Envie d’avis rapides sur un grand nombre de films et/ou sĂ©ries visionnĂ©s par une partie de la team MaG ? Levez le rideau, vous ĂŞtes dans la bonne salle. Silence… Action ! 

Sommaire

Blaze

Blaze

Témoin de la violente agression d’une inconnue par un homme, Blaze se réfugie dans un monde imaginaire peuplé par un dragon. Ces quelques lignes de synopsis ne sont pas révélatrices de la beauté de ce film qui traverse toutes les étapes des victimes de violences sexuelles depuis la perspective des agressés.

D’une finesse folle, ce premier long métrage de la plasticienne Kathryn Barton ne tombe jamais dans la surenchère. Toujours sur la ligne de crête, c’est la suggestion qui guide le spectateur vers la révélation du malaise. Chaque plan obéit à sa propre grammaire de l’imaginaire de l’enfance tout en laissant deviner au spectateur les traumas béants des victimes. Magnifique de bout en bout, Blaze sait saisir la question du viol infantile avec intelligence, force et courage. Un film sans égal dans son approche sur ce fléau sociétal toutes classes sociales confondues. 🎟️🎟️🎟️🎟️🎟️

… par KillerSe7ven

Novembre

Novembre

Une plongĂ©e au cĹ“ur de l’Anti-Terrorisme pendant les 5 jours de traque qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015.

Un film d’enquĂŞte tendu Ă  la Zero Dark Thirty qui engage son casting 5 Ă©toiles dans l’urgence d’une traque haletante… Jusqu’aux dĂ©tonations assourdissantes des armes Ă  feu ! Car dans le chaos banal de la bureaucratie oĂą la chasse aux fantĂ´mes est ouverte, c’est bel et bien l’Ă©motion des protagonistes qui prĂ©domine avant que la poudre ne parle lors de l’assaut final. MaĂ®trisĂ©e et angoissante, cette Ĺ“uvre cathartique qui a le bon goĂ»t d’Ă©viter tout manichĂ©isme s’Ă©dicte ainsi en une onde de choc Ă  la pudeur bienvenue. 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Glass Onion – Une histoire à couteaux tirés

Glass Onion

Rian Johnson récidive, après A Couteaux tirés (2019), et cette fois-ci pour le compte de Netflix. L’enquêteur Benoît Blanc (Daniel Craig) s’incruste sur une île de milliardaires, entre des sosies d’Elon Musk et des influenceurs de bas étage, dans une murder party qui dérape.

Beaucoup trop long, servi par un duo de tête (Edward Norton / Daniel Craig) cabotinant à outrance, Glass Onion s’embourbe dans ses presque deux heures trente sans jamais hausser le niveau, ni par sa mise-en-scène, ni par son scénario. 🎟️

… par Mr Wilkes

Les Nuits de Mashhad

Les Nuits de Mashhad

Le cinéma iranien gagne d’autant plus en intérêt que les faits qu’ils dénoncent sont à l’avant garde de la révolte iranienne actuelle. Avant la révolution islamique de 1979 et malgré l’existence d’une forte censure sous le régime du chah, le cinéma iranien parvenait encore à produire des œuvres variées abordant tous les genres. Mais depuis l’avènement de la République islamique et aujourd’hui la révolte de la jeunesse iranienne, produire un film avec des visa d’exploitation est un casse-tête qui nécessite de faire preuve d’une inventivité folle comme de soutiens étrangers. Un pouvoir en fin de règne accroît la pression sur les artistes et cherche à faire du cinéma un vecteur idéologique de propagande. Alors que l’actrice Taraneh Alidoosti révélée par Leïla et ses frères vient tout juste d’être arrêtée, soutenir le cinéma iranien trouve une résonance toute particulière aujourd’hui.

Après La Loi de Téhéran de Saeed Roustayi ou encore Marché noir d’Abbas Amini, Les Nuits de Mashhad du réalisateur iranien (et danois) Ali Abassi m’a particulièrement remué cette année. « Un père de famille se lance dans sa propre quête religieuse : nettoyer la ville sainte de Mashhad des prostituées ». Une journaliste va alors mener l’enquête pour révéler l’origine du tueur alors que la police n’est pas pressée de résoudre l’enquête. Les Nuits de Mashhad révèle toute les fractures de la société iranienne dont une partie n’hésitera pas à faire du tueur un martyr. Tiré d’une histoire vraie, le film est un crève-cœur sur la transmission de valeurs mortifères par l’intégrisme et le fanatisme religieux. Un film saisissant du début à la fin. 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par KillerSe7ven

Swan Song (2021)

Atteint d’une maladie incurable, Cameron Turner se voit proposer une solution expĂ©rimentale pour protĂ©ger sa famille du deuil. Mais sa dĂ©cision pourrait Ă  jamais changer leur destin…

D’une Ă©lĂ©gante froideur (une mise en scène clinique qui sert parfaitement le sujet) et empreint de tendresse, ce mĂ©lodrame d’anticipation (dont la vision futuriste est hautement crĂ©dible) Ă  l’Ă©coute des Ă©motions de ses personnages place un bouleversant Mahershala Ali face Ă  lui-mĂŞme ! Très bien ficelĂ©e et animĂ©e par un duo d’acteurs incandescent, cette Ĺ“uvre indĂ© Ă  la dĂ©marche sincère est l’antithèse du blockbuster dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© Ă€ l’aube du sixième jour. 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

White Noise

White Noise

Noah Baumbach poursuit sa collaboration avec Netflix via cette étrange histoire de science-fiction tiré d’un livre de Don Delillo, suivant une famille menée par Adam Driver et Greta Gerwig au quotidien bousculé par l’arrivée d’un nuage toxique sur leur ville.

Triptyque étonnant, où le cinéphile Baumbach s’amuse à citer ses références (dont la plus évidente est la Guerre des Mondes de Spielberg) tout en mâtinant son cinéma social de saillies d’action absolument spectaculaires. Le tout évidemment assorti d’un commentaire social sur l’époque (le moment de point de bascule civilisationnel, la crise sanitaire…) assez fin. 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

Huesera

Huesera

Cela fait depuis le festival Fantasia que j’ai vu Huesera et rencontrĂ© sa talentueuse rĂ©alisatrice Michel Garza Cervera. Parce que les interviews sont parfois soumises aux alĂ©as du direct, un souci technique a fait tomber notre entretien vidĂ©o aux oubliettes… Faisons notre deuil et profitons de l’après-sĂ©ance pour vous parler de ce film fantastique original et quelque peu effacĂ© ces derniers mois par d’autres films rĂ©compensĂ©s en festivals. Huesera c’est l’histoire banale d’une jeune femme qui tombe enceinte. Alors que son ĂŞtre tout entier change de l’intĂ©rieur, ValĂ©ria se sent dĂ©possĂ©dĂ©e de son propre corps.

Alors que bien des films ont dĂ©jĂ  su reprĂ©senter la grossesse comme un dĂ©chirement par le biais de l’horreur, Huesera propose une lecture plus psychologique d’un Ă©pisode de la vie d’une femme, pĂ©riode systĂ©matiquement reprĂ©sentĂ©e comme un “heureux Ă©vènement“. Au delĂ  des tabous, Huesera dresse un portrait clinique de la grossesse avec en filigrane le théâtre mexicain et son folklore. Un film qui rĂ©sonne avec le rĂ©el alors qu’Ă  l’issue de la sĂ©ance, la session Q&A fut l’occasion pour une spectatrice de tĂ©moigner elle-aussi du sentiment de “mort intĂ©rieure” qui s’Ă©tait emparĂ© d’elle lors de sa grossesse. Édifiant. 🎟️🎟️🎟️

… par KillerSe7ven

Warriors of Future

Warriors of Future

En 2055, une mĂ©tĂ©orite, qui porte une vie extraterrestre Ă  croissance rapide appelĂ©e “Pandora”, s’écrase sur une Terre stĂ©rile ravagĂ©e par la pollution et le rĂ©chauffement de la planète. Purifiant la planète mais tuant tout sur son passage, l’armĂ©e fortement blindĂ©e de Hong Kong dĂ©cide de la dĂ©truire…

KalĂ©idoscope d’influences SF mal digĂ©rĂ©es (Ă©manant du cinĂ© et des JV) qui aligne les gimmicks, cette bande dĂ©mo gĂ©nĂ©rique mise sur une surenchère de CGI (mal incrustĂ©s parfois) au dĂ©triment de tout le reste. Les personnages sont engoncĂ©s dans leurs archĂ©types, l’histoire dĂ©jĂ  familière souffre d’incohĂ©rences et l’ennui poli pousse rapidement entre les (grosses) scènes d’action qui tentent de combler artificiellement le vide. Pas de quoi s’enraciner en somme ! 🎟️🎟️

… par le loup celeste

Mes rendez-vous avec Léo

Mes rendez-vous avec Léo

Film tournĂ© en pleine pandĂ©mie, avec trois bouts de ficelles et un crĂ©neau de quelques jours de tournage, Mes Rendez-vous avec LĂ©o de l’australienne Sophie Hyde est une belle surprise. Une histoire simple : Nancy (Emma Thompson), une enseignante veuve Ă  la retraite, dĂ©cide de s’offrir les services d’un escortboy pour dĂ©couvrir, enfin, le plaisir sexuel.

Malgré un filmage relativement plat, ce film se démarque par ses dialogues finement ciselés et le décalage comique qui s’opère entre Nancy et son garçon d’un soir. Moderne dans son propos, Hyde ne tient pourtant pas sa promesse jusqu’au bout en alourdissant son scénario d’un twist malvenu. En reste un bel objet de cinéma, une jolie réflexion sur le vieillissement et la joie communicative d’Emma Thompson. 🎟️🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

Confession (2022)

Confession (2022)

Dernier film du jeune réalisateur Yoon Jong-Seok, Confessions est un thriller haletant dans la pure tradition des films coréens. Rythme tendu, rebondissements permanents et des situations ubuesques qui semblent toujours suspendues à un fil. Yoo est soupçonné d’avoir assassiné sa maîtresse. Libéré sous caution, Yoo s’isola avec une brillante avocate qui n’a jamais perdu un procès. S’engage alors un échange entre le présumé meurtrier et son conseil pour élaborer une défense. Présenté au festival Fantasia cet été, Confessions est un huis-clos classique mais efficace. Porté par cet interrogatoire musclé qui révèle avec parcimonie l’intrigue, cette production sud-coréenne est inspirée du film espagnol Invisible Guest.

C’est un exercice pĂ©rilleux d’évoquer Confessions sans spoiler l’histoire. Mais je peux juste vous dire que le film use d’un procĂ©dĂ© narratif qui sera dĂ©ployĂ© jusqu’à l’épuisement. Toute l’intrigue se dessine au travers des Ă©changes de Yoo et son avocate. Cette dernière veut des gages d’honnĂŞtetĂ© de la part de Yoo avant de prendre sa dĂ©cision pour reprĂ©senter son client. Cette femme dĂ©terminĂ©e et soucieuse de prĂ©server sa rĂ©putation n’hĂ©sitera pas Ă  prĂŞcher le faux pour rĂ©vĂ©ler le vrai. Yoo dit-il toujours la vĂ©ritĂ© ? 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par KillerSe7ven

Sweet Girl

Sweet Girl

RĂ©cemment veuf, un homme se fait la promesse de se venger des individus responsables de la mort de sa femme, tout en protĂ©geant sa fille…

Dans la lignĂ©e d’un Taken tout en gris (la photographie est tristounette), cette sĂ©rie B vengeresse qui a un cĹ“ur gros comme ça (une Ă©motion prĂ©gnante) dĂ©coche un twist « de boxeuse Â» (certes bourrin mais faisant gagner en cohĂ©rence ce qui prĂ©cède) pour rebondir efficacement. En mode cavale et mue par le drame, elle suit sa propre route en double itinĂ©raire (le dĂ©ni puis l’acceptation) aux cĂ´tĂ©s de deux acteurs investis (Jason Momoa y trouve lĂ  l’un de ses meilleurs rĂ´les). Justice aux poings est faite ? 🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Le Tourbillon de la vie

Le Tourbillon de la vie

Film d’Olivier Treiner racontant la vie de Julia (Lou de Laâge), et de toutes les charnières qui auraient pu, à un moment ou à un autre, faire basculer sa vie vers une tout autre direction.

Explorant la théorie du chaos, Treiner se perd complètement dans les multiples arcs narratifs qu’il déploie pour nous servir, au final, une histoire mièvre et brouillonne que son solide casting (Lou de Laâge, Personnaz, Gadebois) ne parvient pas à sauver. 🎟️

… par Mr Wilkes

Diabolik

Diabolik

Les Fumetti (BD italienne pour ceux du fond) ont été créées en 1962 par les sœurs Giussani. Diabolik est encore aujourd’hui l’une des BD les plus vendues au monde avec plus de 150 millions d’exemplaires écoulés, rien que ça ! Dans la pure tradition de la BD éponyme, les frères Manetti ont pris la relève pour ce film vintage à la croisée de Fantômas et James Bond. Dans les années 1960, la cité de Clerville est terrorisée par un mystérieux et insaisissable voleur. Le crime parfait : chacun de ses larcins est une énigme à faire pâlir Arsène Lupin !

Ses forfaits sont tous marquĂ©s du nom de Diabolik qui noue une relation avec Eva Kant, une partenaire et future complice de cĹ“ur. RĂ©solument rĂ©tro dans son style et sa rĂ©alisation, ce film italien n’hĂ©site pas Ă  revisiter les classiques du cinĂ©ma avec un humour bien senti. Un plaisir coupable malgrĂ© un dĂ©but un peu long au dĂ©marrage. Rien que pour Miriam Leone et son personnage envoutant, Diabolik vaut le dĂ©tour. Et ce n’est pas Blue qui dira le contraire ! 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par KillerSe7ven

Shanghai Fortress

Shanghai Fortress

Un homme suit les traces d’une gĂ©nĂ©rale hĂ©roĂŻque dont il est tombĂ© amoureux pour dĂ©fendre la Terre contre des envahisseurs en quĂŞte d’une prĂ©cieuse source d’Ă©nergie.

Visuellement en deçà de ses ambitions et trop proche du modèle hollywoodien (l’univers mis en place est rebattu et les ressorts scĂ©naristiques attendus), cet Independence Day Wish Ă  l’action constante et Ă  l’innocence touchante reste une agrĂ©able romance de science-fiction au budget consĂ©quent. Car mĂŞme si l’histoire d’amour, mignonnette, est classique et les divers affrontements, rythmĂ©s, plutĂ´t confus, il se dĂ©gage quelque chose d’attachant dans ce mĂ©lange des genres non dĂ©pourvu d’intĂ©rĂŞt. 🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Le Petit Nicolas - Qu'est-ce qu'on attend pour ĂŞtre heureux ?

Le Petit Nicolas - Qu’est-ce qu’on attend pour ĂŞtre heureux ?

Amandine Fredon et Benjamin Massoubre relèvent le défi risqué de mettre en animation le dessin en aquarelle de Goscinny pour narrer la rencontre de ce dernier avec Sempé, et la naissance du Petit Nicolas.

Ă€ cheval entre la fiction et la vie rĂ©elle de ces deux amis, Le Petit Nicolas se hisse Ă  la hauteur des touts grands films d’animation de 2022 (aux cĂ´tĂ©s, notamment, du Chat PottĂ© 2). PortĂ© par un très beau casting vocal, dont un Chabat parfait en Goscinny, le film offre de magnifiques moments d’amitiĂ© tout en nous dĂ©chirant le cĹ“ur avec cette question : qu’est-ce qui nous survivra ? 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

Carter (2022)

Carter (2022)

Deux mois après le dĂ©but d’une pandĂ©mie mortelle qui a dĂ©vastĂ© la CorĂ©e du Nord, un homme se rĂ©veille en CorĂ©e du Sud sans aucun souvenir de son passĂ©. Dans sa tĂŞte, un mystĂ©rieux dispositif. Dans l’oreille, une voix inconnue qui lui donne des ordres tandis que dans sa bouche, une bombe risque d’exploser s’il ne sauve pas la fille qui possède le seul antidote contre le virus…

DĂ©pourvu de bon sens et de scĂ©nario, ce concentrĂ© d’action non-stop en (faux) plan-sĂ©quence est une expĂ©rimentation kamikaze (les angles singuliers sont lĂ©gion) en ultra-mouvement perpĂ©tuel qui repousse les limites du mĂ©dium cinĂ©. Choc visuel s’il en est, il fait se succĂ©der Ă  un rythme frĂ©nĂ©tique affrontements hyper-violents et autres courses-poursuites plus folles les unes que les autres pour injecter aux spectateurs un bon shoot d’adrĂ©naline. Pauvre John Wick ! 🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Totem (2021)

Totem (2021)

ComĂ©die horrifique belge de Fred De Loof, sortie sur la plateforme Shadowz, Totem narre l’histoire de François Vandenberg qui, pour conjurer un trauma d’enfance, reconstitue avec ses potes scouts d’enfance, le moment de la disparition de leur ami.

Entre rats gĂ©ants, explosion de matières fĂ©cales et blagues potaches, Totem avait de quoi devenir une bonne comĂ©die horrifique un peu lourdingue mais divertissante. Elle s’enlise malheureusement dans trop de longueurs – et peut-ĂŞtre dans trop de genres (comĂ©die, SF, horreur, fantastique) et de thĂ©matiques – pour tenir en un tout cohĂ©rent. Reste que Fred De Loof nous prouve qu’il sait construire son propre univers barrĂ© ! Ă€ suivre dans ses prochaines rĂ©alisations… 🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

Troll (2022)

Quand une explosion dans les montagnes de Norvège rĂ©veille une crĂ©ature mythique, une bande de hĂ©ros hĂ©tĂ©roclites se mobilise pour l’empĂŞcher de semer le chaos.

DĂ©gĂ©nĂ©rĂ© (les dĂ©fauts inhĂ©rents au genre sont du voyage) mais monstrueusement efficace, ce kaijĹ« eiga norvĂ©gien Ă  la sauce 90’s (cf. le Godzilla de Roland Emmerich) voit un gĂ©ant vert des fjords semer la terreur des massifs de Dovre Ă  la ville d’Oslo. Le scĂ©nario n’est donc qu’un prĂ©texte, les personnages humains jamais attachants et les rĂ©fĂ©rences faciles (Jurassic Park, King Kong), mais le grand monstre vedette vient marquer de son empreinte tous les passages (spectaculaires et pourvus de vrais moyens) oĂą il intervient. Hypernature ! 🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Pacifiction – Tourment sur les îles

Pacifiction - Tourment sur les îles

Haut-Commissaire de la République à Thaïti, De Roller (Benoît Magimel) hante l’île entre ses bouges à proxénètes et ses magouilles politiciennes, sous fond de reprise des essais nucléaires.

Albert Serra signe avec cet OVNI de presque trois heures sans doute le plus grand film de l’année. Parfois totalement hermétique, souvent vénéneux et hypnotique, Pacifiction est traversé de scènes qui gravent la rétine (cf. le segment des vagues) et d’une ambiance qui hante le spectateur.  🎟️🎟️🎟️🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

As Bestas

As Bestas

Antoine et Olga, un couple de français, sont installĂ©s depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils pratiquent une agriculture Ă©coresponsable et restaurent des maisons abandonnĂ©es pour faciliter le repeuplement. Tout serait idyllique, si leur opposition Ă  un projet d’éolienne ne faisait progressivement naĂ®tre une tension avec leurs voisins…

Prenant le pouls d’une sociĂ©tĂ© espagnole agonisante, ce thriller rural Ă  la terreur latente mĂ©nage ses effets afin que la rancĹ“ur sociale qui l’habite ne laisse aucune Ă©chappatoire Ă  ses protagonistes. Et comme les mots sont plus douloureux que les coups, ce nĂ©o-western oĂą les face-Ă -face armĂ©s laissent place aux joutes verbales, confie sont âme (sombre) Ă  la remarquable prestation de ses excellents acteurs (Denis MĂ©nochet, Marina FoĂŻs, Luis Zahera). Ainsi, cette variation des Chiens de paille de Sam Peckinpah est un choc ! 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Fumer fait tousser

Fumer fait tousser

Quentin Dupieux s’offre un succédané des Power Rangers avec ses Tabac Force, un groupe de justiciers qui sauve l’humanité de l’influence néfaste de l’Empereur du Mal, le terrible Lézardin.

Synopsis lunaire pour un film qui l’est tout autant. TraversĂ© de sketchs incroyables (celui avec Blanche Gardin qui dĂ©coupe son neveu, un sommet d’humour noir et de rires nerveux), il s’agit aussi d’un Dupieux relativement sombre, presque nostalgique. Hyper rĂ©fĂ©rencĂ© (on y passe des Super SentaĂŻ aux Feebles en un claquement de doigts), Dupieux sonde Ă  sa manière un « changement d’époque en cours Â» qui ne semble pas le mettre en joie. 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par Mr Wilkes

Black Crab

Black Crab

Pour mettre fin Ă  une guerre apocalyptique et sauver sa fille, une militaire accepte une mission dĂ©sespĂ©rĂ©e : transporter une cargaison secrète Ă  travers une mer gelĂ©e.

Alors qu’il rĂ©sonne tristement avec l’actualitĂ© (la guerre en Ukraine) et dĂ©nonce les conflits armĂ©s, ce Call of Duty qui patine derrière les lignes ennemis (la trouvaille qui fait un boucle piquĂ© au genre) brise la glace sur Netflix avec ses magnifiques espaces gelĂ©s (la photographie de Jonas Alarik est superbe), son rĂ©alisme glaçant, sa froide tension et son casting dĂ©terminĂ© (Noomi Rapace n’est pas loin d’obtenir un 50 en note artistique). 🎟️🎟️🎟️🎟️

… par le loup celeste

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure ! #WeLovePhysicalMedia

Buvant les Stephen King comme la sirupeuse abricotine de mon pays natal, j’ai d’abord découvert le cinéma via ses (souvent mauvaises) adaptations. Épris de Mrs. Wilkes autant que d’un syndrome de Stockholm persistant, je m’ouvre peu à peu aux films de vidéoclub et aux poisseuses séries B. Aujourd’hui, j’erre entre mes cinémas préférés, les festivals de films et les bordures de lacs helvétiques bien moins calmes qu’ils en ont l’air.

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