La 30e Ă©dition du Festival international du film fantastique de GĂ©rardmer s’est dĂ©roulĂ©e sous un froid hivernal du mercredi 25 au dimanche 29 janvier 2023. Couvert par KillerSe7ven et le loup celeste, l’Ă©vènement valait le dĂ©placement puisque l’ambiance bon-enfant (Ahouuu !!!), le dĂ©cor montagnard, les rencontres dans les files d’attentes, la bonne bouffe (au munster) et les discussions entre cinĂ©phages s’Ă©taient aussi « perdus Â» dans les Vosges.

GĂ©rardmer 2023

Une programmation Ă©clectique plus auteurisante qu’Ă  l’accoutumĂ©e (Domingo et la brume et La Montagne sont bien plus Cannois que GĂ©rĂ´mois), de belles rencontres (comme Mathieu PlainfossĂ©, chef op’ de Tropique), la mĂ©morable soirĂ©e privĂ©e pour l’annif du festoche (oĂą notre « Tarzan Â» de Strasbourg a mis le feu sur l’estrade aux cĂ´tĂ©s de Pablo Cobo et Louis Peres, les rĂ´les principaux de Tropique), des interviews passionnantes (ouvertes par Lorcan Finnegan, le rĂ©alisateur de The Nocebo Effect) et le tournage aux aurores de p’tits retours critiques dans un studio de fortune (vous pensiez sĂ©rieusement que nous allions dĂ©penser sans compter !?), auront ainsi rythmĂ©s les pĂ©rĂ©grinations de nos deux compères.

Et si vous allez devoir patienter quelque peu pour tout dĂ©couvrir (de nombreux articles et/ou vidĂ©os vont suivre dans les jours Ă  venir), nous dĂ©marrons les hostilitĂ©s avec l’après-sĂ©ance de notre canis lupus des PyrĂ©nĂ©es (Ă  coup sĂ»r, La Montagne a dĂ» lui rappeler sa tanière). Suivez les couteaux…

Sommaire

Piaffe

Piaffe

 (2022 / Allemagne / 86 min) de Ann Oren
VisionnĂ© le jeudi 26 janvier Ă  11h00 Ă  l’Espace LAC. CompĂ©tition

Eva, une jeune femme introvertie qui travaille comme bruiteuse, rencontre des difficultés pour créer les sons d’un film publicitaire mettant en vedette un cheval. Alors qu’une queue de cheval commence à pousser sur son corps, elle développe une relation de soumission avec un botaniste.

Abolissant les frontières du sexe et des genres (homme/femme), cette Ĺ“uvre fĂ©tichiste surrĂ©aliste rate nĂ©anmoins son galop en se parant de trop gros sabots. Car si elle exhibe une plastique somme toute aguicheuse (une captation Super 16 au format 1.66), l’affirmation de soi dont elle parle (une femme-cheval qui dĂ©couvre toute sa fĂ©minitĂ© avec un attribut symboliquement viril) est appuyĂ©e trop grossièrement pour marquer les esprits. Et malgrĂ© quelques fulgurances (le passage sur la table d’examen, les sĂ©quences de clubbing), cette Ă©trangetĂ© a bien du mal Ă  transmettre les mĂ©caniques de ses dĂ©sirs. Un court-mĂ©trage se serait plus facilement laissĂ© dompter ! 🔪🔪

Watcher

Watcher

 (2022 / États-Unis / 96 min) de Chloe Okuno
VisionnĂ© le jeudi 26 janvier Ă  17h00 Ă  l’Espace LAC. CompĂ©tition

Julia et son mari d’origine roumaine quittent les États-Unis pour emmĂ©nager Ă  Bucarest, oĂą ce dernier a trouvĂ© un nouvel emploi. Ayant tirĂ© rĂ©cemment un trait sur sa carrière de comĂ©dienne, Julia se retrouve souvent seule dans son grand appartement et essaye de s’occuper comme elle peut. Une nuit, en scrutant par la fenĂŞtre l’immeuble d’en face, elle aperçoit une silhouette qui semble la regarder en retour…

Ă€ la croisĂ©e des genres, ce thriller psychologique Ă  la beautĂ© froide et Ă  la tension subliminale est un FenĂŞtre sur cour moderne oĂą la menace rode derrière les rideaux. Misant sur le hors-champ pour faire monter l’angoisse et portant un regard pertinent sur le harcèlement (exercĂ© par les hommes), cette Ĺ“uvre Ă©lĂ©gante voit une Maika Monroe livrĂ©e Ă  elle-mĂŞme qui, Ă  l’inverse de son personnage dans l’elevated horror It Follows, est rĂ©solue Ă  suivre son bourreau pour confirmer ses soupçons. Archi-classique certes mais efficace dans son exercice hitchcockien. 🔪🔪🔪

Blood (2022)

Blood (2022)

 (2022 / États-Unis / 98 min) de Brad Anderson
Visionné le jeudi 26 janvier à 20h00 au PARADISO. Compétition

Après un divorce compliqué, Jesse emménage avec sa fille et son jeune fils Owen dans une vieille ferme. Peu de temps après, Owen est mordu violemment par un chien. À l’hôpital, il se réveille avec une étrange soif de sang. Sa mère fera tout pour lui en procurer et le maintenir en vie.

Ce drame familial dĂ©primant oĂą l’horreur surnaturelle (une relecture du vampirisme) se rassasie d’une mĂ©taphore sur la sĂ©paration de couple et les dĂ©pendances, est un monstre dysfonctionnel engageant (le metteur en scène ne manque pas de savoir-faire) malgrĂ© un manque certain d’originalitĂ© (les enjeux qu’il dessine et les bases qu’il pose sont connus du genre). IntĂ©ressante lorsqu’elle plonge dans la psychĂ© de la mère, ancienne droguĂ©e dĂ©veloppant un syndrome de MĂĽnchausen par procuration, beaucoup moins lorsqu’elle tente de façonner une mythologie, trop maladroite et mystĂ©rieuse pour captiver, cette sĂ©rie B cruelle pour ses personnages ne succombe nĂ©anmoins pas Ă  l’appel (gratuit) du sang et dĂ©range avec le dosage adĂ©quat. 🔪🔪🔪

La Tour

La Tour

 (2022 / France / 89 min) de Guillaume Nicloux
Visionné le jeudi 26 janvier à 22h00 au PARADISO. Compétition

Au cĹ“ur d’une citĂ©, les habitants d’une tour se rĂ©veillent un matin et dĂ©couvrent que leur immeuble est enveloppĂ© d’un brouillard opaque, obstruant portes et fenĂŞtres – une Ă©trange matière noire qui dĂ©vore tout ce qui tente de la traverser. Pris au piège, les rĂ©sidents tentent de s’organiser, mais pour assurer leur survie, ils succombent peu Ă  peu Ă  leurs instincts les plus primitifs, jusqu’à sombrer dans l’horreur…

Jouant de la peur infantile du noir, ce confinement de l’extrĂŞme invite dans la banlieue The Mist (sans les crĂ©atures effrayantes) pour mieux dissĂ©quer la sociĂ©tĂ© française non sans un pessimisme oppressant. Sur fond de communautarisme et de survivalisme qui poussent les hommes Ă  la barbarie, cette tour HLM de toutes les horreurs (le dĂ©cor est habilement exploitĂ©) s’assure que ses habitants restent en mouvement pour les confronter Ă  des drames extrĂŞmes (proxĂ©nĂ©tisme, cannibalisme, etc.). De fait, explorant la noirceur de l’âme humaine, ce drame post-apo ambitieux (parfois trop, cf. les ellipses temporelles oĂą certaines pistes narratives s’Ă©vaporent dans le nĂ©ant) est d’une sombre originalitĂ© dans le paysage cinĂ©matographique français. 🔪🔪🔪🔪

Memory of Water

Memory of Water

 (2022 / Finlande, Allemagne, Estonie & Norvège / 100 min) de Saara Saarela
VisionnĂ© le vendredi 27 janvier Ă  11h00 Ă  l’Espace LAC. CompĂ©tition

Dans un monde futuriste où l’eau se fait rare, Noria est devenue la Maîtresse du thé de son village, suivant à la lettre les traditions héritées de son défunt père. Elle détient également un secret bien gardé depuis des générations. La jeune femme doit faire appel à sa force tranquille pour la guider à travers une dangereuse odyssée pour la survie de son peuple.

Alors que l’eau s’est tarie, cette dystopie totalitaire nordique (Ă  la Hunger Games et Divergente) qui rappelle les heures les plus sombres du vieux continent (le Troisième Reich) Ă©tanche notre soif de cinĂ©philie avec sa sensibilitĂ© europĂ©enne. Et mĂŞme si pleine de bons sentiments et peuplĂ©e de personnages manichĂ©ens (mais non moins attachants), cette fable Ă©cologique Ă  l’esthĂ©tique futuriste poussiĂ©reuse (oĂą les Ă©lĂ©ments de SF sont intĂ©grĂ©s avec goĂ»t) et Ă  la mise en scène aussi raffinĂ©e qu’Ă©purĂ©e (comme la cĂ©rĂ©monie du thĂ© au Japon) est animĂ©e par un cĹ“ur fĂ©minin qui bat la chamade. LeVesper Chronicles de 2023 est lĂ  ! 🔪🔪🔪🔪

En plein feu

En plein feu

 (2022 / France & Belgique / 85 min) de Quentin Reynaud
VisionnĂ© le vendredi 27 janvier Ă  15h00 Ă  l’Espace LAC. Hors CompĂ©tition

Alors qu’un incendie de forĂŞt ravage la rĂ©gion depuis des semaines, Simon, 41 ans, et son père Joseph, 74 ans, doivent quitter leur maison et prennent la route suite aux alertes d’évacuation. Mais le vent se lève, rendant le feu impossible Ă  contrĂ´ler. Prisonniers de leur vĂ©hicule et seuls dans une forĂŞt transformĂ©e en brasier gĂ©ant, Simon et Joseph rĂ©ussiront-ils Ă  s’en sortir ?

Marchant dans les flammes du film catastrophe, ce survival Ă©touffant « s’embrase Â» lorsque le drame familial symbolique nous somme d’agir (pour la planète et ses proches) avant qu’il ne soit trop tard. Prouesse technique et artistique (surtout pour un film français) nous projetant au plus près des personnages (interprĂ©tĂ©s par deux acteurs très talentueux), cet Ă©cho aux crises climatiques (que nous traversons depuis quelques annĂ©es) Ă  la bonne idĂ©e de se mettre au service de son intrigue, qui Ă©volue en temps rĂ©el (ou presque) au milieu de paysages embrasĂ©s, pour que l’allĂ©gorie sur la famille et le deuil relance adroitement les enjeux. Face Ă  mère nature, dont la puissance dĂ©vastatrice n’est plus Ă  dĂ©montrer, la virĂ©e ne pouvait ĂŞtre qu’anxiogène ! 🔪🔪🔪🔪

Domingo et la brume

Domingo et la brume

 (2022 / Costa Rica & Qatar / 92 min) de Ariel Escalante Meza
Visionné le vendredi 27 janvier à 18h30 à la MCL. Hors Compétition

Dans les montagnes tropicales du Costa Rica, Domingo, qui a perdu sa femme, possède une terre convoitĂ©e par des entrepreneurs dĂ©terminĂ©s Ă  construire une nouvelle autoroute. Multipliant les actes d’intimidation, ils dĂ©logent les habitants les uns après les autres. Mais Domingo rĂ©siste car cette terre renferme un secret mystique…

Dans un univers en voie de disparition oĂą le capitalisme rampant empĂŞche le recueillement, un homme « seul contre tous Â» se perd dans d’interminables errances oniriques. Beaucoup trop contemplative et mutique pour son propre bien, cette « fin d’un monde Â» très rĂ©ussie formellement (les paysages vaporeux sont envoĂ»tants et la musique dissonante qui se mĂŞle Ă  cette nature « polluĂ©e Â» par la dĂ©construction des hommes est remarquable) s’apparente Ă  un voyage interne Ă  la douceur mĂ©lancolique certaine dont la brume, mystĂ©rieuse et omniprĂ©sente, est un vĂ©ritable personnage symbolique (la mort et le deuil). Mais s’il est important de rappeler qu’il est toujours difficile de se dĂ©faire du passĂ©, il y a bien 70 minutes de trop pour le faire ! 🔪

The Nocebo Effect

The Nocebo Effect

 (2022 / Irlande, Philippines, Royaume-Uni & États-Unis / 96 min) de Lorcan Finnegan
Visionné le vendredi 27 janvier à 22h30 à la MCL. Compétition

Une créatrice de mode est soudain frappée par une mystérieuse maladie qui déconcerte ses médecins et contrarie son mari. Mais l’arrivée d’une nurse philippine, adepte de la médecine locale traditionnelle, révèle la terrifiante origine du mal qui la frappe.

Certes convenu (il ne renouvelle en rien le genre) et peu subtil (la narration est trop mĂ©caniquement explicative), ce thriller horrifique Ă  combustion lente se soigne avec un folklore d’Asie du Sud-Est pour mettre en demeure l’exploitation des nations pauvres. Plus terre Ă  terre que son Vivarium qui dĂ©ployait une critique radicale du consumĂ©risme (qui nous consume et non l’inverse) et « subie Â» par une Eva Green dont le jeu Ă©voque celui d’Isabelle Adjani dans Possession, cette manipulation du corps et de l’esprit (qui donnera naissance Ă  une rĂ©vĂ©lation brĂ»lante) est parsemĂ©e de mĂ©morables visions cauchemardesques jusqu’Ă  un final cruellement affriandant. 🔪🔪🔪

Irati

Irati

 (2022 / Espagne / 111 min) de Paul Urkijo Alijo
Visionné le samedi 28 janvier à 11h00 à la MCL. Hors Compétition

VIIIe siècle. L’armĂ©e de Charlemagne est en train de mettre les PyrĂ©nĂ©es Ă  feu et Ă  sang. Afin d’arrĂŞter ce massacre, le chef des montagnards de la vallĂ©e demande de l’aide auprès des dieux ancestraux de ses terres, dont la disparition est imminente avec l’arrivĂ©e de la chrĂ©tientĂ©. Après avoir prĂŞtĂ© serment, il arrive Ă  vaincre l’ennemi en Ă©change de sa vie. Mais avant de mourir, il fait promettre Ă  son fils Eneko de protĂ©ger Ă  son tour la vallĂ©e. Les annĂ©es passent et Eneko, devenu un homme Ă  la foi chrĂ©tienne, se prĂ©pare Ă  honorer sa promesse…

Si le casting dĂ©tone avec la nature, ce conte fantastique oĂą le terrestre et le magique (superbement illustrĂ©) cohabitent verse un bel heroic fantasy basque faisant vivre des lĂ©gendes qui se meurent. Car Ă  travers le prisme du fantastique, il est question de croyances qui luttent pour leur survie dans un monde oĂą elles ne sont plus les bienvenues. Cette idĂ©e est d’ailleurs rapportĂ©e aux CGI dont l’animation image par image se souvient du grand Ray Harryhausen. 🔪🔪🔪

La pietĂ 

La pietĂ 

 (2022 / Espagne & Argentine / 84 min) de Eduardo Casanova
Visionné le samedi 28 janvier à 14h30 à la MCL. Compétition

Lili et son fils Mateo ont une relation fusionnelle qui les rend dépendants l’un de l’autre. Ils se complaisent dans une réalité suffocante jusqu’au jour où l’un d’entre eux est atteint d’une maladie grave. La simple idée d’être séparés les conduit à développer une version d’eux-mêmes la plus sombre et toxique qui soit.

TĂ©lĂ©novela sous acide sur la maternitĂ© toxique, cette comĂ©die noire colorĂ©e (rose bonbon) oĂą la libertĂ© n’existe pas dĂ©nonce le contrĂ´le dictatorial avec autant d’humour que de provocation (les parallèles avec le rĂ©gime politique de la CorĂ©e du Nord sont hilarants). Jusqu’au-boutiste et Ă©maillĂ©e de situations grand-guignolesques pour mieux massacrer l’Ĺ’dipe qui habite les lieux (aseptisĂ©s), cette Ĺ“uvre théâtrale dans ses excès (toujours contrĂ´lĂ©s) qui exposent des images indĂ©lĂ©biles (cf. la contre-plongĂ©e sous une femme qui urine ou encore l’accouchement cauchemardesque d’un « bĂ©bĂ© Â» hors-norme) s’Ă©dicte en du trash opulent qui ne ressemble qu’Ă  lui. 🔪🔪🔪🔪🔪

The Elderly

The Elderly

 (2022 / Espagne / 96 min) de Raul Cerezo & Fernando Gonzalez Gomez
Visionné le samedi 28 janvier à 19h30 à la MCL. Hors Compétition

Le monde de Manuel s’effondre le jour oĂą son Ă©pouse se suicide. Le choc est si grand qu’il provoque la dĂ©mence chez le vieil homme. Incapable d’envoyer son père vivre dans une rĂ©sidence spĂ©cialisĂ©e, son fils Mario dĂ©cide de l’accueillir chez lui avec sa famille malgrĂ© la forte opposition de sa femme qui attend un enfant et le comportement de plus en plus erratique et agressif de Manuel…

Si la rĂ©flexion sur les violences ordinaires prodiguĂ©es aux aĂ®nĂ©s est pertinente, cet inquiĂ©tant drame horrifique qui use de jump scares usĂ©s se perd en chemin. Car pour arriver Ă  son effrayante dernière ligne droite oĂą les vieux sont enfin vus de tous (mais pas bien longtemps pour nous autres spectateurs), cette horreur espagnole qui marche au ralenti en ces temps de canicule part dans trop de directions avant de cĂ©der Ă  la facilitĂ© (le pacemaker de la rĂ©bellion). Et c’est dommage puisque la photographie (aux nuances de marron et de jaune) et l’immeuble (qui fait revivre [REC]) donnent le sentiment de se trouver dans un monde dessĂ©chĂ© oĂą la mort guette (n’est-ce pas le cas ?). 🔪🔪

Zeria

Zeria

 (2021 / Belgique / 61 min) de Harry Cleven
Visionné le samedi 28 janvier à 21h30 à la MCL. Compétition

Gaspard est le dernier homme sur Terre. Zeria, son petit-fils, est le premier ĂŞtre humain nĂ© sur Mars. Gaspard lui raconte sa vie, ses peurs, ses amours… dans l’espoir que Zeria vienne le voir avant de mourir. Zeria serait le premier ĂŞtre humain Ă  revenir sur Terre sans l’avoir jamais connue…

Un parcours de vie mĂ©lancolique et visuellement hybride (des marionnettes, des dioramas urbains et des masques portĂ©s par de vrais humains) oĂą une humanitĂ© en bout de course sert une expĂ©rience psychanalytique dĂ©stabilisante. EsthĂ©tiquement laide (mĂŞme s’il faut saluer l’initiative) et dĂ©primante au possible, cette thĂ©rapie guidĂ©e par une voix-off plombante risque de laisser de marbre ses visiteurs. 🔪

Venus (2022)

Venus (2022)

 (2022 / Espagne / 100 min) de Jaume Balagueró
Visionné le samedi 28 janvier à 23h00 à la MCL. Hors Compétition

Lucía travaille comme gogo danseuse dans une boîte de nuit. Un soir, elle y vole un sac rempli de drogues de synthèse à la barbe de ses employeurs. Poursuivie par une bande de gros bras, elle trouve refuge dans l’appartement où réside sa sœur Rocío. Mais cet endroit semble cacher une menace beaucoup plus terrible que les hommes qui la cherchent.

Entre polar (avec des gangsters Ă©chappĂ©s d’une production EuropaCorp) et horreur lovecraftienne (oĂą la trilogie des trois mères de Dario Argento sĂ©journe au dernier Ă©tage), ce film de genre imprĂ©visible qui manie l’art du virage sans garde-fou (coucou Malignant !) Ă©branle une inoubliable scream queen (sexy en diable et badasse au possible) jusqu’Ă  son couronnement final. Alors qu’il fait couler des litres de sang, ce fantasme de fantasticophiles est tout simplement jouissif. 🔪🔪🔪

Tropique

Tropique

 (2022 / France / 110 min) de Edouard Salier
Visionné le dimanche 29 janvier à 11h00 à la MCL. Hors Compétition

Les frères jumeaux Lázaro et Tristán font partie d’un programme militaire qui vise Ă  former les meilleurs astronautes de demain. Leur mère a tout sacrifiĂ© pour les porter vers cet objectif. Mais leur rĂŞve se brise et la cellule familiale explose lorsque Tristán est contaminĂ© par un rĂ©sidu toxique qui le transforme physiquement et mentalement…

DĂ©bordant d’humanitĂ© et visuellement grandiose (une captation 16 mm camĂ©ra Ă  l’Ă©paule lorsque le feu de l’adolescence brĂ»le qui Ă©volue vers du numĂ©rique 4K stabilisĂ© Ă  l’heure des responsabilitĂ©s), ce drame familial sur le handicap (oĂą ressort du body horror Ă  la Cronenberg) s’impose comme une Ĺ“uvre sincère et d’une justesse rare avec deux acteurs au firmament. En cinq chapitres brassant la rivalitĂ©, le dĂ©ni, le rejet, la haine et l’amour, c’est une magnifique et bouleversante histoire sur les liens fraternels qui nous est contĂ©e. 🔪🔪🔪🔪🔪

La Montagne (2022)

La Montagne

 (2022 / France / 112 min) de Thomas Salvador
Visionné le dimanche 29 janvier à 16h00 au PARADISO. Compétition

Pierre, ingénieur parisien, se rend dans les Alpes pour son travail. Irrésistiblement attiré par les montagnes, il s’installe un bivouac en altitude et décide de ne plus redescendre. Là-haut, il fait la rencontre de Léa et découvre de mystérieuses lueurs.

Dans ce voyage introspectif oĂą le fantastique se greffe très mal Ă  la narration (pour une mĂ©taphore qui manque terriblement de subtilitĂ©), l’ivresse des sommets et la majestĂ© des images (le massif du Mont-Blanc) ne suffisent pas Ă  atteindre les cimes. Et alors que les neiges sont autant Ă©ternels que l’ennui, suivre un personnage aussi taiseux dans sa retraite en altitude ne procure aucunement des sensations pures. Pour rappeler ce qui est essentiel ici-bas, un rĂ©cit resserrĂ© (30 minutes en moins) amputĂ© des Ă©lĂ©ments de genre (totalement inutiles) aurait Ă©tĂ© autrement plus concluant. J’aurais pu dire alors : « La Montagne, ça vous gagne ! Â». 🔪🔪

Nos cérémonies

Nos cérémonies

 (2022 / France / 104 min) de Simon Rieth
Visionné le dimanche 29 janvier à 19h30 au CASINO. Hors Compétition

Royan, 2011. Alors que l’étĂ© Ă©tire ses jours brĂ»lants, deux jeunes frères, Tony et NoĂ©, jouent au jeu de la mort et du hasard… Jusqu’à l’accident qui changera leur vie Ă  jamais. Dix ans plus tard et dĂ©sormais jeunes adultes, ils retournent Ă  Royan et recroisent la route de Cassandre, leur amour d’enfance. Mais les frères cachent depuis tout ce temps un secret…

Empreint d’un affect profond pour ses deux personnages, ce drame fraternel sur l’Ă©mancipation (que l’interdĂ©pendance unique et magique empĂŞche) est une Ĺ“uvre hors-du-temps oĂą l’Ă©vanescence pĂ©nètre les pores de la peau (la photographie est vraiment très belle) et la mort est source de vie. Authentique et audacieuse dans sa proposition, cette première Ĺ“uvre singulière a le cĹ“ur lourd rempli d’amour ! 🔪🔪🔪🔪

Knock at the Cabin

Knock at the Cabin

 (2023 / États-Unis / 105 min) de M. Night Shyamalan
Visionné le dimanche 29 janvier à 22h00 au CASINO. Hors Compétition

Alors qu’ils passent leurs vacances dans un chalet isolé en pleine nature, une jeune fille et ses parents sont pris en otage par quatre étrangers armés qui exigent d’eux un choix impossible afin d’éviter l’imminence de l’apocalypse. Alors qu’ils n’ont pratiquement aucun moyen de communication avec le reste du monde, ils vont devoir seuls prendre et assumer leur décision.

Dans ce huis-clos oppressant oĂą la foi et la famille (les thèmes fĂ©tiches du rĂ©alisateur) ont trouvĂ© « refuge Â», le tic-tac de l’Apocalypse somme Ă  l’humanitĂ© de faire le bon choix (une guerre interne qui sera malheureusement trop simplifiĂ©e Ă  la fin). EmballĂ© avec un vrai savoir-faire, rĂ©gi par l’Ă©motion et habitĂ© par un casting d’une grande justesse (Dave Bautista en tĂŞte), ce Signes en miroir qui sait jouer avec les nerfs du public est le nouveau testament de Shyamalan ! 🔪🔪🔪

GĂ©rardmer 2023

Le Jury de la 30e Ă©dition du Festival international du film fantastique de GĂ©rardmer, co-prĂ©sidĂ© par BĂ©rĂ©nice Bejo et Michel Hazanavicius, entourĂ©s de Pierre Deladonchamps, Gringe, Anne Le Ny, Alex Lutz, SĂ©bastien Marnier, Finnegan Oldfield, Catherine Ringer et Pierre Rochefort a dĂ©cernĂ© les prix suivants :

Grand Prix : La pietĂ 
Prix du Jury : La Montagne & Piaffe
Prix du 30e anniversaire : The Watcher
Prix de la critique : La Montagne 
Prix du Public : La pietĂ 
Prix du Jury Jeunes : La pietĂ 

Le Jury courts mĂ©trages de la 30e Ă©dition du Festival international du film fantastique de GĂ©rardmer, prĂ©sidĂ© par David Jarre, composĂ© de OphĂ©lie Bau, Jules Benchetrit, François Descraques, Lou Lampros et FrĂ©dĂ©rique Moreau a dĂ©cernĂ© le prix suivant :

Grand Prix du court mĂ©trage : Il y a beaucoup de lumière ici

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure !

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KillerSe7ven
Administrateur
4 mois

Un rĂ©gal cette session vosgienne. La sĂ©lection Ă©tait particulièrement riche en terme de diversitĂ©, très “autorisante” effectivement. C’est vrai que la plupart des films Ă©taient moins fantastiques qu’Ego ou The Innocents l’annĂ©e dernière comme on l’a souvent entendu dans les files d’attente. Pour autant, la qualitĂ© Ă©tait globalement au rendez vous avec quelques claques comme La Pieta ou Tropique et d’excellentes propositions radicales comme La Tour ou Watcher d’unĂ© Ă©lĂ©gance folle.

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