Est-ce grâce à l’entêtante absinthe neuchâteloise que le programme de la 24e édition du NIFFF nous parut si riche ? Rien n’est moins sûr ! N’empêche que vos deux lascars de MaG surent autant braver le sauna qu’était devenu l’étage supérieur du cinéma Les Arcades en début de festival que les nuits polaires qui suivirent à l’Openair, renommé cette année les Halles obscura. Ils osèrent même accepter les baisers baveux fleurant bon la cervelle du mythique Robert, qui trainait sa carcasse à travers les rues neuchâteloises. Et c’est fort d’avoir défié tous ces dangers qu’ils vous livrent ci-après une après-séance complète, ultime preuve de leur passage dans le fief du fantastique helvétique. Nous gageons que vous prendrez autant de plaisir à lire ces comptes-rendus que nous en avons eu à découvrir cette dense programmation, décidément éclectique et, disons-le, particulièrement qualitative ! Outres les présentes critiques, nous vous avons concocté sept interviews au total avec un rythme cavalier entre les séances. D’ici la sortie des versions intégrales à venir lors de la sortie des films cet hiver, nous partagerons des extraits sur nos réseaux. Longue vie au NIFFF !
Palmarès
En Compétition internationale
Prix H.R. Giger : La Tour de Glace de Lucile Hadžihalilović
Mention : Que ma volonté soit faite de Julia Kowalski
Prix Imaging The Future : La Tour de Glace de Lucile Hadžihalilović
Prix NIFFF de la critique internationale : Honey Bunch de Madeleine Sims-Fewer & Dusty Mancinelli
Prix de la jeunesse : U are the universe de Ulaa Salim
RTS audience award : U are the universe de Ulaa Salim
Compétition asiatique
Prix du public : Rewrite de Soi Cheang de Daigo Matsui
L'envers du décor
Il n’y a pas de bon festival sans positionnement sur l’état du monde. Et le NIFFF n’y dérogeait pas lors de sa cérémonie de clôture. Si le festival d’Annecy s’engageait en soutien aux iranien.nes suite à l’attaque éclair d’Israël, le NIFFF tenait quant à lui à rappeler la progression du fascisme tous azimuts (voir vidéo ci-dessous). Un virage accéléré appuyé par l’alliance des enfants terribles de la Silicon Valley et du Capital, dont les noces insolentes ont été accueillies chaleureusement par des médias affidés à l’idéologie mortifère de l’extrême droite. Une célébration devenue obscène depuis les nombreuses saillies de Donald Trump contre ce qui reste de l’Etat de Droit outre Atlantique. Ce virage réactionnaire aux répliques internationales commande des actes de résistance partout, tout le temps. Le cinéma est le miroir du réel et les films de genre, son antichambre. Lors de cette édition, la sélection reflétait les préoccupations de notre temps avec un bien meilleur cru que l’année passée. Pourvu que cela dure.
Impossible aussi de faire abstraction de l’envers du décor, à l’échelle micro cette fois-ci. D’abord, merci (encore et toujours) aux équipes du NIFFF qui se sont démenées pour nous offrir les meilleures conditions de production pour nos interviews. Un accueil chaleureux et un soutien logistique bienvenu pour un média indépendant comme le nôtre. On salue l’investissement des relations presse comme des nombreux bénévoles, malgré des contraintes organisationnelles et managériales qui ont, semblerait-il, pesé lourd sur les salariés. « Démissions, burn-out, mal-être au travail » titrait le journal La Côte cette semaine. Un sentiment d’épuisement qu’on a pu mesurer nous-même sur site et un état des lieux malheureusement trop fréquent dans le milieu culturel pour qu’on s’en accommode. Pierre-Yves Walder, le directeur général et artistique du NIFFF n’est pas resté indifférent et il s’est fendu de première excuses auprès de la presse locale expliquant « être sincèrement désolé [s’il a] pu heurter certains collaborateurs ». On espère maintenant que la direction du festival saura réagir en conséquence lors de la prochaine édition pour donner le meilleur cadre aux chevilles ouvrières, sans qui le NIFFF n’existerait pas.
Carnet de bord
Noise
Corée du Sud | Date de sortie : NC | Réalisation : Kim Soo-Jin | Compétition asiatique
Pour son premier film, Kim Soo-jin nous propose un thriller paranoïaque obnubilé par le son. Au cœur du récit, une jeune femme malentendante, troublée par d’étranges bruits qui semblent liés à la disparition inexpliquée de sa sœur. À mesure qu’elle s’enfonce dans les couloirs de son immeuble à la recherche de réponses, une certitude glaçante s’impose peu à peu : ces sons n’ont rien de naturel…
Avec son histoire de “bruit” mystérieux, le synopsis lorgne à première vue directement du côté du génialissime Memoria d’Apichatpong Weerasethakul. Le cinéaste thaïlandais avait réussi à mêler récit métaphysique et véritable moments d’oppression entêtants, qui jouaient comme jamais avec son sound-design pour emporter son spectateur. Autant dire que les attentes étaient hautes… Malheureusement, si Noise n’est pas un naufrage complet (on se souvient en tremblant du terrible Toxic Daughter vu l’année passée au NIFFF), il peine toutefois à passer le stade du divertissement timide, sitôt vu, sitôt oublié. En négligeant de développer ses personnages, Kim Soo-jin nous largue trop rapidement dans sa cascade de rebondissements empruntant beaucoup (trop ?) à des effets déjà usés jusqu’à la corde dans le cinéma de genre. La tension peine à poindre, la sensorialité de ce récit misant beaucoup sur le son tombe à l’eau et la multiplication des clichés alourdissent encore plus ce récit à première vue pourtant prometteur. Pas fâché mais déçu…
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄
Reflet dans un diamant mort
France | Date de sortie : en salle | Réalisation : Bruno Forzani et Hélène Cattet | Compétition internationale | Interview à voir ici
Reflet dans un diamant noir, portrait d’un diamant mort… une chose est sûre, on aura joué des pieds et des mains pour ne pas écorcher le titre du dernier film d’Hélène Cattet et Bruno Forzani dont vous retrouverez l’interview sur notre chaîne Youtube. Avec sa narration caléidoscopique, ce film hommage aux Fumetti neri fleure bon l’âge d’or des films d’espions. Prenant à contrepieds le ton très premier degrés des productions contemporaines, Reflet dans un diamant mort retrace les souvenirs troubles d’un vieil homme attendant son destin face à la mer. Un rayon de soleil, un bitter, des seins nus et l’imaginaire turbine à plein régime pour nous proposer autant de scènes hallucinées.
Avec ses improbables tour de passe-passe dignes de l’inspecteur gadget, le vieil agent ressasse ses moments de gloire, où la lutte contre le crime n’est jamais bien loin du désir brut. Un film déroutant qui se savoure par ses tentatives formelles poussées à l’extrême, quitte à oublier quelque peu ses personnages. Qu’importe, chaque fragment se savoure comme un pan régressif de notre inconscient cinématographique. Portrait dans un diamant noir est un cocktail effervescent si proche des BD d’époque qu’on n’est guère surpris quand des vignettes apparaissent à l’écran. Un film à réserver aux amoureux du genre et qui devrait très certainement convaincre ceux qui étaient tombé sous le charme de la sombre Diabolik.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄🍄
A Useful Ghost
Thaïlande | Date de sortie : NC | Réalisation : Ratchapoom Boonbunchachoke | Compétition internationale
Séance comble oblige, le mercure est monté très vite lors de la première du film Useful Ghost du réalisateur thaïlandais Ratchapoom Boonbunchachoke. Si on nous avait dit qu’on serait tombé sous le charme d’un film où un fantôme réincarné en aspirateur cherche coûte que coûte à entrer en contact avec son mari, on aurait certainement cru à une nouvelle crise de delirium tremens. Bien plus qu’une comédie noire, Useful Ghost est inclassable tant il explore des axes narratifs toujours plus insolites, jusqu’à glisser vers le politique avec une élégance remarquable. Les histoires s’enchevêtrent et tel un conte polyphonique, raconté par les morts et les vivants, Useful Ghost est un coup de cœur du NIFFF. Si les fantômes nous hantent, c’est peut-être parce qu’ils ont quelque chose à nous rappeler sur notre passé. Un film brûlant qui panse les plaies encore béantes de la répression sanglante des chemises rouges en 2010. Drôle, sensible, ardent. A voir impérativement le 25 août 2025 lors de la sortie française.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄🍄🍄
Dangerous Animals
Australie | Date de sortie : en salle | Réalisation : Sean Byrne | Compétition internationale
Lorsqu’un couple s’invite sur un bateau australien pour une partie de “shark cage diving”, le propriétaire du ligneur compte bien nourrir les squales avec ces juteux touristes… Lorsqu’il part à la recherche de sa prochaine proie à amener au large pour assouvir sa passion déviante, il fait la rencontre d’une jeune surfeuse (l’hallucinante Hassie Harrison) qu’il ne tarde pas à embarquer… Mais elle se révèlera bien plus coriace que prévu.
Si Dangerous Animals s’inscrit dans le genre des “films de requins” initié par Les Dents de la Mer (mais aussi une bonne tripotée de bouses), il a l’audace de complètement dynamiter le genre pour offrir à son public un divertissement ultra agrippant (et pas si con !). Le long-métrage ne tombe ni dans les codes usuels du slasher (et ses victimes féminines très vite déshabillées et tuées), ni dans celui investi récemment par Coralie Fargeat dans Revenge avec son héroïne “mythologisée” dans une figure ultra-violente, muette et virilisée à la sauce Rambo… Dangerous Animals propose une voie intermédiaire, avec une protagoniste futée et hargneuse qui ne vire toutefois pas à l’archétype de la virilisation cinématographie… Et pareil pour les bébêtes dont l’utilisation va plutôt dans le sens opposé de ce que l’on retrouve généralement dans les récits très balisés de ce genre-là. Bref, une très belle surprise ultra-divertissante qu’il convient de découvrir sur grand-écran (le film sort tout prochainement en salles) !
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄🍄🍄
Touch me
USA | Date de sortie : NC | Réalisation : Addison Heimann | Compétition internationale | Interview à venir
Et si vous rencontriez un extra-terrestre qui vous invite à boire un verre après votre service de barmaid, que diriez-vous ? Dès les premières minutes du film, Touch me parvient à capter l’attention du spectateur lors de cette séance chez le psychiatre où Joey, une jeune femme désœuvrée, raconte cette improbable coup d’un soir du troisième type. Film queer dans tout ce qu’il y a de plus noble, Touch me est un « ovnifff » que seul le festival de Neuchâtel pouvait oser programmer. Addison Heimann dépasse la simple comédie guignolesque avec un truculent mélange des genres qu’on n’attendait pas avec un synopsis aussi foireux. Le réalisateur que nous avons interviewé à Neuchâtel nous a expliqué avoir été fortement inspiré par les films japonais des années 60-70 et toute la palette de couleurs des Giallos.
L’un des premières scènes érotiques est de toute beauté et ce n’était pas une mince affaire pour ne pas virer à la caricature d’un mauvais Hentai des coins sombres d’internet. Drôle, le film l’est tout autant. Il faut voir cet alien charismatique à la croisée de Jésus et un Kamel Ouali d’Europe de l’Est se lancer dans une chorégraphie de hip-hop en survêt violet. Invité dans la villa de ce narcisse jamais bien loin du gourou, Joey et son ami Craig vont purger leur traumatisme commun de manière peu conventionnelle. Si le fim s’éparpille par moments oubliant parfois son fil directeur initial, il convainc par son approche décomplexée et qui ose montrer des scènes de sexe tentaculaires. Preuve en est, on est ressortis un peu plus ouverts qu’on était entré. Les tentacules, ça vous gagne ?
Nifffomètre de KillerSe7ven :
Bokshi
Inde | Date de sortie : NC | Réalisation : Bhargav Saikia | Compétition asiatique
Anahita peine à s’intégrer dans son lycée. Pourtant, sa passion pour l’histoire va l’entrainer avec un petit groupe d’élèves dans le sillage de la professeur Shalini à la recherche d’un ancien site supposément surnaturel, perdu en pleine forêt. Lorsque Bokshi commence, on sent sa volonté de narrer une histoire queer au sein d’une Inde conservatrice, tout en s’imposant un carcan de Folk horror bien infusé des schémas narratifs de Midsommar. Si les premiers plans flirtent avec le kitsch sans y mettre parfaitement les pieds, le reste du long-métrage ne tiendra pas la route et s’étalera en un interminable tunnel de plus de deux heures vingt où il n’y a malheureusement pas grand-chose à sauver. Ultra cheap, personnages mal écrits et beaucoup trop nombreux, histoire caricaturale… Le long-métrage nous largue complètement et ce ne sont pas ses quelques fulgurances (dont quelques passages dessinés assez sympathiques) qui vont sauver ce visionnage. La plus grosse plantade de cette édition !
Nifffomètre de MrWilkes : (mention spéciale 💩)
New Group
Japon | Date de sortie : NC | Réalisation : Yuta Shimotsu | Compétition asiatique
Une jeune fille tente difficilement de s’intégrer dans son lycée, en essayant de se fondre dans la masse des élèves. Pourtant, lorsque ces derniers commencent à s’arranger en d’étranges pyramides humaines, une mystérieuse contagion de conformisme semble commencer à ravager tout l’établissement…
Il faut voir New Group comme une fable. Une fable kafkaïenne, absurde, qui ne s’interdit rien jusqu’au WTF le plus timbré… Mais si le long-métrage parait au premier abord justement diablement fun, il parvient à relever et questionner multitude de comportements “automatiques”, intégrés et imposés par la société, pour les questionner (assez brillamment) à l’écran. Ultra-punk et taillé à l’os (durée d’1h20), il transpire de l’influence du magaka Junji Itō avec ses étranges créatures composés de corps humains… Une (très) jolie surprise !
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄🍄
Night Silence
Pologne | Date de sortie : NC | Réalisation : Bartosz M.Kowalski | Forever Young
Un grand-père (Maciej Damiecki) part pour la maison de retraite après avoir constaté qu’il devenait un fardeau trop important pour son fils. S’il s’intègre assez rapidement dans ce microcosme de résidents tous plus truculents les uns que les autres, il va également rapidement découvrir qu’un secret se cache dans les sous-sols de l’établissement.
Thriller horrifique aussi tendre que touchant, Night Silence témoigne d’une montée en grade dans la carrière de son réalisateur Bartosz M. Kowalski. Le polonais nous avait déjà gratifié du slasher ultra classique Nobody Sleeps in the Woods Tonight et prouve ici son attachement au genre, bien qu’il creuse un récit moins frontal, moins inscrit dans les codes, allant plutôt lorgner du côté de l’horreur version Flanagan. Ultra léché dans ses effets spéciaux et dans le design de ses créatures, le film bénéficie d’une photographie crépusculaire teintée d’un bleu-verdâtre caractérisant la pourriture qui menace chacun des résidents de cet EHPAD. Les thématiques sont certes lourdes et ne doivent pas être aisées à porter par le casting vieillissant (la même remarque que l’on faisait pour le film The Rule of Jenny Pen), mais Kowalski parvient à ne jamais être plombant et même à insérer dans son récit de véritables touches légères et humoristiques. Bref, un très beau film sur la décrépitude physique et la perte des siens…
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄🍄🍄
Que ma volonté soit faite
Pologne | Date de sortie : 19/11/2025 | Réalisation : Julia Kowalski | Compétition internationale | Interview à venir
Après le moyen-métrage J’ai vu le visage du diable, Julia Kowalski poursuit son exploration de l’émancipation féminine dans un univers cerné par les hommes. On y retrouve Maria Wrobel que nous avons rencontrée au NIFFF. S’il y avait une actrice à retenir de cette sélection 2025 neuchâteloise, ce serait elle ! Animée au sens littéral du terme, la jeune polonaise est renversante. C’est sur le tournage qu’elle a appris le français et qu’elle a dormi sur place dans cette ferme française reculée. Elle campe le rôle de Nawojka, une jeune femme qui vit avec son père et ses frères dans la ferme familiale. Lorsque Sandra, la voisine libre et sulfureuse, revient au village, Nawokka voit ses désirs contrariés. Un film douloureux, poignant et incarné jusqu’à l’os. Maria Wrobel a accepté un rôle très personnel comme elle nous l’a confié à Neuchâtel.
Que ma volonté soit faite est une décharge stupéfiante qui nous amène là où on ne l’attend jamais. Loin des tropes trop souvent convenus des coming-of-age, le film trace son propre chemin jusqu’à l’apothéose. Comme un nécessaire exorcisme collectif qui ne laisse pas indemne. La performance envoutante de Maria Wrobel restera gravée dans nos mémoires, à l’instar de celle d’Isabelle Adjani il y a près d’un demi-siècle déjà dans l’excellent Possession (1981). Sortie prévue le 19 novembre 2025.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄🍄🍄(coup de ❤️)
Gibier
France | Date de sortie : NC | Réalisation : Abel Ferry | Ultra movie
Un chasseur sachant slasher fait-il un bon slasher ? Quand des activistes de la gauche radicale reviennent chercher les caméras qu’ils avaient cachées à l’abattoir local, la situation dégénère en bain de sang avec un maire local bien décidé à faire disparaitre tous ceux qui se mettent en travers de sa route. Si le film tente quelques percées politiques (trop souvent carabinées), on ne sait pas bien s’il assume parfaitement son propos. Le contre-discours de chasseurs décérébrés est tout autant présent, ce qui pourrait faire croire à l’inutilité de l’activisme politique, ce qui serait tout de même ballot. Pour autant, le film est une très bonne chasse à l’homme comme on n’en avait pas vu depuis longtemps dans le cinéma de genre, a fortiori français.
Si l’on aurait aimé que la toile de fond politique penche davantage vers un discours un peu plus subtil que les conséquences délétères de l’action directe et le recours à la violence, le film d’Abel Ferry offre quelques scènes coup de poing mémorables. Gibier a un côté glaçant. Les mises à morts donnent à voir un miroir du réel comme cette scène de tir à bout portant en plein visage d’un jeune homme aussitôt défiguré. Une image-miroir de la répression policière contre les gilets jaunes. Ce plan où rien ne nous est épargné rappelle combien le recours du LBD contre la société civile est aujourd’hui tristement banalisé.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄
Obex
USA | Date de sortie : NC | Réalisation : Albert Birney |Compétition internationale | Interview à venir
Déjà remarqué au festival Sundance, Obex d’Albert Birney est une œuvre très personnelle. A la fois réalisateur et acteur de son propre film, Albert Birney y campe le rôle de Conor, un jeune homme reclus dans son appartement. Un personnage solitaire, plus proche des ordinateurs que des humains. « Bientôt nous vivrons dans des machines, même les chiens » prédit-il. A l’aube des années 1990, Obex fleure la nostalgie d’un temps révolu, celui des magazines de jeu vidéo papier qu’on convoitait chez le buraliste et où chaque sortie d’un nouveau jeu était comme la découverte d’un trésor. Pour se détendre après une dure journée de labeur, Conor chante seul dans son lit devant son karaoké 8 bits affiché sur l’un de ses moniteurs de son triple écran cathodique. Le multitâche avant l’heure et qui donne ici cet aspect étrange au film, comme si les mondes analogique et numérique se juxtaposaient.
Alors que son chien (IRL comme dans la fiction) est précipité dans le jeu Obex qu’il vient de recevoir par la poste, Conor va tout faire pour récupérer son fidèle compagnon. Film fauché par excellence, Obex montre une ingéniosité certaine pour raconter son histoire, le tout porté par une photographie en noir et blanc qui rappelle d’autres des films comme Testsuo pour le côté huit-clos, le glauque en moins. Obex respire quant à lui la bonne humeur matinée de bizarre et la naïveté propre aux vieux RPG. Si on sent parfois les limites du dispositif, Obex reste une curiosité à voir, à la fois touchante et vibrante de sincérité.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄
Hotspring Sharkattack
Japon | Date de sortie : 04/08/2025 | Réalisation : Morito Inoue | Compétition internationale | Ultra movie
Un petit village japonais connu pour ses sources chaudes se retrouve envahi par une armée de requins sanguinaires. Pourtant, au sein de la population, la riposte s’organise rapidement… Sous ses airs de gros nanar, Hotspring Sharkattack propose une véritable comédie à la japonaise, super divertissante et au rythme stakhanoviste. Alors oui, c’est con comme un requin (complètement) marteau, c’est bidouillé avec trois bouts de ficelles et ça tient debout par un miracle que l’on explique difficilement. N’empêche ! Le film a su conquérir tout le public d’un open-air du NIFFF décidément hilare devant ces requins en vilains CGI et l’impressionnant (et bien nommé) Maccho !
Nifffomètre de MrWilkes :
Cloud
Japon | Date de sortie : 04/06/2025 | Réalisation : Kiyoshi Kurosawa | Third Kind
Un jeune homme se fait beaucoup d’argent sur Internet grâce à une activité d’achat-revente bien peu regardante… Mais si son compte en banque se remplit, il se fait par la même occasion pas mal d’ennemis. Kiyoshi Kurosawa présentait dans les salles françaises ce Cloud en même temps qu’un moyen-métrage nommé Chime. De cette double sortie, le NIFFF n’a gardé que le long, en catégorie Third Kind vu qu’il aborde le “genre” par la tangente. Et malheureusement, c’est un demi-flop pour le cinéaste japonaise passé maître dans l’art de la tension… Si le début du film est prenant et que l’on sent enfler cette raideur si caractéristique de son cinéma, c’est pour l’évacuer (presque) totalement en un seul jumpscare… La fin – dont nous ne dévoilerons pas la nature – peine à convaincre tandis que l’écriture de l’unique personnage féminin pose question… Cloud, un projet fumeux qui peut au moins se targuer de sa sublime photographie.
Nifffomètre de MrWilkes :
La Tour de Glace
France | Date de sortie : 17/09/2025 | Réalisation : Lucile Hadžihalilović | Compétition internationale | Interview à venir
La Tour de Glace repose en partie sur une relecture moderne du conte de La Reine des neiges, conte d’Andersen qui est l’objet d’une adaptation cinématographique dans le film de Lucile Hadžihalilović. Ce long-métrage est d’abord porté par une photographie élégante, qui rappelle celle de La Femme de Tchaikovsky. L’image est un petit joyau de composition ; on a envie de glisser dans cette fugue artistique, où une jeune fille Jeanne se réfugie sur un plateau de tournage après avoir quitté un orphelinat sur les hauteurs de cette ville alpine. Elle y rencontre celle qui joue le rôle de la reine des glaces, Cristina, elle-même interprétée par Marion Colittard.
Malgré la prestation remarquable de la jeune Clara Pacini, le film nous a laissé sur le carreau avec le sentiment d’un bien beau diamant mais se cache un peu trop facilement derrière ses feux flamboyants. Certes Lucile Hadžihalilović peut se targuer de biens belles séquences, mais n’aurait-il pas fallu accorder un peu de chaleur au film ? Et pour cause, le film s’enfonce dans un exercice formel que ses contempteurs qualifieront très certainement de cinéma bourgeois. Kilian est sorti contrarié, pour ma part j’étais plus mesuré mais pas moins déçu d’avoir été si proche de toucher à quelque chose de plus intime et sensible. Reste un film à l’ambiance singulière qui laissera la part belle à l’interprétation pour ceux qui n’ont pas peur de la lenteur.
Nifffomètre de KillerSe7ven :
Opus
USA | Date de sortie : NC | Réalisation : Mark Anthony Green | Compétition internationale
Véritable légende de la pop, Alfred Moretti (John Malkovich) disparait des radars pendant près de 30 ans. Cependant, il annonce un retour en grandes pompes pour un ultime album à un groupe de journalistes triés sur le volet, invités dans son ranch reclus pour découvrir ses dernières chansons en avant-première. Parmi les quelques happy few figure le nom d’Ariel, une jeune critique particulièrement intègre.
Cette nouvelle sortie A24 présentée au NIFFF propose un film multi-genre centré sur un John Malkovitch grimé en icône pop. Conglomérat de Prince, Freddie Mercury et David Bowie, il faudra attendre que son personnage prenne le micro pour la première fois pour qu’on cesse immédiatement d’y croire… Le plus gros hit de cette étoile internationale de la chanson serait un vieux morceau passé sous auto-thune ? Couleuvre décidément mal digeste, pour peu que l’on consente à l’avaler… Et malheureusement, ce n’est pas le seul reptile qu’Opus vous mettra sous la dent ! Difficile dès lors de ne pas abandonner toute suspension consentie d’incrédulité devant le film. Pire, à se perdre dans (beaucoup) trop de directions et de genres (comédie, thriller paranoïaque, horreur, film musical…), il finit par n’en maîtriser aucun. Et c’est bien dommage… Un maigre divertissement pour le studio A24, qui nous avait habitué à bien mieux.
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄
Hallow Road
Angleterre | Date de sortie : NC | Réalisation : Babak Anvari | Thrid Kind
Un couple reçoit le téléphone de leur fille… Elle conduisait sous l’emprise de stupéfiants sur la route d’Hallow Road, à presque une heure du domicile familial, lorsqu’elle a percuté une gamine qui se promenait là. L’enfant git devant la voiture, inerte… Tout le film suivra la course des parents pour rejoindre leur fille, en temps réel et en n’offrant de la scène d’accident que sa restitution téléphonique. Procédé similaire à The Call (et probablement toute une tripotée de films s’inscrivant dans ce sous-genre du hors-champ constant), Hallow Road du réalisateur britannico-iranien Babak Anvari prend comme actrice principale la géniale Rosamund Pike. Toutefois, il est très difficile de parler du film sans le spoiler… Nous nous contenterons de dire que la tension est bel et bien au rendez-vous même si plusieurs facilités scénaristiques sortiront assurément le spectateur de son visionnage et de la bulle de stress qu’il construit. Bref, un thriller original, en demi-teinte.
Nifffomètre de MrWilkes :
U are the universe
Ukraine| Date de sortie : NC | Réalisation : Pavlo Ostrikov | Compétition internationale
Andriy, routier de l’espace, est en mission vers une lune de Jupiter lorsque la Terre explose. Il se prépare à devenir le dernier humain de l’univers lorsque sa radio grésille… Le cinéaste ukrainien Pavlo Ostrikov propose avec ce premier long un film de SF infusé de romance et d’humour. Alors ne nous mentons pas, si vous avez lu et vu quelques morceaux de science-fiction (au hasard, 2001 L’Odyssée de l’Espace), vous verrez approcher les virages scénaristiques de U are the Universe aussi clairement qu’un astéroïde de 100 mètres de longueur. Et pourtant, ce mariage savant de Kubrick et de Desireless tourné dans d’impressionnants décors transportent facilement son spectateur à travers ce joli petit récit… Pour preuve : le film a remporté le prix de la jeunesse ainsi que le prix du public lors de la dernière édition du NIFFF !
Nifffomètre de MrWilkes :
Redux Redux
Angleterre | Date de sortie : NC | Réalisation : Kevin McManus & Matthew McManus | Ultra Movie
Irene Kelly se met en tête de parcourir les multivers pour tuer toutes les versions du meurtrier de sa fille… Offrir un film de multivers original alors que Marvel a lessivé le concept, voilà le pari relevé haut la main par les frères McManus. Alors oui, Redux Redux suit des voies scénaristiques toutes tracées et peinera à nous surprendre tout à fait. Mais avec sa photographie canon et le jusqu’au-boutisme de ses scènes de violence, ce long-métrage proposé dans la catégorie Ultra Movie du NIFFF saura se montrer super divertissant et épicé d’un humour grinçant jamais gratuit. Un revenge-movie prenant et enragé qui aura su secouer le festival.
Nifffomètre de MrWilkes :
Orang Ikan
Singapour | Date de sortie : NC | Réalisation : Mike Wiluan | Compétition internationale
1942. Un prisonnier nippon et un soldat britannique s’échouent sur une île, une chaîne reliant leurs chevilles. Contraint à cohabiter, ils vont découvrir que ce bout de terre émergé est le repaire d’une mythique créature. Relecture de l’Étrange Créature du lac noir dans un contexte de guerre mondiale, Mike Wiluan propose un film de monstre décidément rétro. En optant pour le man in suit pour incarner sa créature, il fait le pari des effets purement pratiques. C’est parfois kitsch, souvent gore et diablement divertissant ! Un choix audacieux à l’ère du tout numérique, qui offre un beau moment d’action et de frousse dans la moiteur de cette jungle impénétrable…
Nifffomètre de MrWilkes :
The Thing with Feathers
Angleterre | Date de sortie : NC | Réalisation : Dylan Southern | Compétition internationale
Un jeune père de deux enfants, dessinateur professionnel, perd sa femme. Un soir, peu après sa mort, un corbeau géant pénètre dans sa chambre… The Thing with Feathers tente de métaphoriser le deuil à travers le prisme du monstrueux — une idée déjà brillamment (et bien mieux) exploitée par Juan Antonio Bayona dans Quelques minutes après minuit. Si le long-métrage, adaptation du roman de Max Porter, tient globalement la route, elle souffre d’une durée mal calibrée et d’un chapitre central intitulé “Démon” franchement dispensable. Le design de la créature impressionne, et la performance de Benedict Cumberbatch — sobre, intense — relève nettement l’ensemble. Hélas, le film manque cruellement d’audace : jamais assez radical pour marquer durablement, trop timide dans son recours à la grammaire horrifique pour bousculer. Touchant par moments, il saura sans doute émouvoir… mais sera tout aussi vite oublié. Un film passable — et au fond, dispensable.
Nifffomètre de MrWilkes :
Exit 8
Japon | Date de sortie : 03/09/2025 | Réalisation : Genki Kawamura | Compétition asiatique
Se retrouver coincé dans les couloirs aseptisés d’une station de métro, voilà le cauchemar de base de cet Exit 8. Le personnage devra ensuite, dans un jeu morbide, trouver chaque anomalie (comprenez changement de décor) pour passer à l’étage supérieur, jusqu’à sortir de l’étrange piège énigmatique.
Extrait d’un jeu vidéo éponyme que le film adapte assez fidèlement, Exit 8 est un pur film concept qui amène sur grand-écran la notion d’espace liminaire. Issus d’Internet, ces endroits charrient autant une familiarité déroutante qu’un profond malaise, deux adjectifs qui s’accolent volontiers à ce thriller paranoïaque et horrifique. Malgré une narration forcément redondante, le spectacle nous tient, la tension monte à chaque tour d’un cran et finalement accouche d’une œuvre qui est peut-être l’une des meilleures adaptations de jeu-vidéo sur grand écran de ces dernières années.
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄🍄
Gatillero
Argentine | Date de sortie : NC | Réalisation : Cristian Tapi Marchiori | Third Kind
Autre film fauché par excellence, Gatillero nous vient tout droit d’Argentine. Signé Cristian Tapia Marchiori, Gunman de son nom anglais est porté par un unique plan séquence. D’un braquage de bras cassé dans un quartier aux mains des cartes, le film bascule dans une fuite en avant jonchée de cadavre. On suit les fraques d’un beau parleur empêtré dans une affaire de règlements de compte qui va se solder par une authentique boucherie comme les cartels savent y faire.
C’est audacieux et plutôt efficace malgré le peu de fonds disponibles. Malheureusement, même si le film n’est pas foncièrement long, il aurait gagné à adopter la forme d’un moyen métrage. Certains dialogues bienveillants semblent sortis de nulle part, ce qui fait un peu tâche au milieu des fusillades. Reste un film sans le sou qui déploie toutes les astuces pour nous faire croire à ce bain de sang devenu viral.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄
The Home
Islande | Date de sortie : NC | Réalisation : Mattias J.Skoglund | Compétition internationale
Adaptation du roman éponyme de Mats Strandberg, The Home est réalisé par le suédois Mattias J Skoglund. « Je voulais créer un ton qui serait très brut, intime et légèrement étrange » explique Mattias J Skoglund. Et pour cause, le résultat est réussi, d’autant plus pour un deuxième long-métrage. L’histoire se déroule dans une maison de retraite angoissante (euphémisme), théâtre toujours efficace pour un film d’horreur. Alors que sa mère est rattrapée par la sénilité, son fils Joel doit se résoudre à la laisser dans ce service long séjour, où ses occupants rappellent ceux du film de Jack Nicholson. Au-delà de la seule question de la fin de vie, The Home montre combien le cocon familial réplique les traumatismes de génération en génération. Avec The Home, Mattias J Skoglund aborde droit dans les yeux les violences familiales qui hantent les victimes. Certes un peu trop convenu dans sa conclusion, le film présente des qualités sincères qui le distinguent de d’autres films du genre au même cadre.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄
Eddington
USA | Date de sortie : en salle | Réalisation : Ari Aster | Third Kind | Critique à lire ici
Après trois films enracinés dans le folklore horrifique, son nouveau long métrage s’éloigne des sentiers de l’effroi : Aster brosse le portrait d’une Amérique fracturée qui ne sait plus comment gérer l’altérité. Le réalisateur vedette d’A24 va d’abord noyer le spectateur dans un déluge de propos complotistes de personnages en manque d’attention ne sachant plus qui croire, ni qui suivre. Du maire charismatique (Pedro Pascal) au gentil shérif looser pathétique (Joachim Phoenix), chacun cherche à prendre le rôle de leader. Derrière ces petits écrans qui ont colonisé notre quotidien, on croit voir des prêcheurs de sectes concurrentes jouer des coudes pour contrôler la ville. Joachin Phoenix continue d’explorer les nuances du pathétique avec un personnage ordinaire catapulté dans la frénésie du monde.
Moins éclatant que la fresque The Sweat East présenté à la quinzaine 2023 et qui traite de thèmes connexes, la dernière prod d’A24 s’écarte du trip Midsommar comme du voyage initiatique de Beau is afraid, les deux facettes d’une même œuvre. Seul trait d’union : la paranoïa. Eddington, quoiqu’un peu trop bavard, pose néanmoins la seule question qui vaille encore aujourd’hui : plongé dans un état de stupéfaction permanente, comment réussir à reprendre le contrôle d’un présent à toute allure ? Sur le modèle du western où la tension grimpe jusqu’à ce que la poudre à canon remplace les invectives, Eddington ou plutôt America is afraid est à voir en salle dès maintenant.
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄🍄
Sasyq
Kazakhstan | Date de sortie : NC | Réalisation : Yerden Telemissov | Compétition internationale
Un SDF, en ratant son suicide, découvre l’existence d’un étrange extraterrestre qu’il va tenter d’aider à rejoindre sa planète… Comédie kazakhe de Yerden Telemissov, le film surprend pour son humour tranché, son travail visuel qui le place mille lieues devant la plupart des comédies françaises à plusieurs millions de budget et pour la construction de personnages tous plus hilarants les uns que les autres. Si la dramaturgie suit un déroulé relativement classique et qu’elle peinera à dérouter un spectateur habitué à ce genre de récits, elle proposera une critique du régime kazakh assez virulente et plusieurs moments réellement poignants. Une véritable petite pépite de cette compétition internationale du NIFFF et la preuve, après Steppenwolf, de la vitalité du cinéma made in Kazakhstan.
Nifffomètre de MrWilkes :
Sirāt
Espagne | Date de sortie : 10/09/2025| Réalisation : Oliver Laxe | Third Kind | Critique à lire ici
Inspiré du pont Sirāt qui, dans la tradition islamique, devient de plus en plus étroit jusqu’à séparer l’enfer du paradis, le film du cinéaste franco-espagnol emprunte autant à Mad Max qu’au Salaire de la peur. Authentique fuite en avant avec pour unique consigne de ne jamais s’arrêter, la trajectoire de Sirāt est rectiligne. Road movie initiatique, le film démarre par une folle séquence donnant à voir les premiers instants d’une rave party qui ne s’arrêtera jamais vraiment. Confondant de réalisme, on se fond dans la masse, comme si on était nous-même happé par ce technival qui a bien eu lieu pendant trois jours non-stop. Sergi Lopez que nous avons rencontré nous a expliqué qu’il avait fallu se fondre dans la masse. C’était au tournage de s’adapter à la rave et non l’inverse. Sirāt est une expérience totale.
On suit donc ce père joué par Sergi Lopez s’engager aux côtés de son fils dans un périple pour retrouver sa fille ainée, disparue dans une rave party aux portes du Sahara. On glisse avec eux dans un univers où la chute est un processus constant. On est sorti engourdi de la projection, comme habité par le sentiment d’un effondrement qui n’est plus à venir, mais depuis longtemps à nos trousses. Stupéfiant au sens littéral du terme. C’était déjà notre coup de cœur à Cannes et on ne doute pas qu’il s’agira d’un des meilleurs films de 2025. Il fallait voir la tête des festivaliers à la sortie de la projection du film pour se convaincre du potentiel explosif de Sirāt. Sortie prévue le 3 septembre 2025, une date à marquer dans votre agenda et au marqueur (indélébile) s’il vous plaît !
Nifffomètre de KillerSe7ven :🍄🍄🍄🍄🍄 (coup de❤️)
The Ugly Stepsister
Norvège | Date de sortie : NC | Réalisation : Emilie Blichfeldt | Compétition internationale | Critique à lire ici
Elvira veut à tout prix conquérir le cœur du prince, malheureusement elle ne répond pas aux critères de beauté en vigueur dans le royaume… Sa mère, qui fleure dans ce potentiel mariage un sacré jackpot, se met en tête de l’aider à conquérir cette beauté tant désirée. Relecture du conte de Cendrillon mais du point de vue de la “méchante” demi-soeur (si l’on suit le corpus imposé par Disney), The Ugly Stepsister de la réalisatrice norvégienne Emilie Blichfeldt propose un conte parfaitement désaxé. Du canevas de base, elle retournera tout : elle injecte du pulp dans le genre poussiéreux du film en costume, de l’ultra-gore (parfois à peine soutenable) dans l’imagerie imprégnée par la vision Disney et une bonne dose de sexe dans ce qui devrait être un conte de fées. Le tout nous parvient sous une forme qui n’est pas sans rappeler The Substance, avec un même amour du monstrueux et un discours féministe encore plus puissant. Une très belle surprise !
Nifffomètre de MrWilkes :🍄🍄🍄🍄🍄
Carrie
USA | Date de sortie : 11/03/1976 | Réalisation : Brian De Palma | Open Air
C’était l’un des autres moments forts du NIFFF. Découvrir Carrie en plein air a été un réel choc. Malgré le demi-siècle qui nous sépare et qui fera oublier au jeune public combien la société américaine est pétrie par la religion, le film est toujours marqué par une violence psychologique exceptionnelle. Carrie White suffoque dès les premières minutes du film lors de cette séquence au ralenti où les corps des adolescentes se dénudent sans ombrage ni pudeur et où ses camarades vont lui faire vivre le martyr alors qu’elle découvre ses premières règles. Eduquée dans un cadre puritain extrême et malmenée par une mère implacable, Carrie n’a aucun espace et ses espoirs seront très vite douchés par ses pairs ou plutôt ses tortionnaires. Le sang des premières menstruations jusqu’à l’éruption d’hémoglobine finale. Le viol de l’enfance sans doute le plus cruel du septième Art. Carrie aura donné naissance à toute une génération de films sur la cruauté infantile de The Innocents à The Plague. Un classique intemporel.
Nifffomètre de KillerSe7ven :
Buvant les Stephen King comme la sirupeuse abricotine de mon pays natal, j’ai d’abord découvert le cinéma via ses (souvent mauvaises) adaptations. Épris de Mrs. Wilkes autant que d’un syndrome de Stockholm persistant, je m’ouvre peu à peu aux films de vidéoclub et aux poisseuses séries B. Aujourd’hui, j’erre entre mes cinémas préférés, les festivals de films et les bordures de lacs helvétiques bien moins calmes qu’ils en ont l’air.
Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.
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