Simon Riaux et Nicolas Martin étaient les invités au micro d’Etienne en octobre 2024, lors du lancement du Festival Mauvais Tours. Qu’à cela ne tienne ! Pour l’édition de 2025, ce cher trio s’est retrouvé pour une toute nouvelle sélection autour des cinémas de l’imaginaire.

La Prochaine Séance
Le Mag.7

C'était la prochaine séance !

Mag.7 est un podcast, produit et diffusé par l’association blésoise La Prochaine Séance. Le principe est simple : en collaboration avec les bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois, l’animateur Étienne invite des personnes à déambuler dans le service musique-cinéma et jeux vidéo des lieux et d’y choisir des DVD. Plus précisément sept films, séries, documentaires ou concerts – sept correspondant à la capacité d’emprunt proposée par la bibliothèque – pour ensuite évoquer au micro leur sélection. Une émission mensuelle basée sur le partage et la passion du 7ème art, et cherchant à mettre en valeur la qualité et la quantité de films disponibles dans les bibliothèques publiques, le tout accessible pour des montants modestes, voire totalement gratuits dans certaines collectivités.

Le Mag.7

Pour vous jouer un Mauvais Tours

Du 16 au 19 octobre dernier s’est tenu Mauvais Tours, le festival des cinémas de l’imaginaire. Et pour la seconde année consécutive, Etienne s’est rendu sur place, retrouver les deux instigateurs de l’événement, à savoir les journalistes Simon Riaux et Nicolas Martin. Une nouvelle fois, nos invités se sont prêtés au jeu du Mag.7 pour vous offrir une sélection à base de cinéma de genre, le tout au hasard du catalogue des bibliothèques d’Agglopolys. Comme le moment s’avérait ludique, les deux comparses ne se sont pas arrêtés à sept films mais plutôt à dix, gourmands qu’ils sont !

Malevil (1980)

Nationalité : France – Genre : Drame, Science-fiction – Réalisateur : Christian de Chalonge – Distribution : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret, Robert Dhéry…

Édition DVD : France | Tamasa Distribution | 04 juin 2024 – Édition Blu-ray : France | Tamasa Distribution | 04 juin 2024 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, FILMO et Orange

Le pitch : Alors que l’été s’achève, le maire et quelques élus d’un petite village survivent à des explosions nucléaires ayant ravagé la région, voire le pays. Commence alors pour eux une nouvelle vie faite d’isolement, d’entraide et de violence…

Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Dire que le cinéma de genre français prend enfin son envol est une erreur. Certes, nous avons eu quelques titres ces dernières années qui ont connu une certaine estime aux yeux de la critique et du public – notamment 2023 avec Le Règne animal, Vermines, Acide ou encore Gueules noires. Et il est vrai que les films de ce cinéma là ont bien du mal à se faire connaître depuis des décennies, incitant des réalisateurs talentueux à aller voir ailleurs (comme Alexandre Aja). Mais non, les films de genre français, ce n’est clairement pas une nouveauté, et Malevil le prouve. Car ici, nous parlons d’une œuvre post-apocalyptique ne datant pas d’hier (début des années 80), avec des comédiens aux antipodes de leur carrière respective (Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret…) et ayant réussi à rassembler plus de 1,4 millions de spectateurs à sa sortie… faisant de Malevil le parfait contre-argument !

Adaptation libre du roman éponyme de Robert Merle, Malevil est un film extrêmement ambitieux, dans lequel le réalisateur Christian de Chalonge parvient à mettre en place une apocalypse tangible et oppressante. Et ce, sans le moindre effet spécial, généralement omniprésent dans ce genre de proposition. Ici, tout n’est que travail sur les costumes, les décors et le son, pour nous plonger dans un enfer des plus réaliste. La première partie, celle où les personnages découvrent le désastre, est d’ailleurs la plus marquante. La seconde, plus axée sur l’humain et le social, l’est un peu moins du fait d’une moindre originalité. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de briller par sa rigueur et sa maîtrise, faisant de Malevil une véritable rareté dans le paysage cinématographique français.

Triangle (2009)

Nationalité : Grande-Bretagne, Australie – Genre : Horreur – Réalisateur : Christopher Smith – Distribution : Melissa George, Joshua McIvor, Michael Dorman, Liam Hemsworth, Rachael Carpani…

Édition DVD : France | CTV International | 14 juin 2011 – Édition Blu-ray : France | CTV International | 14 juin 2011 – Plateformes de diffusion : Orange

Le pitch : À la dérive suite à une terrible tempête, un groupe d’amis trouve refuge sur un navire semblant laissé à l’abandon et où le temps semble s’arrêter. Pourtant, chaque membre éprouve une étrange sensation de déjà-vu et réalise très vite que quelque chose d’hostile les guette…

Avis de MaG  (le loup celeste) : Triangle n’est pas l’épouvante qu’on vous vend, mais un labyrinthe psychologique où chaque détour ajoute une nouvelle facette au mystère. Melissa George y brille comme un repère au milieu de ce dédale temporel, tandis que les scénaristes tracent des boucles scénaristiques aussi précises qu’inquiétantes. À force de brouiller les pistes, ils nous entraînent dans un cercle vicieux fascinant, jusqu’à un final vertigineux qui ferme la boucle avec brio. Une œuvre aussi ingénieuse qu’implacable, où la géométrie du suspense se dessine au millimètre.

Avis de La Prochaine Séance (Aurélie) : Dans Triangle, Christopher Smith nous offre une petite balade en mer en compagnie d’un groupe d’amis, au cœur du triangle des Bermudes. C’est sans surprise que la virée tourne rapidement au cauchemar. Réfugiés sur un bateau fantôme en compagnie d’un mystérieux tueur masqué et coincés dans une boucle temporelle, survivre semble devenu une mission impossible. Rapidement, les meurtres s’enchaînent et les cadavres s’empilent.

Malgré quelques lenteurs, le film ne perd pas de vue son objectif, le slasher se transforme en cauchemar psychologique pour déboucher sur une vérité glaçante et percutante. C’est dans la qualité de l’écriture et du développement du personnage de Jess, que se révèle pleinement le génie de ce film, pour nous emmener au-delà du classique du genre.

Oranges sanguines (2021)

Nationalité : France – Genre : Comédie, Horreur, Drame – Réalisateur : Jean-Christophe Meurisse – Distribution : Alexandre Steiger, Christophe Paou, Lilith Grasmug, Olivier Saladin, Lorella Cravotta…

Édition DVD : France | ESC Editions | 06 avril 2022 – Édition Blu-ray : France | ESC Editions | 06 avril 2022 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, Pathé Home et UniversCiné

Le pitch : Au même moment en France, un couple de retraités surendettés tente de remporter un concours de rock, un ministre est soupçonné de fraude fiscale, une jeune adolescente rencontre un détraqué sexuel. Une longue nuit va alors commencer…

Avis de La Prochaine Séance  (Aurélie) : Oranges Sanguines c’est un film méchant, mais marrant. Bien que savoureux sur certains passages, il laisse un goût de trop peu. Le film débute en satire sociale mordante, au côté de personnages divers allant de l’ado à l’homme politique. Puis nous projette sans transition dans le chaos de la folie et de la méchanceté gratuite.

En multipliant les protagonistes, Jean-Christophe Meurisse s’éparpille sans approfondir la psychologie de ses personnages. Ce qui peut poser problème quand le sujet du film est de nous démontrer que nous sommes tous égaux face aux aléas, et qu’il suffit d’être au mauvais endroit au mauvais moment pour que tout bascule.

L'Invasion des profanateurs (1978)

Titre VO : Invasion of the Body Snatchers – Nationalité : États-Unis – Genre : Science-fiction, Horreur – Réalisateur : Philip Kaufman – Distribution : Donald Sutherland, Brooke Adams, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright, Leonard Nimoy…

Édition DVD : France | Rimini Editions | 21 juillet 2021 – Édition Blu-ray : France | Rimini Editions | 21 juillet 2021 – Plateformes de diffusion : Prime Video, Canal VOD et Orange

Le pitch : Suite à la venue d’étranges particules spatiales, l’Humanité semble victime d’une étrange épidémie. Peu à peu, des personnes affirment ne plus reconnaître leurs proches, ces derniers étant “remplacés” par des doubles qui prennent leur place…

Avis de La Prochaine Séance  (Etienne) : Deuxième adaptation du roman de Jack Finney du même nom (The Body Snatchers en VO) après celle de Don Siegel en 1956, L’Invasion des profanateurs de Philip Kaufman fait partie des grands films paranoïaques des années 70, avec notamment Klute et Ne vous retournez pas, également Donald Sutherland dans ses meilleurs rôles loin de ses cachetonnages somnolents à la Hunger Games. Autant la première version était une allégorie de la Guerre froide et du Maccarthysme, autant celle-ci dénonce plutôt la montée en puissance de ce qu’on appellera plus tard le néo-libéralisme, c’est à dire une bourgeoisie dominante prête à tout pour conserver ses positions dominantes.

Donc en plus d’être un film d’horreur/SF particulièrement bien troussé et interprété, qui a par ailleurs généré des images devenus iconiques, L’Invasion des profanateurs raconte une histoire des États-Unis, contrée qui devient peuplée de gens, complètement sous contrôle et aux comportements  uniformisés, remplaçant au fur et à mesure la population et sa diversité naturelle et qui prend progressivement le contrôle du pays. Cette métaphore de la mise en place d’un état fasciste fait particulièrement froid dans le dos, à l’époque actuelle où les cohortes d’extrême-droite ont vraiment beaucoup trop le vent en poupe. Un grand film, un très grand film, où le genre n’est pas une suite de codes à reproduire ad nauseam pour divertir le peuple, mais bien le support d’un discours et d’une vision du monde.

Brazil (1985)

Nationalité : Grande-Bretagne – Genre : Comédie, Science-fiction – Réalisateur : Terry Gilliam – Distribution : Jonathan Pryce, Robert De Niro, Kim Greist, Michael Palin, Katherine Helmond…

Édition DVD : France | 20th Century Fox | 14 mai 2003 – Édition Blu-ray : France | 20th Century Fox | 1er juin 2012 – Plateformes de diffusion : MUBI, Orange, Viva et Pathé Home

Le pitch : Dans un futur indéterminé, un dérèglement informatique entraîne un fonctionnaire dans une aventure délirante. À la poursuite de la femme de ses rêves, pourchassé par les autorités, aidé par un criminel sympathique, cet homme va vivre une expérience étrange et cauchemardesque…

Avis de La Prochaine Séance  (Sébastien) : Quiconque connaît le cinéma de Terry Gilliam doit s’attendre à des œuvres complétement folles et barrées. Loin de la troupe des Monty Python dont il a été membre, le cinéaste s’est lancé en solo dans une carrière composée de films tous aussi atypiques les uns que les autres. Proposant des univers à la fois étranges et délirants. Mais s’ils peuvent paraître en roue libre constante – pour ne pas dire sous l’emprise de substances illicites –, ils témoignent surtout d’une maîtrise et d’une intelligence certaine de la part de Gilliam. Et l’exemple le plus parlant pour illustrer ce propos est sans nul doute son quatrième long-métrage, à savoir Brazil.

Car oui, le film semble à première vue partir dans tous les sens et ce à un rythme effréné. Mais en procédant à cette générosité d’images et d’effets spéciaux, Terry Gilliam livre surtout une satire d’une incroyable richesse thématique. Car si le monde de l’administration est clairement la cible principale de sa réalisation, celle-ci pointe du doigt bon nombre d’autres sujets : l’exploitation des matières premières et des employés, la lutte des classes, la perte d’humanité dans une société régie par les règles, la chirurgie esthétique… Tout passe ici à la moulinette pour former une œuvre aussi énergique qu’onirique, qui offre par la même occasion des scènes restant dans les mémoires – cette « visite » des bureaux, sous les airs de la mythique musique The Office arrangée par Michael Kamen. Mais plutôt que de continuer de vous parler du film, au risque d’y passer beaucoup de temps, je n’aurai qu’une seule chose à dire : découvrez-le ou revivez-le, et laissez-vous porter par la folie artistique d’un auteur culte du septième art !   

Lady Vengeance (2005)

Titre VO : 친절한 금자씨 (Chinjeolhan geumjassi) – Nationalité : Corée du Sud – Genre : Drame, Thriller – Réalisateur : Park Chan-wook – Distribution : Lee Yeong-ae, Choi Min-sik, Kim Shi-hoo, Kwon Yea-young, Go Su-hee…

Édition DVD : France | HK Vidéo | 11 avril 2018 – Édition Blu-ray : France | Metropolitan Vidéo | 06 décembre 2024 – Édition 4K Ultra HD : France | Metropolitan Vidéo | 11 octobre 2024 (le test) – Plateformes de diffusion : Canal VOD, UniversCiné et Orange

Le pitch : Envoyée au prison pour l’enlèvement et le meurtre d’un enfant qu’elle n’a pas commis, une jeune femme va consacrer ses 13 ans d’enfermements à la préparation méticuleuse de sa vengeance envers le véritable coupable…

Avis de MaG  (le loup celeste) : Sublime tragédie à la recherche d’une humanité perdue, le dernier volet de La Trilogie de la Vengeance, à la puissance émotionnelle sans cesse renouvelée et à la mise en scène baroque, désire expier ses péchés une fois l’ange de la colère passé. Mais en fin de compte, liée à sa propre culpabilité, la quête de (vengeance) rémission de Lee Geum-ja, (rongée) animée par plein de sentiments, démontre que la rédemption ne peut être atteinte par une vendetta personnelle.

Avis de La Prochaine Séance  (Sébastien) : À titre personnel, Lady Vengeance est le moins bon de la trilogie de Park Chan-wook, qui comporte également Sympathy for Mr. Vengeance et surtout l’incontournable Old Boy. Notamment à cause de sa première partie, que je trouve un poil anarchique dans sa mise en place. En effet, la première partie du film, qui suit le parcours de Lee Geum-ja en prison, propose une écriture et un montage en roue libre qui peinent à capter l’attention. C’est seulement quand le titre daigne se focaliser sur cette notion de vengeance et de « faire justice soi-même » que l’ensemble prend une tout autre ampleur.

Quand le personnage principal sort de sa longue et injuste incarcération, Lady Vengeance prend littéralement son envol, tout en apaisant son rythme et son énergie. Un paradoxe maîtrisé qui permet à l’ensemble de gagner en cruauté, l’amenant sur des terrains très sombres de la nature humaine. Tout comme les personnages qui suivent une lente mais certaine déshumanisation, la notion de justice, elle, perd de son éclat, de sa pureté. Mis en scène avec beaucoup de savoir-faire, Lady Vengeance, malgré un début maladroit, reste une œuvre marquante, qui conclut la fameuse Trilogie de la Vengeance de manière très convaincante.

The Innocents (2021)

Titre VO : De uskyldige – Nationalité : Norvège, Suède, Danemark – Genre : Horreur, Drame, Fantastique – Réalisateur : Eskil Vogt –  Distribution : Rakel Lenora Fløttum, Alva Brynsmo Ramstad, Mina Yasmin Bremseth Asheim, Sam Ashraf, Ellen Dorrit Petersen…

Édition DVD : France | Kinovista | 07 septembre 2022 – Édition Blu-ray : France | Kinovista | 07 septembre 2022 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, VIVA et Cinemasalademande

Le pitch : Un été, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs et jouent à tester leurs limites, loin du regard des adultes. Mais ce qui semblait être un jeu d’enfants, prend peu à peu une tournure inquiétante…

Avis de MaG  (le loup celeste) : Entre chronique intimiste et thriller psychologique, The Innocents s’impose comme une fable surnaturelle hypnotique qui explore les zones d’ombre de l’enfance. Les jeunes comédiens, d’une candeur trompeuse, impressionnent par leur intensité. Refusant tout spectaculaire, le film privilégie une approche sensible où la tension se loge dans les silences et les regards. L’angoisse, insidieuse, s’installe crescendo jusqu’à transformer l’innocence en glaçante révélation. Un bijou noir, fragile et implacable.

Avis de La Prochaine Séance  (Aurélie) : Quoi de plus glaçant qu’un film d’horreur joué par des enfants ? Car oui, c’est bien la proposition de The Innocents, un film d’horreur dont les enfants sont les acteurs et non pas les victimes. La perception du bien et du mal se construit avec les expériences et les apprentissages. Eskil Vogt explore l’amoralité de cet âge à travers un groupe de 4 enfants qui se découvrent des pouvoirs psychiques.

On soulignera la qualité du jeu de ces jeunes acteurs, qui par leurs jeux, leurs expériences, pour glisser vers la vengeance, vont peu à peu s’infliger les pires cruautés. Le climat anxiogène est accentué par la maîtrise de l’environnement : un îlot d’immeubles vides en période de vacances scolaires, couleurs froides, cages d’escaliers interminables, forêts, sont le terrain de jeux de ces enfants.

Malveillance (2011)

Titre VO : Mientras duermes – Nationalité : Espagne – Genre : Thriller, Horreur – Réalisateur : Jaume Balagueró –  Distribution : Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan, Petra Martínez, Iris Almeida…

Édition DVD : France | Wild Side Video | 06 juin 2012 – Édition Blu-ray : France | Wild Side Video | 06 juin 2012 – Plateformes de diffusion : Prime Video, UniversCiné, Canal VOD, VIVA et Orange

Le pitch : Une plongée dans le quotidien d’un gardien d’immeuble, efficace et discret. Mais qui s’immisce un peu trop dans l’intimité des gens, au point de les connaître par coeur. Et de cultiver une obsession malsaine, comme avec une jeune femme heureuse et insouciante…

Avis de La Prochaine Séance  (Etienne) : Dans ce film on suit César, gardien d’immeuble bien sous tous rapports. Sauf que nous avons affaire à un pervers narcissique, qui profite de l’absence des habitants de l’immeuble pour s’introduire dans leurs appartement et y donner libre cours à ses penchants les plus sombres. Jaume Balagueró nous livre ici un petit film sous tension, déconseillé à tous les phobiques de l’intrusion, où le malaise est très souvent palpable. L’interprète principal Luis Tosar est particulièrement remarquable, et la mise en scène traduit très bien les efforts herculéens que notre concierge met en action pour protéger sa double-vie, ainsi que les conséquences de ses méfaits sur les locataires de l’immeuble.

Le cinéma espagnol nous produit une nouvelle fois un bon petit thriller (domestique cette fois-ci), très bien mené. Mais attention, certaines scènes ne sont pas à mettre devant tous les yeux, notamment pour les personnes qui sont sensibles aux thèmes du viol, de la soumission chimique et sexuelle.

Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (1962)

Titre VO : What Ever Happened to Baby Jane? – Nationalité : États-Unis – Genre : Thriller, Drame, Horreur – Réalisateur : Robert Aldrich –  Distribution : Bette Davis, Joan Crawford, Victor Buono, Wesley Addy, Marjorie Bennett…

Édition DVD : France | Warner Bros. | 13 août 2008 – Édition Blu-ray : France | Warner Bros. | 08 novembre 2016  Plateformes de diffusion : Canal VOD, VIVA et LaCinetek

Le pitch : Après un mystérieux accident qui l’a rendue infirme, une grande vedette se voit obligée d’être soignée par sa soeur, ancienne star du cinéma muet transformée en infirmière sadique qui multiplie les mauvais traitements…

Avis de La Prochaine Séance  (Etienne) : Le grand classique de 1962, certes en noir et blanc, mais d’une modernité, d’un rythme et d’une audace qui en font toujours un film incroyable à regarder aujourd’hui. On y retrouve Bette Davis (Baby Jane) et Joan Crawford (Blanche), qui interprètent deux sœurs actrices vivant ensemble dans la même maison. Baby Jane est une ancienne enfant star qui a vu sa carrière totalement décliner après l’adolescence, au contraire de sa sœur qui est devenue une actrice reconnue à l’âge adulte. Un accident cloue Blanche sur une chaise roulante et c’est Baby Jane, pleine de rancœur et de jalousie suite à son déclin, qui s’occupe d’elle dans leur grande maison à l’automne de leurs vies.

Le film oscille habilement entre drame psychologique et film d’horreur, avec deux actrices en état de grâce, et décrit l’emprise, la dépendance et le déclin lié à l’âge ou à la maladie (particulièrement pour les femmes dans le milieu du Show-business), sans fard ni retenue. Cela raisonne particulièrement avec la carrière des deux actrices, qui arrivaient à l’âge de la cinquantaine à l’époque, et qui avaient du mal à trouver des rôles. Elles se sont lancées à corps perdu, et avec Robert Aldrich, le réalisateur dans la production de ce film, avec très peu de soutien des studios hollywoodiens. Il en résulte un classique indémodable, qui franchit allègrement l’épreuve des années. Et il y a Bette Davis, un effet spécial à elle seule !

Le Géant de fer (1999)

Titre VO : The Iron Giant – Nationalité : États-Unis – Genre : Animation, Science-fiction, Drame – Réalisateur : Brad Bird –  Distribution : Eli Marienthal, Vin Diesel, Jennifer Aniston, Harry Connick Jr., Cloris Leachman…

Édition DVD : France | Warner Bros. | 08 juin 2005 – Édition Blu-ray : France | Warner Bros. | 05 avril 2017  Plateformes de diffusion : Canal VOD, UniversCiné et Pathé Home

Le pitch : Venu des étoiles, un mystérieux géant métallique est sauvé par un courageux gamin de 8 ans. Leur amitié, leur joie de vivre et leur curiosité mutuelle seront-elles plus fortes que la bêtise des hommes obsédés par la guerre, qui refusent le simple droit à la différence ?

Avis de La Prochaine Séance  (Sébastien) : Avant que Brad Bird ne connaisse la notoriété en passant par la case Pixar (il réalisera pour le studio Les Indestructibles et Ratatouille), le cinéaste possédait déjà à son actif un premier long-métrage qui entra dans les mémoires au fil de temps. Car, il faut bien le dire, Le Géant de fer n’a pas été un succès comme nous pourrions l’entendre. Avec plus de 23 millions de dollars au box-office mondial pour un budget avoisinant les 50 millions, le titre s’est clairement avéré être un échec commercial. Mais le temps a fait son œuvre sur le film, devenant un bonbon cher à nos cœurs, au point de prendre une place importante dans la pop culture (au hasard, Ready Player One). Et qui mériterait ô combien une réédition en support physique, à bon entendeur !

Le Géant de fer, c’est un film d’animation digne des productions Amblin. À savoir une histoire d’amitié entre un petit garçon solitaire et un robot extra-terrestre de 30 mètres. Classique sur le papier, mais le titre parvient à sortir du lot par l’émotion qui se dégage de chaque seconde de son visionnage. Avec Le Géant de fer, Brad Bird livre un film d’animation d’une justesse et d’une sensibilité à toute épreuve. Sans pour autant oublier sa profondeur thématique, notamment dans ce traitement des personnages esseulés de par leurs différences (un artiste beatnik se joint aussi au duo). Il suffit de voir dans quel cadre se place l’intrigue, à savoir en pleine Guerre froide, pour nous offrir une petite touche d’espionnage mais surtout un final des plus bouleversants. Outre son animation impeccable (notamment pour une production hors Disney et DreamWorks), Le Géant de fer fait partie de ses œuvres qu’il est impossible d’oublier. Et qui se doit d’être revue, ne serait-ce que pour redonner du baume au cœur.

Les différents podcasts de La Prochaine Séance sont accessibles à cette adresse.

Biberonné aux films de Steven Spielberg et passionné depuis la découverte d’un certain Alien de Ridley Scott, je dévore chaque film qui me tombe sous la main. Le cinéma tendant au partage et au rassemblement culturel, j'aime en discuter avec les amoureux du 7e art. La Prochaine Séance

 

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