Curieux mélange entre Scream et le jour de la marmotte, It’s a Wonderful Knife s’était fait remarquer à Gérardmer. Ce métrage canadien baroque coche une à une les cases de la comédie noire et du slasher. C’est au cœur de la ville d’Angel Falls qu’un tueur en série frappe au réveillon de Noël. Alors que Winnie l’ourson ne se remet pas du massacre qui a touché ses proches, la jeune femme (archétype de la blonde naïve qui peut basculer à tout instant vers le mass murder) fait le souhait de ne jamais être venue au monde. Pas de chance, une mystérieuse aurore boréale exauce son vœu et la propulse dans un univers parallèle. S’engage alors un Cluedo grandeur nature pour retrouver ce satané tueur masqué…

Gérardmer 2024

Critique depuis le festival de Gérardmer

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Do you like scary movies ?

Nostalgique des années 2000 ? Alors peut-être que vous devriez continuer à lire ses lignes. Si vous aussi vous êtes un peu blasé d’avance par le prochain Scream qui a déjà souffert de (nombreuses) polémiques, sans doute qu’un double de vous-même s’active aux tréfonds de votre cervelle pour revivre cette époque où les tueurs étaient aussi violents que maladroits. Un temps où Scream défrayait les chroniques avec tous ces jeunes américains qui troquaient leur masque de Mickael Myers à Halloween contre celui de ce nouveau détraqué à l’expression voisine du Cri de Munch.

Scream VI
« Scream » et son héros masqué, tout un symbole de la culture populaire.

Un phénomène populaire que les ménages puritains des pavillons de New Jersey voyaient d’un mauvais œil pour leurs innocentes progénitures. On se souvient encore des débats enflammés qui déchiraient les plateaux TV pour savoir s’il fallait censurer le film, comme s’il s’agissait d’un pousse-au-crime, la bête noire à abattre après une série de faits divers morbides que seules les USA savent produire. Une panique morale comme le cinéma en avaient rarement eu depuis le très subversif Orange Mécanique et qui produira des répliques bien plus tard avec le bulldozer GTA et son très torturé dérivé Manhunt. Assurément, Scream était plus qu’un film d’horreur, il avait sa propre signature avec un meurtrier « farceur » mais bestial, prêt à sortir d’un buisson pour taillader ses malheureuses victimes, le tout accompagné d’un bruit strident qui siffle encore dans mes tympans. Véritable marque de fabrique, la banalisation de la violence crue et le son de la lame qui pourfend l’air puis la chair étaient intimement lié à l’identité du genre.

It's a wonderful Knife

Scream était le parfait étendard du Whodunnit, contraction de « Who [has] done it ? », littéralement « Qui a fait ça ? ». Rien à voir avec Steve Urkel vous l’aurez compris… ces films reposent sur un tueur dont on ignore l’identité et une bande de jeunes qui serviront de prétextes à des assassinats aux modes opératoires divers et variés avec pour même dénominateur commun, l’inventivité. C’est qu’il faut que le meurtre soit ludique et graphique avant tout. Même ADN donc pour It’s a wonderful Knight qui parvient néanmoins à surprendre en basculant vers d’autres films cultes et en titillant notre fibre sentimentale, celle chère aux enfants du siècle dernier bercés dans tous ces slashers régressifs.

Profondément ancré dans notre cerveau reptilien, la violence et les gerbes de sang sont autant de célébrations pour le spectateur gourmand d’hémoglobine. Et de ce côté-là, vous n’allez pas manquer de sang neuf ! Le film de Tyler MacIntyre ne compte plus les victimes. Lorsqu’il démarre par une introduction menée tambour battant, on n’est immédiatement dans l’ambiance gore et bêta qu’on aime. Chaque personnage a son trait principal cher à l’école du slascher façon Until Dawn. On vous laisse en découvrir davantage dans notre vidéo du festival de Gérardmer où Brice et moi-même échangions sur ce délirant film de Noel ! Tyler MacIntyre ne cache pas ses références et il fait preuve d’une générosité sincère du début à la fin. It’s a wonderful Knife est un slasher original qu’on vous conseille vivement !

Bande-annonce de It's a wonderful Knife

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure ! #WeLovePhysicalMedia

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