Depuis qu’Étienne s’est lancé dans l’aventure du Mag.7, notre cher animateur a su faire de très belles rencontres au fil des années. Mais, à notre humble niveau, rien ne le prédestinait à recevoir une personnalité telle que Mathieu Amalric. Et pourtant, un événement organisé par les bibliothèques d’Agglopolys a permis cette rencontre ! Dans ce nouvel épisode du Mag.7, venez découvrir la sélection DVD d’un des plus grands noms du cinéma français actuel qui n’hésite pas à naviguer entre films, séries et émissions TV !

C'était la prochaine séance !

Mag.7 est un podcast, produit et diffusé par l’association blésoise La Prochaine Séance. Le principe est simple : en collaboration avec les bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois, l’animateur Étienne invite des personnes à déambuler dans le service musique-cinéma et jeux vidéo des lieux et d’y choisir des DVD. Plus précisément sept films, séries, documentaires ou concerts –  sept correspondant à la capacité d’emprunt proposée par la bibliothèque – pour ensuite évoquer au micro leur sélection. Une émission mensuelle basée sur le partage et la passion du 7ème art, et cherchant à mettre en valeur la qualité et la quantité de films disponibles dans les bibliothèques publiques, le tout accessible pour des montants modestes, voire totalement gratuits dans certaines collectivités.

Le Mag.7

Mathieu Amalric au micro du Mag.7

Le 11 avril dernier, les bibliothèques d’Agglopolys ont organisé toute une journée autour des musiques savantes et du compositeur new‑yorkais John Zorn. Pour l’occasion, Mathieu Amalric est venu présenter deux documentaires de son cru sur ledit saxophoniste. Il n’en fallait pas plus pour que notre cher Étienne invite l’acteur‑réalisateur au micro du Mag.7, Amalric s’étant à son tour prêté au jeu de la sélection de DVD avec intérêt et enthousiasme. Et surtout, cet épisode marque le premier enregistrement de l’émission en public, réalisé à l’auditorium Samuel‑Paty. Étienne profite de cet article pour remercier Mathieu Amalric, mais également toute l’équipe de la section Musique, Cinéma et Jeux‑vidéo des bibliothèques. Sans eux, le podcast du Mag.7 n’existerait pas et n’offrirait pas des rencontres aussi exceptionnelles !

Cinéma, Cinémas (1982-1991)

Nationalité : France – Genre : Émission TV  – Créateurs :  Claude Ventura, Anne Andreu et Michel Boujut

Édition DVD : France | INA | 06 novembre 2012

Le pitch : Magazine télévisuel culte des années 80, Cinéma, Cinémas représente le rendez-vous culturel immanquable de tous les cinéphiles de l’époque. Avec un regard singulier et poétique, l’émission s’intéresse aux films mais surtout à ceux qui les fabriquent. Se succèdent ainsi dans cette collection petites interviews et témoignages uniques de tournages, allant de Maurice Pialat à John Cassavetes…

Cléo de 5 à 7 (1962)

Nationalité : France, Italie – Genre : Drame – Réalisatrice : Agnès Varda – Distribution : Corinne Marchand, Antoine Bourseiller, Dominique Davray, Dorothée Blank, Michel Legrand…

Édition DVD : France | ARTE Éditions  | 07 juin 2017 – Plateformes de diffusion : MUBI, LaCinetek, ARTE Boutique, PremiereMax, Pathé Home, VIVA, Canal VOD et Orange

Le pitch : Cléo, belle et chanteuse, attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au Café de Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au Parc Montsouris, Cléo vit quatre-vingt-dix minutes particulières…

Avis de La Prochaine Séance (Marie) : Mathieu Amalric a sélectionné le double DVD Cléo de 5 à 7 et Daguerréotypes d’Agnès Varda, édité par la cinéaste elle‑même via sa société de production et de diffusion Ciné‑Tamaris. Cette édition met en lumière le travail des éditeur·ices DVD et rappelle combien ce support peut constituer un objet de cinéma, pensé comme un prolongement de l’œuvre grâce à ses suppléments, sa restauration et son accompagnement éditorial.

Pour autant, si je sais la qualité de cette édition, mon intérêt se porte avant tout sur le contenu des films eux‑mêmes plutôt que sur leur support de diffusion. Ce qui me touche dans Cléo de 5 à 7, c’est la modernité du regard d’Agnès Varda. Le film suit deux heures de la vie de Cléo, qui attend les résultats d’un examen médical et redoute un diagnostic. Au fil de sa promenade dans Paris, entre angoisse existentielle et remise en question de son image, Cléo passe progressivement du statut d’objet regardé à celui de sujet conscient de lui‑même et du monde qui l’entoure.

Varda transforme cette attente en une réflexion profonde sur le temps, la peur de la mort et la construction de l’identité féminine. Derrière l’apparente légèreté de la Nouvelle Vague se dessine un portrait d’une grande finesse psychologique, où chaque rencontre contribue à l’émancipation du personnage. Plus de soixante ans après sa sortie, le film conserve une force remarquable grâce à la justesse de son propos et à la liberté de sa mise en scène.

The Leftovers (2014-2017)

Nationalité : États-Unis – Genre : Science-fiction, Fantastique, Drame – Créateurs  : Damon Lindelof et Tom Perrotta – Distribution : Justin Theroux, Amy Brenneman, Christopher Eccleston, Margaret Qualley, Chris Zylka…

Édition DVD : France | HBO | 11 octobre 2017 – Édition Blu-ray : France | HBO | 11 octobre 2017 – Plateformes de diffusion : HBO Max

Le pitch : Le , deux pour cent des êtres humains ont disparu de la surface de la Terre de manière inexplicable. Les habitants de la petite ville de Mapleton sont confrontés à cette disparition lorsque nombre de leurs voisins, amis et amants s’évanouissent dans la nature en un instant. Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgade dépeuplée, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé ni ceux qui ont disparu. Certains tentent de comprendre, d’autres d’oublier, ou de se souvenir. Chacun va devoir faire face à l’effondrement de ses croyances, au deuil…

Là-haut (2009)

Titre VO : Up – Nationalité : États-Unis – Genre : Animation, Comédie, Aventure – Réalisateurs : Peter Docter et Bob Peterson – Distribution : Edward Asner, Christopher Plummer, Jordan Nagai, Bob Peterson, Delroy Lindo…

Édition DVD : France | Disney | 16 décembre 2009 – Édition Blu-ray : France | Disney | 16 décembre 2009 – Édition Blu-ray 3D : France | Disney | 25 avril 2012 – Édition 4K Ultra HD : États-Unis | Disney | 03 mars 2020 – Plateformes de diffusion : Disney+, Rakuten TV, Pathé Home, VIVA et PremiereMax

Le pitch : Carl Fredricksen, vendeur de ballons à la retraite, s’envole vers le ciel en attachant des milliers de ballons à sa maison. Un jeune garçon nommé Russell devient un passager clandestin de son voyage…

Avis de MaG  (le loup celeste) : Sans atteindre les sommets gastronomiques de Ratatouille ni la grâce silencieuse de WALL•E, Là‑haut, dixième long‑métrage du studio Pixar, déploie une fable universelle qui touche droit au cœur. Le film s’ouvre sur une première partie d’une poésie rare, où l’émotion s’élève comme une nuée de ballons colorés, avant de basculer vers une aventure palpitante, menée tambour battant, sans jamais perdre de vue la tendresse de son propos. Drôle, émouvant, impeccablement rythmé et d’une beauté visuelle qui ne cesse de surprendre, Là‑haut charme les enfants, console les adultes et rappelle à chacun que les rêves ne prennent jamais la poussière.

Avec ce voyage insensé, où une maison s’arrache au sol, un vieil homme retrouve le souffle et un scout tenace s’invite dans l’aventure, Pixar prouve une fois encore qu’il règne en maître sur l’animation contemporaine, capable de faire décoller l’imaginaire tout en gardant les pieds solidement ancrés dans l’humanité.

Avis de La Prochaine Séance (Mia) : Comédie profonde ? Conte onirique ? Drame métaphorique ? Revisite moderne du Magicien d’Oz ? Ce chef‑d’œuvre d’animation du studio Pixar offre un panel de perceptions et d’analyses qui peuvent évoluer avec le spectateur. Là‑haut flirte avec les genres et les codes. On peut lui reprocher d’être trop dichotomique entre l’aspect dramatique de l’histoire de Carl et l’allégorie de ce voyage fantastique à la recherche de sa femme perdue, et la touche comique apportée par les personnages qui l’entourent et les situations dans lesquelles ils se retrouvent. Mais c’est pour moi là la force de ce film : c’est l’aventure d’un vieux monsieur triste qui réapprend à vivre et à se détacher de ses figures nostalgiques.

Carl est entouré de Russell et de Doug, un jeune scout qui veut aider son prochain et un chien parlant abandonné, qui recherchent un amour que le vieil homme semble incapable de leur donner à cause de son cœur asséché par le deuil de sa femme, dont il poursuit le rêve. C’est à chaque spectateur de se laisser porter par le sens littéral des images ou de chercher une histoire métaphorique à l’aventure de cette troupe inhabituelle, drôle et attachante. On regarde le même film, mais on ne contemple pas la même œuvre, et c’est là un tour de force que de créer un film à la fois commun et unique à chacun.

J'ai horreur de l'amour (1997)

Nationalité : France – Genre : Drame, Romance – Réalisatrice : Laurence Ferreira Barbosa – Distribution : Jeanne Balibar, Jean-Quentin Chatelain, Laurent Lucas, Alexandra London, Eric Savin…

Édition DVD : France | Filmedia | 23 juin 2006

Le pitch : Annie Simonin, médecin généraliste, tente d’affronter la réalité entre un persécuteur hypocondriaque qui la menace de mort et un jeune homme séropositif qui refuse de se battre pour vivre et qu’elle essaie de ne pas décevoir…

Le mal n'existe pas (2023)

Titre VO : 悪は存在しない (Aku wa sonzai shinai) – Nationalité : Japon – Genre : Drame – Réalisateur : Ryūsuke HamaguchiDistribution : Hitoshi Omika, Ryo Nishikawa, Ryûji Kosaka, Ayaka Shibutani, Hazuki Kikuchi…

Édition DVD : France | Diaphana | 03 septembre 2024 – Édition Blu-ray : France | Diaphana | 03 septembre 2024 –  Plateformes de diffusion : Pathé Home, PremiereMax, SOONER, Canal VOD, Orange, VIVA et ARTE Boutique 

Le pitch : Takumi et sa fille Hana mènent dans un village une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin va mettre en danger l’équilibre écologique du site…

Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Ce qui permet au 7ᵉ art de se démarquer des autres médias artistiques, c’est bien la signification et la force évocatrice d’une image en mouvement. Certes, l’écriture est importante pour un objet filmique, mais la définition même du cinéma, c’est de pouvoir retranscrire une émotion, un ressenti par ce que montre l’œuvre. Et pour appuyer ce propos, le film de Ryūsuke Hamaguchi en est un parfait exemple. Car si nous ne nous arrêtons qu’à l’écriture, que pouvons‑nous retenir du mal n’existe pas ? Par ce point de vue, le long‑métrage se présente comme un drame qui traite de thématiques à la fois sociales et écologiques : ou comment, pour une question économique et touristique, un village va voir son cadre et son harmonie environnementale chamboulés du jour au lendemain. Le mal n’existe pas dresse ainsi le portrait d’un Japon proche de la nature, confronté à un monde urbaniste et entrepreneurial envahissant. Ajoutez à cela le travail de metteur en scène du cinéaste, et le film prend une nouvelle forme, proposant une tout autre interprétation.

Au‑delà de son écriture, Le mal n’existe pas est un enchaînement de somptueux tableaux sylvestres. Dès les premières secondes, Ryūsuke Hamaguchi prend le temps de planter son décor et son ambiance. Avec sa caméra, il filme avec lenteur et silence les paysages qui s’offrent à lui, sublimés par la photographie de Yoshio Kitagawa. Chaque plan devient une merveille pour la rétine, une œuvre d’art qui nous plonge dans une certaine sérénité. Cela peut perturber au début, tant le film peut paraître abstrait et hermétique. Mais en faisant cela, le réalisateur met le spectateur au niveau de ses personnages : il l’incite à entrer en communion avec la nature qui s’offre alors à lui, à éprouver cette harmonie si centrale au récit. Et quand l’ensemble bascule peu à peu vers un final proche du fantastique, Le mal n’existe pas dévoile son statut métaphorique. Bien plus que le portrait cité plus haut, le long‑métrage devient la représentation d’une nature constamment menacée par l’Homme, et qui, malgré sa pureté évidente, peut s’avérer brutale lorsqu’elle doit préserver son équilibre… même s’il est peut‑être trop tard pour sa survie. Outre ses thématiques terre‑à‑terre, Le mal n’existe pas se livre finalement à nous comme un film onirique plus complexe qu’il n’y paraît. Sans le travail apporté à la mise en scène, le long‑métrage n’aurait clairement pas cette portée si spécifique, qui contribue à sa puissance sensorielle.

Douze mille (2020)

Nationalité : France – Genre : Drame – Réalisatrice : Nadège Trebal – Distribution : Arieh Worthalter, Nadège Trebal, Liv Henneguier, Florence Thomassin, Juliette Augier…

Édition DVD : France | Shellac | 07 avril 2021  – Plateformes de diffusion : SOONER, Canal VOD, Rakuten TV, PremiereMax et VIVA

Le pitch : Frank se fait chasser d’une casse automobile où il travaille clandestinement. Bien que très attaché à sa vie avec Maroussia, Frank doit partir trouver du travail ailleurs, loin de chez lui. Douze mille euros : c’est la somme dont ils conviennent tous les deux, la somme qu’il devra gagner avant de revenir…

Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : À y regarder de plus près, Douze mille est un énième drame prenant pour personnage un prolétaire paumé, vivant de larcins et autres magouilles. C’est clairement ce que nous promet le synopsis : suivre un homme viré de son travail et qui, pour subvenir aux besoins de son couple, devra trouver un nouveau job et le salaire qui va avec. Mais la magie du cinéma fait qu’une intrigue toute tracée peut raconter tout autre chose. Elle peut amener le public vers un terrain auquel il ne s’attend pas forcément, et c’est le cas avec la réalisation de Nadège Trebal. Car s’il promet une plongée dans l’univers des travailleurs clandestins, Douze mille est avant tout une histoire d’amour.

Peu importent les thématiques sociales et éthiques, pourtant bien présentes, tout dans le long‑métrage est sujet à parler de désir et de sentiments, en restant lié à la notion d’argent. Avec son film, la réalisatrice s’amuse de cela, en détournant tout ce qui se rattache au romantisme et au plaisir de la chair. Ne serait‑ce que l’adage du titre, qui déforme l’expression « Quand on aime, on ne compte pas ». Et pour cause : pour que l’histoire d’amour du couple vedette persiste, il faut que lui parvienne à rentrer auprès d’elle avec une certaine somme en poche. Il doit atteindre un but sans jamais se perdre dans les plaisirs de la vie, avec pour mission de prouver son amour pour elle, mais aussi pour lui‑même. Cela, le film parvient à l’illustrer via des séquences au premier abord déroutantes. Je pense notamment à la rencontre entre le personnage principal et la mère d’un de ses collègues de fortune. Celle‑ci se présente comme une joute sexuelle, à base d’envie et de réparties crues, qui joue autour d’une question de dette. Je pourrais également prendre pour exemple le deal qu’il réalise avec une jeune femme : les casses quotidiens qu’ils orchestrent à deux deviennent des valses sensuelles, aux pulsions omniprésentes.

Ce parti pris en surprendra plus d’un. D’autant plus qu’avec son ton pour le moins hybride, cela jongle entre une candeur assumée et un côté plutôt brut de décoffrage, l’ensemble présente un décalage qui ne plaira pas à tout le monde. Ce ressenti sera d’ailleurs souligné par des séquences plus théâtrales et oniriques, stoppant le temps afin que les protagonistes profitent de l’instant présent. Mais Douze mille s’avère être une curiosité. Preuve qu’avec le cinéma, nous pouvons nous amuser des codes et des attentes afin de raconter une histoire universelle de bien des manières.

Mars Express (2023)

Nationalité : France – Genre : Animation, Science-fiction, Polar – Réalisateur : Jérémie Périn – Distribution : Léa Drucker, Daniel Njo Lobé, Marie Bouvet, Sébastien Chassagne, Mathieu Amalric…

Édition DVD : France | Blaq Out | 22 mai 2024  – Édition Blu-ray : France | Blaq Out | 22 mai 2024 – Édition 4K Ultra HD : Allemagne | Capelight Pictures | 06 juin 2024 – Plateformes de diffusion : Orange, Canal VOD, ARTE Boutique, Pathé Home, Cinémutins, SOONER, PremiereMax, VIVA et Rakuten TV

Le pitch : En l’an 2200, Aline Ruby, détective privée obstinée, et Carlos Rivera son partenaire androïde sont embauchés par un riche homme d’affaires afin de capturer sur Terre une célèbre hackeuse. Au fil de leur enquête, ils seront confrontés aux plus sombres secrets de leur cité…

Avis de MaG  (le loup celeste) : Quand la science-fiction cyberpunk se mêle au film noir parano des 70’s dans un style graphique dépouillé où le réalisme s’allie à la japanime, les maux de notre société moderne sont au cœur d’une enquête influencée par les meilleurs (Blade RunnerChinatownGhost in the ShellTerminator 2). Et alors que l’oppression du prolétariat se rappelle à nous par l’exploitation des robots (comme métaphore des minorités opprimées), Jérémie Périn critique dans sa dystopie intemporelle le capitalisme, le libéralisme et l’utopie spatiale d’Elon Musk & Co. Bien animé et clairvoyant dans ses réflexions, ce long-métrage d’animation français (pour un public adulte) vient confirmer la vitalité du genre dans l’Hexagone.

Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Mars Express a une signification très particulière pour La Prochaine Séance. En effet, le titre a fait l’objet de notre toute première projection, en partenariat avec le cinéma d’Art & d’Essai blésois Les Lobis. Et je peux vous dire que commencer l’aventure associative de la sorte, nous en éprouvons encore une certaine fierté ! Pour nous, Mars Express représente l’honneur d’avoir pu présenter un film montrant que le cinéma français est capable de faire des merveilles dans deux domaines encore balbutiants de nos jours : l’animation et la science‑fiction. Même s’il a touché du bout des doigts le César du meilleur film d’animation en 2024, le long‑métrage de Jérémie Périn mérite toute votre attention pour ce qu’il propose.

Véritable lettre d’amour au cinéma SF, le titre est un savoureux mélange entre Total Recall et Ghost in the Shell. L’ensemble convoque, certes, diverses références au genre, mais ces dernières ne prennent jamais le dessus sur l’univers dépeint par Mars Express. Par le biais d’une ambiance et d’un style graphique proches de l’animation japonaise, le film déroule une intrigue policière captivante. En plus de pleinement divertir, cette dernière se révèle passionnante pour les thématiques qu’elle aborde : la robotique, l’intelligence artificielle, la limite entre l’humain et la machine… Même s’il donne l’impression de nous envoyer en terrain connu, Mars Express parvient à nous transporter dans un monde aux bases solides qui lui est propre, à la richesse indiscutable. Donc, si le long‑métrage vous a échappé à sa sortie, n’hésitez plus et foncez rattraper votre retard. Jérémie Périn livre avec son film une proposition aussi efficace que pertinente, comme il serait appréciable d’en voir plus souvent dans le cinéma français.

Les différents podcasts de La Prochaine Séance sont accessibles à cette adresse.

Biberonné aux films de Steven Spielberg et passionné depuis la découverte d’un certain Alien de Ridley Scott, je dévore chaque film qui me tombe sous la main. Le cinéma tendant au partage et au rassemblement culturel, j'aime en discuter avec les amoureux du 7e art. La Prochaine Séance

 

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