• Testé sur Xbox One S et Xbox Series X.
  • Jeu acheté en version physique.
  • Environ 120h de jeu au total.
  • Article commencé avant la sortie de la Saison 1, et terminé après.
  •  Pas de divulgâchis à attendre de cet article.
  • Peu d’images maison dans cet article, pas évident de faire de bons clichés dans le feu d’une action soutenue.

À l’image de Pokémon, impossible de passer à côté du rouleau compresseur Call of Duty, qui nous abreuve d’épisodes à raison d’un par an, en moyenne, depuis 2007 et l’incontournable Modern Warfare. Débutée en 2003, avec un opus pensé pour concurrencer Medal of Honor (qui finira par mettre la clef sous la porte), la franchise d’Activision n’a pas tardé à exploser tous les records, créant l’événement à chaque nouvelle sortie. L’ère PlayStation 3 / Xbox 360 est particulièrement propice à ce genre d’expérience grand spectacle, et profite par ailleurs d’une ruée vers le Online à laquelle Call of Duty n’est pas étranger. En 2025, l’engouement est un peu retombé, mais surtout la sortie d’un Battlefield 6 fort attendu, ainsi que l’arrivée Day One sur le Game Pass Ultimate, réduisent les chiffres effectifs de ventes. Comme si ce n’était pas déjà suffisant, Activision se prend de plein fouet la grogne d’une quantité bruyante de joueurs mécontents. Alors Call of Duty : Black Ops 7 a-t-il à rougir face à son concurrent historique ?

À la recherche du temps perdu

Série chère à mon cœur, Call of Duty m’a fait cramer deux PlayStation 3 (ainsi que quelques manettes), et m’a coûté un temps difficile à quantifier précisément à travers les années. Amoureux du premier Modern Warfare, j’ai par la suite poncé en long, en large et en travers Black Ops et sa suite directe. Mais l’opus sur lequel j’ai passé le plus de temps, aussi étrange que cela puisse paraître en raison d’un retour critique plutôt tiède, c’est bien Ghost. Celui-ci, je le relance très régulièrement sur une PS3 qui tient bon, et son Online qui refuse de tirer sa révérence malgré son âge avancé. Pourtant, depuis le premier Modern Warfare, il ne m’est jamais venu à l’idée de tenter la campagne d’un COD. Non pas que je craigne de passer un mauvais moment, mais il faut dire ce qui est, c’est bien avec le mode multi que la franchise retient ses joueurs, et je ne fais pas exception. J’ai toutefois longtemps délaissé les nouveaux opus de Call of Duty, n’y revenant que pour tenter ma chance quelques heures sur le reboot de Modern Warfare, auquel je n’ai guère accroché, et moins encore sur sa suite, qui m’a carrément refroidi. Mais cette année, c’était la bonne, j’ai pris Black Ops 7 au lancement, et j’ai fait un carnage.

Il faut dire que ce nouvel épisode mise gros sur son marketing, avec une publicité française mettant en scène un Philippe Etchebest tiré à quatre épingles, et quelques termes qui en mettent plein la vue. « Le plus grand Black Ops à ce jour ». En voilà une promesse alléchante, surtout couplée aux autres annonces, notamment concernant le Zombie et la campagne Coop. Mais chaque chose en son temps, puisqu’une fois le jeu installé sur ma Xbox One S, j’ai directement plongé dans le vif du sujet : le multijoueur. L’occasion de constater pas mal d’évolutions depuis la PlayStation 3, évidemment. Puisque, je le rappelle, j’ai passé seulement quelques heures sur deux des nouveaux Modern Warfare, je n’étais pas bien au fait de ce qui avait changé pour la franchise. La première chose que j’ai remarqué, c’est un HUB, qui regroupe les sept derniers jeux, ainsi que différents onglets sur lesquels je ne me suis pas attardé. Un bon moyen de mettre en avant les promotions sur le Xbox Store en tout cas, puisqu’on ne s’est pas caché de m’indiquer le joli -50% sur un Black Ops 6 déjà remplacé tout juste un an après sa sortie. Côté menus, en tout cas, nous n’y gagnons pas, en tant que joueurs, puisqu’il est beaucoup moins évident de s’y retrouver qu’il y a douze ans, et qu’on perd inutilement du temps sur ce multi-launcher invasif.

Avant de parler de gameplay ou de contenu, laissez moi aborder la technique, car je n’ai pas mis longtemps à changer de console. Ma Xbox One S, non contente de cracher ses poumons (pourtant solides jusque là) avec le mode multijoueur, affichait par ailleurs un retard graphique assez frappant, en plus de ralentissements réguliers. Le titre n’y est pas injouable en ligne, et j’y ai d’ailleurs pris du plaisir pendant quelques heures, mais les textures qui arrivent en retard et autres artefacts visuels peu ragoûtants ne vendent pas très bien cette expérience Old Gen. J’ai eu la même impression qu’en y lançant Like a Dragon : Infinite Wealth d’ailleurs. Pire, et je dis cela sans mauvaise foi puisque le ratio et la compétition ne sont pas ma priorité, il m’est arrivé de me faire aligner à cause de saccades ou lags qui, dans le feu de l’action, m’empêchaient de tirer précisément, ou même de voir mon bourreau débarquer dans un coin de l’écran. Des problèmes qui ne sont pas survenus souvent, sur les cinq à six heures que j’ai passées sur Xbox One S, mais qui furent suffisants pour me convaincre de sortir la Xbox Series X, prenant la poussière dans un placard. Et c’est à partir de là (enfin après un nouveau téléchargement de deux heures) que le fun a vraiment commencé.

Call of Duty : Black Ops 7

Ce qui m’a rapidement frappé, c’est la nouvelle manière de se mouvoir dans l’espace. La série a fait du chemin depuis la PS3, et ça m’a pas mal chamboulé. Non seulement parce que Call of Duty : Black Ops 7 va vite, très vite même, sans doute trop pour certains joueurs (et parfois pour moi aussi) ; mais aussi parce qu’il faut désormais composer avec certains mouvements supplémentaires, ajoutant encore un peu à une charge mentale qui n’avait pas besoin de cela. Heureusement, sur Xbox Series X, le jeu est très fluide, et plutôt joli par ailleurs, ce qui empêche les déconvenues rencontrées sur sa grande sœur. Il m’a toutefois fallu un temps d’adaptation certain pour maîtriser les positions au sol, la glissade dans toutes les directions, ou encore le saut mural. Jamais je ne me suis senti aussi mobile dans un jeu vidéo, pas même chez un Mirror’s Edge, un Dying Light ou un Ghostrunner. Chose qui déroute, dans un premier temps, avant de se révéler absolument jubilatoire une fois bien en main. Ce qui a pu me rebuter sur Infinite Warfare et Advance Warfare, que je n’ai essayé que le temps d’une soirée, à savoir la mobilité dans les airs, ne se retrouve pas ici. Malgré les sauts muraux, on reste assez près du sol, et personne n’est intouchable. 

Côté prise en main en tout cas, les choses n’ont pas vraiment bougé. On se meut avec le joystick gauche, on tourne la caméra avec le droit, on tire avec la gâchette basse droite, on vise avec sa sœur jumelle, et les équipements tactiques ou mortels sont placés sur les tranches supérieures. On s’accroupit ou on glisse avec le B (ou le rond chez Sony), et on saute avec le A (ou le X). Même les fonctions des touches directionnelles n’ont pas bougé. Ainsi, les anciens ne mettront pas longtemps à reprendre leurs marques, et tout joueur de First Person Shooter s’y retrouvera sans grande peine. Reste que Black Ops 7 impose le jeu multi-plateforme. Autrement dit, vous aurez beau jouer sur console, rien ne vous empêchera de tomber sur des joueurs PC, au combo clavier / souris. Ce qui réserve pas mal de mauvaises surprises. Puisque même s’il existe une légère aide à la visée pour les joueurs manette (contre laquelle on pestera ou non, mais qui a visiblement été revue à la baisse cette année), rien ne prépare un joueur console à la rapidité de visée d’une souris. Enfin, il va sans dire que ce n’est rien à côté du fameux troisième dan de chômage, ayant déjà passé plusieurs prestiges à peine une semaine après la sortie du titre. On vous voit les gars ! Dommage que le matchmaking peine à placer les joueurs selon leur capacités, même s’il est vrai que c’est autant un défaut qu’une qualité, en fonction des parties. Restera à voir comment cela se goupille en ranked sur la saison 2.

Un feu sur l'abîme

Côté contenu, il faut reconnaître que, sur le papier tout du moins, Black Ops 7 a de quoi faire rêver. On parle quand même de 18 maps sur lesquelles se castagner en ligne, au lancement, un score plutôt honnête dans le milieu. Le hic, c’est que dans le lot, deux maps sont destinées uniquement au 20 contre 20, des parties qui ne plairont pas à tout le monde en raison d’un rythme beaucoup plus lent et d’objectifs qui se répètent. À titre personnel, ça ne m’amuse pas. Mais surtout, parmi les 16 maps conçues pour le 6 vs 6, trois proviennent directement de Black Ops II. Une délicate attention adressée aux fans de la première heure, pensez-vous peut-être. D’une certaine manière, on peut le dire, et il est vrai qu’il est appréciable de retourner arpenter les couloirs de Raid, courir sur le train de Express, et défourailler au corps à corps sur Hijacked. Trois maps iconiques, que vient rejoindre une Nuketown fidèle au poste depuis Black Ops premier du nom… Malheureusement, au delà du fait que ça sente un brin le recyclage, c’est aussi l’occasion de se rendre compte que le nouveau gameplay, et plus précisément la nouvelle mobilité, n’est plus exactement adapté aux anciennes façons de faire. Si Express bénéficie grandement de la rapidité d’action nouvelle et des sauts muraux, on peut difficilement en dire autant de Raid, qui nous montre un peu plus facilement les limites de ses contours et de sa verticalité. Problème qui trouve d’autant plus écho sur les deux maps plus resserrées que sont Nuketown et Hijacked.

Problèmes de puriste, peut-être. Que la plupart des joueurs ne ressentiront pas, ou pas avant une centaine d’heures, peut-être aussi. Mais problème malgré tout, qui n’est d’ailleurs pas le seul sur le mode Online. J’aurais aimé vous dire que toutes les nouvelles maps se valent, et tapent le haut du panier. Mais j’ai malheureusement un sérieux problème avec Homestead, qui prend place autour d’un chalet et favorise le camping, ainsi qu’avec Toshin, que je trouve tout simplement mal conçue. Et les joueurs ne s’y trompent pas, car hormis quelques rares cas, lorsque ces deux cartes tombent dans les votes entre deux parties, elles sont souvent éliminées au profit d’autres bien meilleures. Bonne nouvelle. À côté de cela, certaines maps sortent vraiment du lot. Blackheart, Cortex et Exposure sont excellentes. Mais je vous l’accorde, on est encore dans de la discussion de puriste, puisque nombreux sont ceux qui feront avec ce que le soft a à offrir en matière d’espaces de jeu, et n’iront pas chercher plus loin. Je chipote pour pas grand chose.

On retrouve sept modes de jeu à 12 joueurs (6 VS 6, ou chacun pour sa peau), un mode Nuketown 24/24 (dont l’intérêt ne saute pas aux yeux, surtout avec ce que je vous disais précédemment), un mode Engagement (à 20 contre 20), et un mode Escarmouche (à 2 contre 2) qui nous fait changer de classe à chaque manche sans réapparition. Bien sûr, vous pouvez aussi retrouver ces modes au format Hardcore, à savoir sans mini-map, sans kill-cam et avec des dégâts accrus. Format qu’à titre personnel j’apprécie beaucoup, et qui n’a rien perdu de la frustration légendaire qu’il pouvait faire naître chez les joueurs les moins patients. Dommage que le mode Jeu d’Armes, que j’affectionnai tant, ne soit pas de la partie (au lancement). Pour rappel, dans celui-ci vous obteniez une meilleure arme à chaque kill. Alors oui, le mode Escarmouche reprend très vaguement ce concept, mais pour un résultat qui fonctionne beaucoup moins bien, à mon sens. Et là encore les joueurs ne s’y trompent pas, car il n’est pas évident de trouver du monde pour jouer dans cette catégorie en semaine, malgré le fait qu’il ne faille que quatre joueurs. Un indicateur très parlant. De manière générale, j’aurais aimé des modes un peu plus originaux. Car dans la pratique, je suis rarement tenté de sortir du classique Match à Mort par Équipe ou de son pendant Hardcore.

Pour le reste, le mode PVP de Call of Duty : Black Ops 7 fait dans le classique, mais efficace. On retrouve un système de Prestige, qui permettra aux plus acharnés de montrer leur abnégation au jeu. Pour les profanes, il s’agit basiquement d’une fonction permettant de reprendre de zéro sa progression une fois arrivé au niveau maximum (à savoir 55), et ce dans le but d’obtenir des bonus permanents. Mais aussi une icône de joueur singulière, à exhiber fièrement en ligne. Chose qui n’est pas évidente pour le néophyte, car cela induit de délaisser les puissantes et maniables armes durement acquises au terme de longues sessions, pour retourner le temps de quelques heures sur les pétoires de début de jeu. Un pari qui représente la seule véritable manière de progresser dans le PVP, jusqu’à atteindre la catégorie Maître Prestige qui vous fera trimer jusqu’au niveau 1000, outre les quelques défis optionnels permettant d’acquérir des cosmétiques pour vos armes. Ces dernières sont aussi au cœur du système de progression et de récompense, d’ailleurs, puisqu’elles gagnent aussi des niveaux et peuvent à leur tour engranger des prestiges. Les armes, de manière générale, sont bien mises en avant, avec tout un système de personnalisation permettant de changer des pièces pour modifier les performances, et bien sûr du cosmétique en pagaille. Dommage, là encore, qu’on soit dans du trop classique, aucune de ces pétoire ne sortant vraiment du lot, tandis que leur nombre paraît assez léger de surcroît (là encore au lancement).

Dans la pratique, le PVP tourne fort bien, et il va sans dire que tout le monde appréciera les améliorations induites par les nouveaux SSD et les configurations récentes. Le jeu est fluide, ce qui est évidemment d’autant plus vrai sur un écran adapté, mais surtout les temps de chargement sont d’une rapidité assez surprenante pour quelqu’un qui sort directement de Ghost sur PS3. De manière générale, on attend peu entre deux parties. Le bon point, c’est qu’il est possible de cocher plusieurs modes en lançant une partie rapide, ce qui permet de ne jouer que ce que vous aimez. Mais surtout de cibler toutes les catégories qui vous intéressent, plutôt qu’une seule à la fois comme c’était le cas il y a douze ans. Un système qu’on trouvait déjà chez le Modern Warfare de 2019, et qui trouve toujours autant de sens ici. Enfin, il va sans dire que la communauté n’a pas bougé d’une semelle. Ce qui veut dire que le Teamplay est rarement la priorité, mais surtout que les communications vocales vous donneront l’impression d’être tombé à la cour des miracles… Il est heureusement possible de les désactiver définitivement. Ce que je déconseille, pour leur côté rigolo. Autre point positif, on est beaucoup moins rarement attendu au point de réapparition que par le passé, ce qui semble être dû à une meilleure gestion en temps réel. Mais ce que je retiens le plus de cet opus, et je serais bien incapable de vous dire s’il est le premier à le faire, c’est le fait que les assistances aient complètement disparu. Désormais, si vous touchez un ennemi mais qu’un autre joueur lui assène le coup fatal, vous obtenez tous les deux 100 points pour l’élimination. Un bon moyen de gommer la frustration, et la toxicité par la même occasion. Mais c’est aussi un encouragement aux prises de risques, et une astuce intelligente pour accélérer le rythme des parties.

Zombies ate my neighbors

Pas revenu sur le mode Zombies depuis Black Ops premier du nom et son Kino der Töten iconique, celui de sa suite m’ayant paru nettement moins intéressant, j’étais curieux de voir ce que cela donnait sur ce nouveau volet. Et j’ai été pas mal déçu. Non pas que ce mode à part entière soit foncièrement nul, je serais de bien mauvaise foi de l’affirmer, mais à titre personnel je m’y retrouve beaucoup moins pour deux raisons essentielles. La première, c’est la taille de la map, que je trouve inutilement grande, chose qui n’apporte à mon sens qu’ennui et déconvenues, en plus de la nécessité (plutôt ridicule) de conduire des engins pour se déplacer sur de longues distances. On se retrouve plus facilement seul, éloigné de ses coéquipiers, et la surcharge d’ennemis passé un certain nombre de manches (puisque le mode fonctionne toujours sur la même base qu’il y a quinze ans) donne d’autant plus l’impression désagréable d’être acculé, délaissé, alors qu’il s’agit précisément d’un mode coopératif. Mais surtout, on a toujours à faire avec la même communauté de joueurs, encore une fois, et donc le teamplay n’est pas la priorité, quand bien même la réussite de la mission et la pérennité de la partie en cours dépendent intégralement de l’entraide. Alors on tombe bien sur quelques joueurs plus intelligents et sympathiques que d’autres, mais c’est malheureusement plutôt rare. Et c’est même étrangement sur ce mode précis qu’on a tendance à tomber sur les joueurs les plus toxiques, quand certains sont un peu à la traîne par rapport au groupe.

Ce que je retiens tout particulièrement de mes quatre petites heures de tentatives, car je n’ai pas souhaité y accorder plus de temps, c’est un fouillis de règles et d’apparition de monstres de plus en plus puissants, ne favorisant pas l’intégration de nouveaux joueurs. J’ai mis un moment à comprendre comment gagner en puissance et améliorer mon personnage sur la partie en cours, chose qui réclame des ressources et de la monnaie, obtenues en éliminant quantité de zombies. Or, à mon sens c’est un problème assez symptomatique de franchises qui ne cherchent guère à appâter et fidéliser des nouveaux joueurs (parmi lesquelles je rangerais volontiers League of Legends, Tekken ou encore Monster Hunter, bien que ce dernier fasse des efforts considérables depuis trois volets). Puisqu’on s’imagine que les acheteurs connaissent bien, et ont suivi les épisodes de Black Ops depuis longtemps, alors inutile de leur expliquer en profondeur le fonctionnement d’une partie. Alors il y a bien sûr quelques tutoriels textuels, mais ils sont assez avares en informations, et transpirent une rusticité pas loin d’être rédhibitoire. Chose qu’on retrouve aussi en PVP, cela va sans dire, où, heureusement pour moi, rien n’a foncièrement changé depuis la PlayStation 3, m’assurant de m’y retrouver rapidement malgré des menus moins clairs.

Autres choses que je comprends assez mal, l’intégration d’un scénario exclusif au mode Zombies, et l’engrangement d’expérience pour le profil en ligne ainsi que les armes, connexe avec le PVP et la campagne. Tandis que le second ne m’a pas particulièrement choqué sur l’instant (à part en période Double XP, car la montée en niveau après une partie bien chargée est absolument énorme), même si je ne comprends pas bien l’intérêt de lier le PVP et le PVE à ce niveau (cela risque de favoriser certains joueurs qui n’ont jamais vraiment mis les pieds sur le multijoueur), le premier m’a semblé absolument dénué d’intérêt. Alors entendons nous bien, je ne suis pas contre l’intégration de scénario dans les modes en ligne de manière générale, et il me semble même que c’est précisément ce qu’il manquait à des expérience que j’aime profondément telles que Left 4 Dead, Back 4 Blood ou encore Helldivers 2 (lire notre test). Mais ici, hormis une cinématique introductive m’ayant franchement laissé de marbre, et quelques lignes de dialogue devenant rapidement insupportables dans le feu de l’action, on ne nous donne pas grand chose à nous mettre sous la dent. Juste assez pour nous perdre, pas assez pour nous intéresser, et trop pour ne pas agacer durablement (en tout cas me concernant). Bref, le mode Zombies, ce sera sans moi.

La Grande Armée

Puisqu’il fallait bien y passer pour écrire cet article, sans quoi on m’aurait volontiers accusé de ne faire les choses qu’à moitié (ce qui aurait été parfaitement justifié d’ailleurs), j’ai décidé de me lancer dans la campagne. Expérience que j’appréhendais un brin, puisque comme dit plus tôt je n’ai jamais touché au mode solo d’un Black Ops, et j’avais un peu peur d’être complètement perdu. Bonne nouvelle, perdu ou pas, on s’en moque complètement. Parce que sur le plan scénaristique, ce mode n’a pas grand chose à offrir. Quelques séquences qui se la jouent grandes révélations, quelques tentatives bâclées de mise en scène grandiose, mais l’ensemble sent malheureusement le réchauffé et souffre d’un aspect couloir qui rappelle les pires heures de la génération PlayStation 3 malgré l’implémentation de maps plus ouvertes, en plus de passages d’un ridicule malaisant dû en grande partie à un délire hallucinatoire dont on cherche encore la pertinence. De manière générale, on est sur un gâchis assez aberrant de moyens, avec pour commencer des personnages insipides auxquels il est bien difficile de s’attacher tant ils semblent plus idiots les uns que les autres. Ce qui est dommage, car le doublage en VF n’est pas mauvais dans l’absolu (même si j’aurais aimé pouvoir passer à l’anglais). Il faut dire aussi que cela commençait plutôt mal pour ce mode campagne qui impose une connexion internet constante, uniquement justifiée par un rattachement un peu inutile, semblant presque forcé, au système de progression général du Online.

En d’autres termes, comme pour le mode Zombies et le mode Multijoueur, vous engrangez de l’expérience pour votre profil en ligne et pour les armes que vous utiliserez. Un fonctionnement que je peine d’autant plus à comprendre dans ce mode. Non pas que l’idée ne soit pas intéressante, j’en conviens, mais dans l’exécution on s’y perd un peu. D’abord parce que ce n’est pas bien clair, il faut l’avouer, mais surtout parce que si la campagne était bonne nous n’aurions pas besoin de cette carotte grossière pour nous y lancer. Dans les faits, c’est la seule chose qui m’a tenu sur ce contenu solitaire à compter de la première heure passée, tant ce que je voyais, entendais et faisais me semblait médiocre. Heureusement qu’elle est courte finalement. Comptez une moyenne de six à sept petites heures. Alors oui, j’entends l’argument des fans qui achètent épisode après épisode dès la sortie, et qui avaient peut-être très envie de voir de quoi il retournait dans cet opus, après avoir apprécié (j’imagine) les précédentes campagnes. Et j’ai conscience, de ce fait, de ne pas être le cœur de cible pour ce contenu précis. Toutefois, pour une franchise comme Call of Duty, brassant autant de pognon, et ce pratiquement chaque année que Dieu ait fait depuis 2007, permettez moi de le rappeler, je trouve que la barre est placée étonnamment bas.

Le gameplay demeure le même qu’en ligne, en un peu moins vivace cependant puisqu’on ne bénéficie pas de certains bonus ou de l’atout Poids Plume, et les missions se contentent de nous envoyer des vague d’ennemis à tuer sans trop réfléchir à leur placement, ou leur comportement du reste. Parce qu’il n’était pas à attendre de ces adversaires contrôlés par l’ordinateur qu’ils intègrent une IA poussant au challenge. J’imaginais un peu la campagne comme l’antichambre du multijoueur, mais j’étais loin de la vérité. Rien dans ce mode ne prépare les néophytes à ce qu’ils trouveront en PVP, exception faire du gameplay dans ce qu’il a de plus basique, ce qui ne concernera que les joueurs parfaitement novices. Dommage pour ceux-ci et pour tous les autres que les adversaires soient tous de petits sacs à PV, laissant le désagréable goût en bouche d’une durée de vie biaisée par des artifices malhonnêtes. D’autres titres souffrent du même problème mais s’en sortent beaucoup mieux, comme Guardians of the Galaxy ou le récent Borderlands 4. Deux jeux jouissant d’un rythme et d’une variété de situations salutaires, détails faisant cruellement défaut au solo de Call of Duty : Black Ops 7. Vous aurez peut-être remarqué que j’utilise le terme de solo, alors que cette campagne se vante de pouvoir être faite en coopération. Toutefois, permettez moi de douter de l’utilité de me lancer là dedans avec un inconnu en ligne. J’aurais bien proposé à un pote de venir s’infliger ça dans mon canapé, en descendant quelques bières pour faire passer la pilule… mais bien sûr, il n’est plus possible de connecter deux manettes. Quelle déception.

Une saison 1 salvatrice ?

Évidemment, puisque j’ai tardé à écrire cet article (ou plutôt parce que j’ai été retenu sur le PVP où j’accumule plus d’une centaine d’heures de jeu), voici que la saison 1 a déjà débarqué. Nouveau changement dans l’expérience, et nouvelle promesse de contenu, il est vrai, plutôt alléchante. Malheureusement, là encore tout n’est pas bien clair, et tout n’est pas parfait non plus. Mais surtout, on en veut un peu trop à mon argent à mon goût, alors que j’ai déjà lâché 60 euros il y a à peine un mois de cela pour ce que je pensais être le jeu « complet ». Non seulement chaque retour au lobby après une partie est l’occasion de rappeler aux joueurs la disponibilité d’un Pass de Combat, permettant d’acquérir pas mal de petites choses (souvent bien inutiles comme des cosmétiques) à la condition d’ouvrir grand leur porte-feuilles ; mais avec cela Activision a rajouté un onglet « boutique » absolument immanquable. J’entends qu’il ne soit nullement obligatoire de passer à la caisse (à nouveau) pour continuer à profiter du jeu, mais je pense ne pas être le seul à avoir l’impression assez désagréable d’une insistance prolongée à me rappeler que me délester d’une petite quantité supplémentaire de mon argent durement acquis me permettrait de profiter « mieux encore » de l’expérience. Probablement une pensée parasite de vieux réac, déjà réfractaire à l’idée de payer pour du DLC (et rarement récompensé par du contenu de qualité quand il a sauté le pas par ailleurs). Pensée qui s’intensifie à l’idée que, dans un an tout au plus, Black Ops 7 aura probablement été remplacé par une nouvelle itération aux mécaniques prédatrices similaires.

Avec cette saison 1, on gagne tout de même du contenu gratuit, avec pour commencer pas mal de cosmétiques à débloquer en jeu, ainsi que des opérateurs (comprenez personnages jouables) pour le Online. Quelques armes aussi, là encore à débloquer en jouant. Plus intéressant, de « nouveaux » modes, qui sont en fait tirés d’opus précédents (avec le retour de Caillou et Bâton et Jeu d’Armes en semaine 2, que j’espère définitif), et quatre « nouvelles » maps, dont une est à nouveau tirée de Black Ops 2. Ce qui commence à faire beaucoup de recyclage… d’hommage pardon, même si, il est vrai, dans le cas de Standoff je ne me plaindrai pas. Là où j’ai à redire, c’est au niveau de Fate, map s’inspirant d’un passage débile du mode Campagne pendant lequel on nous jette des machettes géantes, qui est à la fois assez mal conçue mais aussi parfaitement ridicule visuellement. Les deux autres sont toutefois plutôt réussies, et on ne sera pas mécontent de constater que l’une d’entre elles sera autant jouable en 6v6 qu’en 2v2 en Escouade, ce qui ajoute des munitions à ce mode un brin délaissé. C’est aussi l’occasion d’offrir une nouvelle map aux joueurs du mode Zombies, que je trouve personnellement plus mauvaise que la première… sans commentaire. Bref, rien de révolutionnaire. Reste un mode nommé Phase Finale, représentant le End Game de la campagne, sur lequel je ne m’étendrais pas, en raison de la qualité médiocre de cette dernière, laissant entrevoir le niveau fort bas de sa suite ; mais aussi d’une dimension multijoueur qui n’a absolument aucun sens, et aucun intérêt non plus. Et maintenant voici quelques screenshots de mes performances pour flex un peu, quand même !

Cliquer ici

S'il peut effectivement se targuer d'un contenu fort décent, et d'une variété de modes qui l'honore (ce qui est d'autant plus valable avec l'arrivée de la saison 1), Call of Duty : Black Ops 7 laissera toutefois nombre de joueurs sur leur faim. Parce qu'en définitive, malgré l'apparition de la mention « coop » pour le mode Campagne, ce dernier demeure absolument médiocre, tandis que le mode Zombies, s'il a le mérite d'exister, est malheureusement très éloigné de l'efficacité, de la fraîcheur et de la simplicité de celui de Black Ops premier du nom. On se consolera avec un mode Multijoueur toujours aussi addictif, offrant une marge de progression démentielle, mais sur lequel les moins acharnés ne s'amuseront guère en raison d'un matchmaking qui ne les empêchera pas de tomber face aux plus grosses brutes. Un bon Call of Duty, à n'en point douter, qui jouit certes d'un contenu vaste, mais se destine plus aux habitués ayant un bon niveau qu'aux autres.

Pour
  • Gameplay particulièrement vivace
  • Multijoueur toujours fort efficace
  • Contenu assez vertigineux pour le genre
  • Visée assistée réduite sur console
  • Visuellement plutôt accrocheur
  • Le retour de certaines maps de BO 2
Contre
  • Campagne coop décevante...
  • ... et nécessitant connexion constante
  • Mode Zombies manquant de fraîcheur
  • Du contenu, oui, mais aussi de la redite
  • Communauté toujours aussi toxique
  • Version Old Gen pas au niveau

Hermite en devenir, depuis longtemps l'esprit égaré dans de vieux livres, j'ai échoué dans ces colonnes dans l'espoir de partager autour de mon monstrueux Backlog, ou à l'occasion de mes grands amours que sont Biohazard et le J-RPG.

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BennJ
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1 mois

Jsuis tellement étonné qu’il y ait encore des gens qui jouent avec une Xbox One…

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