• Testé sur PC sur écran ultra large
  • Configuration graphique au max + ray tracing avec une RTX 4070 Ti)
  • Code transmis par Capcom
  • Fini en 8 heures en prenant son temps en hard
  • Captures de gameplay et screens maison
  • J’ai été bluffé par la qualité des éclairages ! 
  • (Re)lire notre critique du jeu original Resident Evil 4

A l’instar de Némésis et les STARS, qui dit Léon S Kennedy dit Ada Wong. C’est l’histoire d’un amour impossible, aussi rebelle qu’insolent. L’amour vache façon Umbrella. C’est comme ça et il ne peut en être autrement depuis le second épisode de Resident Evil sorti en 1998. Déjà proposée en bonus dans Resident Evil 4 Gamecube, la belle Ada avait droit à bien plus qu’un mode mercenaires décérébré. Quid de la monture 2023 sobrement intitulée Separate Ways ?

It's been a long time, Leon

Robe rouge moulante, coupe au carré, talons aiguilles et bottes de cuir est la nouvelle tendance à Raccoon. Tout ceux qui ont grandi dans les années 1990 savent combien le personnage d’Ada Wong tient une place à part dans une saga manichéenne au scénario de série B assumé. Malgré le destin tragique que suggère la fin de Resident Evil 2, Ada Wong a survécu à l’épisode Birkin qui a bien failli lui coûter la vie. Six ans après la catastrophe qui emporta Raccon City dans l’hiver nucléaire, l’agente secrète est recrutée par Albert Wesker aka le méchant badass au design à la croisée de l’agent Smith et d’un général nazi.

Ces habitants ont l'air d'aimer les feux de joie !

Si l’aventure principale de Resident Evil 4 laissait entrevoir quelques séquences clés avec Ada, ses apparitions restaient aussi mystérieuses que ses ambitions mercantiles contrariées par la rencontre de Léon. Le DLC répond partiellement aux afficionados.

Espionne hors pair, Ada est aussi souple qu’agile. N’en déplaise aux défenseurs du bon goût, voir Ada faire des cabrioles en talons aiguilles est une forme de plaisir coupable, entre nostalgie et délire assumé, loin de l’académisme qui ligote certaines productions contemporaines dans un politiquement correct tristounet. Alors oui, c’est complètement débile mais on est bien content que l’héroïne n’ait pas été repensée selon des standards contemporains. Resident Evil 4 est une série B et le côté hyper sexualisé outrancier de cette femme fatale fait partie intégrante de l’ADN un brin débile du jeu.

Ce boute-en-train de Luis aime laisser des messages sur les murs !

Munie de son pistolet grappin (gracieusement offert par Wesker lors de l’incident du laboratoire) Ada peut se hisser sur certains toits et fondre sur les ennemis tel un albatros sur un crustacé. Si cette option peut paraître anecdotique, cela renforce le caractère assumé de cet épisode résolument tourné vers l’action décomplexée. C’est aussi l’occasion de revisiter certains affrontements contre des boss avec une dimension plus verticale. A cet effet, le combat contre El Gigante offre une autre perspective. Plus on progresse dans le DLC, plus on prend plaisir à voir certaines situations sous un autre angle, alors qu’on prend conscience qu’Ada Wong était tapie dans l’ombre la majeure partie du temps.

La conjonctivite : votre pire ennemi chez les Plagas !

Un Verdugo peut en cacher un autre

Non content de jouer la carte du fanservice, Capcom sait jouer avec son public. Si l’on avait pu regretter l’absence de certains passages à commencer par la scène des lasers ou le boss Scorpion, ce DLC est une réponse directe adressée aux fans. Dans la monture originale Gamecube, les deux Verdugo avaient chacun un destin différent : si le premier pouvait finir cryogénisé en Mister Freeze lors du combat épique des souterrains du château, le second fusionnait avec l’avorton Salazar. Dans le remake, le sort du second Verdugo restait l’un des axes laissés pour compte.

Il aura donc fallu attendre ce DLC pour affronter le deuxième bras droit de Salazar au cours d’un combat hommage au boss Scorpion U-3 lui aussi absent du remake. Si les premières apparitions de Verdugo sont discutables en termes de choix artistiques, la faute à un côté « magique » qui a peu sa place dans la franchise à mon sens, ce second boss croisé Scorpion est une franche réussite. Idem pour le combat final contre Saddler.

Casse-croûte d'Ada Wong sauce chimichurri

Ce DLC prend aussi le parti pris d’expliciter sa relation avec Luis Sera. Mention spéciale à l’introduction Flamenco parfaitement dans le ton du personnage. Un départ en fanfare qui donne tout de suite le ton ! Separate Ways fait aussi le pont avec l’homme de l’ombre sans quoi rien ne serait arrivé : Albert Wesker qui aura droit à quelques cinématiques bien senties. Figure que ne renierait pas Roy Batty dans Blade Runner, Wesker est l’archétype du méchant eugéniste et misanthrope. Autant dire que cela fait toujours plaisir de retrouver sa coupe brossée et son sourire espiègle. Et on lui pardonnera toujours sa coupe has been (si, si !).

Outre ces belles surprises, on notera également le passage dans le labo magnifié par le ray tracing qui rend les lumières rouges de l’alarme de toute beauté. Cette séquence plus psychologique concernant l’irruption de la peur est sans doute un clin d’œil mémorable à un autre poids lourd du survival horror, The Last of Us 2. On pense naturellement à la scène de l’hôpital, modèle de narration environnementale et échos à la bête de The Thing.

Un vrai père de famille avec son sourire malicieux ! 🫶

Better get a move on. See you around !

Vous l’aurez compris, ce DLC est une lettre d’amour aux fans. Si on lui reprochera quelques choix de direction artistique avec le monstre culte Vertigo qui se décuple façon mirage magique, ce qui peut sembler quelque peu contraire à son agilité glaçante dans le volet Game Cube, l’ensemble tient parfaitement la route. Separate Ways s’inscrit dans la lignée de la mythologie originale, énigmettes comprises. Ada jouera aussi les agents secrets en utilisant ses lentilles oculaires dernier cri pour révéler des traces de pas ou résoudre de petits puzzles. Un brin de diversité qui fonctionne et rafraichit la formule malgré la surcouche kitsch à l’ensemble.

Rêve de fan : Ada aura-t-elle son propre jeu un jour ?

Au terme d’un DLC fini en huit heures en hard, on en redemande et on en vient à rêver d’un épisode complet dédié à Ada. Plutôt qu’un remake du médiocre Resident Evil 5 (malgré son potentiel évident pour une relecture libérée du matériau de base), l’avenir de la grande famille Resident Evil ne serait-il pas plus sexy avec la mystérieuse Ada Wong ? Entre les opus 4 et 5 ou pourquoi pas dans une tout autre aventure avant les incidents du labo. Nul doute que les ventes du DLC pourraient bien donner des idées à Capcom, décidemment sur la bonne voie sur cette génération.

Bande-annonce du DLC Separate Ways

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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Ummagumma
7 mois

On en parle dimanche dans le podcast, mais pareil, j’ai passé un super bon moment. Heureusement que les Japonais sont là pour encore proposer des grosses productions bien divertissantes et au ton léger, qui ne se prennent pas au sérieux.

Dernière édition le 7 mois par Ummagumma
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[…] notre amour inconditionnel de Resident Evil 4 et son DLC rétro kitsch assumé, également testé ici. Et on finit en beauté par l’incroyable Cocoon dont on vous parlait déjà à Cologne cet […]

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