• Testé sur Nintendo Switch 2
  • Code transmis par l’éditeur
  • Captures de gameplay maison
  • Fini en une petite dizaine d’heures explosives.

Et si l’année 2025 était placée sous le signe des ninjas ? Entre Shinobi : Art of Vengeance et Ninja Gaiden Ragebound, la fin de l’été voit s’affronter deux poids lourds, de quoi préparer un duel fratricide entre deux licences qui marquèrent au fer rouge la fin des années 80’. Ces franchises mémorables pour les vieux briscards sont nées respectivement en 1987 et en 1988, soit en pleine ninja-mania. C’est l’éditeur Dotemu, à qui l’on doit nombre de renaissances de séries cultes, qui a parié sur le succès de Ragebound sorti cet été. Développé par les Espagnols de The Game Kitchen qui a fait ses armes sur la série Blasphemous, Ragebound est la suite directe de l’épisode originel sorti sur NES.

Un ninja n'admet jamais sa défaite

Lorsque « Ryu Hayabusa quitte le Village Hayabusa pour venger la mort de son père, c’est le jeune ninja du clan Hayabusa Kenji Mozu qui sort de l’ombre pour défier les forces du mal ». Tadada ! Vous êtes toujours là ? (Prendre une voix rauque pour lire la suite du synopsis). C’est alors que « Kenji va devoir faire équipe avec une redoutable kunoichi du clan Black Spider ». Bon, on vous l’accorde, on ne vient pas jouer à Ninja Gaiden pour son scénario qui fait le strict minimum, pour ne pas dire qu’il ne tente rien. Certains lui reprocheront, d’autres devraient apprécier le côté très direct du titre. Certains lui reprocheront, d’autres devraient apprécier le côté très direct de Ragebound.

Plutôt que de proposer deux personnages jouables distincts, Ragebound propose de marier les aptitudes de l’âme de Kumori dans le corps de Kenji. Les deux frères ennemis vont fusionner leurs pouvoirs permettant ainsi à Kenji de lancer des dagues et d’utiliser des portails démoniaques pour passer un temps limité à la guerrière implacable et connue des amateurs de la saga. Même si plusieurs fins sont disponibles, on sent que le jeu est pensé pour plusieurs (speed)runs et plus particulièrement pour le score. Notons d’ailleurs l’absence étrange de tableau de bord des scores mondiaux pour un jeu arcade dédié au scoring.

Le gameplay tient en quelques boutons à peine et il repose avant tout sur la dextérité du joueur et la lecture des patterns. Après une aventure principale expédiée en une petite dizaine d’heures, le jeu livre son plein potentiel avec un mode difficile résolument différent de la première partie. Le placement comme le nombre des ennemis change, de nouveaux obstacles apparaissent et il faut exploiter davantage les aptitudes du duo. Le gameplay consiste à attaquer avec son épée à courte portée et, une fois à distance, avec les dagues de Kumori. Une pression sur la gâchette permet de dasher et esquiver les attaques ennemies. On peut s’accrocher aux corniches comme au plafond, sauter et rebondir sur les adversaires et les projectiles en appuyant une nouvelle fois sur la touche saut. Cette technique donne un côté très aérien au gameplay et fait partie de l’ADN de tout bon jeu de ninja.

Ninja Warrior

Il faudra enfin choisir d’éliminer en priorité certains ennemis pour bénéficier de super attaques qui éliminent les monstres les plus coriaces d’un simple coup, à moins qu’on préfère sacrifier une partie de notre vie pour déclencher directement l’hypercharge. Les niveaux s’achèvent la majeure partie du temps par un boss pas piqué des hannetons. De ce côté-là, le jeu propose des combats particulièrement dynamiques et variés tout en gardant un niveau de difficulté mesuré. Le menu s’annonce nettement plus corsé en difficile, où il semblerait qu’il faille plus fréquemment sacrifier notre barre de vie pour générer une super attaque. Un dilemme qui permet certes de vaincre plus rapidement les boss sur le papier mais qui expose davantage le joueur au game over.

Les niveaux s’enchaînent à toute allure donnant un petit côté patchwork piochant autant du côté de Catlevania, de Contra que des licences Shinobi et Ninja Gaiden bien évidemment. Pour ne pas trop froisser l’égo du joueur, les développeurs ont intégré pas mal de checkpoints intermédiaires, ce qui limite la frustration tout en favorisant un peu trop les offensives aveugles dans l’objectif de rusher vers le point de sauvegarde suivant. Effet regrettable, cela pousse à la fuite en avant, ce qui a pour contrepartie d’amputer une partie du prestige des victoires. La profondeur peut sembler superficielle, au premier abord tout du moins car la sacrosainte quête du score pousse à l’audace, d’autant plus en difficile.

Messenger in a bottle ?

Sans pour autant être aussi original et ciselé que l’exigeant The Messenger ou que des titres plus nerveux comme Katana Zero, Ragebound reste un condensé de fun efficace. Certes, comme les titres précités qui tentaient un pas de côté tant en termes de narration que d’ouverture vers le metroidvania, Ragebound aurait pu être un peu moins académique. Le jeu de The Game Kitchen préfère jouer la carte de la nostalgie. C’est unesuite spirituelle des jeux des années 80/90 et c’est déjà très bien comme ça ! Dotemu joue une partition exécutée sans fausse notes mais qui aurait gagné à un poil de plus de folie. On sent la volonté de coller au plus proche des souvenirs des joueurs qui ont grandi avec ces licences en leur donnant une expérience la plus proche des jeux de l’époque tout en modernisant les points les plus durs à appréhender aujourd’hui. *

Pour ressusciter une licence, il est aussi bon aloi de s’entourer de ceux qui lui donnèrent son lustre. Ragebound réunit les compositeurs Keiji Yamagishi, Ryuichi Niita et Kaori Nakabai, à qui l’on doit la musique des trois premiers opus sortis sur NES. Ils se joignent à Sergio de Prado, qui avait déjà œuvré sur les précédents Blasphemous. C’est donc une équipe rodée qui signe l’OST très entraînante de Ragebound. Ce qui fait aussi le charme du jeu des développeurs de The Game Kitchen, c’est sa générosité. Le jeu peut se targuer d’avoir un bestiaire relativement conséquent et qui évite de tomber dans le recyclage. On sent la volonté sincère de ne jamais ennuyer le joueur. Quelques chemins alternatifs permettent aussi de débloquer des niveaux spéciaux et chacun d’entre eux s’achève par un tableau des scores avec le classement S à la clé. On peut aussi débloquer certains bonus en récupérant des parchemins et des scarabées ingame.

Ragebound prépare le terrain pour la sortie de Ninja Gaiden 4. Comme quoi, les cessions de licences sont parfois porteuses et on aimerait voir ce type d’initiatives plus souvent. Finalement la seule chose qu’on pourra reprocher au jeu, c’est un certain académisme et une fin catapultée ; pour le reste, The Game Kitchen a très bien compris ce qui faisait le sel de Ninja Gaiden. Ragebound devrait être un candidat de choix pour les amateurs de speedrun. Voilà de quoi mettre la pression à Sega et son Shinobi, qui semble suivre la même voie du scoring. Qui du ninja ou du shinobi saura ravir le cœur des joueurs ? On parie nos billes sur un doublon, pourquoi choisir après tout ? Un ninja peut en cacher un autre comme on dit dans le jargon ! Verdict très prochainement puisque le jeu de Lizardcube est attendu le 29 août.
Pour
  • Gameplay ciselé
  • Easy to play...
  • ...hard to master
  • De l'arcade pure et dure
  • L'OST
  • Pixel Art au diapason
  • Le mode hard
Contre
  • Pas très subtil
  • Pas de classement mondial
  • Histoire très convenue

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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Ummagumma
5 mois

Pour t’avoir vu y jouer cet été, celui-ci me tente beaucoup!

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[…] Gaiden 4, Ninja Gaiden Ragebound, Assassin’s Creed Shadows, Ghost Of Yutei : 2025 avait tout d’une année sous le signe des […]

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