Depuis les débuts du Mag.7 au sein de votre média MaG – Movie and Game, elle apporte sa petite touche critique aux films sélectionnés. Mais cette fois-ci, elle passe de l’autre côté du micro ! Retrouvez donc Aurélie, notre Passionnée de La Prochaine Séance, qui propose sa sélection de films parmi les bacs DVD de nos chères bibliothèques d’Agglopolys.
C'était la prochaine séance !
Mag.7 est un podcast, produit et diffusé par l’association blésoise La Prochaine Séance. Le principe est simple : en collaboration avec les bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois, l’animateur Étienne invite des personnes à déambuler dans le service musique-cinéma et jeux vidéo des lieux et d’y choisir des DVD. Plus précisément sept films, séries, documentaires ou concerts – sept correspondant à la capacité d’emprunt proposée par la bibliothèque – pour ensuite évoquer au micro leur sélection. Une émission mensuelle basée sur le partage et la passion du 7ème art, et cherchant à mettre en valeur la qualité et la quantité de films disponibles dans les bibliothèques publiques, le tout accessible pour des montants modestes, voire totalement gratuits dans certaines collectivités.
Une Passionnée au micro du Mag.7
Mais qu’est-ce donc qu’un(e) Passionné(e), nous diriez-vous ? Il s’agit d’un(e) bénévole au sein de notre association, qui participe à son bon fonctionnement et à son évolution, ne serait-ce que par l’apport d’avis sur nos réseaux sociaux, les articles Mag.7 ou bien la participation à nos podcasts. C’est pour cela que le prénom d’Aurélie ne vous est sans doute pas inconnu. Car depuis que votre média préféré, MaG – Movie and Game, nous offre l’opportunité de vous proposer des articles, nos passionnés se succèdent pour mettre en lumière les films qui les ont marqués. Pour la première fois, retrouvez-la devant le micro du Mag.7, pour vous faire part de sa sélection au sein des bibliothèques d’Agglopolys !
Ponyo sur la falaise (2008)
Titre VO : 崖の上のポニョ (Gake no ue no Ponyo) – Nationalité : Japon – Genre : Animation, Fantastique – Réalisateur : Hayao Miyazaki – Distribution : Yuria Maria, Hiroki Doi, George Tokoro, Tomoko Yamaguchi, Yūki Amami…
Édition DVD : France | Wild Side Video | 14 février 2023 – Édition Blu-ray : France | Wild Side Video | 19 décembre 2022 – Plateformes de diffusion : Netflix, Canal VOD, LaCinetek, Orange, PremiereMax, FILMO et VIVA
Le pitch : Alors qu’il jouait sur la plage, un petit garçon découvre une créature piégée dans un pot de confiture, mélange entre un poisson rouge et une petite fille. Décidant de la garder avec lui, il lui promet de la protéger et de s’occuper d’elle, sans savoir que son père, un puissant sorcier vivant au fond de la mer, la recherche pour la forcer à revenir dans les profondeurs…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Ponyo sur la falaise n’est sans doute pas le titre auquel nous pensons en premier quand nous évoquons Hayao Miyazaki. En même temps, nous parlons d’un réalisateur qui possède à son actif bien des chefs-d’œuvre du cinéma d’animation : Princesse Mononoké, Le Voyage de Chiriro, Mon voisin Totoro, Le Château Ambulant, Le Château dans le ciel, Nausicaä de la Vallée du Vent, Kiki la Petite Sorcière, etc. Et il faut bien dire que face à tous ces films, Ponyo fait un peu pâle figure. Notamment car il se présente comme le film le plus enfantin de son cinéaste, ne serait-ce que par l’intrigue et les personnages qu’elle met en scène. Même Totoro, visant pourtant un public assez jeune, possède une part de maturité dans les thématiques qu’il aborde… comme la peur de perdre un être cher. Mais outre le fait qu’il s’agisse du dernier film de Miyazaki avant que celui-ci ne prenne sa retraite (jusqu’à ce qu’il nous revienne avec Le Garçon et le Héron quinze ans plus tard), Ponyo sur la falaise reste un long-métrage d’animation réussi et enchanteur.
Réinterprétant à sa sauce le conte de Hans Christian Andersen, La Petite Sirène, Miyazaki livre avec Ponyo un conte initiatique dont il a le secret. Ou comment deux enfants, issus de deux mondes différents, vont se trouver et s’aimer. Toujours écrit avec justesse, le scénario use de l’univers de Ponyo pour aborder une thématique chère à son cinéaste, à savoir l’écologie. Notamment par le biais de ce sorcier, père du personnage éponyme, qui rêve de voir l’espèce humaine engloutie par les océans pour la punir de sa maltraitance envers la faune aquatique. Miyazaki livre ainsi aux plus jeunes, par ce protagoniste et la plupart des scènes (notamment celle du tsunami), une leçon de vie et de respect de ce qui nous entoure; de ce monde sous-marin faisant partie intégrante de notre univers. Le tout servi par une animation très colorée (peut-être même la plus éclatante de son auteur) et ce, par des aquarelles de toute beauté. Et également par les compositions du fidèle Joe Hisaishi, toujours aussi mélodieuses et enivrantes. Donc oui, Ponyo sur la falaise n’est peut-être pas le film le plus impressionnant de Hayao Miyazaki, mais il est un divertissement familial de haute volée pour sa maîtrise, ses qualités techniques et le message qu’il désire véhiculer.
Lost Highway (1997)
Nationalité : États-Unis, France – Genre : Drame, Thriller – Réalisateur : David Lynch – Distribution : Bill Pullman, Patricia Arquette, Balthazar Getty, Robert Loggia, Robert Blake…
Édition DVD : France | MK2 | 10 avril 2008 – Édition Blu-ray : France | Potemkine Films | 06 mai 2025 – Édition 4K Ultra HD : France | Potemkine Films | 06 mai 2025 – Plateformes de diffusion : MUBI, PremiereMax, La Cinetek, Canal VOD, UniversCiné, VIVA, FILMO, Orange et Pathé Home
Le pitch : Un saxophoniste dépressif et sa femme reçoive un beau jour une cassette vidéo, sur laquelle il retrouve la façade de leur maison filmée à leur insu. Pensant à une mauvaise blague et tentant de comprendre les intentions de leur mystérieux expéditeur, les vidéos vont ainsi s’enchaîner, dévoilant des scènes de plus en plus intimes et perverses…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Lost Highway est un thriller bien tortueux ! Car si l’intrigue de base (un couple à la dérive face à un corbeau qui envoie des VHS beaucoup trop intimes et dérangeantes) parait simple, le film en décide autrement. En effet, au risque de spoiler un peu, ce dernier effectue un virage à 180 degrés et change littéralement d’histoire, de personnages et même de ton. Comme s’il existait en Lost Highway deux récits bien distincts : le premier se voulant aussi glacial et léché qu’un polar des années 90, le second une virée plus chaude et décomplexée dans le Los Angeles des 80’s. En lisant ces lignes, il y a de quoi être perplexe devant ce résumé, et je vous assure que vous le serez encore plus devant le film… qui vous laissera avec bien plus de questions que de réponses. Mais en même temps, nous sommes ici chez David Lynch. Conteur d’histoires et véritable artiste qui a toujours su livrer des titres d’une complexité onirique. Des films qui ne se regardent pas, mais plutôt qui se vivent, qui se ressentent. Des métaphores en puissance brossant plusieurs thématiques d’un coup, pour nous apparaître telles des œuvres libres d’interprétation. De ce calibre, nous pouvons bien évidemment citer Eraserhead, Blue Velvet, Sailor & Lula, Mulholland Drive, Inland Empire, sa cultissime série Twin Peaks. Et bien évidemment, Lost Highway fait partie du lot !
Et comme à son habitude, David Lynch a su livrer un film d’un charme irrésistible. Une plongée dans l’esprit d’un homme tout aussi perdu que dérangé. Mise en scène avec beaucoup de minutie et de savoir-faire, faisant de chaque séquence un tableau fourmillant de détails intrigants qui donnent du travail à nos méninges. Tout comme la majorité de sa filmographie, Lost Highway fascine par l’univers qu’il présente. Par l’ambiance que le cinéaste met en place, aidé par la bande son composée par Angelo Badalamenti et produite par un certain Trent Reznor. Cette dernière étant complétée par des chansons allant de Rammstein à Marilyn Manson, en passant par David Bowie Nails. Une atmosphère bien spécifique qui permet au spectateur de switcher entre l’état d’hypnose et d’hypersensibilité, transformant Lost Highway en quelque chose d’à la fois inquiétant et captivant. Bref, une œuvre cinématographique qu’il faut au moins avoir vu, pardon, ressenti (!), une fois dans sa vie.
Ashkal, l'enquête de Tunis (2023)
Titre VO : Ashkal – Nationalité : Tunisie, France, Qatar – Genre : Drame, Thriller – Réalisateur : Youssef Chebbi – Distribution : Fatma Oussaifi, Mohamed Houcine Grayaa, Rami Harrabi, Hichem Riahi, Nabil Trabelsi…
Édition DVD : France | Jour2Fête | 20 juin 2023 – Édition Blu-ray : France | Jour2Fête | 20 juin 2023 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, VIVA, FILMO, UniversCiné et PremiereMax
Le pitch : Deux policiers enquêtent sur la découverte d’un corps calciné dans un quartier de Tunis, dont la construction a brutalement été stoppée au début de la révolution. Alors que le chantier reprend peu à peu, un incident similaire va faire prendre à leur enquête une tournure déconcertante…
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Ashkal c’est un film qui vous séduit et vous happe avant tout par son atmosphère. L’intrigue se déroule à Tunis, dans les bâtiments des jardins de Carthage dont la construction a été stoppée lors de la révolution de Jasmin : une zone déserte de vie locale, faites d’immeubles où seules les façades sont existantes, où le gris du béton domine sur un fond de ciel aux couleurs pastel ou au cœur de la nuit. Un lieu hors du temps, où va se dérouler le théâtre de plusieurs morts par immolation. Un premier cadavre calciné est découvert dans l’immeuble, Batal, policier déjà en place sous l’ancien régime, et Fatma, jeune policière dont le père dirige la commission Réconciliation et Réparation, mise en place après la révolution, vont enquêter sur ce premier meurtre. Au fil de leur recherche, constat est fait que le suspect semble lui aussi avoir subi et survécu à l’assaut des flammes. Le mystère s’épaissit rapidement, les flammes font d’autres victimes sans pour autant qu’il y ait de déclencheur à ces combustions : phénomène inexpliqué ? Paranormal ? Le bon sens et la raison de nos enquêteurs sont mis à mal tout comme leurs nerfs.
Bien entendu, le choix du lieu, tout comme le décès des victimes par le feu n’est pas anodin, rappelons que la révolution de Jasmin avait commencé par le suicide par immolation de Mohammed Bouaziz, alors vendeur ambulant qui s’est vu une nouvelle fois confisqué son outil de travail. Pour autant, même si Ashkal se déroule sur un fond politique, ce n’est pas le sujet du film, qui tend plus vers un constat social de la Tunisie d’aujourd’hui, qui vit et se démocratise et qui pour autant n’oublie pas les douleurs du passés et l’ordre établi, tout en se concentrant sur le déroulement de l’enquête des corps carbonisés.
The Innocents (2021)
Titre VO : De uskyldige – Nationalité : Norvège, Suède, Danemark – Genre : Horreur, Drame, Fantastique – Réalisateur : Eskil Vogt – Distribution : Rakel Lenora Fløttum, Alva Brynsmo Ramstad, Mina Yasmin Bremseth Asheim, Sam Ashraf, Ellen Dorrit Petersen…
Édition DVD : France | Kinovista | 07 septembre 2022 – Édition Blu-ray : France | Kinovista | 07 septembre 2022 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, ARTE Boutique, Orange, PremiereMax, UniversCiné, VIVA et Cinemasalademande
Le pitch : Un été, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs et jouent à tester leurs limites, loin du regard des adultes. Mais ce qui semblait être un jeu d’enfants, prend peu à peu une tournure inquiétante…
Avis de MaG (KillerSe7ven) : Des enfants se découvrent des pouvoirs paranormaux qui s’additionnent et se combinent lorsqu’ils sont réunis. Se dessine alors une autre forme d’éveil confronté au pouvoir d’adjuger la mort. The Innocents d’Eskyl Vogt (voir notre interview) est un exemple du cinéma nordique et sur la cruauté de l’enfance. Sobre et élégant dans sa mise en scène, The Innocents est épuré et propose un huit clos entre quatre HLM où l’enfance éprouve les limites du pouvoir. Là encore, la tension est reine du début à la fin. Un film scandinave qui avec Speak No Evil rappellent que le Nord est à la pointe du cinéma de genre ces dernières années.
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Ce n’est pas parce que le film met en scène des enfants que l’intrigue sera toute guillerette ! Toutes les œuvres ne sont pas des productions Amblin, similaires aux Goonies, E.T. ou encore Super 8. D’autres veulent aborder cette période de l’enfance avec une telle maturité et complexité que les titres n’en sont pas destinés à un jeune public pour autant. Preuve qui me vient illico en tête : Morse, de Tomas Alfredson. Un long-métrage qui revisite le mythe du vampire en l’abordant certes par le prisme de deux adolescents, mais qui propose une ambiance aussi sombre que glaciale. Le tout pour évoquer des thématiques telles que l’isolement, la dépression, le harcèlement et le suicide. Faisant ainsi de ses deux jeunes protagonistes des âmes aussi perdues et déchirées que peuvent l’être un adulte dans la tourmente. Et si je vous parle de Morse, c’est parce que The Innocents est pour moi une proposition du même acabit… sans m’arrêter au fait que nous ayons affaire à une production scandinave.
Il y a bien évidemment des nuances avec le titre d’Alfredson. Comme de voir les suceurs de sang troqués par des enfants se découvrant des pouvoirs. Ou encore le cadre spatio-temporel, préférant un été ensoleillé plutôt que le froid hivernal. Mais le traitement de l’enfance reste en tout point similaire. Car The Innocents n’est pas un film qui raconte les vacances de jeunes adolescents, voulant de la période estivale pour profiter et s’amuser. Beaucoup de cinéastes auraient d’ailleurs profiter d’un tel postulat pour rapidement dévier vers le film de super-héros. Mais le cinéaste Eskil Vogt choisit plutôt la voie du thriller, qui bascule dans le drame psychologique. Ou comment, par des pouvoirs pouvant dépasser leurs limites, ces enfants se retrouvent à agir dans un cadre sans moral. À voir leurs émotions brutes (la cruauté, la jalousie, etc.) prendre le dessus et les façonner, jusqu’à les conduire à commettre des actes sadiques et destructeurs. Le film parle également des difficultés à communiquer, que ce soit entre eux ou avec les adultes, empêchant certains d’apprendre l’empathie qui, alors, se révèle être la seule barrière à leur violence. Et l’histoire a beau se dérouler en plein été, l’ambiance n’en reste pas moins tendue et dérangeante. Vous donnant de quoi vous glacer le sang !
Orange mécanique (1971)
Titre VO : A Clockwork Orange – Nationalité : Grande-Bretagne, États-Unis – Genre : Science-fiction, Drame – Réalisateur : Stanley Kubrick – Distribution : Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Philip Stone, Steven Berkoff…
Édition DVD : France | Warner Bros. Entertainment | 05 décembre 2007 – Édition Blu-ray : France | Warner Bros. Entertainment | 25 avril 2018 – Édition 4K Ultra HD : France | Warner Bros. Entertainment | 09 avril 2025 – Plateformes de diffusion : HBO Max, Canal VOD, ARTE Boutique, PremiereMax, Orange, UniversCiné, LaCinetek, VIVA et FILMO
Le pitch : Au XXIe siècle, où règne la violence et le sexe, une bande de voyous exerce une terreur aveugle avec cruauté et sadisme. Jusqu’au jour où le chef se retrouve capturé et emprisonné par les autorités, devenant par la suite le cobaye d’expériences destinées à juguler la criminalité…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Orange Mécanique fait partie de ces films qui dérangent, dont le visionnage peut s’avérer insoutenable. En même temps, nous y suivons une bande de voyous, et je dois dire que l’appellation est faible (!), dans une débauche de violence gratuite. D’entrée de jeu, Stanley Kubrick nous pousse à nous frotter à des personnages infâmes. De véritables monstres qui s’amusent à détruire ce qui les entourent, du passage à tabac d’un pauvre vagabond jusqu’au viol de la femme d’un écrivain, après avoir battu ce dernier. Kubrick enchaîne ses séquences avec une maestria viscérale et dérangeante, les embellissant presque et mettant ses jeunes psychopathes sur un piédestal… au charisme indéniable (notamment Malcolm McDowell, mémorable) alors qu’il s’agit de criminels inhumains. Et quand vient l’arrestation du personnage principal, nous nous surprenons, on est même choqué de ressentir de l’empathie, notamment en le voyant faire face à tout ce reconditionnement psychologique dont il va être le cobaye, ce qui induira beaucoup de souffrances physiques et morales.
C’est à partir de là qu’Orange Mécanique tire toute sa force. Car si Kubrick donne l’impression de magnifier la violence et de chercher à choquer, son ambition avec cette adaptation du livre d’Anthony Burgess est ailleurs. Oui, Orange Mécanique est avant toute chose une satire sociale. Un film qui aborde les thématiques du reconditionnement et de la psychologie comportementale, pouvant être utilisés comme des armes. Ces derniers pouvant transformer les citoyens en de simples robots sans âme, qu’il est possible de moduler et de contrôler à loisir. Tout en dénonçant certaines philosophies qui préconisent utiliser la violence pour combattre la violence. Ainsi, les monstres de début de film deviennent les victimes d’un système tout aussi cruel et inhumain qu’eux-mêmes. Un message nihiliste que transcende donc Orange Mécanique, de par sa maîtrise et son envie de bousculer un public avide de sensations fortes.
Poesía Sin Fin (2016)
Nationalité : Chili, France, Grande-Bretagne – Genre : Fantastique, Drame – Réalisateur : Alejandro Jodorowosky – Distribution : Adan Jodorowosky, Pamela Flores, Brontis Jodorowosky, Alejandro Jodorowosky, Jeremias Herskovits…
Édition DVD : France | Blaq Out | 13 novembre 2017 – Édition Blu-ray : France | Blaq Out | 13 novembre 2017 – Plateforme de diffusion : UniversCiné, Canal VOD, VIVA et PremiereMax
Le pitch : Dans l’effervescence de la capitale chilienne des années 40-50, un jeune homme rejoint, contre la volonté de sa famille, un groupe de jeunes poètes prometteurs et anonymes. Immergés dans cet univers d’expérimentation poétique, il vit à leurs côtés comme peu avant eux avaient osé le faire : sensuellement, authentiquement et follement…
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Après avoir parlé de Poesía Sin Fin dans Le Mag.7, il était bien entendu de mon devoir de le regarder et d’achever le visionnage de la filmographie d’Alejandro Jodorowsky. Poesía Sin Fin est la suite de La Danza de la Realidad, un film autobiographique retraçant les 20 premières années de sa vie au Chili. Alejandro se découvre une passion pour la poésie, contre l’avis de son père, homme terre à terre et froid, il va se lancer à corps perdu dans sa passion. S’ensuit une série de rencontres avec d’autres artistes haut en couleur, qui vont lui permettre de forger sa créativité.
Artiste aux multiples talents (acteur, réalisateur, auteur, poète, cartomancien et certainement, un peu magicien), on retrouve dans ce film ses idées de mise en scène à la fois pratique et poétique habituelle, ainsi que les symboliques qui lui sont propres. Il est difficile de prendre une de ses œuvres à part et de la décortiquer. Chacune de ses démarches artistiques étant reliées les unes aux autres, que ce soit par leurs symbolismes, les acteurs et personnages récurrents, sa musique aux notes chiliennes, les rapports aux autres et la communion des esprits.
Terrifier (2016)
Nationalité : États-Unis – Genre : Horreur, Thriller – Réalisateur : Damien Leone – Distribution : David Howard Thornton, Catherine Corcoran, Jenna Kanell, Katie Maguire, Gino Cafarelli…
Édition DVD : France | ESC Films | 24 mai 2023 – Édition Blu-ray : France | ESC Films | 13 décembre 2023 – Plateformes de diffusion : Canal+, Pathé Home, Orange, UniversCiné, FILMO et Canal VOD
Le pitch : La nuit d’Halloween, deux jeunes femmes croisent la route d’un clown mutique, qui s’avère être un tueur sadique, d’une violence et d’une cruauté sans pareil…
Avis de MaG (KillerSe7ven) : Si chacun des films d’horreur de Damien Leone apporte son propre angle, j’ai été captivé par le premier. Un film fauché terriblement angoissant qui interroge la logique du spectacle en nous rendant systématiquement complice des exactions du clown. Dès les premières secondes du film où Art prépare son attirail, Damien Leone annonce la couleur. Première victime exhibée sans fard et déjà le spectateur intègre que rien ne lui sera épargné. L’horreur dans sa forme la plus brute et qui adopte le même procédé que la pornographie : ne rien cacher de la chair à la moelle. Outre son sens de la mise en scène sadique, Damien Leone renouvelle la logique du croquemitaine comme personne n’y était parvenu depuis des années, sinon des décennies. Jusqu’à la dernière minute, Terrifier joue avec les codes du slasher. Un phénomène populaire inattendu et dont les enjeux n’ont pas toujours été saisis pour les bonnes raisons par un jeune public pas forcément coutumier du genre. Art est un artiste comique incompris qui s’adresse directement au spectateur à chaque crime raté. Et si c’était lui le vrai joker ?
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) :La saga Terrifier est devenue en seulement quelques années un phénomène du cinéma horrifique. Car à partir de rien, le réalisateur Damien Leone a su se faire une place dans l’inconscient collectif, au point de faire de son boogeyman, Art le Clown, une figure aussi emblématique que Leatherface, Michael Myers ou encore Freddy Krueger. À la manière d’un Don Mancini avec sa poupée Chucky, le bonhomme a créé un antagoniste psychopathe au fort potentiel, qu’il a cultivé de film en film (le clown a même eu droit à son propre jeu vidéo, sorti tout récemment) pour en faire le tueur de tous les scandales, de par sa cruauté et sa violence. Mais ce boom, c’est avec la sortie du second opus que Terrifier est peu à peu entré dans la pop culture. Une suite qui a énormément fait parler d’elle par son côté gore sans demi-mesure, au point d’engendrer à travers le monde plus de 15 millions de dollars, pour un budget de « seulement » 250 000 $. Un phénomène qui s’est confirmé avec le troisième volet et son interdiction aux moins de 18 ans, faisant grimper les recettes jusqu’à 90 millions ! Avant cela, Terrifier n’était qu’un petit film d’horreur passé inaperçu (aucune sortie en France), mais déjà loin d’être inoffensif.
Car Terrifier premier du nom, ce sont les débuts d’un mauvais garçon abreuvé par le cinéma d’horreur. L’occasion pour Leone de mettre son monstre sur le devant de la scène, après le court-métrage éponyme et le film à sketches All Hallow’s Eve (dont Art apparaît comme le fil conducteur) et de livrer une boucherie à son image. À savoir excessivement gore et en roue libre totale. Le réalisateur, conscient du charisme de son psychopathe, interprété par un David Howard Thornton habité, se fait plaisir avec les moyens du bord et veut choquer le plus possible. Au détriment, certes, d’un scénario quasi absent et d’un budget faiblard de 35 000 $, qui ne parviennent pas à cacher la direction d’acteurs.ices aux fraises. À pallier aux effets spéciaux discutables, quoique généreux. Ou encore à masquer quelques erreurs de montage. Ces défauts pourront, en effet, en rebuter plus d’un, et il faut clairement s’accrocher si vous n’êtes pas friands de films d’exploitation, synonymes de son et d’image techniquement crades. Mais là est tout le charme de Terrifier : de voir un film « maison », fait avec envie et passion, devenir par la persévérance et l’amusement de son réalisateur une institution du cinéma d’horreur à part entière. Et rien que pour cette intrigante évolution, la saga, et surtout son premier opus, valent le détour.
Ève (1950)
Titre VO : All About Eve – Nationalité : États-Unis – Genre : Drame – Réalisateur : Joseph L. Mankiewicz – Distribution : Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Gary Merrill…
Édition DVD : France | 20th Century Fox | 1er septembre 2012 – Édition Blu-ray : France | 20th Century Fox | 05 septembre 2012 – Plateformes de diffusion : FILMO, Orange, VIVA et PremiereMax
Le pitch : Grâce à sa magnifique interprétation dans une pièce de théâtre, une comédienne reçoit une récompense. À cette occasion, tout le monde se souvient des débuts de sa carrière. De comment elle a réussit à supplanter une actrice sur le déclin et à un séduire un critique…
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Eve… reçoit le prix Sarah Siddons, le temps s’arrête et ses proches se rappellent son ascension, ou comment une simple inconnue admiratrice Margot Channing, star des planches de théâtre, devient la nouvelle Margot, aimée et adulée de tous. Quand celle qui rêve de concrétiser ses rêves à tout prix, se retrouve confrontée à l’amertume et la jalousie de celle qui a déjà tout, mais voit son monde s’effondrer au profit de la jeunesse et de la nouveauté que suscite la jolie et douce Eve. Comment en vouloir aux producteurs de ne pas sauter sur l’occasion de la naissance d’une nouvelle étoile ? Ou à l’entourage de Margot d’avoir envie d’intégrer cette nouvelle personnalité dans leur cercle ? Et Margot, comment ne pas avoir de l’empathie pour cette femme désespérée qui va mettre en péril sa carrière et ses relations par son manque de confiance en elle ?
La mise en confrontation involontaire, ou volontaire, de la jeunesse et la beauté face à celle qui prend de l’âge et perd son attrait et son intérêt, est un thème récurrent. On le retrouve dès le plus jeune âge dans les contes pour enfants, comme Blanche-Neige où la fraîcheur parfaite de Blanche vient éclipser la beauté jusque-là sans concurrence de la reine. Sujet exploité régulièrement dans les films de body horror, tel que The Substance où Elisabeth se retrouve exilée dans son appartement au profit de son autre elle-même, Sue, plus jeune, plus belle, plus dynamique. Ou encore dans la littérature, avec Le Fantôme de l’Opéra, où la Carlotta se voit éjecter par un petit rat de l’opéra, parce qu’un mécène (certes particulier) est en admiration devant l’adorable Christine.
Le cinéma, comme la littérature ou le théâtre, a cette faculté d’exploiter les failles de l’être humain pour le mettre au grand écran. Ève en est un parfait exemple. Difficile de donner raison à l’une ou à l’autre, ou de ne pas s’identifier à ces deux femmes. Chacun connaît l’ascension dans sa vie, pour se voir à un moment relégué à un personnage secondaire. Ces sentiments et dualités sont remarquablement portés par un casting de choix où se côtoient Bette Davis, Anne Baxter et Céleste Holm. Ainsi que Georges Sander (notez que celui-ci joue également dans Le Portrait de Dorian Gray, qui n’est pas sans rappeler la lutte contre le temps qui passe).
Les différents podcasts de La Prochaine Séance sont accessibles à cette adresse.
Biberonné aux films de Steven Spielberg et passionné depuis la découverte d’un certain Alien de Ridley Scott, je dévore chaque film qui me tombe sous la main. Le cinéma tendant au partage et au rassemblement culturel, j'aime en discuter avec les amoureux du 7e art. La Prochaine Séance
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