La 79e édition du Festival de Cannes s’est tenue du 12 au 23 mai 2026 sous une Croisette vibrante et électrique. Durant douze jours, projections complètes, débats passionnés et soirées étincelantes ont rythmé un festival marqué par une fréquentation en hausse, quelques remous et une effervescence palpable. Entre rencontres inattendues, files d’attente animées, instants suspendus sur les marches et magie intacte de la baie, cette édition a rappelé combien Cannes demeure un rendez-vous unique où se mêlent passion, prestige et émotions partagées.

Le rideau s’est refermé sur une 79e édition qui aura rappelé, avec une intensité presque inquiète, combien Cannes demeure la scène où le cinéma interroge le monde autant qu’il le célèbre. Dans une Croisette traversée par les secousses géopolitiques et les fractures européennes, la sélection a fait résonner les inquiétudes contemporaines : guerres, identités mouvantes, dérives du pouvoir, instabilité politique, mémoire collective. Une édition où la mélancolie, omniprésente, s’est imposée comme le fil invisible reliant des œuvres venues des quatre coins du globe.

Sous la présidence du cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, le jury a livré un palmarès cohérent, parfois sans véritable prise de risque, mais habité par des films qui, eux, plongent sans détour dans les fractures, les inquiétudes et les ambiguïtés de notre temps. Fjord, Palme d’or discutée, a cristallisé les débats ; Minotaure, Grand Prix d’une gravité qui marque durablement, a rappelé que le cinéma peut encore choisir de ne pas se taire. À travers ces choix, Cannes a réaffirmé son rôle de tribune artistique où l’engagement n’est jamais un slogan, mais une nécessité.

Cette 79e édition aura ainsi mis en lumière un cinéma européen hanté par ses propres fantômes, mais aussi des voix émergentes qui refusent la résignation. Entre tensions politiques, prises de parole marquantes et œuvres profondément humaines, le Festival a confirmé que le 7ᵉ art reste une force de réflexion, de résistance et d’émotion. Une année où la Croisette, plus que jamais, a donné matière à débattre, à s’émouvoir et à penser. Suivez les feuilles de laurier.

Sommaire

La Vénus électrique

Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus Ă  travailler depuis la mort de son Ă©pouse et dĂ©sespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermĂ©diaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en rĂ©alitĂ© avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissĂ©e dans la roulotte pour y voler de la nourriture…

Dans cette comédie romantique délicieusement décalée et légère comme une bulle de champagne, Pierre Salvadori déploie un vaudeville doux‑amer où illusions, maladresses et élans du cœur se télescopent sans perdre le fil. Et si le petit circuit sentimental laisse échapper quelques étincelles, le quatuor diffuse un charme continu, presque suspendu, qui électrise sans forcer. Coup de foudre garanti pour cette fantaisie moderne sous costume d’époque.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

La Vie d'une femme

Gabrielle, 55 ans, se consacre corps et âme Ă  son mĂ©tier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hĂ´pital public, elle court et se dĂ©multiplie, assaillie de responsabilitĂ©s. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son Ă©quilibre vacille…

Dans ce drame intimiste, la réalisatrice des Amours d’Anaïs esquisse le parcours d’une femme en quête d’identité nouvelle, et c’est cette recherche qui irrigue la structure en chapitres. D’abord déroutante, elle impose un rythme heurté qui finit par composer une mosaïque cohérente. Léa Drucker en devient l’axe vibrant, tandis que Mélanie Thierry demeure en retrait. Et si le regard se veut moderne, il réactive parfois des questions datées. Reste un portrait tenu, porté par un désir de liberté.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

Butterfly Jam

Dans le New Jersey, un adolescent de 16 ans surnommĂ© « Pyteh Â» partage son temps entre les tapis de lutte et le petit restaurant tcherkesse de sa famille, au bord de la faillite. Mais une dĂ©cision impulsive de son père, Ă©ternel opportuniste, vient bouleverser sa trajectoire…

Dans ce récit, la virilité se froisse et se déploie comme des ailes trop lourdes pour voler droit, nourrissant des variations tonales aussi brusques que fascinantes. La communauté tcherkesse avance ainsi entre élans de douceur et dérapages plus âpres, accompagnée par une caméra qui respire au rythme des corps. Un portrait collectif vibrant, parfois indocile, mais intensément vivant.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

L'Abandon

Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur les onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.

Dans ce thriller factuel d’une justesse implacable, Vincent Garenq reconstitue l’engrenage qui a conduit à l’assassinat de Samuel Paty avec une honnêteté rare. Le récit, glaçant et bouleversant, évite la simplification et la caricature pour mieux regarder en face ce qui est resté hors champ. Antoine Reinartz, remarquable, incarne un homme broyé. On voudrait hurler dans la salle… mais la gorge se ferme. Alors les larmes prennent la place des mots.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

Quelques jours Ă  Nagi

Yuri, architecte divorcĂ©e, rend visite Ă  son ancienne belle-sĹ“ur Yoriko, sculptrice installĂ©e dans le village de Nagi. Ce sĂ©jour, d’abord envisagĂ© comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des sĂ©ances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes…

Kōji Fukada esquisse une chronique rurale d’un calme trompeur, où les désirs devancent les mœurs et où chacun cherche un cap dicté par le cœur. La douceur des dialogues répond à l’élégance des plans, tandis que les sculptures dévoilent, par touches, les élans dissimulés. Portrait gracieux d’un Japon en mutation, le film interroge sans heurts, mais jamais sans mollesse d’acuité. Et lorsque tout semble dit, demeure ce parfum de retour possible à Nagi.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Fatherland

En 1949, Thomas Mann, laurĂ©at du prix Nobel de littĂ©rature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la guerre, accompagnĂ© de sa fille Erika, actrice, Ă©crivain et pilote de rallye. Au volant d’une Buick noire, ils entreprennent un voyage Ă©prouvant dans un pays qu’ils ont fui, seize ans plus tĂ´t, lors de la prise de pouvoir du parti nazi…

Dans cette chronique existentielle en N&B où le monde d’hier s’efface, la reconstruction allemande dialogue avec un road‑movie père‑fille dont les clairs‑obscurs sculptent les non‑dits. De cette matière sèche émerge alors un homme figé dans une posture écrasante qui, par le lien du sang, retrouve l’humanité qu’il croyait perdue. Austère mais riche, le drame familial scrute ruines morales et politiques de l’après‑guerre, portrait d’une Europe encore fracturée, entre le marteau soviétique et le mirage américain.

Palmomètre : 🌿🌿

Histoires parallèles

En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail, jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

Sous ses airs de poupĂ©e russe Ă  l’effigie d’Hitchcock, ce drame mĂ©ta glisse d’un voyeurisme Ă  un autre, jusqu’à ce que la fiction dĂ©sirĂ©e contamine le rĂ©el, faisant remonter les dĂ©sirs enfouis. Le regard du cinĂ©aste iranien densifie les illusions, tandis que cinq trajectoires s’entrechoquent, semant un dĂ©sordre Ă©motionnel savamment dosĂ©, portĂ© par une troupe d’acteurs parfaitement accordĂ©e. Quand l’intime devient terrain d’espionnage, le vertige moral persiste longtemps.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

Sanguine

Margot dĂ©bute son internat aux urgences, oĂą elle peine Ă  s’adapter. Très vite, elle fait face Ă  des patients de son âge aux symptĂ´mes inexpliquĂ©s. La rĂ©currence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiĂ©tantes…

Cette sĂ©rie B contaminĂ©e dĂ©boule aux Urgences du body horror, oĂą chaque couloir pulse d’une angoisse sociale prĂŞte Ă  Ă©clater. Certes, le fil de suture The Substance demeure visible, mais elle finit par le rĂ©sorber en distillant une fièvre très personnelle : celle d’une gĂ©nĂ©ration Ă©puisĂ©e que Mara Taquin incarne avec une fragilitĂ© Ă©lectrique. Entre satire du labeur prĂ©caire et mutations dĂ©gueulasses du corps, la mise en scène, libre de ses pulsions, trouve son nerf. Première annĂ©e validĂ©e !

Palmomètre : 🌿🌿🌿

Gentle Monster

Lucy et Philip sont heureux, ils viennent d’emmĂ©nager avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se prĂ©sente Ă  leur domicile pour arrĂŞter Philip et saisir ses ordinateurs. BouleversĂ©e, Lucy cherche la vĂ©ritĂ© sur son mari. Qui est-il rĂ©ellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ?

Dans ce drame oĂą l’intime se fissure comme un monstre Ă  visage d’ange, Marie Kreutzer scrute la terreur domestique avec une prĂ©cision sourde. LĂ©a Seydoux, bouleversante, avance entre amour, dĂ©ni et instinct de survie, tandis que l’horreur, tirĂ©e d’un fait divers allemand, s’infiltre sans fracas. Si quelques dĂ©tours narratifs grippent l’élan, demeure un portrait glaçant d’un foyer qui se dĂ©lite, portĂ© par une actrice en Ă©tat de grâce.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Colony

Dans un gratte-ciel du centre de SĂ©oul, une mystĂ©rieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclĂ© et toutes les personnes prĂ©sentes confinĂ©es. Au dĂ©part, les infectĂ©s rampent comme des bĂŞtes. Mais peu Ă  peu, ils Ă©voluent…

Quand Piège de cristal se fait prendre en otage par le zombie flick, le rĂ©al du Dernier train pour Busan retrouve toute sa rage. Survival en huis clos oĂą les infectĂ©s, dotĂ©s d’une intelligence collective, mutent en meute stratĂ©gique, il carbure au carnage continue : cascades physiques, maquillages fĂ©roces, chaos cinĂ©tique façon 28 Jours plus tard. Et sous la boucherie, Yeon Sang-ho inocule une charge contre l’État sud-corĂ©en et l’individualisme forcenĂ©. La contamination est totale : on tient un classique en pleine incubation.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

Soudain

Directrice d’un Ă©tablissement pour personnes âgĂ©es, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basĂ©e sur l’écoute et la dignitĂ© des rĂ©sidents, malgrĂ© la rĂ©ticence d’une partie de ses Ă©quipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire…

En 3h16 suspendues, ce chef-d’Ĺ“uvre dĂ©ploie une mĂ©ditation vibrante oĂą la finitude devient laboratoire d’utopies minuscules. Les gestes, tels un massage de pied, un Ă©clat de rire ou encore une idĂ©e qui circule, y dessinent une politique du sensible, comme si le capitalisme s’effritait sous la douceur. Deux femmes y inventent une fraternitĂ© Ă©clair, presque solaire, oĂą l’humanisme se rĂ©apprend pas Ă  pas. RyĹ«suke Hamaguchi orchestre tout cela avec une grâce aĂ©rienne, et son film, ample et bienveillant, irradie longtemps après.

Palmomètre : 🌿 d'or

Vol de nuit pour Los Angeles

En plein âge d’or de l’aviation, Jeff, un jeune garçon passionnĂ© d’aĂ©ronautique, s’envole aux cĂ´tĂ©s de sa mère pour un aller sans retour vers Hollywood, en traversant les États-Unis. Ce qui n’aurait pu ĂŞtre qu’un simple vol devient le voyage d’une vie. Entre les plats servis Ă  bord, l’attention des hĂ´tesses, des escales inattendues, des voyageurs hauts en couleur et un passage marquant par la première classe, l’aventure rĂ©serve des moments aussi magiques que surprenants…

Ce vol de nuit pour Los Angeles décolle comme une rêverie d’aviation où Travolta, copilote de sa propre nostalgie, transforme chaque plan en carte postale rétro. On y lit d’ailleurs davantage un conte feuilleté qu’un film véritable, tant la mise en scène flotte comme un manuel TWA enluminé. Et même si elle frôle parfois la promo déguisée pour le roman jeunesse éponyme, la naïveté touchante de cette bluette aérienne suscite une tendresse inattendue, douce turbulence comprise.

Palmomètre : 🌿🌿

Paper Tiger

New York, Queens, 1986. Deux frères que tout oppose s’unissent pour une affaire douteuse liée à la mafia russe. Mais ce qui devait être une opportunité devient un cauchemar, mettant en péril leur famille, leur intégrité, et leur lien fraternel.

Tissant la fatalitĂ© comme une ligne de fracture, James Gray replonge dans le polar fraternel avec une Ă©lĂ©gance sombre. Adam Driver, magistral, y dĂ©ploie un jeu d’une prĂ©cision meurtrie qui aimante chaque plan. La mise en scène, d’une intensitĂ© feutrĂ©e, rĂ©vèle ce que la chasse au rĂŞve amĂ©ricain broie en silence. Thriller Ă©touffant, drame intime incandescent : le cinĂ©aste dompte encore la nuit, et murmure, en creux, « faites mieux Â».

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

Sheep In The Box

Dans un futur proche, Otone et son mari Kensuke, qui ont perdu leur enfant, se voient proposer un robot humanoĂŻde totalement identique Ă  leur fils.

Permettant aux trente premières minutes du A.I. de Spielberg de s’évaporer dans un rêve de Miyazaki, ce contre‑chant à la noirceur de Black Mirror glisse vers une fable où l’androïde cherche moins une âme qu’une émancipation animiste. Kore‑eda y tisse un deuil léger comme une laine d’aube, même si la boîte sci‑fi demeure trop étroite pour ses élans. Pourtant, au cœur du sous-bois, demeure une œuvre qui réconforte.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

L'Espèce explosive

Dans la campagne du Nord-Est de la France. Les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, cĂ©rĂ©alier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme Ă  flot. Quand un notable du coin le pousse Ă  bout, il dĂ©raille et disparaĂ®t. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse mutĂ© dans la rĂ©gion pour raisons disciplinaires, mène l’enquĂŞte…

Quand le polar rural chasse sur les terres de Bruno Dumont en arborant l’uniforme du Gendarme de Saint-Tropez, un vent de fraĂ®cheur souffle sur La Quinzaine des CinĂ©astes. Corruption, chasse lucrative et libido en maraude mènent l’enquĂŞte, dans un grotesque jubilatoire oĂą la disparition d’un meurtrier sert de dĂ©tonateur Ă  une farce politique, que la cinĂ©aste mène avec une maĂ®trise imprĂ©visible digne des meilleurs artificiers du cinĂ©ma dĂ©viant. Dupieux approved !

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Garance

Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de dĂ©mĂ©nagements, de travail, de rencontres, de fĂŞtes et d’angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une rĂ©volution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande rĂ©crĂ© Â» oĂą se mĂŞlent autant d’amour que de destruction.

Avec ce portrait d’addiction, Jeanne Herry signe une comĂ©die dramatique vive et jamais moralisatrice. Adèle Exarchopoulos y dĂ©ploie une prĂ©sence renversante, captant les secousses d’un alcoolisme fonctionnel avec une honnĂŞtetĂ© dĂ©sarmante. Le rĂ©cit avance avec un humour tendre, puis frappe plus fort, osant dĂ©fier l’emprise tentaculaire d’un lobby qui brouille le dĂ©bat public. Une Ĺ“uvre qui choisit d’accompagner plutĂ´t que juger, avec beaucoup de peps et une vraie droiture.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Hope

Les renforts sont partis maĂ®triser des feux de forĂŞt et toutes les communications sont coupĂ©es. Au poste de police de Hope, Bum-seok et Sung-ae se dĂ©mènent pour dĂ©fendre leur village Ă  la population vieillissante. Pendant ce temps, Sung-ki et ses amis partent Ă  la poursuite de la bĂŞte dans la montagne mais se retrouvent eux-mĂŞmes pris pour cible…

Entre kaijĹ« eiga dĂ©chaĂ®nĂ©, slapstick sanguinolent et dĂ©rapages SF, ce blockbuster protĂ©iforme dĂ©boule comme une marĂ©e de feu : un torrent d’action de 160 min qui emporte tout, encerclĂ© par deux sĂ©quences dignes de  Fury Road. On pense Ă  L’Attaque des Titans  percutant Michael Bay en pleine course contre les monstres, oĂą chaque plan rĂ©clame son vertige… mĂŞme si des CGI bancales fissurent l’élan d’une mise en scène qui tutoie la dĂ©mesure. Une future (grande ?) saga vient de se crasher sur Terre.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

Moulin

Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence. Le destin de la France libre en dépend.

Dans ce drame de résistance aux allures de piège moral, la mise en scène de Nemes serre l’étau à chaque plan, si bien que le duel Lellouche‑Eidinger s’impose comme le cœur battant du récit. Entre le calme d’acier de Jean Moulin et la froideur terrifiante de Klaus Barbie, le face‑à‑face glisse peu à peu vers un véritable bras de fer mental. Porté enfin par les noirs et ors du 35 mm, dont Mátyás Erdély sculpte un clair‑obscur à la manière d’un Rembrandt fiévreux, le film dévoile la machinerie de la peur et frappe l’Histoire d’un geste sombre, précis, inoubliable.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

La Troisième nuit

Août 1942. En pleine occupation, le gouvernement de Vichy organise une rafle massive de Juifs étrangers. Gilbert Lesage, jeune fonctionnaire au Service Social des Étrangers, est chargé d’organiser une commission de criblage pour statuer sur le sort des Juifs arrêtés, tandis que l’abbé Alexandre Glasberg, humanitaire engagé, manœuvre pour les sauver.

Dans ce drame historique qui scrute un sauvetage de plus de 100 enfants juifs en 1942, la désobéissance fend l’obscurité d’un État vacillant. Le récit, mené comme un duel administratif entre Justes et collabos, expose la mécanique froide d’une époque. Et si la mise en scène demeure scolaire, l’émotion s’infiltre en silence : chaque dossier étudié ravivant une histoire longtemps tue. Un hommage grave, d’une nuit qui cherche obstinément sa lumière fragile.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Fjord

Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle que les enfants Gheorghiu reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.

Dans ce drame glacĂ© oĂą le calme apparent craque sous le poids des convictions, Cristian Mungiu, sur fond de protection de l’enfance, dissèque les fractures culturelles de l’Europe contemporaine oĂą foi, identitĂ© et hospitalitĂ© se heurtent sans possibilitĂ© de dialogue. Rien n’est simplifiĂ©, rien n’est tranchĂ©, et le couple vedette (Stan‑Reinsve) avance sur la ligne de crĂŞte morale avec une retenue fascinante. Seul bĂ©mol : l’impact sur les enfants, laissĂ© dans l’ombre, comme une faille que le rĂ©cit contourne.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

L'Inconnue

David Zimmerman a bientĂ´t 40 ans, il est photographe mais personne ne le sait. Alors qu’il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traĂ®nent dans une fĂŞte insensĂ©e. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en dĂ©tacher le regard, la suit…. Quelques heures plus tard, David se rĂ©veille : il est dans le corps de l’inconnue.

Comme une poupĂ©e russe qui hĂ©site sur son propre visage, ce drame fantastique glisse d’un body swap inquiet Ă  une enquĂŞte mĂ©taphysique oĂą chaque plan semble se chercher autant que ses personnages. Arthur Harari Ă©pure, LĂ©a Seydoux aimante, Niels Schneider dĂ©rive, et le trouble de l’IdentitĂ© circule comme dans une aventure d’un soir avec It Follows. La mise en scène laisse affleurer la mutation des corps, des lieux et des esprits, jusqu’à un vertige mĂ©lancolique qui refuse de se stabiliser. Audacieux.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Her Private Hell

Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

Perdu dans une brume néon qui croit cacher le vide, ce néo‑giallo existentiel déroule un trip égocentrique où la vengeance se dissout en divagation esthétique vaporeuse. Entre soap‑opéra 80’s et poses de fashion‑shoot 2010’s, Refn empile les affects comme un magma baroque mal digéré, suresthétisé jusqu’au fétiche. Mandico rôde, mais le patriarcat spectral y est dénoncé avec une lourdeur brouillonne qui confond geste et posture. Reste un fever dream artificiel, beau comme un mirage, vain comme un slogan. Une œuvre qui valide surtout… sa propre vanité.

Palmomètre : 🌿

L'Être Aimé

RĂ©alisateur mondialement cĂ©lèbre, Esteban MartĂ­nez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rĂ´le principal Ă  une jeune actrice inconnue : sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette incroyable opportunitĂ©, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter Ă  un homme qu’elle n’a jamais pu considĂ©rer comme un père. Le poids du passĂ© menace de rouvrir leurs blessures.

Une tragĂ©die filmĂ©e comme un duel de regards, oĂą chaque silence semble raturer un passĂ© impossible Ă  rĂ©parer. Le cinĂ©aste dissèque ce tournage familial comme une autopsie Ă©motionnelle, laissant Javier Bardem, d’une puissance inouĂŻe, affronter une fille qui ne veut plus cadrer dans son champ. On pense Ă  Valeur sentimentale, mais ici les yeux tirent plus vite que les mots. Quelques maniĂ©rismes persistent, peccadilles face Ă  cette dĂ©flagration d’intimitĂ© brisĂ©e.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Minotaure

Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.

Dans ce thriller domestique inspiré de La Femme infidèle, Zviaguintsev sculpte un labyrinthe moral où l’élite russe tourne en rond, traquée par sa propre bête intérieure. La chute de Gleb, minotaure de bureau cerné par la guerre, l’infidélité et l’effondrement économique, glisse d’un drame conjugal vers une fable politique au scalpel. La mise en scène, glaciale et millimétrée, étouffe chaque geste jusqu’à l’inéluctable. Entre famille et nation, même logique sacrificielle : on avance, tête baissée, dans un couloir où la force justifie tout.

Palmomètre : 🌿 d'or

Autofiction

RaĂşl est un cinĂ©aste culte en pleine crise crĂ©ative. Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour Ă©crire son prochain film. Peu Ă  peu, il imagine Elsa, une rĂ©alisatrice en pleine Ă©criture, dont le parcours commence Ă  reflĂ©ter le sien. Les deux cinĂ©astes deviennent les deux facettes d’un mĂŞme personnage, dans un jeu de miroirs oĂą l’impudeur de l’autofiction dĂ©voile autant qu’elle dĂ©truit. Mais jusqu’oĂą peut-on aller pour raconter une histoire ?

Dans ce drame introspectif oĂą crĂ©ation et confession se confondent, AlmodĂłvar dĂ©monte son propre dispositif avec une luciditĂ© presque trop consciente. Le rĂ©cit tourne en spirale, ressasse ses motifs fĂ©tiches comme pour conjurer l’épuisement, et avance pourtant avec une fragilitĂ© assumĂ©e. Entre autoportrait cabossĂ© et critique voilĂ©e, l’ensemble sĂ©duit autant qu’il s’enlise. La crĂ©ation puise dans des vies empruntĂ©es, mais peine Ă  se rĂ©inventer. Une boucle qui interroge son auteur : serait‑il au bout ?

Palmomètre : 🌿🌿🌿

Le Château d'Arioka

Dans le Japon fĂ©odal, le seigneur Murashige se retranche dans son château et y fait prisonnier son ennemi, le stratège Kanbei, qu’il dĂ©cide d’épargner. Au fil des saisons, des crimes inexpliquĂ©s viennent troubler l’ordre des lieux ; Murashige mène l’enquĂŞte, mais se heurte chaque fois Ă  une pièce manquante que seul Kanbei, depuis sa cellule, semble capable de dĂ©chiffrer.

Dans ce whodunit de samouraĂŻs, le cinĂ©aste scrute les failles d’un Japon fĂ©odal fracturĂ©, oĂą l’honneur se dĂ©cline en saisons comme un calendrier de guerre. Derrière le vernis du chanbara, l’enquĂŞte serpente entre gravitĂ© morale, aphorismes et faux-semblants, rappelant que les croyances servent de paravents mentaux. Mais trop long, trop bavard, trop cĂ©rĂ©moniel, ce Cluedo mĂ©diĂ©val exige de connaĂ®tre les arcanes historiques et politiques du pays pour ne pas s’y Ă©garer, mĂŞme s’il dĂ©plie, sous les protocoles, la fragile humanitĂ© des guerriers.

Palmomètre : 🌿🌿

The Man I Love

New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, le désir de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus fort que tout.

Une romance queer tragique qui pulse comme un standard de jazz, glissant d’un souffle fiévreux à une dernière danse arrachée à l’époque. Le drame new‑yorkais des années sida s’y déploie sans pathos, porté par un Rami Malek qui trouve ici son meilleur rôle, funambule entre abandon et résistance. La mise en scène, elle, avance avec une simplicité assumée, laissant les chansons porter ce que les mots taisent. Et quand la caméra s’éteint, un ultime battement d’amour résonne.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Roma elastica

1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire amĂ©ricaine. AccompagnĂ©e de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rĂ´le principal d’un film de science-fiction tournĂ© Ă  Rome, qui pourrait bien ĂŞtre son ultime film…

Lorsque Mandico plane avec Lynch et Fellini, le cinĂ©ma bis italien se recompose comme une pellicule fiĂ©vreuse oĂą une actrice mourante cherche encore son dernier souffle de lumière. Dans cet opĂ©ra rĂ©tro-futuriste qui frĂ´le la transe, le cinĂ©aste assouplit ses rituels : moins d’hermĂ©tisme, plus de chair, et un duo Cotillard/Merlant qui fait vibrer un attachement diffus. Quant Ă  la satire de l’industrie cinĂ©, elle claque sèchement, entre culte des corps et oubli programmĂ© de ses muses Ă©puisĂ©es. Pas pour tout le monde, mais diablement vivant.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿🌿

La Bataille de Gaulle: L'âge de fer

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de cĂ©der. Seul contre tous, ce gĂ©nĂ©ral inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rĂŞve : la libertĂ©. Sans armĂ©e, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas dĂ©posĂ© les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminĂ©e, ni perdue.

Une fresque historique qui avance comme un cuirassĂ© : massive, nerveuse, et assez sĂ»re d’elle pour sonder les failles d’un gĂ©ant sans jamais perdre de vue la houle collective de la RĂ©sistance. Le rĂ©cit, Ă©pique, glisse d’un duel diplomatique haletant Ă  une mĂ©canique de guerre implacable, jusqu’à humilier le Hollywood d’aujourd’hui sur son propre terrain. Quelques CGI voyants grincent, mais le rythme, lui, carbure au fer rouge. Une superproduction française qui frappe fort et vise dĂ©jĂ  J’Ă©cris ton nom, sa suite.

Palmomètre : 🌿🌿🌿🌿

Notre salut

Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur.

Cette chronique d’un collabo ordinaire bouscule les codes du cinĂ©ma historique : ironie acĂ©rĂ©e qui se faufile en contrebande dans les couloirs feutrĂ©s d’une bureaucratie vichyste rejouĂ©e comme une satire de bureau, et anachronismes qui jaillissent sans heurts (chansons pop joyeusement dĂ©placĂ©es, geste contemporain de la mise en scène) rappelant que le passĂ© ne cesse jamais de revenir. Entre humour carnassier et vertige documentaire, le film expose l’opportunisme comme moteur discret de l’Histoire, jusqu’à un final oĂą le temps lui‑mĂŞme semble dĂ©poser les armes. Reste quelques longueurs administratives.

Palmomètre : 🌿🌿🌿

Coward

1916. Première guerre mondiale. Front belge. Pierre vient de rejoindre les troupes, impatient de faire ses preuves. Derrière les lignes, dans l’équipe de ravitaillement en vivres et en matériel, Francis organise des spectacles pour maintenir le moral des soldats. Alors que les combats font rage, chacun tente d’échapper à la brutalité de la guerre, ne serait-ce qu’un instant.

Dans ce drame de guerre queer qui préfère la pudeur aux clairons, la mise en scène cisèle chaque geste avec un soin plastique à fleur de peau. La retenue devient souffle, et le champ de bataille de la Grande Guerre, paradoxalement, un refuge où une génération sacrifiée s’autorise enfin à vibrer. La lumière, d’une douceur irréelle, enveloppe deux corps masculins qui se frôlent comme pour déminer la peur. Et lorsque l’art s’invite, il arrache une liberté que les armes refusent encore.

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La bola negra

Espagne 1932, 1937, 2017. Trois hommes. Trois époques. Un même fil invisible de désir, de douleur et d’héritage. LA BOLA NEGRA traverse le temps pour révéler ce qui les unit.

Une fresque baroque qui mĂŞle dĂ©sir et rĂ©pression, glissant de l’Espagne dĂ©chirĂ©e par la Guerre Civile Ă  un prĂ©sent encore hantĂ©. Le drame historique embrase trois Ă©poques (1932, 1937, 2017) comme autant de cicatrices, mais son ambition dĂ©borde parfois en symboles appuyĂ©s. Entre Ă©clats lyriques et mĂ©lo plastifiĂ©, le rĂ©cit avance comme sous le feu croisĂ© des lignes franquistes, portĂ© par quelques fulgurances oĂą la mĂ©moire queer retrouve souffle. Et lorsque les histoires se rejoignent, un frisson remonte malgrĂ© les contours trop schĂ©matiques.

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Histoires de la nuit

Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolĂ©e avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prĂ©pare une soirĂ©e d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rĂ´dent autour de la maison et s’invitent Ă  la fĂŞte, faisant surgir des secrets bien gardĂ©s…

Dans ce thriller domestique qui voudrait rejouer A History of Violence en mode home invasion, tout semble prĂŞt Ă  dĂ©raper (la nuit, la menace, la tension), mais tout demeure retenu, comme si le film craignait sa propre pulsation. Les assaillants, en service minimum, n’imposent jamais la terreur promise et peinent Ă  fissurer un foyer trop lisse pour trembler. Quant Ă  la mise en scène, appliquĂ©e mais atone, elle Ă©claire (bien) sans embraser, laissant derrière elle un simple frisson… dĂ©jĂ  dissipĂ©.

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L'Aventure rêvée

À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au coeur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.

Une chevauchĂ©e frontalière exigeante oĂą le western se cabre face Ă  un territoire livrĂ© Ă  la corruption, ses marges orientales vibrantes de trafics et de souvenirs mal enterrĂ©s. L’archĂ©ologue, croyant fouiller le passĂ©, s’enfonce dans un hors‑champ criminel qui la façonne autant qu’il la menace. La violence, qui percole, scande un rĂ©cit (trop) Ă©tirĂ© dont l’opacitĂ© devient arme dĂ©fensive. Et Ă  mesure qu’elle dĂ©terre mensonges et genres mĂŞlĂ©s, le film rĂ©vèle la strate qui change tout : une hĂ©roĂŻne qui refuse l’ensevelissement.

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Victorian Psycho

1858, une jeune gouvernante excentrique nommĂ©e Winifred Notty arrive au manoir gothique “Ensor House”. Winifred est chargĂ©e d’enseigner aux enfants les bonnes manières Ă  table et de leur faire connaĂ®tre l’histoire de leur famille, tout en cachant ses tendances psychopathiques…

Cette fable macabre qui rit sous cape bouscule les convenances : chaque plan glisse vers une folie dĂ©licieusement prĂ©mĂ©ditĂ©e, et la mise en scène, toute en coupes assassines, transforme la demeure en théâtre d’hypocrisies oĂą Maika Monroe, gouvernante dĂ©traquĂ©e, aiguise son venin avec un plaisir presque mondain. Autour d’elle, la bourgeoisie britannique s’effrite, complices involontaires d’un thriller horrifique victorien dĂ©licieusement retors, oĂą l’humour noir sert de dernier tison pour attiser la cruautĂ©.

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Le Palmarès

Longs métrages

Palme d’or
FJORD
réalisé par Cristian MUNGIU

Grand Prix
MINOTAURE
réalisé par Andreï ZVIAGUINTSEV

Prix de la Mise en Scène (ex-æquo)
Javier CALVO & Javier AMBROSSI pour LA BOLA NEGRA
Pawel PAWLIKOWSKI pour FATHERLAND

Prix du Scénario
Emmanuel MARRE pour NOTRE SALUT

Prix du Jury
L’AVENTURE RĂŠVÉE
réalisé par Valeska GRISEBACH

Prix d’Interprétation Féminine
Virginie EFIRA et Tao OKAMOTO dans SOUDAIN
réalisé par HAMAGUCHI Ryusuke

Prix d’Interprétation Masculine
Emmanuel MACCHIA et Valentin CAMPAGNE dans COWARD
réalisé par Lukas DHONT

Courts métrages

Palme d’or
AUX ADVERSAIRES
réalisé par Federico LUIS

Mention spéciale
ALI
Adnan AL RAJEEV

Un Certain Regard

Prix Un Certain Regard
EVERYTIME
réalisé par Sandra WOLLNER

Prix du Jury
LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME
réalisé par Abinash BIKRAM SHAH
(1er film)

Prix Spécial du Jury
LE CORSET
réalisé par Louis CLICHY

Meilleur Acteur
Bradley FIOMONA DEMBEASSET
dans CONGO BOY réalisé par Rafiki FARIALA

Meilleures Actrices
Marina DE TAVIRA, Daniela MARĂŤN NAVARRO, Mariangel VILLEGAS
dans SIEMPRE SOY TU ANIMAL MATERNO réalisé par Valentina MAUREL

Meilleur Scénario
PILLION
Harry LIGHTON
1er film

Caméra d’or

Prix de la Caméra d’or
BEN’IMANA
réalisé par Marie-Clémentine DUSABEJAMBO
Un Certain Regard

La Cinef

Premier Prix
LASER-GATO (Laser-Cat)
réalisé par Lucas ACHER
NYU, États-Unis

Deuxième Prix
SILENT VOICES
réalisé par Nadine MISONG JIN
Columbia University, États-Unis

Troisième Prix (ex-æquo)
ALDRIG NOK (Jamais assez)
réalisé par Julius LAGOUTTE LARSEN
La Fémis, France

GROWING STONES, FLYING PAPERS
réalisé par Roozbeh GEZERSEH & Soraya SHAMSI
Filmuniversität Babelsberg Konrad Wolf, Allemagne

Commission Supérieure Technique

LE PRIX CST DE L’ARTISTE-TECHNICIEN est décerné à Nicolas Rumpl, Chef monteur du film Notre Salut réalisé par Emmanuel Marre
« Les partis pris subtils du montage rĂ©vèlent l’esthĂ©tique visuelle, l’ambition de la mise en scène et le jeu des comĂ©diens du film “Notre Salut“ d’Emmanuel Marre. Â»

LE PRIX CST DE LA JEUNE TECHNICIENNE est décerné à Esther Mysius, Cheffe décoratrice du film Histoires de la nuit réalisé par Léa Mysius
« Le travail intime d’élaboration des dĂ©cors leur permet de devenir une rĂ©elle partie prenante Ă  la narration. Â»

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure ! #WeLovePhysicalMedia

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