Provenance : France | Éditeur : Universal Pictures | Date de sortie : 22 novembre 2023

Format vidéo
2160p24 – Ratio 2.20 et 1.78
HDR10 / BT.2020 – Encodage HEVC
Master intermédiaire 4K

Bande-son
Anglais DTS-HD MA 5.1
Français DTS 5.1

Sous-titres
Anglais
Français

Oppenheimer
5/5

Artistique : 10 | Vidéo : 10 | Audio : 10

Il est porté à l’attention de nos chers lecteurs qu’outre le matériel de visionnage précisé et utilisé, le rendu peut différer d’une installation à l’autre, qu’elle soit calibrée ou non, de même que les préférences et attentes personnelles sont susceptibles d’influer sur la notation. De surcroît, les images figurant dans l’article ne sont pas représentatives de l’édition testée.

Matériel et condition de test (Config. HP : 5.1.4)
Diffuseur vidéo : Sony Bravia XR-65A95L (Professionnel HDR)
Sources : Oppo UDP-203 Audiocom Reference | Zappiti Reference
Enceintes : Sennheiser Ambeo Soundbar (DTS Neural:X), SVS SB-4000

Diapositive précédente
Diapositive suivante

ŒUVRE - American Prometheus

En 1942, convaincus que l’Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient dans le plus grand secret le « Projet Manhattan » destiné à mettre au point la première bombe atomique de l’histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage le brillant physicien J. Robert Oppenheimer…

Loin de tout classicisme et sans aucun temps mort, cette étude de personnage à (très) grande échelle sur l’insaisissable Oppenheimer s’érige en une œuvre sensorielle (un maelström audiovisuel de tous les instants) au casting cinq étoiles (Cillian Murphy, Robert Downey Jr., Emily Blunt, Matt Damon, etc.) où la fission du noyau atomique croise la fission d’un individu. En somme, une tragédie humaine branchée sur la psyché fragile de sa personnalité retorse dont le récit dédaléen, aussi ambitieux qu’exigeant, esquisse les conflits intérieurs d’un idéaliste dévasté par l’ère terrifiante qu’il a instigué. Et entre portrait intimiste et fresque politique, ce film-somme de Christopher Nolan (The Dark Knight, Interstellar, Tenet) compose un ensemble de deux atomes différents mais tellement complémentaires : le cinéma d’auteur et le grand spectacle. Son explosif triomphe à la 96e cérémonie des Oscars (sept récompenses) est de fait bel et bien mérité.

« Je suis devenu la mort, le destructeur des mondes. »

IMAGE - Le feu de l'explosion

Exclusivement captée avec des caméras grand format (des Panavision 65 mm et des IMAX 65 mm), méticuleusement numérisée en 8K puis passée en 4K, oscillant entre la couleur (le subjectif) et le N&B (l’objectif) et soigneusement étalonnée par Kostas Theodosiou (afin que la version numérique concorde avec le tirage analogique de référence), la somptueuse photographie de Hoyte Van Hoytema est parfaitement restituée par cet inattaquable transfert UHD HDR10 (toujours pas de Dolby Vision pour Nolan) qu’une solide compression vient soutenir (un bitrate moyen de 65.8 Mbps malgré une durée de trois heures).

La définition est juste prodigieuse (les vues panoramiques sont d’une incroyable précision), le niveau de détail touche au jamais-vu (l’œil est-il capable de voir plus que ça ?) et la granularité argentique s’affiche avec une insolente finesse (même si hétérogène de par la diversité des pellicules utilisées).

L’étalonnage photochimique à l’ancienne délivre des teintes joliment désaturées en profitant de nuances plus chaudes que sur le Blu-ray (ça se remarque facilement lors des passages avec Jean Tatlock, interprétée par Florence Pugh) et la technologie HDR, maintenue sous contrôle (des pics lumineux de 223 nits pour une luminance moyenne de 164 cd/m2), renforce la gestion des contrastes (très naturels avec des noirs mats) pour une obscurité plus sensible et des sources lumineuses à l’éclat subtilement relevé (les éclairages domestiques tamisés, la lumière du jour, les plongées au cœur de la matière, l’explosion nucléaire). Pour ce qui est du N&B, empli d’ombres et de lumières sculptées, le raffinement on ne peut plus significatif de l’échelle de gris y est encore plus manifeste.

S’il ne s’agit en aucun cas d’un défaut imputable à l’édition testée (dans la mesure où le phénomène était déjà visible au cinéma), la présence sporadique de flickering (du scintillement dans les arrière-plans) pourrait gêner certains spectateurs. Il en était d’ailleurs de même avec Dunkerque (2017).

Oppenheimer

SON - Frisson nucléaire

Minimaliste les trois quarts du temps (une spatialisation naturaliste à l’intimité caractérisée) mais non moins détonante quand la narration le commande (survient alors un homérique tourbillon acoustique), cette bande-son très dialoguée (des voix claires et équilibrées) qui maîtrise les silences comme personne (puisque infra-sensibles et terrifiants lors des détonations) est une expérience sensitive où la superbe partition électro-acoustique de Ludwig Göransson (aux cordes frottées à la fois fragiles et anxiogènes), composante essentielle du mixage (étant donné qu’elle reflète la psychologie de Robert Oppenheimer tout en contribuant à l’urgence des évènements), chatouille les viscères.

Qu’importe donc l’absence de Dolby Atmos (que Nolan continue d’écarter délibérément), la VO DTS-HD MA 5.1 joue la carte de l’immersion palpable avec ses effets surround bluffants de réalisme, sa dynamique phénoménale (les montées en volume sont fracassantes) et ses graves puissants creusant profondément dans l’infra-basse (la représentation des atomes en mouvement, l’onde de choc de l’explosion de Trinity, les pieds de la foule martelant les gradins en bois de l’amphithéâtre).

Même si efficace à son niveau (l’ampleur est là et la localisation établie) et pourvue d’un (bon) doublage bien intégré, la VF présentée en DTS 5.1 mi-débit manque de finesse en comparaison.

CONCLUSION - Réaction(s) en chaîne

Alors qu’il tisse un écho sensible entre hier et aujourd’hui par l’espace-temps qu’il plie, ce dédale de particules physiques qui nous met en garde quant à la dure réalité de l’apocalypse nucléaire n’est pas dévoyé par le présent 4K Ultra HD, techniquement époustouflant. À cet égard, rien d’étonnant à ce que ses prestations A/V soient aussi avisées que le « père de la bombe atomique » lors de ses contributions initiales à la mécanique quantique !

Autres articles relatifs à Oppenheimer sur MaG :

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure !

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Commentaires sur Inline
Voir tous vos commentaires
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x