À l’occasion de la dernière édition du festival Les Mycéliades, Étienne vous propose un épisode spécial du Mag.7. Ainsi, les équipes du cinéma Les Lobies et des bibliothèques d’Agglopolys de Blois se sont réunies pour vous proposer une sélection à base d’imaginaire et de science-fiction.
C'était la prochaine séance !
Mag.7 est un podcast, produit et diffusé par l’association blésoise La Prochaine Séance. Le principe est simple : en collaboration avec les bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois, l’animateur Étienne invite des personnes à déambuler dans le service musique-cinéma et jeux vidéo des lieux et d’y choisir des DVD. Plus précisément sept films, séries, documentaires ou concerts – sept correspondant à la capacité d’emprunt proposée par la bibliothèque – pour ensuite évoquer au micro leur sélection. Une émission mensuelle basée sur le partage et la passion du 7ème art, et cherchant à mettre en valeur la qualité et la quantité de films disponibles dans les bibliothèques publiques, le tout accessible pour des montants modestes, voire totalement gratuits dans certaines collectivités.
L'imaginaire SF au sein du Mag.7
Lancé en 2021 suite à un appel à projets du CNC, le festival Les Mycéliades prend place dans divers cinémas et bibliothèques de nos chères villes françaises. Le but : proposer un événement annuel et national qui associe la création web, la recherche scientifique et le monde des imaginaires SF. En cette année 2026, la ville de Blois a pu accueillir le festival au sein de ses infrastructures (le cinéma Les Lobis et les bibliothèques d’Agglopolys) du 31 janvier au 15 février derniers. Mais alors que toutes ces équipes préparaient une programmation digne des Mycéliades, elles se sont également prêtées au jeu du Mag.7. Ainsi, retrouvez une sélection spéciale de DVD choisis pour l’occasion, qui vous feront voyager à travers l’espace et le temps, avec leur lot de créatures et autres cyborgs. Bref, un périple qui titille l’imagination, comme le cinéma a su en offrir au cours de ses nombreuses décennies d’existence !
Monsters (2010)
Nationalité : Royaume-Uni – Genre : Drame, Thriller, Science-fiction – Réalisation : Gareth Edwards – Distribution : Whitney Able, Scoot McNairy, Annalee Jefferies, Justin Hall, Ricky Catter…
Édition DVD : France | M6 Vidéo | 06 avril 2011 – Édition Blu-ray : France | M6 Vidéo | 06 avril 2011 – Plateformes de diffusion : Amazon Prime Video, PremiereMax, Viva et Rakuten TV
Le pitch : Une sonde de la NASA s’écrase dans la jungle mexicaine, libérant sur terre des particules d’une forme de vie extra-terrestre. Six ans plus tard, le Mexique et le Costa-Rica sont devenus des zones de guerre désertées par les populations locales, mises en quarantaine et peuplées de créatures monstrueuses. Un photographe est chargé d’escorter une jeune femme à travers cette zone dévastée. Seuls sur la route, ils vont tenter de rejoindre la frontière américaine…
Avis de MaG (le loup celeste) : Tourné avec des moyens dérisoires, Monsters s’impose comme un véritable tour de force : un road‑movie SF sensible, où la romance se fraie un chemin entre zones infectées et frontières en ruine. Gareth Edwards y déploie une poésie visuelle foudroyante, jusqu’à un final qui frappe en plein cœur. Entre créatures tapies dans l’ombre et humanité vacillante, ce film singulier demeure un bijou de science‑fiction moderne, à découvrir sans tarder.
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Que l’on apprécie ou non le cinéma de Gareth Edwards, force est de constater que le réalisateur a su se démarquer par la maîtrise de ses effets visuels. Issu de cet univers technique, il possède une mise en scène qui parvient à les magnifier. Il suffit de se pencher sur ses Godzilla et Rogue One pour mesurer à quel point il arrive à leur offrir une ampleur démesurée. Et que dire de The Creator, blockbuster au « petit » budget (environ 80 M$) qui, visuellement, bat à plate couture des titres bien plus onéreux ? Bref, il va sans dire qu’Edwards maîtrise les effets, sachant les appréhender et les peaufiner. Mais jusque-là, nous parlons de films purement hollywoodiens, dont le coût affiche un bon nombre de zéros. Avant d’entrer dans les rouages des grosses productions, le cinéaste s’est fait connaître en 2010 avec un premier long-métrage bien plus modeste : Monsters, une petite pépite indépendante au budget ne dépassant guère les 500 000 dollars !
Bien qu’il soit imparfait à quelques niveaux (écriture ou direction d’acteurs), Monsters brille par sa technique et sa mise en scène. Soucieux de filmer des créatures gigantesques avec peu de moyens, Edwards prend le parti de placer sa caméra à hauteur d’homme. En jouant la carte du hors‑champ et des gros plans adoptant le point de vue de ses personnages, il transforme une simple randonnée en une virée ô combien immersive. Grâce à ces choix techniques, le réalisateur parvient à donner corps à ses immenses créatures en sollicitant l’imaginaire du spectateur. En contrepartie, il lui offre des moments oscillant entre tension et pure poésie. Un procédé qu’il reprendra d’ailleurs avec Godzilla, et qui deviendra sa patte visuelle si caractéristique.
Donc si vous appréciez les films de Gareth Edwards et que vous ne connaissez que ses blockbusters, n’hésitez pas à vous ruer sur Monsters. Ne serait‑ce que pour découvrir un long‑métrage mené par un véritable artisan, qui a littéralement mis la main à la pâte (il officie en tant que réalisateur, scénariste, directeur artistique et directeur photo du projet). Sa passion, tout comme son ambition, se voit à l’écran, et cela fait clairement du bien de sortir d’une telle œuvre.
Terminator 2 : le Jugement dernier (1991)
Titre VO : Terminator 2: Judgement Day – Nationalité : États-Unis – Genre : Action, Thriller, Science-fiction – Réalisation : James Cameron – Distribution : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton…
Édition DVD : France | Studiocanal | 02 juin 2015 – Édition Blu-ray : France | Studiocanal | 1er septembre 2022 – Édition 4K Ultra HD : France | Studiocanal | 29 novembre 2023 – Plateforme de diffusion : HBO Max, PremiereMax, VIVA, Pathé Home, Orange, Canal VOD, UniversCiné, SOONER, FILMO et Rakuten TV
Le pitch : Destiné à devenir le leader d’un futur apocalyptique où les machines exterminent l’humanité, un jeune garçon se retrouve pris en chasse par un cyborg ayant traversé le temps pour l’éliminer. Mais sa mère, aidée d’une machine reprogrammée, va tout tenter pour le protéger de cet implacable adversaire, quitte à empêcher que l’avenir ne se produise…
Avis de MaG (le loup celeste) : Après le classique du cinéma d’action et d’anticipation des années 80 qui ancra le Terminator (personnage mythique du 7e art) dans l’imaginaire collectif, voici le monument de la science-fiction qui révolutionna la technique des SFX (l’ère du numérique) en repoussant les limites du possible. Aux confins du paradoxe temporel, ce véritable « monstre » du cinéma à très grand spectacle est encore aujourd’hui un modèle absolu du genre. Je sais désormais pourquoi vous pleurez…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Une bonne suite n’est pas forcément meilleure que l’original. Un film peut être considéré comme tel dès lors qu’il parvient à préserver l’essence du précédent tout en faisant évoluer son univers et ses personnages, sans jamais le trahir. C’est ainsi que l’on pourrait définir une bonne suite, et autant dire que le cinéma n’en manque pas ! Mais alors, à quel moment peut‑on considérer un opus comme supérieur au premier volet ? De manière grossière, une suite se révèle meilleure lorsqu’elle reprend les bases de son prédécesseur en les améliorant, pousse les potards à fond et parvient à le faire oublier. Dans ce cadre, les exemples sont plutôt rares : un premier épisode de saga reste généralement celui qui marque les esprits. Il existe bien évidemment des titres auxquels nous pensons immédiatement, comme L’Empire contre‑attaque, Le Parrain 2e partie, Evil Dead 2 ou encore The Dark Knight. Mais en observant les sondages du type « La meilleure suite de tous les temps », un film revient constamment en tête de liste, preuve de son impact sur l’inconscient collectif : Terminator 2: Le Jugement Dernier.
Pourtant, à bien y regarder, James Cameron ne fait pas tant de choses en plus par rapport au premier volet. Il en reprend la formule, certaines séquences et répliques, et apporte quelques modifications. Mais dopé par un budget bien plus conséquent qu’en 1984 (6 millions contre 100 millions de dollars), faisant de lui le film le plus cher de l’histoire à l’époque, le cinéaste transforme son univers en véritable terrain de jeu. 75 % du budget est destiné aux effets spéciaux, et ça se voit ! Terminator 2, c’est un déballage de séquences d’action spectaculaires, riches en cascades et explosions. Le film constitue également une révolution technique, faisant la part belle aux effets visuels numériques, encore balbutiants à sa sortie (Cameron les avait déjà expérimentés, le temps d’une séquence, dans Abyss). Déjà d’un point de vue technique, ce Terminator 2 s’impose comme un tour de force imparable, qui en met plein les yeux pour notre plus grand plaisir.
Mais si l’ensemble regorge de plans iconiques et de scènes mémorables, c’est aussi du côté de l’écriture que cette suite se distingue. James Cameron insuffle du cœur à son spectacle. Ce constat, nous le devons essentiellement au personnage d’Arnold Schwarzenegger, méchant emblématique du premier volet devenu protecteur du héros. Si ce procédé peut paraître artificiel, il donne surtout de la matière à sa machine vedette. Le Terminator, tueur de sang‑froid, gagne en humanité grâce à la relation qu’il tisse avec John Connor. Il devient malgré lui un père de substitution pour cet enfant en proie à son destin et qui n’a jamais connu son père. Rien qu’avec cette pirouette scénaristique, Cameron offre à Terminator 2 une justesse et une émotion qui manquaient au premier film. Si celui‑ci paraissait un peu glacial, cette suite vous fera autant rire que pleurer, tout en vous clouant à votre fauteuil. Le Jugement dernier, meilleure suite de tous les temps ? La réponse dépend évidemment de chacun. Mais il y a fort à parier que, pour beaucoup, c’est bel et bien le cas.
Paprika (2005)
Titre VO : Papurika (パプリカ) – Nationalité : Japon – Genre : Science-fiction, Thriller, Animation – Réalisation : Satoshi Kon – Distribution : Megumi Hayashibara, Torû Furuya, Kôichi Yamadera, Katsunosuke Hori, Toru Emor…
Édition DVD : France | Sony Pictures | 20 juin 2007 – Édition Blu-ray : France | Sony Pictures | 20 juin 2007 – Édition 4K Ultra HD : France | Sony Pictures | 21 février 2024 – Plateformes de diffusion : VIVA, UniversCiné, SOONER, PremiereMax et Canal VOD
Le pitch : Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l’inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l’un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs. Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l’inventeur du DC Mini, le Dr. Tokita, décide, sous l’apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s’aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s’est emparé du DC Mini et pour quelle raison. Elle découvre que l’assistant du Dr. Tokita, Himuro, a disparu…
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Paprika, c’est l’histoire d’une équipe de scientifiques qui a créé le DC Mini, petit appareil qui permet de se rendre dans les rêves d’un patient, afin de l’aider à guérir de ses psychoses. Comme toute bonne invention, lorsqu’elle tombe entre de mauvaises mains, les dégâts sont légion. Imaginez que n’importe qui puisse entrer dans votre tête et y implanter une parade farfelue, haute en couleur et en musique, mais aussi vous faire gagner par la folie et vous pousser au suicide.
Regarder Paprika, c’est accepter de ne plus pouvoir faire la différence entre le rêve et la réalité. De nombreux films abordent cette thématique, avec plus ou moins de réussite. Christopher Nolan a même avoué dans une interview qu’il “aurait pu s’inspirer” de Paprika (2006), pour le scénario d’Inception (2010), et en effet, les similitudes entre les deux films sont nombreuses. Paprika réussit la prouesse de rendre lisibles les passages entre le rêve et la réalité, et ce même quand le rêve se fait envahissant, grâce au dédoublement de son héroïne. C’est là que l’histoire va plus loin à mon sens, en révélant que même les professionnels (médecins, psychologue, policier…) ont leur part de faiblesse, de doute et de traumatisme. Nous n’avons pas affaire à des protagonistes maîtres de leurs émotions, et transparents avec eux-mêmes, mais bien des personnes comme nous.
Pour finir, la qualité de l’animation est au rendez-vous, mais après des animé comme Perfect Blue et Tokyo Godfather, ça n’est pas une surprise. Satoshi Kon continue de nous faire rêver, que ce soit par la sensibilité et la profondeur de ses histoires, mais aussi par ses visuels travaillés et riches.
High Life (2018)
Nationalité : France, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Etats Unis – Genre : Science-fiction, Drame – Réalisation : Claire Denis – Distribution : Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin, Mia Goth, Lars Eidinger…
Édition DVD : France | Wild Side Video | 24 avril 2019 – Édition Blu-ray : France | Wild Side Video | 24 avril 2019 – Plateformes de diffusion : Amazon Prime Video, PremiereMax, ARTE Boutique, Rakuten TV, Canal VOD, FILMO, VIVA et Orange
Le pitch : Un groupe de criminels condamnés à mort accepte de commuer leur peine et de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire. Une mission hors normes…
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Le pitch officiel du film nous annonce un film de science-fiction, où des criminels sont envoyés en orbite autour d’un trou noir pour en extraire de l’énergie. Surprenant, High Life est également classé dans la catégorie horreur, sans que l’on puisse imaginer pourquoi. L’histoire se plaçant dans l’espace, nous pouvons facilement espérer la présence de vilaines bêtes ou autre…
Rapidement, nous comprenons que l’équipe est envoyée en orbite sans solution de retour ou de contact avec la Terre, une forme d’emprisonnement dans le couloir de la mort. Mais l’horreur de leur situation va bien au-delà. Dibs, jouée par Juliette Binoche, psychologiquement dérangée, est obnubilée par sa mission de faire naître un bébé en bonne santé malgré l’exposition aux radiations. Pour arriver à ses fins, elle s’adonne à des pratiques de fécondations douteuses, parfois aux détriments des autres habitants du vaisseau.
Des films dérangeants, j’en ai vu, et je les regarde en connaissance de cause, pour leur intérêt cinématographique. En regardant High Life, je me sens piégée de me retrouver face à ce genre de film sans que je ne l’aie décidé. D’autant que je n’y trouve pas d’intérêt dans l’avancement de l’intrigue ou de sa mise en scène. Comme si la partie SF, non développée, était prétexte à faire un film sur les violences sexuelles. Il aurait fallu aller au bout de l’idée.
C’est en plus un film lent, qui ne trouve pas son équilibre avec des scènes maintenant le rythme et l’attention du spectateur. On pourra souligner l’intérêt de son casting avec en rôle principal Robert Pattinson, et Mia Goth qui tient un second rôle conforme à ses habitudes. Mais la psychologie des personnages, hormis Dibs, étant peu exploitée, là encore, nous passons à côté.
E.T. l'extra-terrestre (1982)
Titre VO : E.T. The Extra-Terrestrial – Nationalité : États-Unis – Genre : Science-fiction, Aventure, Fantastique – Réalisation : Steven Spielberg – Distribution : Henry Thomas, Drew Barrymore, Dee Wallace, Peter Coyote, Robert MacNaughton…
Édition DVD : France | Universal Pictures Home Entertainment | 29 octobre 2002 – Édition Blu-ray : France | Universal Pictures Home Entertainment | 1er février 2023 – Édition 4K Ultra HD : France | Universal Pictures Home Entertainment | 7 janvier 2026 – Plateformes de diffusion : Disney+, Pathé Home, Canal VOD, Orange, PremiereMax, Rakuten TV, FILMO, LaCinetek, VIVA et ARTE Boutique
Le pitch : Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d’exploration botanique, sortent de l’engin, mais un des leurs s’aventure au-delà de la clairière où se trouve la navette. Celui-ci se dirige alors vers la ville. C’est sa première découverte de la civilisation humaine. Bientôt traquée par des militaires et abandonnée par les siens, cette petite créature apeurée se nommant E.T. se réfugie dans une résidence de banlieue. Elliot, un garçon de dix ans, le découvre et lui construit un abri dans son armoire. Rapprochés par un échange télépathique, les deux êtres ne tardent pas à devenir amis. Aidé par sa soeur Gertie et son frère aîné Michael, Elliot va alors tenter de garder la présence d’E.T. secrète…
Avis de MaG (le loup celeste) : Débarrassée des retouches de 2002, la version de 1982 retrouve toute la douceur de son conte sur l’altérité et la séparation. Certes, quelques SFX accusent leur âge, mais leur charme rétro s’inscrit désormais comme une patine qui magnifie le souvenir. Dans ce cadre retrouvé, Spielberg signe l’une de ses œuvres les plus intimes, portée par des enfants lumineux et une créature devenue icône. Et l’émotion, toujours vive, affleure encore comme une évidence, touchant petits et grands.
Avis de La Prochaine Séance (Mia) : Ce qui fait la force de ce film, c’est la sensibilité de son réalisateur qui place l’intrigue du film d’aliens du point de vue des enfants. E.T est le gentil monstre par excellence. Il est effrayant à première vue, mais se révèle très attachant pour les enfants du film et le spectateur. Ce film s’adresse directement à l’enfant qui est en nous et qui a rêvé de vivre ce genre d’histoire.
Ce sont les enfants qui détiennent le pouvoir, du fait même de leur enfance et de l’ouverture d’esprit qui va avec leur jeunesse. Les adultes ne peuvent pas comprendre, ils sont inutiles, voire dangereux. Ainsi, Elliot, sa sœur et son frère se lient d’amitié avec l’extraterrestre, s’occupent de lui, le cachent et le protègent des agents de l’Etat qui le traquent. La réalisation de Steven Spielberg souligne la magie de ce film tout en l’ancrant dans un univers réaliste : un quartier de banlieue résidentielle américaine. Ce réalisme insuffle la magie directement dans le quotidien des personnages et du spectateur. C’est comme si, nous aussi, on pouvait un jour par hasard trouver un extraterrestre perdu dans la forêt et le ramener chez nous en traçant un chemin de M&M’s. Comme E.T et Elliot, Spielberg tend le doigt pour entrer en connexion avec nous et nous offrir ce conte poétique moderne bercé par la musique de John Williams.
RoboCop (1987)
Nationalité : États-Unis – Genre : Action, Polar, Science-fiction – Réalisation : Paul Verhoeven – Distribution : Peter Weller, Nancy Allen, Dan O’Herlihy, Ronny Cox, Miguel Ferrer…
Édition DVD : France | Amazon MGM | 04 juin 2014 – Édition Blu-ray : France | Amazon MGM Studios | 04 juin 2014 – Édition 4K Ultra HD : Royaume-Uni | Arrow Films | 28 mars 2022 – Plateformes de diffusion : Pathé Home, Canal VOD et Orange
Le pitch : À Détroit, gangrené par le crime organisé, l’officier de police Alex Murphy est laissé pour mort après une fusillade. Il devient alors le parfait cobaye pour la création d’une nouvelle arme, un policier hybride mi-homme, mi-robot…
Avis de MaG (le loup celeste) : En plein cœur d’un Détroit dystopique en proie à la criminalité et à la corruption, ce spectacle viscéral, où l’humour délicieusement décalé contraste avec la violence grand-guignolesque des scènes d’action, se met au service d’une satire de l’administration Reagan (de la cupidité des entreprises aux dérives autoritaires en passant par le marketing capitaliste). Aussi jouissif dans le fond que dans la forme, RoboCop n’a rien perdu de sa pertinence et de son charme avant-gardiste.
Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : RoboCop fait parti de ces films que nous classons dans la catégorie film culte, et nous comprenons rapidement pourquoi dès le début de son visionnage. Le film sort en 1987, les années 80 regorgent de films de science-fiction avec des effets spéciaux de plus en plus crédibles, et RoboCop en est le parfait exemple si nous le comparons avec des films sortis au début de cette décennie.
À première vue, c’est un blockbuster hollywoodien parmi tant d’autres. Mais avec son cyborg au milieu de policiers défendant les bonnes gens contre la montée de la criminalité, le film peut présenter les prémices des films de supers héros. RoboCop est également un titre avec plusieurs niveaux de lecture : politiciens véreux, critique sociale et du capitalisme, avec même un petit côté de réflexion sur la cruauté humaine et le droit à la dignité. C’est d’ailleurs en ayant notion de ces deux thématiques, que la transformation de Murphy en RoboCop m’a paru très longue : que dire de la déshumanisation au profit de l’avancement technologique ? Des questionnements très actuels dans notre société. Pour un film de 1987, il est d’actualité, et vieillit bien. Si comme moi, vous ne l’avez jamais vu, que vous aimez les films de science-fiction, il est à mettre dans votre watchlist.
Alien, le huitième passager (1979)
Titre VO : Alien – Nationalité : États-Unis, Grande-Bretagne – Genre : Horreur, Science-fiction – Réalisation : Ridley Scott – Distribution : Tom Skerritt, Sigourney Weaver, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt…
Édition DVD : France | 20th Century Fox | 24 octobre 2007 – Édition Blu-ray : France | 20th Century Fox | 07 novembre 2018 – Édition 4K Ultra HD : France | 20th Century Studios | 24 avril 2019 – Plateformes de diffusion : Disney+, Pathé Home, Orange, VIVA, Rakuten TV et PremiereMax
Le pitch : Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d’un arrêt forcé sur une planète déserte, l’officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, un arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l’équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu’à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s’échappe dans les couloirs du vaisseau…
Avis de MaG (le loup celeste) : Première apparition de la créature la plus effrayante de l’histoire de la SF et fondateur d’une mythologie énorme, ce huis clos horrifique très raffiné (la réalisation de Scott est toujours une référence après plus de 40 ans) au rythme assez lent, procure des montées d’épouvante hors-norme dès lors que son espèce vedette fait son apparition et met en scène un héros inhabituelle pour l’époque, une femme, qui deviendra aussi une icône du cinéma d’horreur dans ses trois suites. Plus qu’un classique intemporel, ce fabuleux cauchemar s’est imposé comme un chef-d’œuvre incontestable du 7e art.
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : À bien y regarder, rien ne prédestinait Alien à devenir ce film culte. Au commencement, il s’agissait d’une banale série B horrifique, voyant des routiers de l’espace se confronter à un extraterrestre. Mais il aura fallu que les étoiles s’alignent au bon moment pour que le projet marque les esprits et les époques. Alien, c’est tout simplement la rencontre de personnes persévérantes et ambitieuses, qui ont permis à l’ensemble de se concrétiser. Je dirais même plus : qui ont su transformer un simple divertissement en une œuvre intemporelle, au point d’en faire un pilier du cinéma de science‑fiction.
Alien est un film qui joue avec l’inconnu. Par le biais de ses décors et de son écriture minutieuse, Ridley Scott et son équipe mettent en images un univers crédible en tout point. Celui‑ci convoque aussi bien le réalisme dans les moindres détails (les couloirs du Nostromo, les différents pictogrammes visibles dans le vaisseau…), que l’imaginaire suscité par sa direction artistique. Alliée aux travaux plastiques de l’artiste H. R. Giger, elle nous propulse dans un univers malsain et anxiogène. Plutôt que d’amuser la galerie, Alien cultive une horreur palpable de cet inconnu grâce à son ambiance tendue, ses visuels d’un autre monde et, surtout, sa créature transpirant la symbolique du viol. Par le choc qu’elles représentent ou l’intensité qu’elles dégagent, beaucoup de scènes restent en tête : la découverte de l’épave, la soute avec les œufs, le facehugger, la naissance du chestburster, la première apparition de l’Alien, la révélation sur la nature d’Ash, Ripley devant évacuer le Nostromo… Le huitième passager est un roller coaster en matière de sensations fortes, qui doit également beaucoup à la justesse de son écriture et à l’impeccable interprétation de ses personnages.
Ce film a tout simplement forgé ma cinéphilie. Cet écrit n’est donc pas entièrement objectif, et je vois les copains de La Prochaine Séance esquisser un sourire en lisant ces lignes. Mais parler d’Alien me permet de rappeler qu’une découverte peut impacter votre vision, votre perception. L’art possède une portée allant bien au‑delà de la contemplation. Il vous mute, vous définit et vous accompagne dans votre vie. Donc, lorsque vous tombez sur une réalisation qui vous marque à ce point, c’est que vous vous êtes, à n’en pas douter, retrouvés face à un chef‑d’œuvre.
Paradis pour tous (1982)
Nationalité : France – Genre : Drame, Comédie, Science-fiction – Réalisation : Alain Jessua – Distribution : Patrick Dewaere, Jacques Dutronc, Fanny Cottençon, Stéphane Audran, Philippe Léotard…
Édition DVD : France | Studiocanal | 1er janvier 2013 – Édition Blu-ray : France | Studiocanal | 02 janvier 2023 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, ARTE Boutique, PremiereMax, VIVA, Orange et FILMO
Le pitch : Alain devient le cobaye d’un médecin qui a inventé un traitement pour combattre les états dépressifs et rendre les gens parfaitement heureux…
Avis de La Prochaine Séance (Étienne) : Dernier film de Patrick Dewaere, Paradis pour tous est un bel exemple de réussite du cinéma français dans le genre de la SF. Dans ce film, Alain (Dewaere), dépressif, se voit proposer par son psy (Jacques Dutronc) un traitement permettant de « flasher » son cerveau et d’y gommer toutes les émotions négatives. L’opération est un succès : Alain est heureux, et bientôt, c’est l’ensemble de la population qui sera traitée. Paradis pour tous est une comédie d’anticipation au ton doux‑amer, voire burlesque. On y retrouve Patrick Dewaere affable, gentil et serviable, très loin de son personnage habituel d’écorché vif.
Voilà un film où les personnages nagent dans le plus parfait bonheur, sans plus jamais connaître le désespoir, la haine ou la jalousie. On se retrouve alors dans une dystopie complètement aseptisée et atone. Cette anesthésie générale des sentiments provoque la perte d’envie, de désir créatif, et ce monde se satisfait d’une médiocrité très banale. Ce postulat est très bien illustré par l’une des scènes fameuses du film, où les musiques de publicité sont devenues la panacée de la création musicale, pour le plus grand bonheur de tous les personnages.
Alain Jessua croque de façon visionnaire, avec cruauté et cynisme, une société toujours en quête d’un bonheur parfait, imposé par les images des grands médias. Et lorsqu’elle y parvient, c’est au prix de son humanité. Un film qui garde encore aujourd’hui toute sa puissance subversive.
Les différents podcasts de La Prochaine Séance sont accessibles à cette adresse.
Biberonné aux films de Steven Spielberg et passionné depuis la découverte d’un certain Alien de Ridley Scott, je dévore chaque film qui me tombe sous la main. Le cinéma tendant au partage et au rassemblement culturel, j'aime en discuter avec les amoureux du 7e art. La Prochaine Séance
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