce que pointait du doigt les départs d’Hideki Kamiya, Takahisa Taura (Astral Chain), Kenji Sato (Metal Gear Rising: Revengeance) ou encore Abebe Tinari (Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon). Le studio en charge de ce quatrième opus voulait à tort plaire aux anciens de la série, autant qu’attirer et séduire un nouveau public amoureux du beat’em all. Et qui dit beat’em all dit PlatinumGames. C’est en tout cas un studio qui s’est fait un nom avec ce genre et grâce à sa maîtrise du gameplay. Le jeu est bon, par ailleurs.

Cependant, il ne parvient pas à être davantage qu’un très bon jeu PlatinumGames. La singularité, l’identité « Ninja Gaiden » est trop diluée ici pour ravir les fans de la licence qui patientaient depuis une décennie. En s’appelant NG4, c’est bien à eux qu’il s’adresse. Pourtant, des promesses s’effondrent. C’est le jeu de Yakumo, pas de Ryu. Le gameplay est celui d’un jeu PlatinumGames, pas celui de la Team Ninja. Même le mapping des touches diffère, le placement des commandes, la gestion des foules : tout est contre-productif pour un joueur Ninja Gaiden de la première heure. Le Devil May Cry Reboot de Ninja Theory retrouvait mieux le feeling de la licence qu’il adaptait, en plus de ne pas mettre en avant un épisode numéroté afin de ne pas induire en erreur (précisons que toute critique émise sur la forme pour DMC Reboot est à imputer à Capcom, et non au studio anglais injustement conspué).

Tout ça pour dire que le problème de ce dernier Ninja Gaiden c’est de s’appeler NG4. À quoi bon prendre une licence singulière pour lui enlever une partie de sa singularité ? C’est la question que je me pose souvent quand des licences sont reprises et tordues sans raison pertinente. Une proposition pour les fans de beat’em all, mais qui n’a pas grand-chose à voir avec une expérience Ninja Gaiden malheureusement. C’est pourquoi, sans doute, il se murmure qu’un reboot serait dans les petits papiers du studio. L’avenir nous le dira.

QUELS SONT LES 5 JEUX QUE TU RETIENS CETTE ANNÉE ?

Quand je ne reprends pas une claque surgit du passé : MGS Delta : Snake Eater, Capcom Fighting Collection  2 (Rival School !!!!), Tony Hawk’s Pro Skater 3+4. Ce sont des softs avec un pied dans cette époque révolue qui me charment le plus. Ainsi, la découverte de Ninja Gaiden Ragebound fut une belle surprise, tandis que la France a su taper fort avec un Shinobi : Arts of Vengeance impressionnant de maîtrise et de culot (bien que les gardiens du temple grimacent sans doute) et un Absolum auquel je tire mon chapeau. Si le mélange rogue-lite et Beat’em all ne date pas d’hier, Dotemu cherche à amener le genre plus loin (c’est l’impression que je ressens avec ce projet et le précédent, Streets of Rage 4) et je ne peux que respecter la démarche. La France était aussi représentée en 2025 par Clair Obscur: Expedition 33, mais je n’y ai pas encore joué, donc… Quitte à me lancer dans un RPG en tour par tour et à l’ancienne – malgré des mécaniques modernes injectées dans Clair Obscur – la folie qui habite Shadow Hearts me manquait et j’ai choisi d’y replonger.

Quelques mots pour Fatal Fury : City of the Wolves, un excellent soft venu consacrer le retour d’un monument négligé des jeux de combat. Malheureusement, époque extrémiste et binaire oblige, l’opus est boudé par un public que je ne comprends plus. Cela n’enlève en rien la mauvaise communication de SNK, ni à certains investissement en temps et argent que l’on espérait plus intelligent, mais il y a des croisades plus légitimes que celle-ci, y compris dans le versus fighting. 2025, c’est aussi l’arrêt de Tekken pour moi. Je ne me retrouve plus dans la philosophie prônée, depuis le virage pris par la franchise. Mes personnages sont méconnaissables et maintenant Harada se barre… lui qui a pourtant sauver les meubles d’une saison 2 de Tekken 8 initialement sabotée pour les nouvelles équipes. J’aurais moins de regrets à me détacher de cette relation qui devenait toxique.

En attendant, j’ai eu le plaisir d’investir mon temps dans la version finale de Virtua Fighter 5 REVO World Stage, parut cette année sur PS5, et qui embarque un mode complet de combat contre des IA entraînées par des joueurs pro. Aimant le beau jeu, j’ai toujours joué aux jeux de combat avec le désir de devenir bon, de découvrir la vraie nature du gameplay, sans prétendre viser un niveau pro non plus. En attendant de tout miser sur le prochain Virtua Fighter 6, je m’entraîne sur le 5 où je purge ma frustration d’avoir abandonné Tekken après plus de vingt ans de loyaux services. Mais les singularités de chacun ne peuvent remplacer l’autre, c’est un fait… alors on vit avec, en dépit du divorce et des pensées nostalgiques qui nous traversent et nous appellent tel le chant de sirènes.

QUEL EST TON PLAISIR COUPABLE ?

Je le rappelle encore et toujours, je ne suis pas familier de cette notion de « plaisir coupable ». Parlons plutôt d’un soft que j’affectionne malgré des défauts factuels qui ternissent une partie de l’expérience : Where Winds Meet. Pour faire simple, et parce qu’il y a trop à dire sur ce titre, j’ai pu jouer à Sword and Fairy et à quelques jeux chinois et/ou taïwanais inspirés par le wuxia. Or, WWM est le plus abouti d’entre eux, le plus généreux aussi. Oui, il regorge de problèmes techniques, notamment à cause de son ambition démesurée et absurde, cependant, le concept global fonctionne. D’une certaine façon, j’y trouve ce que je venais chercher – et que j’espérais depuis plusieurs années : un monde ouvert dans le Jjiang hu, dans un monde martial à minima.

En tant que joueur solo j’ai toujours envisagé cela sous le prisme d’un Red Dead croisé avec Jade Empire. Force est de constater que la composante MMO de Where Winds Meet n’est pas déconnante non plus. Je retire l’ATH et me plonge à l’aveugle dans ces vastes contrées où je combats des guerriers, résous des énigmes, explore le monde, participe à divers mini-jeux. J’apprends de nouveaux arts martiaux, le tout avec un désir de retranscrire la philosophie martiale. Apprendre le tai chi se fait en espionnant les mouvements d’un ours par exemple. Plusieurs kung-fu inspirés de la faune se débloquent et convoquent des références filmiques évidentes, à l’instar de la posture du crapaud qui rappellera l’incroyable Crazy Kung-Fu réalisé par Stephen Chow. En termes d’activité c’est aussi bien fourni et le jeu n’aura pas de mal à générer des expériences mémorables comme ont pu le connaître les joueurs et joueuses sur WOW ou Dofus. Dans son imperfection, Where Winds Meet respire l’envie de bien faire, et l’aspect free-to-play est, pour le moment, relativement sain.

QUELLES SONT TES ATTENTES POUR 2026 ?

Actuellement, sans compter certains titres sans dates annoncées, ou d’autres que l’on découvrira par surprise au fil des mois, ma liste est déjà pleine d’une petite vingtaine de titres que je surveille. Voici une sélection de mes plus sérieuses attentes : Virtua Fighter 6 (sans doute début 2027), Stranger Than Heaven, Romeo is a Dead Man, Tides of Annihilation, Control Resonant, Onimusha Way of the Sword, Valor Mortis, Clive Barker’s Hellraiser: Revival, Acts of Blood, Stupid Never Dies, GTA VI, .45 Parabellum Bloodhound (j’espère tous les ans sa sortie) et Ontos.

TON OST DE ANNÉE ?

Si je devais retenir qu’une seule OST – et en privilégiant la nouveauté – j’opterais pour celle de Ninja Gaiden : Ragebound, conjointement composée par Sergio de Prado et des vétérans de l’époque NES de la série. Cela dit, je me dois de citer quelques morceaux qui m’ont accompagné une grande partie de l’année, que ce soit en prenant part à de violentes missions ninja où lors de confrontations martiales plus vertueuses. Double Dragon : Revive – Hittings the streets (de Kazunaka Yamane), Double Dragon : Revive – High Rise (de Kazunaka Yamane), Virtua Fighter 5 REVO – Shrine Stage/Aoi Umenokoji Theme (SEGA Sound Team), Ninja Gaiden II Black – Precipitation (de Makoto Hosoi, Takumi Saito, etc.).

SI TU POUVAIS VOYAGER DANS LE TEMPS, QUELLE CONSOLE TU PRESERVERAIS DE L'EXTINCTION ?

Je voyagerais à la toute fin des années 80, autour de la date de sortie de Street Fighter (1987), afin de profiter pleinement de la décennie 90 et de la folie arcade, qui est restée limitée en France mais que j’ai vu s’éteindre durant ma jeunesse. Mon amour des jeux vidéo étant étroitement lié aux beat’em all et aux jeux de combat – deux genres parents –, j’estime que c’était la meilleure décennie pour en profiter. Il y avait une effervescence créative, les jeux se faisaient plus rapidement et une seule année pouvait suffire pour qu’un studio bouleverse l’industrie. Tout restait à faire. La question demeure complexe, d’autant que je m’appuis sur une vision extérieure sans même avoir vécu et/ou conscientiser ses évolutions. Mais j’ai la forte impression que c’est un constat global et généralisé, une tendance de l’époque.

Aussi parce qu’un plafond de verre technique est pour l’instant atteint en 2025. Il est temps de perfectionner le fond des œuvres elles-mêmes plutôt que chercher la technique ou la copie des tendances. En réalité, dès l’avènement de Pong l’évolution des jeux vidéo s’est faite via l’émulation, la reprise de concept. Le plagiat même. Ce que je veux dire, avant de me perdre dans ce propos, c’est qu’à l’époque de Pong le jeu vidéo venait de naître. Futur et passé n’étaient que vide et inconnu. En revanche, au cours des 90’s, le contexte changeait, les horizons étaient maintenant visibles, l’industrie vidéoludique évoluait au gré des technologies numériques. Il y avait des bases solides sur lesquelles s’appuyer, une industrie déjà mieux développée, avec une concurrence déjà bien installer, sans compter de vastes opportunités qui s’ouvraient.

Nous pourrions ajouter l’influence d’un contexte socio-culturel marqué par une sorte de chaos lié aux préoccupations de « fin du monde » qui dominaient cette époque. En témoignent les tendances cinématographiques de l’époque, la peur du numérique et les bouleversements d’internet en marche, Nostradamus, tout ça. Vous voyez le tableau. Il y avait un terreau fertile pour la créativité, pour tenter autre chose. En ces temps, copier la concurrence ne faisait déjà plus sens. Il fallait pouvoir se démarquer, et on ne compte plus les nouvelles licences à succès produites. Avec la génération actuelle de consoles, les opportunités d’évolution sont peut-être moins nombreuses, ou moins perceptibles, mais je les pense suffisantes pour remplacer la fadeur qu’habite la majorité des titres récents (cela vaut autant pour les AAA formatés que la scène indépendante dopée au rogue-lite et Metroidvania, entre autres).

Enfin revivre la décennie 90, c’est aussi baigner dans les arts martiaux qui ne cessaient de se diffuser sur la planète. Des œuvres contribuèrent à cette diffusion, y compris des jeux vidéo : beat’em all et jeux de combat sont nés par amour de leurs créateurs pour les films de Bruce Lee, Jackie Chan et consorts. Les valeurs martiales se déployaient d’une nouvelle manière, de surcroît dans les salles d’arcade avec la confrontation entre joueurs qui se déroulait physiquement sur la même borne. Sinon chez soi, sur console, avec des potes sur le canapé et les manettes qui s’échangent. En l’absence de mode online, le contact humain prédominait et toute expérience multi revêtait une saveur particulière. Cela contribua à redéfinir la façon de consommer les jeux et de fréquenter les salles d’arcades. Du lien social était créé, avec ce que cela implique de partage, d’émotions et d’empathie.

Concernant la question de la console à sauver, je ne peux qu’opter pour la PS2. Ça reste la console la plus importante de ma vie, même si la DS et la PS1 complètent le podium. Le catalogue éclectique et monstrueux m’a offert nombre de jeux marquants, mais façonna également une part de mon identité. Mes jeux les plus précieux sont en majorité issus de la PS2 même si, en tenant compte de l’émulation et de la rétrocompatibilité entre autres, je reconnais qu’il y a de meilleurs choix.

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

Hermite en devenir, depuis longtemps l'esprit égaré dans de vieux livres, j'ai échoué dans ces colonnes dans l'espoir de partager autour de mon monstrueux Backlog, ou à l'occasion de mes grands amours que sont Biohazard et le J-RPG.

Scribe ninja échappé de l’île de Shang Tsung et vivant maintenant sous perfusion de films, il est possible de m'apercevoir sur le dos de Falkor alors que je parcours les mondes imaginaires en quête d’une catharsis ou d’une inspiration. On dit de moi que je suis constamment guidé par les valeurs martiales héritées de ma jeunesse dans le Jiang hu.

 

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itokiry
24 jours

Merci pour la découverte de Look Outside qu’il me tarde désormais d’essayer…

Ummagumma
24 jours
Répondr à  itokiry

Avec plaisir! De mon côté tu m’as donné envie de refaire Le Bâton de la Vérité, quel grand jeu.

Quant à KillerSe7ven, merci pour ce bilan plein de nostalgie et de magnifiques souvenirs. Si je vivais encore en France je pense que j’aurais remis à jour toutes mes consoles par l’entremise de Modding Marius!

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