• Jeu acheté sur PS5
  • Quête principale achevée en ne clignant pas assez des yeux, dans la sueur mais sans les larmes…
  • … avec un chat qui a choisi de s’allonger sur la manette en plein combat de boss, comme si le défi n’était pas assez relevé !

Après un Resogun sympathique disponible au lancement de la PS4, un Alienation oubliable et un Nex Machina au doux parfum arcade assorti de nitroglycérine pour ne citer qu’eux, les Finlandais de Housemarque sont revenus fin avril avec une production d’une toute autre envergure nommée Returnal : un AAA pour le compte de Sony. À en croire le rachat récent du studio par l’entreprise japonaise ainsi que son rattachement aux Playstation Studios, il semblerait que les ventes aient été à la hauteur des attentes. Félicitations à eux ! Toutefois comme chacun sait de bonnes ventes ne constituent pas un gage de qualité sinon on trouverait chaque année des Big Macs™ dans le guide Michelin. Ici qu’en est-il manette en main ? Verdict après 39 heures et 33 morts dans un état de tachycardie perpétuelle.

Dans l'espace, personne ne vous entendra rager

Returnal est un jeu de tir à la troisième personne orienté rogue-lite. Le joueur conserve une infime partie de ses ressources à chaque mort, contrairement à son cousin germain le rogue-like qui voit toute votre progression s’évaporer sous votre regard impuissant en cas de décès. Que ce soit dit immédiatement vous allez souvent mourir dans Returnal. En effet, comme vous le dirait un joueur rôdé aux productions From Software, l’air exsangue, l’écume aux lèvres et les mains encore tremblantes – foutu singe de Sekiro je ne t’oublierai jamais je te hais / je t’aime – : ce n’est pas la destination qui compte, c’est le chemin parcouru. Si vous êtes encore ici à me lire après ces quelques lignes d’avertissement alors vous faites peut-être partie de ces personnes qui ne sont pas effrayées à l’idée d’apprivoiser le gameplay d’un jeu exigeant. Qui sait peut-être que vous prenez même du plaisir à voir un jeu difficile mettre constamment des murs entre vous et vos objectifs afin que la victoire n’en soit que plus gratifiante. Si oui alors calez-vous bien dans votre fauteuil ami masochiste et restez si vous le voulez bien une paire de minutes en ma compagnie.

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Un jour sans fin

L’héroïne Selene Vassos et le bien-aimé Bill Murray ont un point commun dans la vie : ils revivent sempiternellement la même journée. Ils en ont un même un deuxième : dans le film Groundhog Day traduit littéralement par La journée de la marmotte au Québec, Murray esquive des boules de neige tandis que pendant ce temps-là Selene dashe pour éviter des boulettes laser. Trêve de comparaisons douteuses ! Pour l’astronaute qui nous intéresse aujourd’hui, le trépas est synonyme d’un retour immédiat à la carcasse de son vaisseau. L’engin, de son petit nom Helios, s’est en effet écrasé suite à une tempête alors que Sélène explorait la surface de la planète Atropos. C’est lors de notre premier décès que l’on réalise vraiment qu’on a changé de génération tant la quasi absence de temps de chargement se fait ressentir.

C’est un véritable régal et on se demande comment on aurait fait quelques années plus tôt sur le disque dur d’une PS4 fat. Le SSD de la PS5 et ses temps de chargement fulgurants rendent les runs toutes plus addictives les unes que les autres et on se surprendra vite à se dire que  »dans deux secondes je vais aux toilettes » pour se retrouver une heure plus tard à se tortiller bêtement sur son canapé la vessie pleine à craquer (confession intime pour ce premier test). Chaque retour à la case départ signifie une nouvelle génération procédurale des biomes ainsi que de nouveaux objets, agencements de salles etc… Vous conserverez uniquement certaines ressources d’une partie à l’autre. Ces denrées seront utiles pour faciliter votre progression en monnayant par exemple un check-point de fortune ou un bonus statistique inédit dans une machine mais nous y reviendrons.

Technique au diapason et ambiance sonore mystique

Sur le plan technique la DualSense est intelligemment mise à contribution via ses vibrations organiques, tout comme la technologie de son 3D brevetée par Sony qui ne sera pas de trop une fois votre casque vissé sur la tête pour vous aider à localiser les secrets et améliorations cachés ici et là derrière la végétation. Niveau bande-son on a droit à un somptueux travail de composition de Bobby Krlic, qui nous rappelle ici les meilleures pistes de Max Richter pour le film Ad Astra ou encore le morceau The Alien de Ben Salisbury et Geoff Barrow pour Annihilation. Concernant ce dernier on peut-même davantage pousser l’analogie entre les deux œuvres en mettant en parallèle le côté cryptique de leur narration. Returnal jouit d’une histoire maîtrisée aux pistes de compréhension savamment distillées mais attendez-vous à finir le jeu avec plus de questions que de réponses. Graphiquement le jeu tourne quasi-constamment à 60 FPS et constitue une véritable claque visuelle, notamment lors des nombreux combats qui représentent le cœur du jeu.

Qui ne risque rien n'a rien

Préparez vous à vous battre pour votre survie et à évoluer régulièrement dans un déluge de boulettes multicolores ! Les créatures qui cherchent à occire Sélène sont nombreuses et chacune d’entre elles dispose d’un pattern d’attaques ainsi que d’un schéma de boulettes variés. On aurait pu craindre que tous ces stimuli simultanés ne nuisent à la visibilité de l’action mais on sent que Housemarque a de l’expérience dans le domaine du shooter arcade survitaminé. En effet les commandes de Sélène, souvent en sprint, en train de sauter ou de jouer du grappin lors des joutes, répondent au doigt et à l’œil. Les environnements sont variés, la DA au diapason et le panel d’armes riche. Les rixes sont d’une intensité folle, mention spéciale à certaines salles vers la fin du jeu ou à quelques boss que vous vaincrez sur le fil du rasoir, avec le palpitant prêt à sortir de ses gonds.

Toujours concernant la progression chaque ennemi vaincu vous procurera des obolites, une sorte de monnaie extra-terrestre que ne renierait pas Elon Musk et que vous pourrez échanger contre des améliorations statistiques disponibles dans les  »magasins ». Jusque-là on est en terrain classique mais là Returnal tire son épingle du jeu c’est dans la constante prise de risques qu’il nous laisse le soin de jauger. Concrètement cela se manifeste au travers d’objets, de coffres ou de ressources qui sont corrompus. Allez-vous prendre le risque d’augmenter votre vie avec une résine si elle vous fait encourir un dysfonctionnement pénalisant ? Ou encore de vous greffer un parasite qui vous rendra plus fort pour les 10 prochains kills mais qui se détachera ensuite en multipliant le temps de recharge de votre arme par deux ? À vous de voir ! Le jeu n’impose pas de modèle de progression forcé et libre à chaque joueur d’adopter l’approche qui lui convient le mieux parmi les centaines de stratégies possibles pour voir défiler les crédits de fin.

Verdict

Avec son pur feeling arcade et ses pluies torrentielles de boulettes qui n'ont rien à envier à Ikaruga ou à Radiant Silvergun, Returnal constitue une proposition culottée et sans concessions. Le dernier-né d'Housemarque est un véritable phare dans l'océan du AAA, dont les développements toujours plus coûteux dissuadent trop souvent les éditeurs de prendre des risques créatifs, par crainte de se couper d'une partie du public. Classique dans ses mécaniques mais diablement efficace dans ses associations d'idées : Returnal réussit l'exploit de s'affranchir de la répétitivité inhérente à son genre du rogue-lite en offrant des boucles de gameplay léchées, sans pitié et surtout différentes d'une partie à l'autre grâce à un algorithme procédural et des combats imprévisibles qui vous pousseront dans vos retranchements. Exigeant mais tout de même permissif, le jeu ne se montre que rarement frustrant pour peu qu'on se donne la peine d'apprivoiser ses mécaniques. Le joueur ressort grandi de chaque échec et on ne ressent jamais de sentiment d'injustice, souvent synonyme d'une difficulté mal dosée. Avec Returnal, les développeurs d'Housemarque prouvent qu'ils sont capables d'atteindre les étoiles et inutile de préciser que MaG suivra leur prochain projet encore non dévoilé avec curiosité.
Pour
  • Une action épileptique, frénétique et nerveuse
  • Une DA en symbiose avec l'ambiance sonore
  • Beaucoup d'armes distinctes pour tous les styles de jeux
  • De nombreuses mécaniques et un algorithme réussi qui rendent chaque run unique
  • Les patterns de boulettes et leurs combinaisons
  • Adieu les temps de chargement !
  • Fluide du feu de Dieu
  • La prise de risques encouragée mais pas obligatoire pour progresser
  • 6 biomes
Contre
  • Pas assez de boss
  • Le quatrième biome qui ressemble au premier
  • Obligation de mettre sa console en veille pour reprendre sa partie plus tard

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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KillerSe7ven
Administrateur
1 année il y a

Vivement qu’il sorte sur PC que je puisse tâter la bête !

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