Provenance : France | Éditeur : The Jokers | Date de sortie : 20 décembre 2023

Format vidéo
2160p24 – Ratio 1.85
Dolby Vision / BT.2020 – Encodage HEVC
Master intermédiaire 4K

Bande-son
Coréen Dolby Atmos
Français DTS-HD MA 5.1

Sous-titres
Français

The Host (2006)
4.5/5

Artistique : 9 | Vidéo : 8.5 | Audio : 9.5

Il est porté à l’attention de nos chers lecteurs qu’outre le matériel de visionnage précisé et utilisé, le rendu peut différer d’une installation à l’autre, qu’elle soit calibrée ou non, de même que les préférences et attentes personnelles sont susceptibles d’influer sur la notation. De surcroît, les images figurant dans l’article ne sont pas représentatives de l’édition testée.

Matériel et condition de test (Config. HP : 5.1.4)
Diffuseur vidéo : Philips 65OLED908 (Dolby Vision Filmmaker)
Sources : Oppo UDP-203 Audiocom Reference | Zappiti Reference
Enceintes : Sennheiser Ambeo Soundbar (Dolby Atmos | DTS Neural:X), SVS SB-4000

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ŒUVRE - Monstres et Cie

Séoul, de nos jours. Sur les bords du fleuve Han, les cinq membres de la famille Park coulent des jours paisibles autour de leur petit snack. Jusqu’au jour où, des profondeurs du fleuve, surgit une créature terrifiante et inconnue qui sème la mort et la désolation. Avant de replonger, elle s’empare de la petite dernière de la famille, Hyun-seo, et l’entraîne avec elle. Persuadée que Hyun-seo est toujours vivante, sa famille décide de partir à sa recherche…

Dans cette satire mutante en mue perpétuelle (les genres et les tons se multiplient) où le monstre amphibien n’est qu’une couverture (il n’est finalement pas celui qu’on pense) dans les eaux troubles du fleuve Han, une famille décomposée de la Corée déchirée (un superbe casting dominé par le grand Song Kang-ho) navigue entre la tragédie et l’humour (à la lisière de la comédie potache) pour que la pertinence sociopolitique de son propos (la solitude des classes populaires, les limites de l’impérialisme américain, l’ingérence des institutions coréennes, les dangers de la désinformation) se confronte à la catastrophe environnementale causée par l’intervention humaine. Signée Bong Joon-ho (Memories of Murder, Parasite), cette œuvre passionnante à niveaux de lecture multiples fait curieusement écho à la crise sanitaire du COVID-19.

IMAGE - Au-delà des apparences

Issue d’une restauration 4K (un scan du négatif original 35 mm et un scan des plans avec effets spéciaux depuis un internégatif qui ont ensuite été remontés numériquement) réalisée en Corée (d’où la présence de sous-titres coréens incrustés sur le master lors des dialogues anglais) sous la supervision de Bong Joon-ho, qui en a d’ailleurs profité pour retoucher l’étalonnage de couleur (mais j’y reviendrai), l’image de ce transfert UHD Dolby Vision (une exclusivité française) « bouffe tout cru » celle du Blu-ray 1080i paru en 2008 chez Océan Films.

Bénéficiant d’une compression HEVC supérieure (un bitrate vidéo moyen de quasiment 80 Mb/s) et d’un nettoyage approfondi (à quelques petites taches près), elle dispense un grain argentique visiblement plus fin et une définition bougrement réhaussée (mais légèrement en deçà sur les plans CGI) où chaque détail explose à l’écran (la crasse sur les visages, la texture aqueuse de la créature).

Le travail sur la lumière qui évolue avec les émotions de ses protagonistes n’est pas contaminé par un excès d’intensité (le gain en brillance des sources lumineuses est parfaitement maîtrisé) et les contrastes, qui ont été délicatement ajustés (les lieux sont maintenant plus sombres), débouchent la pénombre des souterrains grâce à une belle densité des noirs.

Quant à la palette colorimétrique, plus ouvertement verdâtre que par le passé, elle se prête pleinement à la photographie terne de Hyung-ku Kim qui colle à la rugosité des liens familiaux et à la morosité du scénario. Les teintes sont saturées comme il faut et les quelques touches vives (comme la housse de transport sarcophage jaune) ont été renforcées.

The Host (2006)

SON - Méfiez-vous des infox

Tout simplement monstrueux, le nouveau mixage Dolby Atmos (affecté à la VO) élaboré spécialement pour l’occasion permet au paysage sonore de faire peau neuve…

La dynamique est excellente avec des montées en puissante parfois fracassantes (cf. les apparitions de la grosse bestiole aquatique), le caisson de basses s’en donne à cœur joie, la localisation des effets et autres ambiances (régulièrement hors-champ) est d’une grande précision sur toutes les enceintes (l’omniprésence de la pluie et l’eau qui ruissèle dans les égouts usent énormément de la verticalité), le score de Byung-woo Lee est aussi ample qu’enveloppant et les voix intelligibles.

Même si elle s’en tire très honorablement (la spatialisation horizontale est palpable et la puissance appropriée), la VF DTS-HD MA 5.1 au doublage soigné minimise de nombreux bruitages (et c’est principalement l’agitation urbaine qui en supporte les conséquences).

CONCLUSION - Les tentacules de la Corée

Ce monster movie hybride à la richesse thématique juste folle n’a, 17 ans après sa sortie, ni perdu de sa superbe ni de sa modernité. Et pour fêter ça, il nous « attaque » avec un coffret monstrueux unique au monde (un boîtier rigide à fermeture magnétique garanti zéro plastique pour rester cohérent avec l’œuvre) lesté d’un storyboard complet de 334 pages, de 4h34 de bonus (dont 2h15 totalement inédites) et d’un 4K Ultra HD « happant » (nouveau master 4K + nouvelle piste VO Dolby Atmos). Ne fuyez donc pas !

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure !

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