• Testé sur Nintendo Switch 2
  • Code transmis par l’éditeur 
  • Joué une quinzaine d’heures avec Ummagumma.

Qu’est ce qui fait un bon Mario Party ? Vous avez trois heures. Licence familiale sortie en 1998, la saga a décliné les épisodes depuis plus de vingt ans. Le verbe « décliner » tient aussi pour la qualité des opus, aucun n’ayant réussi à égaler la pureté des épisodes N64 et Gamecube. Les puristes vouent un culte au quatrième épisode soit au cinquième et depuis… rien. Une querelle d’érudits alors que les vrais savent que Mario Party 4 les gouvernera tous. 10 Mario Party plus tard, les jeunes bambins qui jouaient sur cet étrange cube violet ont grandi près d’un quart de siècle plus tard. Sorti cet été sur Switch 2 Mario Party Jamboree serait-il l’élu ? D’ailleurs, ça veut dire quoi Jamboree ? Réponse dans ce papier qui jongle à travers les âges !

Vers un Mario Party à la carte

Sorti initialement sur Switch première du nom, Jamboree bénéficie d’un « plan de mise à niveau » ce qui dans le jargon éditorial signifie « vous allez raquer ». Il faudra soit acheter la version Switch 2 plein pot ou payer l’amélioration via le Nintendo Eshop pour la modique somme de 19,99 euros. Ce racket du petit artisan ajoute cependant une multitude de modes au jeu original. L’accès à « Jamboree TV » offre de nouvelles façons de jouer avec les Joycons, le micro, la souris et le fameux Gamechat et sa caméra préhistorique (mais ludique). La version Switch 2 est donc divisée entre le jeu original et le mode Jamboree TV, ce qui est plutôt laborieux pour circuler entre les modes du jeu. Le hic, certaines améliorations comme le mode pro ne sont pas permises dans la version Jamboree qui propose elle-même un mode duo et un mode illico presto. Dommage de ne pas avoir fait table rase de l’épisode Switch pour assumer l’évolution de la franchise sur un seul et même hub de départ.

Le Bowser Show mettra aussi votre égo à rude épreuve avec une série de défis basés sur le micro et où il faudra faire le plus de bruit pour le bienêtre de vos voisins. C’est relativement drôle de crier n’importe quoi dans le micro, mais on émet quelques doutes sur la durée de vie de ce mode après avoir épuisé toutes les sorties les plus décalées. Passage à un nouveau hardware oblige, la résolution passe de 1440p en mode téléviseur au 1080p en mode sur table ou portable. Détail de forme mis à part, Nintendo joue la carte affichée de la customisation. Le petit artisan libère enfin sa licence avec des variantes du traditionnel jeu de plateau. C’est un très bon début mais cela ne va pas encore aussi loin qu’un Smash Bros ou que Super Mario Maker. C’est d’autant plus dommage qu’on sent le potentiel sadique de la customisation, pour l’heure encore limité à des détails.

Sois fourbe et tais-toi

Alors qu’est-ce qui fait un bon Mario Party ? Ses cartes ? Ses mini-jeux ? Ou les ruptures familiales pour avoir volé l’étoile de son frère au dernier moment ? Sans doute un peu de tout ça mais ne vendons pas la mèche aussi vite. Premier bon point, après plusieurs épisodes plutôt médiocres, Jamboree propose des cartes plus intéressantes, sans pour autant être renversantes. La vraie réussite de cet épisode, ce sont ces 110 mini jeux, ce qui le place en tête de tous les précédents Mario Party. Certainement conscient du manque d’inspiration des précédents volets, Nintendo a compris que ce sont dans les vieux pots qu’on fait les mêmes confitures. En conséquence, on retrouve certains mini-jeux phares de ces dernières décennies et c’est tant mieux. A cela s’ajoute des nouvelles propositions globalement bien pensées à quelques rares exceptions près laissant trop de place au hasard. Pour les plus réfractaires, il est toujours possible d’exclure les jeux de hasard dans les options du jeu.

Des rires et des larmes

Soyons clairs, le cœur d’un bon Mario Party, c’est son potentiel de fourberies. Sur ce point, Nintendo semble prendre le bon chemin avec davantage de possibilités pour trahir nos camarades de jeu. Pour autant, on sent que la chance occupe encore une place trop importante sur les plateaux, ce qui contraste avec des mini-jeux très réussis et où on n’a jamais l’impression d’être spectateur de son destin. Cela fera sans doute sourire les novices mais, dans Mario Party 4, il fallait employer un certain degré de ruse pour arriver à ses fins. Pour illustration, les cases Browser précipitaient des évènements, certes aléatoires, mais qui donnaient l’occasion d’alliances aussi précaires que temporaires. 

Ce côté roulette russe a complètement disparu a notre grand désarroi. Bowser se contente de voler soit une étoile ou, à défaut, quelques pièces à sa malheureuse victime, ce qui n’est pas très punitif dans un épisode où les PNJ ne manquent jamais une occasion de nous arroser d’argent. Mais pour ceux qui ont grandi avec les vieux opus, on perd le sel de ses punitions. A l’époque, on ne savait jamais à quelle sauce on allait être mangé par Bowser. Ces alliances de circonstances étaient autant d’occasions de poignarder dans le dos nos alliés de circonstances, après leur avoir juré mordicus qu’on serait fidèle.

Alors est-ce que ce Mario Party donne quand même de quoi pimenter les parties ? Si vous comparez aux opus sortis ces vingt dernières années, la réponse est oui. Mais si vous revenez au maître étalon, Mario Party 4, il y a encore du chemin à faire. Si on sent que Nintendo débride sa formule (et c’est tant mieux), il reste un potentiel inexploré. A l’instar de Mario Maker, pourquoi pas laisser enfin le joueur choisir ce qui lui plaît ? Imaginons un instant un Mario Party où l’on pourrait choisir le degré de vilénie permis sur le plateau. Si les options de customisation sont bien présentes, elles restent encore trop timorées. Nintendo est sur le bon chemin, il ne leur reste plus qu’à larguer les voiles vers le Do It Yourself. A défaut de ravir la couronne au quatrième opus, cet épisode reste un très bon cru. Un bon élève qui pourrait cependant nettement mieux faire.

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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Ummagumma
5 mois

Je me souviens avoir fait pleurer Antonin un jour sur Mario Party 4 :-O

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