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- Testé sur Nintendo Switch 2
- Code transmis par l’éditeur
- Aventure terminée au mode de difficulté 3/3 “Shinobi”
- 11 heures de jeu au total
Ninja Gaiden 4, Ninja Gaiden Ragebound, Assassin’s Creed Shadows, Ghost Of Yutei : 2025 avait tout d’une année sous le signe des shinobis, sinon des samouraïs. Développé par le duo Sega / Lizardcube, Shinobi Art of Vengeance faisait partie des joyaux du beat’em all sortis cette année. Derrière cette renaissance d’une licence tombée en désuétude depuis presque quinze ans déjà, on retrouve des développeurs que MaG affectionne et qu’on connaît depuis leur tout premier projet, Wonder Boy: The Dragon’s Trap (2017). Huit ans plus tard, le studio s’est forgé une solide réputation sur la scène arcade en redonnant une seconde vie à des licences cultes, à l’instar de Street of Rage 4 (lire notre critique). Shinobi Art of Vengeance est-il fait de ce même bois ?
Ninjamania à la française
C’est à l’issue du développement du dernier Street Of Rage que les développeurs français ont contacté SEGA Japan. Fort d’une solide réputation acquise sur la scène arcade, Lizardcube n’a pas eu besoin de faire des pieds et des mains pour convaincre les Japonais d’une collaboration sur cette franchise qui marqua l’année 1987. Après le succès populaire des films de Kung fu des années 70 et le phénomène Bruce Lee, la fin des années 80 ouvre la voie à la ninjamania. Durant près d’une quinzaine d’années, le ninja était décliné à toutes les sauces autant au cinéma que dans les animes et les jeux vidéo. Licence prestigieuse du catalogue de Sega, Shinobi atteindra certainement son apogée avec le très populaire The Revenge of Shinobi. La saga s’essoufflera au tournant des années 2000 et le dernier épisode de qualité datait de 2011 : un reboot 3DS sobrement intitulé Shinobi, puis plus rien.
Chez Lizardcube, les développeurs ont toujours défendu un style graphique plutôt épuré avec une 2D HD avant tout pensée en termes de lisibilité de l’action. Plus encore que pour leur dernier projet, Shinobi Art of Vengeance n’hésite pas à proposer des décors avec beaucoup de profondeur. La caméra prend régulièrement de la distance vis-à-vis de notre personnage avec un effet de zoom arrière particulièrement marqué lors des phases de plateformes. Techniquement le jeu tourne à 60 FPS et de rares baisses de framerate viennent ponctuer l’expérience sans pour autant nuire au plaisir de jeu. Les graphismes sont sympathiques, même si on aurait aimé plus d’originalité dans les décors et les univers du jeu. Faire des pirouettes entre des containers d’un port ou à l’intérieur d’une base grisonnante manque de folie, surtout quand ils se répètent. Les devs ont même coché la case du traditionnel niveau dans les égouts qui fait tant rager (et à raison) le joueur du grenier…
Level design en pagaille
Commençons par les (rares) points qui fâchent : si vous pensiez avoir affaire à un metroidvania, vous serez sans doute un peu déçu par Art of Vengeance. Question level design, les niveaux ne sont en réalité que des prétextes pour encourager les cabrioles et combats contre les ennemis. On sent clairement que le développement du jeu a débuté dans le sillon de Street Of Rage 4, tant les deux titres partagent un ADN commun. Tout le cœur du gameplay est axé sur les combos, l’exploration n’ayant quasiment aucun intérêt et les « énigmes » faisant davantage office de remplissage qu’autre chose. C’est clairement le point faible du jeu et on aurait apprécié que les développeurs nous épargnent des interactions aussi pauvres et redondantes qui tendent à diluer l’action dans des séquences de plateformes inutiles. Pousser une caisse, actionner un levier, sauter sur des plateformes qui se répètent : voilà à quoi se résument les passages entre les combats. C’est dommage car il aurait certainement fallu assumer pleinement le fait que Shinobi soit un pur jeu d’arcade plutôt que de viser le degré 0 du metroidvania.
Les tableaux sont un peu trop longs et on reconnaît très vite l’artifice de séquences qui se déclinent en boucle. Idem concernant le « scénario » au ras des pâquerettes et qui se prend bien trop au sérieux. Joe Musashi est chef du clan Oboro, un groupe de ninjas qui maintiennent secrètement la paix depuis des générations. En guise de méchant, on retrouve une organisation paramilitaire ENE Corp qui cherche à éliminer les nôtres. Disons-le tout de suite, l’histoire est insignifiante et superflue. S’il fallait coûte que coûte mettre un scénario, alors aurait-il fallu soigner l’écriture, à l’instar de titres comme Katana Zero ou Ruiner qui maîtrisaient parfaitement leur lore.
Gameplay au diapason
Si le joueur peut être un peu dérouté par la pauvreté de l’écriture comme du level design, il est cependant très vite réconcilié par la qualité d’un gameplay d’une fluidité à toute épreuve. La qualité du gameplay est inversement proportionnelle à la médiocrité de son level design. Véritable réussite, le gameplay nous fait oublier tous les défauts précités. Les animations des ennemis comme de notre shinobi sont de toute beauté et on enchaîne les combos d’attaques légères et lourdes avec grâce et élégance. La carte du monde est découpée en 12 grands niveaux. Au fur et à mesure de notre aventure, on débloque des compétences appelées Ninjis comme le grappin, les griffes ou le poing canon qui nous font gagner en agilité. Attaquer nos adversaires permet de remplir une jauge qui, une fois remplie, permet de lancer une puissante invocation. Plus on diversifie les combos, plus la jauge se remplira vite. Au total, le jeu comporte 17 techniques de combat, 8 Ninpôs, 4 Ninjutsus, 7 Ninjis et 24 pouvoirs passifs qui changent l’approche des rixes. On peut également lancer des Kunais pour ne pas casser ses combos. Les Ninpôs sont des attaques magiques de toute beauté qu’on déclenche en maintenant la gâchette avec une des quatre touches, permettant de souffler entre les combos et de profiter de cette fraction de seconde pour réfléchir à son prochain enchaînement. Grisant !
Les Ninjutsus sont de puissantes attaques qu’il est possible d’activer en utilisant la posture de ninjutsu, puis en appuyant sur la touche correspondante. Votre jauge de rage se remplira quand vous subissez des dégâts ou en obtenant des orbes de rage lâchés par vos ennemis. Enfin les exécutions de Shinobi permettent d’éliminer d’un coup les ennemis blessés. Ce gameplay équilibré est vraiment très rythmé et la palette de possibilités de combos impressionne. Chapeau bas sur ce point ! Vous l’aurez compris, Shinobi Art of Vengeance nous fait oublier l’errance de son level design par son action frénétique. La diversité des combats offre une rejouabilité appréciable pour tout amateur de score. Viser le sans faute du début à la fin est très gratifiant et le mode de difficulté le plus élevé rend la quête du score parfait particulièrement stimulante.
Street of Shinobi ?
Si l’on avait quelques doutes cet été que Ninja Gaiden Ragebound (lire notre critique) et Shinobi Art of Vengeance soient trop proches l’un de l’autre, les deux titres n’ont en réalité qu’un point en commun : le défilement horizontal mais ça s’arrête là ! Le premier est un pur jeu de plateforme action alors que le second est la suite spirituelle de Street of Rage 4, un beat’em all qui ne dit pas son nom ! Une fois encore, Lizardcube démontre tout son talent pour faire renaître de ses cendres une licence rétro. Reste maintenant à soigner le level desing pour leurs prochaines productions et Lizardcube pourrait bien talonner les maîtres du genre !
Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.
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Content de voir que je ne suis pas le seul à considérer le Shinobi de la 3DS comme un excellent jeu !
Carrément. J’en garde un très bon souvenir.