• Testé Xbox Series X sur un écran 4K de 60 pouces.
  • Code transmis par l’éditeur.
  • Jeu bouclé en une petite trentaine d’heures, réparties entre 20h d’aventure à la cool et environ 10h de rush.
  • Joueur ne connaissant pas l’univers de Pillars of Eternity à l’origine.
  • Pas de divulgâchis à prévoir dans cet article.
  • Screenshots maison, réalisés (le plus souvent) en supprimant tout l’ATH pour donner l’illusion d’un mode photo (cruellement absent du jeu final).

Il est parfois compliqué de se faire un avis sur un jeu en se basant sur les simples retours de professionnels. Avowed, celui que les médias putaclics et sans âme ont surnommé « le Skyrim d’Obsidian », n’est pas facile à cerner. Assurément clivant, le RPG en vue subjective, prenant place dans le même univers que Pillars of Eternity, a su charmer à l’excès certains fans du genre et du studio, comme laisser un goût de cendres dans la bouche de ceux qui, peut-être, ne savaient pas modérer leurs attentes, ou partaient simplement défaitistes. Alors, de quel côté de ce spectre binaire se trouve l’auteur de cet article après une trentaine d’heures au compteur ?

De l'importance des attentes

S’il fallait résumer mon palmarès en matière de RPG occidentaux, sauce Bethesda et consorts, je pourrais évoquer mes centaines d’heures cumulées sur Fallout 3, New Vegas, et The Elder Scrolls V : Skyrim. Non content d’avoir retourné ces titres, que je range volontairement dans le même panier, dans tous les sens, je les ai aussi relancés de nombreuses fois depuis leurs sorties, et ai pris plaisir à découvrir le restant du catalogue de leurs créateurs à la recherche de la moindre pépite oubliée. D’un côté, Bethesda donc, s’armant de productions visant toujours plus vaste depuis Morrowind, tout en conservant une recette relativement similaire de jeu en jeu, histoire de pouvoir réutiliser différents assets, gagner du temps et de l’argent. Et ce jusqu’au récent Starfield qui commence sérieusement à accuser l’âge de ladite recette, sur lequel je reviendrais bien assez tôt dans ces colonnes, car il me semble qu’il reste encore beaucoup à en dire. De l’autre, Obsidian, studio ayant fait ses armes sur Star Wars : Knight of the Old Republic 2, un jeu d’exception surpassant, à mes yeux, son éminent prédécesseur réalisé par Bioware ; puis Fallout : New Vegas, dont l’aura colle décidément à la peau de l’entreprise, entre autres expérimentations et jeux de commande, dont l’excellent South Park : The Stick of Truth que je vous recommande chaudement.

Avowed

Deux studios qu’on associe assez facilement en raison de choix de Game Design régulièrement similaires, et d’univers se rejoignant par ailleurs. Or, j’aurais aimé vous dire que Avowed n’est pas « le Skyrim d’Obsidian », puisque cette seule suite de mots suffit à m’horrifier, mais la vérité c’est que derrière le putaclic se cache une petite part de vrai. Non, les deux jeux ne partagent pas grand chose en matière de direction artistique, et leurs ambitions demeurent très éloignées. D’un côté, on tient un monde ouvert vaste et d’une richesse quasi sans borne, tellement populaire qu’il fut porté sur à peu près tout ce qui pouvait l’accueillir, jusqu’à une version Nintendo Switch particulièrement bien sentie. De l’autre, un jeu au propos plus concis, à l’exploration resserrée, s’offrant de vastes zones mais rien de comparable à un véritable Open-World comme on se le figure habituellement, le tout avec une utilisation minimale de la physique. Mais il faut se rendre à l’évidence, pour le joueur lambda, ce sont deux RPG occidentaux orientés Fantasy, s’armant d’un gameplay en vue subjective faisant la part belle aux armes médiévales et à la magie, le tout dans de larges environnements hostiles. On comprend vite d’où vient le parallèle.

Un parallèle qui peut sembler flatteur pour le jeu d’Obsidian, puisque Skyrim demeure l’une des plus grosses réussites commerciales et critiques que le jeu vidéo ait compté depuis sa création. Toutefois, même s’il continue de s’offrir de nouvelles versions et mises à jour régulières, ce « chef d’œuvre » du jeu de rôle occidental a malgré tout énormément vieilli. C’est à partir de ce constat que, personnellement, je trouve la comparaison assez déplaisante. Parce que, certes, Avowed est un jeu né vieux, nous y reviendrons, mais au risque de déclencher l’animosité des fans de Bethesda qui nous liraient, il surclasse en beaucoup de points les dernières productions du studio de Microsoft, ne serait-ce qu’en matière de World Building et d’écriture. Alors j’entends bien qu’Obsidian a eu deux jeux acclamés pour peaufiner son univers et préparer l’histoire ou les personnages de Avowed, mais cela ne diminue en rien le ressenti à l’exploration de son monde riche en récits. Toutefois, puisque je ne peux pas faire l’impasse sur ce point de détail qui m’horripile, il faut bien que l’on parle un petit instant de toute l’encre que le jeu a fait couler depuis son annonce.

Il y a d’abord sa direction artistique qui, à l’instar de The Outer Worlds quelques années plus tôt, n’a pas fait l’unanimité. Ce qui, soyons honnêtes, se comprend parfaitement. À une heure où la tendance est plutôt aux mondes sombres et aux univers de Dark Fantasy poisseux (on vous renvoie à notre article sur Final Fantasy XVI), proposer un environnement coloré faisant la part belle à une végétation lumineuse et verdoyante ne peut que diviser. Un peu comme Enslaved : Odyssey to the West en son temps, Avowed évolue donc à contre courant dans son propre genre. Ce qui lui assure de marquer durablement, mais aussi de se voir délaissé par une certaine frange des joueurs. Mais, plus important, il y a tout ce qui touche au développement même du titre, et l’entreprise en charge. J’ai pu lire tout et son contraire, avant même la sortie des premières critiques, sur l’orientation inclusive de Avowed, et sur les propos tenus par le directeur artistique du projet. Des propos que je qualifierais de racistes, n’ayons pas peur des mots, prônant une discrimination des personnes de couleur blanche au profit de celles issues de minorités. Il faut croire que pour travailler chez Obsidian, il ne suffit plus d’être doué dans ce que vous faites ou d’avoir un joli CV, mais qu’une simple couleur de peau peut vous ouvrir des portes.

Or, ça, je le trouve problématique, pour ne pas dire scandaleux, même si cela n’engage finalement qu’un créateur parmi tant d’autres chez le développeur, heureusement, et arrive bien en amont de la sortie du jeu, n’ayant d’ailleurs rien à voir avec ses qualités et défauts in fine. Beaucoup plus problématique que tout ce qui touche à l’inclusivité dans Avowed, pointée du doigt par quantité de joueurs, dont je doute que la moitié ait touché au titre. Parce que, bien sûr, après des propos comme ceux-ci, il n’était pas à attendre du projet qu’il fasse l’apologie du mâle blanc musculeux. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, entendons nous bien (et l’on aura assez de Gears of War : E-Day pour contenter les amoureux de l’action écervelée et des bodybuilders moites en 2025). L’aventure est donc composée, en très grande partie, de personnages non joueurs féminins, et / ou aux couleurs de peau non blanches. Bon, dans les faits, ça m’a personnellement poussé à quelques haussements de sourcils, quand lesdits personnages féminins, pas plus ostensiblement musculeux ou puissants que les autres, sont constamment placés à des postes clés dans les groupes armés que l’on rencontre. Un détail qui reste ce qu’il est : un détail donc. Mais qui pourra provoquer une relative suspension d’incrédulité chez certains joueurs, cela va sans dire.

Reste la possibilité de choisir le pronom de son protagoniste, parmi une liste de trois (dont un qui n’est pas reconnu par le Larousse, et sera utilisé à plusieurs reprises dans les dernières minutes de l’intrigue pour qualifier un personnage clé), chose qui n’impacte jamais les dialogues. Rien à craindre si l’écriture inclusive et ses dérivés vous rebutent, donc ‘excepté, comme dit plus tôt, dans les derniers instants de l’histoire). Et bien sûr, comme chez beaucoup d’univers de fantasy, parmi lesquels Dragon Age Origins et Baldur’s Gate 3 font figure d’exemples, il peut arriver qu’on parle de sexualité dans Avowed. Là encore, le titre fait la part belle aux minorités, en parlant ostensiblement de relations amoureuses homosexuelles. Il le fait avec une certaine poésie, par ailleurs, avec beaucoup de tact aussi, délaissant toute la lourdeur d’un propos tel que celui de Dragon Age : The Veilguard qui, quoi qu’on en pense sur le fond, poussait trop loin ses intentions politiques au point d’en devenir étouffant, quand bien même ses personnages étaient assez mal écrits. Avowed, lui, met en scène des personnalités variées, jamais définies par leur sexualité, leur genre ou leur race, mais bien par de vrais traits de caractère qui contribuent à ce qu’on s’y attache. En ce qui me concerne, outre les quelques haussements de sourcils suscités, rien ne m’a vraiment sorti du récit une fois que j’y ai plongé les deux pieds joints. Parce que le récit d’Avowed est plus que simplement politique, c’est avant tout une chouette aventure.

L'île

Alors bien sûr, toute chouette aventure qu’il soit, Avowed n’est évidemment pas parfait, et souffre notamment de quelques imprécisions dans son gameplay. Avec sa vue à la première personne, il propose des combats un brin stratégiques, offrant quelques beaux moments de bravoure et des sensations assez grisantes, autant lors d’un joli coup que d’une parade parfaite ou une esquive de dernière seconde. Mais il est vrai que l’on est parfois frustré lorsqu’un coup ne porte pas, qu’on ne déchiffre pas bien la distance qui nous sépare d’un ennemi, ou qu’on se prend une flèche que nous n’avions pas vu venir en raison d’un manque passager de lisibilité, ce dernier problème étant le plus régulier. Rien de rédhibitoire, du moins tant que l’on conserve la vue à la première personne. Parce que Avowed peut aussi se jouer en vue à la troisième, ce qui, sur le papier, sonne comme une excellente idée. Mais dans les faits, je ne peux que vous conseiller de ne même pas vous y essayer : cela met un peu trop en valeur les animations vieillissantes du titre d’Obsidian, en plus de ne rien arranger aux défauts cités quelques lignes plus haut. Et d’une certaine manière, on peut aussi dire que cela casse l’immersion pourtant au cœur de l’expérience, ayant joué un rôle majeur dans mon appréciation de ce RPG. Le jeu est pensé comme un FPS, et ça se sent de bout en bout. D’autant plus au regard de l’expérience du studio en la matière, ayant déjà accouché des très sympathiques Fallout : New Vegas, The Outer Worlds et Grounded.

Une expérience qui, de fait, permet au studio de nous proposer un Level Design absolument irréprochable, faisant de l’ombre à Arkane Austin et son Redfall plus que médiocre à ce niveau, malgré la réputation du développeur (lui aussi détenu par Microsoft). Comparaison qui n’a pour but que de jeter encore un peu de terre sur le cercueil du FPS multijoueur de 2023, qu’on aurait tous préféré voir annulé au profit d’un Dishonored 3 ou d’un Prey 2… Quoi qu’il en soit, chez Avowed, puisque c’est de lui qu’il est question, on se plaît à explorer, et chaque pas de travers dans ses environnements vastes ou ses donjons est récompensé par quelque potion ou loot utile. Le titre parvient d’ailleurs à doser intelligemment ses ressources, n’en offrant jamais trop, et jamais trop peu, pour un équilibre qui fait sens et ne confère jamais de bonus trop important au joueur le plus assidu, ou de malus écœurant pour celui qui préfère la ligne droite. Quand bien même vous auriez atteint le poids maximum transportable, tout équipement ou arme peut être démantelé rapidement depuis le menu. Contrairement à un Horizon Zero Dawn ou toute expérience Ubisoft de ces dix dernières années, Avowed ne dissémine pas une quantité abrutissante de saloperies à ramasser dans ses décors, ce qui fait qu’on profite plus du paysage, n’étant pas constamment arrêté par une herbe ou un détritus brillant au sol ; même s’il n’échappe pas à un système de ressources à collecter, évidemment.

Et le paysage, justement, est assurément l’une des plus grandes qualités du RPG d’Obsidian. Singulièrement beau, avec ses effets de lumière réussis et un cycle jour/nuit qui a rarement fait autant sens, le titre bénéficie d’idées de design originales qui diviseront, mais lui confèrent néanmoins une identité bien à lui. Avowed ne ressemble à aucun autre jeu actuel, avec ses champignons fluorescents ou sa végétation folle, et chaque instant passé à parcourir les Terres Vivantes, du nom du continent qui accueille l’action, est un délice pour les yeux. Ceci malgré des textures inégales, un Character Design parfois désastreux, des animations rigides et plusieurs petits soucis techniques mineurs, comme un certain Aliasing, des coupes de cheveux qui déraillent en plein dialogue et quelques effets de flou dispensables. Comme dit plus tôt, Avowed est né vieux, ce qui sous-entend que la recette d’Obsidian, tenue depuis Fallout : New Vegas et peaufinée sur The Outer Worlds, atteint quelques limites très visibles en 2025. Avec en tête de liste une mise en scène qui aurait gagné à se séparer du traditionnel champ / contre champ pendant les dialogues, ou à offrir plus de rythme et d’intentions à ses quelques cinématiques. On n’aurait pas été contre des textures un peu plus fines aussi. Le jeu n’est guère à prendre comme une leçon, mais il est toutefois bon élève, et son développeur a su tirer parti de diverses influences pour proposer une sauce qui prend bien, en dépit de quelques lourdeurs, oublis ou anachronismes. Personnellement, j’espère que The Outer Worlds 2, attend lui aussi pour cette année, saura relever le niveau. 

À titre personnel, j’ai préféré la première zone du jeu, que j’ai trouvé plus inspirée, me faisant par moments penser à du Xenoblade Chronicles avec ses morceaux incongrus de roche sortant du sol au loin. Comme chez le titre de Monolith, certains passages m’ont semblé plus génériques, c’est le cas de la seconde zone un peu brumeuse qu’on nous offre à découvrir, mais la plupart du temps j’étais tout bonnement soufflé devant l’environnement. J’ai rarement parcouru un titre proposant une aussi belle adéquation entre image et bruitages, la nature sauvage ayant ici quelque chose de très organique, malgré une faune qui peine à se montrer. Cris d’oiseaux, écho des vagues se brisant sur la côte, bruissement des herbes sous nos pieds… tout est là, et rien ne semble jamais faire tache. Même les doublages, tant qu’on est dans l’audio, sont de très bonne facture, participant là encore à l’immersion. Le jeu fait néanmoins le choix d’un anglais intégral pour les voix, ce qui pourra en rebuter certains, mais a le mérite d’éviter une catastrophe industrielle de l’acabit d’un Kingdom Come : Deliverance II. Ici, le niveau demeure constant, et personne ne sort vraiment du lot. Si ce n’est, peut-être, l’excellent Kai, personnage accompagnant le joueur au cours de l’aventure, et assurément mon meilleur pote pendant près de trente longues heures. Je regrette néanmoins une bande sonore qui, bien que plutôt agréable à l’oreille, est loin de faire date.

Rythmique onirique

Mais revenons à l’exploration, voulez-vous ? Parce que mine de rien, bien que le jeu soit assez court et ses environnements assez minces en comparaison à d’autres expériences du même genre, on passe beaucoup de temps à se perdre dans les Terres Vivantes. Ce qu’elles doivent donc à une construction bien sentie, mais pas que. La narration, et un quadrillage par niveau des ennemis, nous contraignent à explorer par petites touches, incapables que nous sommes, de toute façon, de foncer directement jusqu’aux confins des différentes zones chaque fois qu’il nous est permis d’en changer. Si j’ai personnellement eu recours à un peu de Grind, afin d’accéder à des lieux qui m’intriguaient ou de pouvoir poursuivre plus vite l’histoire, il m’a néanmoins semblé que les quêtes annexes judicieusement placées sur ma route remplissaient parfaitement leur office, en offrant pile ce qu’il faut d’expérience pour progresser à bon rythme (en mode normal tout du moins). Dommage que celles-ci soient inégales. La plupart d’entre elles m’ont bien plu, avec un accent souvent placé sur les possibilités variées d’approche, régulièrement mises en avant par les dialogues ou le Level Design. Mais on trouve aussi les classiques primes à récupérer en éliminant un ou plusieurs ennemis précis, dont l’intérêt demeure discutable, ou des chasses au trésors pas vraiment stimulantes. J’aurais apprécié que ces dernières me mènent à l’exploration de grands tombeaux remplis d’énigmes, façon Tomb Raider, plutôt qu’à simplement péter des murs friables et dénicher des entrées de grottes à la recherche de gros coffres difficiles à manquer. 

Dans l’ensemble, néanmoins, Avowed est un jeu bien écrit. Ses personnages, jouant un rôle important dans sa narration qui passe exclusivement par des dialogues (bien qu’un peu de narration environnementale soit à dénicher çà et là) sont réussis. On nous impose d’ailleurs des compagnons, au nombre de quatre (bien que seulement deux nous accompagnent véritablement, c’est à nous de choisir lesquels), et chacun sait se rendre attachant ou pertinent. Par ailleurs, contrairement à beaucoup de jeux du genre, ils sont aussi très utiles en combat, et il est possible d’avoir recours à leurs capacités pour renverser une situation mal engagée, ou simplement pour ouvrir des passages dans le décors. Tout est là pour qu’on apprécie cette petite équipe, et qu’on compte sur elle. A fortiori quand l’humour s’en mêle, bien que rarement, et qu’il tend à souvent faire mouche (en ce qui me concerne en tout cas). Un détail qui a toute son importance, puisque Avowed mise beaucoup sur ses protagonistes, en permettant notamment de s’adresser à eux lorsque l’on dresse le camp pour la nuit, ce qui donne souvent lieu à des discussions intéressantes, ou distillant avec justesse un lore qui ne manque pas de captiver. D’ailleurs, cette troisième entrée dans le même univers me donne très envie de m’essayer à Pillars of Eternity, quand bien même il s’agit d’une expérience fort différente.

J’ai donc passé un plutôt bon moment sur Avowed. Toutefois, certains éléments assez majeurs me semblent à revoir, notamment le rythme de manière générale. Quand bien même la quête principale m’a plu, de bout en bout, je dois reconnaître que les quelques allers / retours la jonchant n’ont rien de bien passionnant, et sonnent faux, comme s’ils n’étaient que des moyens artificiels de rallonger le récit. Le jeu a beau être globalement bien écrit, il peine aussi parfois à imposer ses enjeux, à leur offrir un véritable impact au sein de l’aventure. Les morts et quelques retournements de situation fonctionnent très bien au début du jeu, et à la fin, mais ce qui se trouve entre deux est un peu décevant. Entre deux qui souffre, à mon sens, d’idées visuelles moins originales et dépaysantes. Mais le plus gros problème du jeu, quand bien même ses affrontements sont agréables en premier lieu, c’est une profusion émétique d’adversaires à combattre qui rend l’exploration beaucoup moins appréciable, voire détestable par moments. Des adversaires qui arrivent toujours en groupes, avec, passé un certain stade, des compositions qui visent clairement à nous ralentir, incluant souvent un soigneur et un tank, voire parfois un invocateur. J’ai eu la sensation très déplaisante que le développeur voulait me retenir indéfiniment dans ses donjons, face à ses ennemis aux patterns pourtant intéressants au début, et me ralentir dans l’exploration du monde passé la première zone. Là encore, certainement dans le but de gonfler la durée de vie, alors qu’elle n’avait absolument pas besoin de cela.

Parce que Avowed n’est peut-être pas le RPG occidental le plus long et complet du marché (tournez vous vers Kingdom Come II ou Oblivion si c’est ce que vous cherchez), mais que c’est justement ce qui, à mon sens tout du moins, le rend aussi appréciable. Ainsi, si mon expérience aura duré une petite trentaine d’heures, je pense que dix à douze de moins auraient été nécessaires en esquivant tout le contenu annexe. Et c’est très bien ainsi, pas besoin de chercher plus loin, a fortiori dans la mesure où Avowed propose différentes Builds et plusieurs choix, amenant de facto une rejouabilité certaine (même si l’absence d’un New Game + me semble déplorable). Cela étant, le titre n’est pas aussi facile qu’un Skyrim, et demandera, en mode Normal ou supérieur, stratégie et patience pour s’en sortir par moment. Comme dit plus tôt, les groupes d’adversaires qui pullulent visent souvent à nous retenir, ce qui se révèle assez frustrant passé un certain stade. En ce qui me concerne, je suis passé sur le mode de difficulté Histoire sur les trois ou quatre dernières heures, éreinté que j’étais par ces combats s’éternisant. Du moins, quand l’IA ne pétait pas une durite, ce qui arrive rarement, mais peut casser entièrement un affrontement. S’il est né vieux, Avowed débarque avec des lacunes qui collent à la peau du développeur, notamment une myriade de bugs, tantôt banals, tantôt fâcheux. On compte par exemple pas mal de petits problèmes visuels, des morceaux de décors ne s’affichant pas correctement, ou des animations complètement folles, assez rares là encore. Moins rares, toutefois, de petits ralentissements, pouvant devenir assez massifs lorsqu’on sollicite trop de systèmes en même temps, ou des problèmes de son (qui m’ont personnellement touché après chaque capture d’écran, comme si la console était à la peine).

Avowed

Enfin, j’aurais aimé un système de progression moins académique, plus surprenant. Parce que dans les faits, Avowed propose une petite quantité de compétences à débloquer via des points que l’on gagne en montant de niveau, mais que lesdites compétences n’ont rien de très enthousiasmant. Alors on est loin de l’arbre de compétences abrutissant d’un Cyberpunk 2077 (lire notre article) avec ses petits pourcentages de dégâts supplémentaires infligés dans telle situation très précise. Mais il faut dire ce qui est : à ce niveau le jeu d’Obsidian fait moins bien que la grande majorité des productions qu’il fait tout pour ne pas singer, Skyrim en tête (oui, encore lui). Et bien sûr, puisqu’il semble impossible de faire l’impasse sur cette mécanique en 2025, il reste un système de Craft très basique, permettant d’améliorer ses équipements, et par conséquent d’expédier les combats plus rapidement. En ce qui me concerne, rien de bien intéressant à trouver ici, d’autant plus que c’est globalement la même chose que chez 90% des jeux du genre. Oui, c’est “utile”, et pas évident d’y couper, quand bien même le jeu nous offre quelques armes légendaires sans que l’on ait à chercher (parce qu’on ne coupe pas non plus au détestable niveau de rareté des armes, trouvant sens chez un Destiny mais pas dans le RPG à mon sens). Toutefois, n’allez pas me dire que vous trouvez grisant de passer cinq minutes sur un menu un peu fade pour vaguement augmenter les statistiques d’une épée que, peut-être, vous bazarderez sans réfléchir au prochain loot intéressant.

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Avowed est un RPG inégal, proposant une écriture captivante et des personnages attachants, mais aussi une mise en scène singulièrement plate et des combats beaucoup trop réguliers qui ne plairont pas à tout le monde. Sa plus grande force, il la tire selon moi de ses environnements, globalement dépaysants et proposant un Level Design assez irréprochable, en plus d'encourager intelligemment à l'exploration. Néanmoins, on déplorera un niveau de finition qui rappellera de joyeux souvenirs à ceux qui ont eu la chance de toucher à Fallout : New Vegas en son temps, ne facilitant pas l'immersion dans ce monde si plaisant à parcourir. Ainsi, je serai tenté de terminer en vous disant que si vous avez des atomes crochus avec les productions précédentes du studio, et êtes prêts à vous investir plusieurs dizaines d'heures pour éviter des pics frustrants de difficulté, alors vous avez toutes les chances d'adhérer pleinement à Avowed. Dans le cas contraire, vous risquez de ne pas passer un excellent moment, malgré les qualités indéniables du titre.

Pour
  • Écriture très convaincante
  • Récit captivant de bout en bout
  • Personnages attachants
  • Level Design irréprochable
  • Environnements agréables à l'œil
  • Combats grisants jusqu'à un certain point
Contre
  • Combats trop longs et réguliers
  • Aucun effort de mise en scène
  • Techniquement daté
  • Des bugs et problèmes qui font tache
  • Système de craft dispensable
  • Allers / retours déplorables

Hermite en devenir, depuis longtemps l'esprit égaré dans de vieux livres, j'ai échoué dans ces colonnes dans l'espoir de partager autour de mon monstrueux Backlog, ou à l'occasion de mes grands amours que sont Biohazard et le J-RPG.

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Ummagumma
11 mois

Je ne l’ai pas essayé mais personnellement j’ai l’impression que c’est un jeu qui a tendance à plutôt enchanter les personnes qui n’ont jamais joué à Pillars et à décevoir celles qui les ont déjà faits, dans le sens que, CRPG oblige, les Pillars étaient vraiment très bien écrits et proposaient un univers fascinant et sombre, et que là Obsidian propose quelque chose de beaucoup moins niche.

Étant donné que les Pillars comptent parmi mes jeux préférés je crains d’être de cette seconde catégorie de joueurs.

Cela dit, je ne perdrais rien à essayer le jeu à l’occasion pour me forger mon avis. Affaire à suivre :-p Là je sors de Kingdom Come 2 alors je fais une petite pause RPG!

Dernière édition le 11 mois par Ummagumma
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