• Testé sur PC avec une RTX 4070 Ti
  • Codes transmis par Sony
  • Laissez les petites bêtes tranquilles dans la vraie vie ! 
  • Joué une trentaine d’heures de jeu en coop, principalement à deux ou quatre.
  • Jeu impeccable techniquement sauf pour les serveurs encore capricieux…  

Comme l’expliquait encore récemment Jim Ryan, PDG de Sony qui quittera ses fonctions très prochainement, le groupe compte bien investir dans le live service, cette stratégie davantage brandie par Microsoft depuis la génération précédente. Signe d’un virage qui ne plaira pas à tout le monde, 12% des investissements de l’année fiscale de 2010 concernaient les GaaS contre une projection à 60% en 2025. Fraîchement sorti, Helldivers 2 d’Arrowhead Game Studios jouit d’un succès insolent et pourrait bien donner des ailes aux défenseur de la politique de Sony au grand damne des licences solos.

Eradiquez les tous !

Suite du jeu sorti en 2015, Helldivers 2 reprend la même formule en passant de la vue aérienne à une action plus proche du joueur. En optant pour le TPS, on est catapulté au cœur des batailles. Au menu, la « libération » de planètes extraterrestres ou plutôt la colonisation par la poudre à canon dans la pure tradition impérialiste chère aux grandes puissances terriennes. Helldivers 2 assume ses choix : ne vous attendez pas à une narration ou quelconque scénarisation. Ce sont les joueurs qui créeront leurs propres mémoires. En dehors de l’excellente cinématique d’introduction qui est littéralement calquée sur les clips propagandistes de l’excellent Starship Troopers de Verhoeven. Dans Helldivers on est là pour démembrer des arachnides matin midi et soir !

Chaque joueur dispose de son propre vaisseau mère après avoir baptisé l’appareil d’un joli nom digne des brigades de Wagner et autres groupes paramilitaires modernes si soucieux des belles lettres. C’est donc dans ma frégate, le juge impitoyable, que j’ai invité mes autres amis fascistes à participer à ce merveilleux projet : le génocide insectoïde. Au milieu du centre de commandement, une mappemonde virtuelle permet de voir l’état de libération des planètes sur lesquelles on aura porté notre dévolu. Idée sacrément cool, tout le monde participe ainsi à l’effort de guerre.

Helldivers
J'adore respirer l'odeur du napalm au petit matin.

Le sacrifice de notre petite personne permet de gagner une infime parcelle de terrain. Pensée pour tous ces soldats ukrainiens tombés au front tandis que nos journaux cherchaient coute que coute à célébrer une contre-offensive pour quelques centaines de mètres carrés arrachés aux « orcs russes ».  C’est qu’il faut savoir mourir pour son pays mon bon Monsieur, quoi qu’il en coûte. En dehors des insectes, nos frères d’armes devront aussi lutter contre des simili Terminator armés jusqu’aux dents. Equipés de canons et de tanks, l’expérience est du coup radicalement différente, même si nécessairement un peu moins originale. Sur la trentaine d’heures de jeu passée à ce jour, je me suis pour le moment largement concentré sur les arachnides plutôt que sur les automatons. La popularité de l’un ou de l’autre aura-t-elle une influence sur la guerre ?

Je suis de Buenos Aires et je dis, TUONS LES TOUS !

D’ailleurs sur ce côté macro, le jeu ne vous donne aucune indication sur cette « stratégie » de libération, façon maréchal Pétain qui envoyaient des bataillons complets se fracasser sur des murs d’artillerie. Chaque mission (ou série de missions) réussie par les Helldivers fera progresser la barre de Libération ou de Défense. Le pourcentage de progression est infinitésimal, à l’échelle individuelle, mais il ne faut pas oublier qu’il y a plusieurs centaines de milliers de joueurs. On se demande d’ailleurs ce qu’il se serait passé si le jeu avait été un échec commercial. Les insectes auraient ils pris leur revanche face à des rangs dégarnis ? Nul doute que nos précieuses données personnelles sont analysées en conséquence pour qu’Arrowhead équilibre tout ça.

Helldivers
La nuit ou sous la pluie, l'expérience est complètement différente.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le studio vient de sortir sa mise à jour avec les traditionnels nerfs d’armes qui provoquent déjà des mutineries sur les réseaux sociaux. Jeu service oblige, on espère que les développeurs auront suffisamment d’idées pour renouveler l’expérience et peut-être même nous donner l’impression de participer à des batailles décisives. A l’heure actuelle, il y a des dizaines de biomes différents sur lesquels réaliser des missions. Pour chacune d’entre elles, on débarque dans une capsule Hellpod individuelle projetée depuis notre vaisseau mère vers la planète cible. Jouer les Rambo seuls, c’est possible en fonction du niveau de difficulté choisi mais cela ne présente strictement aucun intérêt.

Helldivers
Chaque planète a sa propre ambiance !

Conscient qu’un jeu service se joue avec de francs camarades, Arrowhead a permis à chacun de jeter une balise de détresse pour être rejoint par d’autres soldats ou tout simplement de prendre part à une bataille déjà engagée par d’autres factions. Certaines missions sont à privilégier avant d’autres, à commencer par les ordres prioritaires, une sorte de quête partagée par tous les joueurs. Remporter seulement des missions individuelles ne présente aucun intérêt pour ce grand projet de pacification par les armes, sauf pour farmer de l’XP. Fûtés, les développeurs ont trouvé un système pour vous maintenir ingame, objectif principal de tout GaaS. Certaines missions sont ainsi jumelées et il faut terminer des séries de deux à trois missions pour faire bouger la barre de libération ou de défense de façon pierre par pierre, tombe par tombe.

Helldivers
Etrangement pour un jeu d'action survoltée, Helldivers 2 est parfois contemplentatif entre deux essaims.

Chaque planète dispose d’objectifs principaux et secondaires à réaliser dans un temps record avant de s’exfiltrer en appelant une navette spatiale. La coopération est essentielle et il faudra ainsi communiquer pour réaliser des mini jeux simples mais efficaces. La tension grimpe quand il faut gérer des hordes d’ennemis au même moment. Avec ces neufs niveaux de difficulté, les plus élevés vous demanderont vraiment du fil à retordre et l’impression de participer à une boucherie. Je me suis pour l’heure cassé les dents que jusqu’au niveau 7 faute d’équipements adéquats pour la suite. Se suicider pour se suicider, non merci. Avec une large palette de difficultés, Helldivers est malin car il permettra à tout types de joueurs de trouver son compte.

Les stats sont rigolotes pour se chambrer entre potes.

I’m no rookie

Evidemment on n’est pas dans Battlefield et on ne peut pas mourir éternellement en rushant comme un décérébré un point en espérant que ça finisse par passer. Une fois coupé en rondelles par un insecte, on attendra sagement que l’un de nos partenaires arrive à nous renvoyer au combat. Et c’est là que le jeu trouve tout son intérêt. Ce n’est pas un simple extraction shooter. Le jeu a un système de « stratagèmes », des commandes à activer sur notre mini-ordinateur portatif. A l’image d’un cheat code, on entre le plus rapidement possible des directions du clavier qui s’affichent sur notre menu en surimpression et qu’on finira par connaître par cœur. On peut d’ailleurs s’entraîner sur une borne d’arcade de notre vaisseau pour les mémoriser. Une idée de gameplay rétro et ô combien gratifiante quand on lance une frappe bien placée après s’être jetée au sol au dernier moment.

Ce système de stratagèmes permet autant de rappeler un collègue trop téméraire tombé au combat qu’envoyer de puissances frappes tactiques, demander des armes lourdes, des tourelles défensives et bientôt des méchas et véhicules qui ne seront pas de refus pour rivaliser face aux monstres. Apparemment le dernier patch rend la guerre intergalactique encore plus dure. Des défis environnementaux supplémentaires apparaîtront de manière aléatoire pendant nos missions. Le bulletin météo prévoit déjà des tornades de feu et pluies de météores, de quoi faire passer l’écocide actuel pour une partie de plaisir. Actuellement les développeurs ont toutes les cartes en main pour peaufiner les mécaniques de défense et libération. Et on espère quelques batailles acharnées et défaites pour donner du sens à la guerre.

Helldivers 2 est impressionnant pour sa capacité à retourner les situations en une fraction de secondes. Les différents types d’insectes fonctionnent par essaims. Certains vous ralentissent en vous vomissant dessus, d’autres font des bonds prodigieux et certains sont des tanks à l’épaisse carapace qu’on ne pourra percer qu’avec de puissantes armes lourdes ou en faisant un saut de côté au dernier moment pour vider notre chargeur sur leur queue fragile (désolé pour l’ambiguïté sémantique). Des araignées géantes cuirassées vous donneront du fil à retordre. Il faudra donc apprendre à contenir ses vagues pendant qu’on réalise des missions sur la carte : extraction de pétrole, destructions de nids à la grenades, défense d’objectifs, etc. La routine de tout Helldiver !

Helldivers
La végétation est un élément crucial du gameplay.

Les insectes sont nos amis

Autre réussite du jeu, son gameplay percutant allié à des déplacements plus lourds et calqués sur ceux d’un certain Metal Gear V. Et clairement il s’agit d’un emprunt dont il ne fallait pas se priver vue l’excellence du jeu de Kojima. On a vraiment l’impression de porter son équipement. On peut également changer le type de visée, basculer en vue FPS, ramper et tirer couché pour gagner en précision. La mécanique de saut dans toutes les directions est infiniment cool, autant de façon défensive qu’offensive en tirant une fois retombé au sol. Certaines armes lourdes ont un décalage entre le moment où on change de cibles et le moment où le viseur l’atteint. Seuls quelques petits points d’accroche sont parfois énervants sur la carte mais cela reste anecdotique. Helldivers est un jeu situationnel qui laisse la part belle à l’expérimentation et l’improvisation.

L’utilisation de l’environnement est essentielle et il faudra faire attention à ne pas être retardé par la végétation. Le milieu peut très vite se retourner contre vous ou inversement faire office de couverture ou d’échappatoire comme ses rochers derrière lesquels on se jette après une charge arachnide. Helldivers est tellement funky. Les interactions et styles de jeux de chacun offrent des situations cocasses, d’autant plus que le friendly fire est toujours activé. Il faudra donc doser avec parcimonie les frappes pour ne pas tuer vos camarades d’infortune. Prudence également à surveiller vos munitions et à partager vos stratagèmes de ravitaillement pour ne pas condamner vos joyeux frères d’armes.

Nerveux, original et impeccable techniquement, Helldivers 2 coche toutes les cases pour que vous aussi vous rejoignez le front. Même si les serveurs sont encore capricieux à l’heure actuelle, le jeu est un condensé d’action dans la droite ligne de Starship Troopers, la critique sociale en moins. Profondément axé sur le gameplay et le team play, les missions s’enchaînent avec régal. Si le plaisir de la découverte est immense, tout dépendra maintenant de la capacité d’Arrowhead à faire évoluer la formule et les rapports de forces sur le long terme. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un jeu service original alors ne boudons pas notre plaisir. Il est même possible d’enterrer la hache de guerre entre PCistes et consoleux puisque le titre supporte le crossplay. Le genre de jeux conviviaux où on célèbre les victoires en se marrant sur l’écran des statistiques finales. Comme le disaient le lieutenant Michael Ironside pour former la bleusaille, « Je m'attends au meilleur et je donne le meilleur. Voici la bière. Voici le divertissement. Amusez-vous, c'est un ordre ! » Vous aussi, aidez-nous à répandre la démocratie !
Pour
  • Radicalement fun
  • Gameplay riche et gunfight percutant
  • Liberté de mouvements
  • Animations des insectes
  • DA inspirée
  • Des éclairages réussis
  • Un jeu gore et débile assumé
  • Team play au cœur du gameplay
  • Le système de stratagèmes
  • Le concept macro de libération
  • Difficulté à la carte
  • Le friendly fire
  • Jouer les fascistes !
  • Sound design excellent
  • L'impression de participer à quelque chose de "grand"
Contre
  • Quelques accrochages avec l'environnement
  • Les automatons un peu moins intéressants
  • Les serveurs encore capricieux
  • Le système de libération pas très pédagogique

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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