• Testé sur Nintendo Switch.
  • Code transmis par l’éditeur.
  • Fini en 25 heures en normal en se focalisant sur la quête principale.
  • Captures de gameplay et screenshots maison.
  • C’est mon premier Star Ocean (et pas le dernier).
  •  A débloqué six des treize personnages jouables.
  • Le jeu dispose de 99 fins !
  • OST réorchestrée pour le remake.
  •  Fun fact, Claude se dit « clodo » en japonais.

Le premier Star Ocean débarquait sur PS1 en 1998, année monstre pour le jeu vidéo : Half Life, Ocarina of Time, Resident Evil 2, Metal Gear Solid, Fallout 2, Baldur’s Gate, Suikoden 2, Parasite Eve 2 et j’en passe. Vingt-cinq ans plus tard, peut-on affirmer que c’était mieux avant ? Dans ce carambolage pré-hivernal de quoi donner la syncope au père Noel, difficile de répondre par l’affirmative sans friser l’indécence et certains éditeurs risquent malheureusement de laisser des plumes face à une telle offre. Cette année, plusieurs licences phares du JRPG ont eu droit à un second souffle, à commencer par le remake de Star Ocean The Second Story R qu’on passe au crible aujourd’hui ! Décryptage d’une refonte exemplaire.

Un JRPG culte des années 9O dans la poche

Depuis quelques années, à l’instar de Capcom, Square Enix semble suivre scrupuleusement la voie de la rédemption avec des jeux créés et conçus pour les fans. Depuis le nouveau style graphique en pixel Art mêlant 2D et décors HD d’Octopath Traveler, l’éditeur multiplie les RPG soignés jusqu’au moindre détail. Triangle Strategy et Live a Live (lire notre critique) avaient déjà placé le curseur très haut. En choisissant de nouveau un parti pris graphique entre nostalgie et modernité, les développeurs ont réussi à retranscrire une partie du charme de l’ère PlayStation. La direction artistique fourmille de détails et les couleurs sont resplendissantes sur Switch Oled. Un régal !

Certains plans ne manquent pas d'élégance.

Star Ocean offre un mélange de fantasy et de science-fiction. L’aventure commence très brièvement dans l’espace avant que Claude, un jeune officier de la fédération pangalactique, soit téléporté sur Milokeenia. Cette petite planète autrefois paisible est en proie à une recrudescence de violence après qu’un mystérieux orbe est tombé du ciel. Dans la pure tradition de Berserk sorti huit ans avant le jeu Playstation, les autochtones se transforment en monstres et l’un d’eux va même vouloir marier de force Rena, jeune fille du village et archétype de pureté. Sans pour autant aller au bout de ses idées, le jeu multiplie les axes scénaristiques, alors qu’on découvre progressivement que l’univers tout entier est menacé par les Sages, groupuscule équivalent policé de Freezer et autres destructeurs de mondes que ne connaissent que trop bien les enfants des années 90. Dans Star Ocean, on ne s’ennuie pas une seconde, l’univers est dense et si mon aventure personnelle s’est concentrée autour de six personnages jouables, il est possible de monter jusqu’à 13 protagonistes aux techniques et styles totalement différents.

La DA opte pour des couleurs saturées qui donnent une patte singulière au jeu.

L’arrivée dans les villes majestueuses fait toujours son petit effet, d’autant que les éclairages travaillés renforcent la palette de couleurs. Le tout tourne sans broncher et seul l’aliasing chagrine un peu la rétine sur Switch, sans doute à raison des limitations du support. Un travail d’orfèvre marqué par une générosité sans faille avec des modèles 2D animés (dessinés par Yukihiro Kajimoto) lors des dialogues entre nos personnages, dialogues d’ailleurs intégralement doublés avec les voix japonaises d’origine. On ne saurait que vous recommander de jouer en VOST pour l’ambiance. Générosité oblige, il est même possible de choisir trois styles de direction artistique différents pour les personnages et le jeu intègre même une jolie cinématique en anime. Un tel fan service force le respect.

Il faut aussi saluer le travail de Motoi Sakuraba (Tales ofBlue OceanDark Souls) qui a réarrangé l’OST en plus de nouvelles compositions, parfois assez dark. Là encore c’est une réussite même si on aurait apprécié un poil de thèmes en plus. Certains morceaux restent imprégnés d’une aura mystique magnifique.

It’s not a lake, it’s an ocean

Pour faire un bon RPG, l’enrobage est certes important mais il faut surtout compter sur un gamedesign exigeant, n’est-ce pas Sea of Stars, récemment fusillé dans nos colonnes malgré ses nombreuses récompenses. De ce côté-là, les développeurs ont rempli leur objectif haut la main. On retrouve d’ailleurs plusieurs grands noms du JRPG, à commencer par Yuichiro Kitao qui œuvrait déjà sur le système de combats de Star Ocean 3 et Valkyrie Profile 1&2. Pour la partie créative, c’est Yukinori Masuda qui avait déjà travaillé sur les Valkyrie lui aussi. Avec son système en semi-temps réel, Star Ocean rappelle la saga Tales Of pour son action frénétique tout en apportant une surcouche de stratégie par la possibilité de suspendre l’action pour mûrir nos assauts. Mention spéciale à la qualité des animations. Un combat est toujours marqué par un déluge de sorts et d’indicateurs de dégâts, tout en restant intelligible pour le joueur.

Tous les ennemis ont des résistances et faiblesses élémentaires qu’il faudra exploiter. A cela s’ajoute une jauge de résistance qu’il faudra briser selon les techniques de notre équipe de choc. C’est d’ailleurs l’une des nouveautés bienvenues de ce remake et on sent que le succès des jeux From Software n’y est pas étranger. Cela apporte une dimension moins sac à PV des batailles qui peuvent radicalement changer en maîtrisant cet aspect. Les aptitudes spéciales permettent d’engager les combats différemment selon trois types de modèles : équilibré, rupture et PV. Les coups favorisant la rupture sont essentiels pour briser la garde des adversaires après un combo bien placé. C’est alors que les spécialistes des sorts peuvent combiner de puissantes attaques magiques pour infliger le maximum de dégâts tout en boostant les caractéristiques de l’équipe. Indispensable à la fin du jeu. Malgré le joyeux bordel à l’écran, quelle satisfaction de voir l’action se figer en cascade à l’occasion de ruptures multiples des lignes défensives ennemies.

La satisfaction des indicateurs de dégâts qui envahissent l'écran...

Make JRPG great again !

Malgré son gameplay vif, on aurait tort de croire que Star Ocean n’est qu’un simple action RPG. C’est avant tout un jeu à système avec une profondeur qui donne le vertige en termes de personnalisation des specs et aptitudes des personnages. Chaque combat remporté permet de gagner des PB et PC qui permettent respectivement d’améliorer des compétences de spécialité, de combat ou de sorts. Répartir ses points entre les 32 compétences de spécialité impacte directement les caractéristiques défensives et offensives de chaque personnage mais pas seulement. En effet cela permet aussi d’apprendre progressivement une « petite » trentaine de compétences en dehors des combats ! Pour gagner en efficacité, il faudra atteindre le niveau 10 de chacune d’entre elles et débloquer ainsi de super spécialités à exploiter en équipes.

Selon les parcours de chacun, il devient possible de pêcher, de voler votre prochain, de forger seul ou ensemble de puissants équipements. On peut cuisiner, devenir chef ou apothicaire, préparer des médicaments, éditer des livres, jouer de la musique, participer à un orchestre, apprendre la fériologie ou devenir peintre, tout cela selon un système de classe que vous ne ferez qu’effleurer si vous vous concentrez seulement sur l’aventure principale. A ce sujet, peut-être que les quêtes annexes sont un peu trop en retrait par rapport aux standards contemporains qu’ont imposé des titres comme The Witcher. Sans décrire chacune de ces aptitudes, l’ensemble est renversant. Chaque sous-système renferme un autre à l’image de poupées russes qui s’emboîteraient sans fin. On devient très vite obsédé par tous ces menus qui restent toujours lisibles, même si on n’a parfois l’impression (à raison) de n’entrevoir que la partie émergée de l’iceberg.

La variété des enchaînements et animations est plaisante.

Il faudra aussi constamment veiller à renforcer ces compétences de spécialités ou celles de combat. Un dilemme savamment dosé puisqu’utiliser ses PB dans ce second cas change profondément les batailles. Selon vos priorités visées, vos héros pourront lancer des sorts beaucoup plus vite, briser la garde des ennemis ou se téléporter derrière eux, esquiver aléatoirement des attaques ou encore interrompre de puissants sorts adverses, ce qui s’avère essentiel dans le dernier tiers du jeu. Ce sont pas moins de 12 compétences de combats sur lesquelles on pourra influer à notre guise. 

Tu ne farmeras point

Là où beaucoup de RPG ont des séquences où il devient essentiel de farmer pour progresser, Star Ocean fait là encore preuve d’intelligence. Il est toujours possible d’esquiver les combats ou de tirer un avantage en surprenant les monstres dans leur dos. Mais il est également possible d’apprendre une compétence de spécialité sentinelle, laquelle permet à notre petite troupe de tuer instantanément les ennemis plus faibles sans passer par le système de combats. Cette compétence permet dans le dernier quart de gagner rapidement en expérience sans casser le rythme tout en restant réservée aux ennemis les moins coriaces.

Un panorama digne d'une estampe japonaise.

Sans faire preuve d’une difficulté exorbitante, certains boss spamment des sorts qui peuvent nous one shot en un quart de secondes si on n’a pas équipé nos personnages avec les atouts et armures adéquats. D’où la nécessité de collecter et forger les minerais nécessaires en ne négligeant pas les capacités de forgeron de notre petite troupe. On pourrait écrire des heures sur tous ces systèmes qui s’enchevêtrent mais une part substantielle du plaisir ludique vient de la découverte. Quand on bloque sur un boss, il est essentiel de prendre du recul et changer sa stratégie d’approche qui peut radicalement changer la donne.

On aurait certes apprécié que les personnages secondaires soient davantage impliqués dans la campagne principale en termes d’attache émotionnelle comme dans Golden Sun par exemple. Pour autant Star Ocean esquisse une multitude de thèmes pour donner corps à l’univers. Et ça marche ! Le jeu propose également 99 fins différentes selon les affinités développées entre les personnages. Même si les différences restent épisodiques, il faut saluer la démarche à destination des fans les plus aguerris de la franchise.

Gargantuesque : voilà comment on pourrait définir Star Ocean. Exemple de remake réussi, le titre signe un quasi sans fautes dans le respect de l’œuvre originale tout en permettant à de nouveaux venus de découvrir la saga. On rêve déjà d’un nouvel épisode inédit. Le système de combats et de personnalisation des personnages jouit d’une richesse folle qui devrait ravir les amateurs de systèmes. Beau, riche et ludique, Star Ocean peut sans mal se hisser parmi les meilleurs JRPG de l’année ! Une pépite de choix qu’on vous recommande vivement d’essayer.
Pour
  • DA enchanteresse
  • Animations magnifiques
  • Character design réussi
  • Gameplay riche et profond
  • Un jeu à systèmes
  • Lisibilité des menus
  • Histoire sans temps morts
  • Pas de reyclage
  • Pas de farming
  • Cinématiques et OST de qualité
  • Doublage intégral en japonais
  • 99 fins !
Contre
  • Relations d'amitié sous exploitées
  • Système d'actions privées accessoire
  • Personnages secondaires en retrait
  • Quêtes annexes dispensables
  • Cachez moi ce vilain aliasing que je ne saurais voir !

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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