Pensé comme le blockbuster streaming de l’été, The Gray Man est la nouvelle création des nouveaux rois du monde, à savoir les frères Russo, réalisateurs de Avengers: Endgame… C’est surtout un amer constat de ce que le cinéma d’action est maintenant devenu.

Le cinéma d'action est mort

Il fut un temps ou les films d’action étaient pensés comme un genre à part entière et où les cinéastes pouvaient s’y épanouir. Des réalisateurs comme Steven Spielberg, James Cameron, Walter Hill, Michael Mann ou John McTiernan ont prouvé que les blockbusters d’auteurs avaient leur place au sein du paysage cinématographique.

Désormais, le moindre blockbuster est réduit à sa plus simple expression : le tape à l’œil au détriment de l’histoire. Et ce n’est pas ce Gray Man qui va redorer le blason, autrefois stimulant, de la grosse machinerie saisonnière.

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Avec son budget affolant de 200 millions de dollars, The Gray Man raconte comment un ex agent de la CIA, devenu tueur à gages pour le gouvernement, se retrouve être la cible de son ancien employeur.

D’un script on ne peut plus bateau, les frères Russo n’arrivent à en tirer que très peu de choses… Car ce n’est pas en faisant des envolées de caméras sur des paysages certes cinégéniques, mais ô combien vides de sens, que le film va se montrer incontournable !

Action morose

Car le gros problème du film (et du cinéma d’action de ces dernières années) est le fait qu’il ne s’intéresse absolument pas à ses personnages, de simples silhouettes traversant le récit sans aucune conviction. Le scénario se construit donc à travers ses scènes d’action et non l’inverse.

De peur d’ennuyer le spectateur, plus enclin à plonger son nez devant son écran de téléphone plutôt que sur un grand écran, les frères Russo multiplient les bastons, fusillades et autres courses-poursuites dans un avion, un tramway, un manoir, mais oublient l’essentiel : ses personnages. Ce n’est pas en mettant des lunettes et un costard trois pièces à Regé-Jean Page qu’on fera de lui un méchant bureaucrate. Ce n’est pas non plus en gominant les cheveux d’un Chris Evans porteur d’une moustache ridicule et d’une garde-robe de chez Devred qu’on fera de lui un méchant psychopathe. Et je ne parle pas de la magnifique Ana De Armas, réduite ici à peau de chagrin. Quant à Ryan Gosling, son regard éteint en dit long sur son implication. Il suffit de voir Drive et The Nice Guys (des films pensés et écrits en amont coté mise en scène) pour se convaincre qu’il aurait pu être un vrai héros d’action avec un véritable background (et pas un flashback explicatif expédié en début de métrage).

« On ne fait pas d'omelette sans casser des gens. »

Lloyd Hansen

Énième production sans enjeu ni vision, The Gray Man ne vaut même pas un visionnage en mode bières et pizzas. En espérant que le prochain blockbuster d’été de Netflix, Day Shift, une comédie d’horreur avec Jamie Foxx et Snoop Dog, se montrera bien plus divertissant (ce que le trailer à l’air de montrer). Wait and see…

Biberonné très tôt au cinéma, j'avalais de la pellicule comme d'autres des bérets verts au petit déjeuner ! Curieux de tout et aujourd'hui casanier dans l'âme, c'est dans la douce atmosphère du foyer que j'étanche ma soif sans limite de 7e art.

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