• Testé sur Switch.
  • Code transmis par Atlus.
  •  Fini en un temps record, en près de 80 heures en une dizaine de jours… qui a dit que le jeu était addictif ? 
  • Fini toutes les missions principales et secondaires. Quasiment platiné à quelques maigres détails près ! 
  • Joué en mode portable sur Switch. Aucun souci technique, pas de temps de chargement. Un régal et exemple d’optimisation !
  • Captures de gameplay maison.

En développement depuis 2016, Unicorn Overlord est le fruit d’une longue gestation, celle d’un studio prisé des amoureux de jeux japonais. Derrière ce nouveau tactical RPG en semi temps réel, on retrouve les développeurs à l’origine de classiques comme Odin Sphere, 13 Sentinels: Aegis Rim ou encore Muramasa: The Demon Blade. Des jeux aux publics intimistes et toujours remarqués pour leur signature graphique remarquable. Le dernier Vanillaware joue-t-il dans la cour des grands ?

Résiste, prouve que tu existes

Le royaume de Cornia est envahi d’entrée de jeu par le général Valmore. En bon putschiste qui se respecte, ce chevalier démoniaque s’auto proclame héritier de l’empire perdu de Zénoïra. Suite à cette invasion éclair, le jeune prince Alain, forcé de quitter ses terres natales et réduit à l’errance devient le fer de lance de la résistance. Objectif : monter une armée et reprendre le pouvoir pour venger les siens tombés au combat. Unicorn Overlord choisit un angle assez sombre à la croisée de l’heroic et la dark fantasty même s’il ne va pas forcément jusqu’au bout de son propos. La famille d’Alain et ses vassaux ont essuyé des pertes importantes à l’image de la famille Stark quasiment éradiquée sans sourciller dès la première saison de Game Of Thrones.

Chaque victoire renforce les liens entre nos personnages.

Perdu au milieu d’une carte gigantesque découpée en plusieurs royaumes aux environnements variés : de vastes forêts bucoliques, des déserts et steppes polaires peuplées de différentes races et familles. Ces dernières portèrent autrefois allégeance au royaume de Cornia avant de courber l’échine face à l’Empire. On peut donc explorer ce monde à notre guise. Les Bastorias sont des créatures mi bêtes mi humains au Nord, les Elfes se partagent le sud avec les peuplades du désert de Drakenhold tandis que les anges inféodés au pape sont sur l’île du Nord-Ouest. Chaque peuple a ses propres motivations dans la renonciation ou non à la résistance et il faudra bien souvent croiser le fer pour les convaincre de rejoindre l’armée de la libération. Rien de tel que la soumission par les armes !

Aux confins du royaume, les terres polaires sont magnifiques.

A l’image des derniers Zelda, il est parfaitement possible d’aller en culottes courtes défier Valmore et ses troupes dès la première heure. Une idée aventureuse qui ne pourra de toute façon que se solder par l’échec. Les batailles sont annoncées par un niveau des troupes adverses et engager ses unités de niveaux inférieurs est un pari plus qu’audacieux d’autant plus en difficulté maximale. Avec ses quatre niveaux ajustables à tout moment Unicorn Overlord choisit la carte de l’accessibilité malgré des menus plutôt âpres au départ. Heureusement vu le nombre de personnages à gérer, le titre propose un système d’optimisation certes laborieux et pas toujours parfait mais qui fait globalement le job. Chaque personnage pourra supporter trois équipements différents et chacune de ses aptitudes doit être réglée au millimètre près.

Pour profiter au mieux des possibilités tactiques d’Unicorn Overlord, on vous conseille de choisir le mode le plus ardu surtout si vous avez déjà pu vous casser les dents sur la série Fire Emblem et sa célèbre mort permanente. En mode expert, le début du jeu est particulièrement corcé mais il participe à forger ce sentiment de résistance. On grignote petit à petit du terrain, on bloque par endroits et on revient avec une armée plus robuste pour en découdre. L’exploration est plaisante et certains ennemis vous barreront la route. C’est alors que le jeu basculera sur le champ de bataille après d’élégantes cinématiques intégralement doublées en anglais et japonais. Chapeau car le jeu ne manque pas de lignes de dialogues. Le doublage est de très bonne facture et on se plaît à découvrir une palette de personnage aux designs divers et variés.

Si ce bon Alain est une copie conforme de Marth de Fire Emblem, le titre comporte pas moins d’une soixantaine de personnages pour tous les goûts, avec une vingtaine de classes aux caractéristiques originales. Des magiciens, des voleurs, des chevaliers griffons, des loups garous, guerriers et sorcières… On ne cesse de découvrir de nouveaux styles et le système de jeu est bien plus complexe que le pierre feuille ciseaux des Fire Emblem même si cela implique en contrepartie une lisibilité plus obscure. Chaque unité pourra passer de deux à cinq soldats une fois qu’on aura atteint un certain niveau et qu’on aura collecté assez de médailles de guerre. Forger sa réputation jusqu’au niveau S prendra une cinquantaine d’heures a minima en expert. On choisit ensuite qui sera en première ou seconde ligne et le jeu prend ensuite automatiquement le relais avec un système de priorité, points de compétences actives et passives qui donnent lieu à de très jolis combats aux issues parfois incertaines. Par opposition aux Advance Wars and co, les combats sont donc gérés automatiquement ensuite.

L’Empire contre-attaque

Le jeu suit nos recommandations alors qu’on peut choisir de donner des ordres de priorité en amont. C’est tellement complexe qu’on prend du temps à expérimenter les meilleures combinaisons qui varient largement selon les unités adverses en présence. Les plus maniaques devraient se plaire à dénicher les tactiques les plus folles. Contrairement à un Fire Emblem où une unité au niveau élevé parvenait à marcher sur le jeu, Unicorn Overlord n’est pas docile avec le joueur, bien au contraire en niveau expert. Même en envoyant toutes ses troupes sur une unité ennemie barricadée sur le poste de commandement à libérer, impossible de renverser l’adversaire sans la stratégie adéquate. C’est un peu frustrant au début alors qu’on a l’impression de se heurter à un mur de difficulté mais ça rend l’expérience particulièrement gratifiante et addictive. Par exemple les voleurs en première ligne sont déstabilisants au début alors qu’ils esquivent l’intégralité des attaques frontales puis on trouve son propre chemin plus ou moins improvisé vers la victoire. On vous laissera joyeusement construire vos propres tactiques afin de préserver ce plaisir un brin masochiste en expert.

Certaines cartes sont gigantesques avec de vrais sièges à mener sur plusieurs fronts. Il faudra prendre le plus vite possible les postes de commandement adverses qui n’hésitent pas à nous spammer d’unités dans les modes de difficulté les plus élevés. Les unités reprennent même de la vie à vitesse TGV sur ces villes fortifiées tout en ayant des bonus de compétences et aucune dépense d’endurance. Unicorn Overlord se distingue de Fire Emblem par son côté hybride entre le temps réel et le tour par tour. Dès qu’on lâche le bouton pause, l’horloge tourne et l’ennemi déplace ses troupes. Chaque combat lancé fait perdre un point d’endurance. Une fois notre garde abaissée, il faut se reposer un moment pour pouvoir attaquer de nouveau l’ennemi avec l’entièreté de nos compétences.

Unicorn Overlord (10)
Le royaume des elfes est verdoyant et onirique !

C’est à ce moment qu’on devient le plus vulnérable et qu’il faut protéger comme on peut la malheureuse unité essorée. Chaque avancée est donc une prise de risques et il faudra en expert attaquer plusieurs fronts simultanément en prenant parfois l’adversaire à revers ou en envoyant des unités volantes par-delà les mers et les montagnes. La grande classe quand on réussit son débarquement. Une fois les postes de commandements capturés, on pourra replier ou déployer de nouvelles unités qui bénéficieront sur site des mêmes avantages que l’ennemi qu’on aura défroqué plus tôt. On peut passer les combats qui sont certes magnifiques mais qui rendraient l’expérience interminable. On n’affichera ces phases que pour les joutes décisives, les boss et/ou pour comprendre et corriger nos échecs. Ou simplement pour le plaisir des yeux avec ou sans la fonctiona accélérée !

Certaines cartes imposent un brouillard de guerre pour complexifier la formule.

La majeure partie du temps on suit donc l’indicateur de dégâts qui annonce la victoire ou la défaite, on alterne les personnages de l’unité pour trouver la combinaison optimale et c’est parti. A ce sujet, défaut agaçant, Unicorn Overlord fait preuve d’une fourberie diabolique. Revers du semi-temps réel, l’indicateur de dégâts pourra vous jouer des mauvais tours car il change très vite si une unité de soutien se faufile au dernier moment dans la fenêtre du combat, ce qui peut donner l’impression d’avoir été dupé par la machine. Un brin frustrant même si cela fait aussi partie de l’expérience.

Certaines cartes sont appuyées par des arbalètes et catapultes qui donnent un côté médiéval très funky à l’ensemble. Chaque victoire remplit progressivement notre jauge de bravoure qui nous donne des pouvoirs spéciaux propres aux leaders de chaque unité : un dash sur de longues distances pour percer les lignes ennemis, des pluies de flèches, des bonus de défense ou de résistance. Les variations sont nombreuses et donnent du corps à l’ensemble.

Les épreuves du Sigil peuvent être rejouées ce qui peut permetre de farmer dans une moindre mesure.

Le gameplay se pare également d’une surcouche tactique avec des sorts de soutiens magiques ou de soin selon qu’on ait posté des mages sur les villes et postes de guets alentours. En expert, on ne pourra utiliser que dix objets par partie, ce qui implique d’économiser les plus utiles pour les employer avec parcimonie. Et on peut vous dire qu’ils partent vite car chaque objet est dépensé par élément de chaque unité. Soigner une unité de cinq personnes peut facilement coûter cinq potions sauf à utiliser des objets de groupe plus rares et donc plus chers. Certaines batailles peuvent facilement durer plus d’une heure alors autant dire que la sauvegarde manuelle est bienvenue. La moindre erreur est fatale. L’ensemble s’équilibre parfaitement avec le fait que les magasins et armureries proposent des objets en quantités limitées.

Une fois les orbes de renaissances achetées et consommées, impossible d’en retrouver d’autres sans libérer la prochaine bourgade ou en tombant par chances sur des récompenses de ce type lors des livraisons. Un choix de gamedesign assez osé (car potentiellement bloquant) mais intelligent car il nous empêche de spammer des bonus qui videraient le gameplay de toute substance. Sur les combats les plus acharnés, il faudra déployer des dents de dragons sauces médiévales pour bloquer temporairement les interminables essaims ennemis. Certains pièges pourront également les ralentir. Le repli de troupes blessées et l’envoi d’éléments de « seconde division » pour finir le travail sera parfois essentiel pour résister.

Nous sommes en guerre !

Les cinq grandes batailles qui conduisent à la libération de chaque continent sont mémorables. Comme pour l’adversaire, notre poste de commandement est également notre talon d’Achille. Le laisser vacant, c’est risquer qu’une unité ennemie se faufile discrètement dans la forêt ou le brouillard de guerre pour contre-attaquer dans notre dos. Enfin vous êtes systématiquement une infériorité numérique avec des rapports parfois démesurés. C’est à ce moment que la stratégie prend tout son sens. « Quand la supériorité absolue n’est pas possible, vous devez rassembler vos ressources pour obtenir la supériorité relative au point décisif » comme dirait ce bon vieux Clausewitz. Pour leurrer l’ennemi, il faudra faire preuve d’ingéniosité. On regrettera seulement que les unités de tiers alliés soient aussi inutiles. Heureusement ces batailles interarmées sont rares mais j’avais clairement l’impression de voir mes supposés partenaires les doigts de pieds en éventail pendant que mes propres troupes se faisaient marcher dessus. Merci les copains…

Les humains sont minoritaires à Bastoras.

Une fois les batailles remportées, on loot de précieuses ressources sur la carte pour libérer les villes où on pourra faire nos emplettes en dépensant notre butin. Les garnisons permettront d’enrôler des mercenaires, d’agrandir nos unités ou de renforcer nos classes. Chaque personnage gagnera en niveau selon un preset plus ou moins tourné vers la défense, la magie, l’attaque, etc. Dans la veine de Fire Emblem, il sera aussi possible de recruter des unités sur site ce qui n’est pas toujours une mince affaire. Il y a quelque chose d’indescriptible, une joie indicible quand on se fait ratatiner sévèrement et qu’on revient poutrer l’ennemi avec une autre stratégie et des renforts mobilisés sur d’autres continents reculés. 

Les afflictions et sorts de groupes sont dévastateurs.

Particulièrement addictif, Unicorn Overlord m’aura obsédé quitte à passer quasiment vingt heures consécutives à jouer, hypnotisé à en oublier de manger. Ce sont mes étudiants qui ont dû apprécier la profondeur de mes tranchées cernes le lendemain matin… La notion du temps s’était évanouie comme si la pause tactique du jeu opérait aussi IRL. J’aurais donc libéré Cornia en une dizaine de jours à peine en près de 80 heures grevées d’échecs et de victoires pas piquées des hannetons. De quoi faire rêver la résistance ukrainienne contre les orcs russes !

Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir…

Toujours dans la droite ligne du mètre étalon Fire Emblem, Unicorn Overlord succombe au côté cucul la praloche qui a catapulté la franchise tactique vers la dating sim déguisée. On vous rassure, c’est tout de même nettement moins présent que dans la saga de Nintendo qui aura su conquérir un autre public quitte à perdre une partie des fans de la première heure. Les liens des personnages se renforcent au gré des combats et on peut offrir des cadeaux à nos camarades de cœur pour les faire céder aux sirènes de l’amour. Et oui, c’est bien connu, après quelques offrandes, la vénalité fait son œuvre et à vous les joies du libertinage… Pas très inspiré dans ces innombrables dialogues souvent navrants (mais heureusement optionnels), Unicorn Overlord tombe dans l’écueil niais qui ne plaira pas à tout le monde, même si les petits rigolos pourront s’amuser à jouer les bourreaux des cœurs.

Les rencontres entre les personnages portent principalement l'histoire simple mais efficace.

Enchaîner trois « rencards » donne un petit côté charognard à notre cupidon de bas étage. Voir Alain déclarer sa flamme à demi-mots à quelques secondes d’intervalles rappelle les vieux jeux vidéo avec un côté désuet. Pas très enclin à choisir ce fidèle Rolf comme partenaire, j’ai joué les coquinous en essayant de renforcer mes liens avec d’autres membres de mon équipe pour comparer les scènes en relançant mes sauvegardes. C’est un peu concon mais il faut reconnaître que j’ai bien ri au moment de choisir ma promise. Sur ce point, le jeu n’assume pas complètement son parti pris. Si vous voulez vous marier avec un hibou ou un loup garou ou même un homme, le jeu a l’air de prendre des airs un peu gênés et il préfèrera s’empêtrer dans des amitiés viriles et autres allégeances chevaleresques plutôt qu’une homosexualité assumée.

Ai-je appliqué trop à la lettre les conseils de Mélisandre ?

Pas très inclusif certes mais on peut aussi comprendre qu’ils n’aient pas souhaité faire d’Alain un candidat médiéval de L’amour est dans le pré. D’ailleurs toutes les femmes ne peuvent pas devenir reines. Bref, ne vous attendez pas aux amourettes de Mass Effect ! Confidence pour confidence, cela ne m’a pas empêché d’être plongé dans un profond dilemme : choisir entre deux elfes aux tempéraments taquins ou l’ange réservée à l’épée ferme. A ce sujet, comme le veut l’époque face à un média pas toujours très mâture, on a pu voir quelques âmes sincères regretter le design des personnages féminins. Alors oui, certaines sont dévêtues et il y a quelques filles aux seins lourds comme dirait le grand féministe Sardou (est-ce un crime ?), mais il y a vraiment tous types de représentations graphiques. Le meilleur personnage (et le plus fort) est d’ailleurs la géante et championne du Colisée qu’il faudra détrôner pour qu’elle fasse partie de la bande. Il y a même des loups garous british en kilt ! 

Unicorn Overlord (11)
Sans déconner !

Et puis si les elfes ont des mœurs libertines, le ministère des bonnes mœurs doit-il s’en émouvoir sérieusement ? Au contraire, c’est même un peu dommage que le jeu soit si prude dans son écriture. Plutôt que ses quelques (rares) designs aguicheurs qui font s’époumoner les Martines du bon goût ou qui affriolent les Kevin en 5ème, on n’aurait pas dit non à un peu plus de fond sur les relations de nos personnages. Sur ce point, le jeu vidéo reste encore crampé sur ses positions comme si un simple baiser fleurait la pornographie douce. On n’en veut pas trop aux japonais qui n’ont jamais été très à l’aise avec la sexualité affichée ou suggérée mais on serait tout de même curieux de les voir aborder le sujet par un autre prisme que des guerrières en tenues affriolantes. Un jour, qui sait ?

L'exploration occupe une place au moins aussi importante que les combats.

Malgré sa narration classique, Unicorn Overlord parvient à surprendre avec quelques personnages qui opèrent dans l’ombre. Mention spéciale pour Baltro, un antagoniste comme on aimerait en voir plus souvent : méchant jusqu’à la moelle, fourbe et félon convaincu. Sur Switch OLED, une fois n’est pas coutume, les contrastes sont magnifiques ; le jeu est de toute beauté avec sa 2D et ses animations léchées. Si l’écriture n’atteint jamais celle de l’excellent Triangle Strategy qui semblait avoir tout compris des ressorts du tragique de Game Of Thrones, Unicorn Overlord parvient tout de même à déployer ses enjeux. On a l’impression de participer à une campagne monumentale avec quelques choix sympathiques malgré des rebondissements trop limités. On pourra décider d’exécuter les leaders de l’Empire, les jeter en prison ou leur tendre la joue comme dirait un certain Jésus. C’est un sacré bordel entre les différentes familles de Cornia. Les motivations des personnages sont souvent surfaites. Tout ça pour maquiller le fait qu’ils étaient collabos, alors qu’on sait très bien qu’il n’y avait pas beaucoup d’Jean Moulin… 

Ce sentiment grandiose est porté par l’intelligence du gamedesign. Tout est grandeur nature. Chaque bataille est à taille réelle sur la carte du monde qui gagne ainsi en cohérence. C’est simple, on n’a jamais l’impression d’être dans des maisons de poupées comme c’est souvent le cas dans les tacticals. Le monde regorge aussi de secrets, d’alternatives, de défis et de mystères qu’on perce au fur et à mesure de l’aventure. Cette carte qui semblait si complexe et inaccessible se livre au compte-goutte (et au mérite) comme l’histoire de ses personnages pris dans l’étau de la guerre. Un plaisir difficile à expliquer mais un régal que comprendront volontiers les joueurs les plus maniaques. Le moindre kilomètre carré de carte libéré procure un sentiment d’accomplissement absolument brillant. A l’image de ces personnages qui se livrent progressivement, la narration en patchwork fait mouche et finit par haper le joueur. On lui reprochera seulement quelques mini jeux pas très heureux et un léger manque de renouvellement de la formule. Manque largement tempéré par l’infinité de possibilités tactiques offertes par les races, classes et combinaisons d’unités. 

Composée par Mitsuhiro Kaneda (13 Sentinels: Aefeis Rim, Muramasa: The Demon Blade, Tekken 6, Odin Sphere, Metal Slug 6), l’OST du titre compte en outre quelques musiques mémorables qui égrainent cette critique. Chaque royaume a ses propres teintes musicales qui empreintes à différents registres, du lyrisme au western. En termes de finition, Unicorn Overlord est un modèle du genre. Jusqu’aux dernières secondes du générique, les développeurs auront pris soin de clore chacun des axes ouverts. Un régal !

Pour toutes ses qualités et malgré son académisme question narration, Unicorn Overlord peut se hisser sans rougir parmi les meilleurs tacticals de l’année et même du média. Alors que Vanillaware avait annoncé des difficultés financières lors du développement, les récents chiffres de ventes sont très encourageants pour le studio. 500 000 exemplaires ont déjà trouvé preneur dans le monde. Pour comparer avec le dernier titre du studio nippon, 13 Sentinels c’était vendu à 150 000 exemplaires en cinq mois pour un total aujourd’hui d’environ 800 000 ventes. Unicorn Overworld devrait continuer sa croisade et on l’espère dépasser ses objectifs. Beau, exigeant, riche et dense, le dernier Vanillaware a tout pour séduire les férus de tacticals. Profondément addictif, le jeu repose sur des mécaniques rodées et intelligentes. Un jeu à soutenir pour un studio extraordinaire !
Pour
  • Finition exemplaire
  • Gameplay dense et équilibré
  • Le système d'unités d'une richesse infinie
  • 20 classes différentes
  • Animations magnifiques
  • Direction artistique au diapason
  • Doublage intégral en anglais et japonais
  • Cartes et exploration agréables
  • OST très solide
  • Le mode expert renforce l'immersion
  • Histoire simple mais chorale
  • Le sentiment de participer à une épopée
  • Durée de vie remarquable
  • Pas de temps de chargement significatifs
  • Le personnage de Baltro !
  • Plusieurs fins et variantes !
  • Cycle jour nuit
Contre
  • Quelques variations de dégâts frustrantes
  • Système d'affinités trop superficiel
  • Les dialogues secondaires pauvres
  • Manque de profondeur des relations intimes
  • Système d'optimisation des équipements parfois taquin
  • Rares mini jeux sans saveur

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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