Récente grosse sortie de Shadowz et également au programme de la 24 édition du NIFFF, The Rule of Jenny Pen offre une belle plongée dans le gouffre de l’horreur… gériatrique. Un presque sous-genre qui permet à son réalisateur James Ashcroft (père du déjà remarqué Coming home in the Dark en 2021) d’offrir à son spectateur une bonne dose de frousse en EHPAD. Tout un programme !
Le Choc des Titans
Après avoir été frappé par un AVC, un juge (Geoffrey Rush) se voit forcé d’abandonner son indépendance pour aller vivre en résidence médicalisée. Mais comme si la lente décrépitude de son propre corps ne lui suffisait pas, il doit faire face aux facéties maniaques d’un autre résident (incarné par John Lithgow), qui ne se sépare jamais de sa terrifiante poupée sans yeux, Jenny Pen.
Avec The Rule of Jenny Pen, Ashcroft organise un véritable choc des titans en faisant se confronter à l’écran deux acteurs légendaires. D’un côté le terrifiant et cabotin John Lithgow (Dexter, Killers of the Flower Moon, Conclave… pour évoquer ses (seconds) rôles récents), de l’autre le mythique Geoffrey Rush pour lequel on vous laisse le soin d’aller détailler la liste impressionnante de films dans lesquels il a tourné en tant qu’acteur. Deux monstres sacrés donc, qui se jettent à corps perdus dans des rôles pas évidents à tenir…
En effet, à l’instar de Demi Moore dans The Substance, les deux acteurs de plus de 70 ans se mettent au service d’un petit film horrifique décidément bien cruel. La dépossession de leur propre corps est filmé sans fard et les thématiques (maltraitance gériatrique, décrépitude mentale et physique…) sont particulièrement âpres à incarner. Une plongée suffocante qui n’est pas sans rappelerThe Amusement Park, le moyen-métrage de Romero (re)découvert après sa mort…
Feu le juge
De cruauté il en est question dans The Rule of Jenny Pen. Et si le feu dessine un étrange cercle reliant le début et la fin du long-métrage, l’enfermant dans une circularité décidément de circonstance, c’est un véritable jeu du chat et de la souris qui va se dérouler sous nos yeux. Et les différents protagonistes de passer d’un rôle à l’autre, tantôt bourreau, tantôt victime. L’orgueilleux juge sentencieux se perd dans un asile où il ne contrôle même plus sa propre vessie, la poupée à vertus thérapeutiques devient instrument de tortionnaire, l’ex-star adulée du monde sportif en vient à subir les humiliations répétées d’un pensionnaire en courbant l’échine… Les rôles sont constamment sens dessus dessous, à l’instar de ce chat décidément méprisant qui, en début de film, jouit de sa parfaite liberté devant deux vieux qui le regardent, coincés dans leur condition d’êtres amoindris.
Les premières séquences du film laissent craindre un abus de mise en scène tape à l’œil (ces multiples effets demi-bonnette, un trop plein d’effets de style…) qui vont rapidement s’estomper. Finalement, The Rule of Jenny Pen saura ajuster sa mise en scène à son sujet et ne jamais oublier son essence même : créer de l’effroi. Si la tension n’est pas toujours maitrisée, la nouvelle petite pépite de Shadowz saura dresser une belle (et sordide) ambiance horrifique et un sentiment de malaise qui ira croissant jusqu’à la fin du long-métrage. A ne pas manquer ! Et pour les chanceux qui participent à cette 24e édition du NIFFF à Neuchâtel, vous aurez la chance de découvrir le film sur grand écran dans la sélection Third Kind du festival !
Buvant les Stephen King comme la sirupeuse abricotine de mon pays natal, j’ai d’abord découvert le cinéma via ses (souvent mauvaises) adaptations. Épris de Mrs. Wilkes autant que d’un syndrome de Stockholm persistant, je m’ouvre peu à peu aux films de vidéoclub et aux poisseuses séries B. Aujourd’hui, j’erre entre mes cinémas préférés, les festivals de films et les bordures de lacs helvétiques bien moins calmes qu’ils en ont l’air.
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