• Testé sur PC via le Game Pass
  • Configuration de test : RTX 4090 + i9-9900K
  • Terminé en hard en environ 10 heures et demie
  • Ce jeu contient une hilarante référence à Twin Peaks ainsi qu’un chat robot : GOTY ?

Hi-Fi Rush est surprenant à plus d’un titre. De une, il a débarqué à l’improviste, lâché directement dans la nature à l’issue d’un Xbox & Bethesda Dev Direct. De deux, ce jeu d’action rhythmique est réalisé par Tango Gameworks (The Evil Within 1 et 2, Ghostwire Tokyo), un studio qui avait jusque-là uniquement œuvré dans le genre de l’horreur. C’est un peu comme si Darmanin abandonnait l’Intérieur pour devenir capitaine de l’Ocean Viking : tout le monde serait surpris. Hi-Fi Rush a-t-il le rythme dans la peau ?

Quand la musique est bonne

La première chose qui frappe lorsqu’on lance Hi-Fi Rush, c’est sa rutilance. Orné de flamboyantes textures en cel shading, on s’en prend instantanément plein la vue. La caméra zoome, dézoome et virevolte, quand elle ne change pas complètement de perspective le temps d’une cutscene survitaminée et ponctuée de ralentis bien sentis. L’aventure, libre de tout accroc technique et fluide comme la rosée du matin, se vit presque sans aucun temps mort, et ce du début à la fin.

Hi-Fi Rush offre un style graphique chatoyant.

Comme évoqué plus haut, il s’agit d’un jeu d’action à la troisième personne orienté beat‘em up, avec un accent sur la notion de rythme. Comprendre qu’il vous faudra fracasser les crânes robotiques de vos ennemis et enchaîner les combos sans fausse note pour maximiser les dégâts. Si, vous non plus, vous n’avez jamais été capable de vous aligner sur les marmonnements des autres invités au moment de chanter « Joyeux anniversaire », soyez rassurés. Déjà, vous n’êtes plus seuls. Ensuite, Hi-Fi Rush propose tout un tas d’options d’accessibilité à même de vous faciliter la lecture du rythme pour mieux vous synchroniser sur le tempo.

Plutôt technique dans sa palette de coups, il vous faudra dépenser de nombreux points en magasin pour acquérir et maîtriser toutes les subtilités du système de combat. Ce dernier s’étoffe tout au long du jeu et va jusqu’à vous faire collaborer avec trois personnages, à invoquer au moment opportun, histoire par exemple de briser un bouclier autrement indestructible, ou d’éteindre des flammes. Bras robotique oblige, il est également possible d’équiper des puces afin de modifier certaines statistiques.

La relation entre Peppermint et Chai est franchement marrante.

Allumer le feu

Si, dans la forme, la structure des combats est plutôt classique, elle est néanmoins parfaitement exécutée. On se plaît ainsi à donner des coups de gratte au rythme des excellentes compositions, pour la plupart originales. Il s’agit quasi exclusivement de bon vieux rock n’roll. Les riffs de guitare sont légion et le tout est à l’occasion agrémenté de paroles voire d’effets électroniques, mention spéciale à ce combat de boss sur un remix de la 5ème Symphonie de Beethoven. Des groupes plus contemporains participent également, comme The Black Keys, Prodigy ou Nine Inch Nails pour ne citer qu’eux.

Un jeu de rythme survolté à la Theatrhythm, en plein milieu d'un combat de boss.

Les combats de boss jouissent eux aussi d’une mise en scène ultra dynamique, transcendée par la musique et les onomatopées style BD, à la Viewtiful Joe. Il arrive souvent que les combats n’aient même pas encore commencé qu’on est déjà tout excité manette en main, à tapoter du pied. Hi-Fi Rush se permet par ailleurs de varier les plaisirs avec des scènes de QTE du plus bel effet, façon Theatrhythm voire Guitar Hero, à exécuter en rythme pour contre-attaquer.

Ne me demandez pas pourquoi !

Chai raté

Sur le plan du scénario, le joueur incarne Chai, un jeune homme de 25 ans handicapé d’un bras et au tempérament gentiment looser qui rêve de devenir une star du rock. Malheureusement, impossible pour lui de jouer à une main. Pour retrouver l’usage de son membre fantôme, Chai décide de participer au projet Armstrong, initié par Vandelay Technologies. Ce cousin de nos GAFA du monde réel est toutefois animé d’autres intentions…

Le jeu change souvent de style graphique à la volée.

Pour ne rien divulgâcher, disons qu’une chose en entraînant une autre, Chai se retrouve à littéralement fusionner avec son appareil MP3. Pourvu d’un lecteur musical à la place du cœur et d’une guitare robotique magique, il va tout faire pour mettre à nu le complot derrière le projet Armstrong. Hilarante voire touchante par moments, l’histoire est un régal à suivre. Véritable satire de l’entreprise, l’intrigue ne cesse de faire mouche. Pour peu que vous ayez déjà bossé dans une firme, vous vous surprendrez à ricaner régulièrement.

Sorti de nulle part, Hi-Fi Rush crée la surprise. Doté d’une mise en scène rutilante, fort d’un propos de fond qui sert une histoire complètement déjantée et transcendé par un gameplay jouissif et percutant, le dernier-né de Tango Gameworks est en tous points réjouissant. C’est toujours un bonheur de voir un studio sortir de sa zone de confort et, dans ce cas présent, la prise de risque s’est avérée payante. Hi-Fi Rush n’est pas seulement un excellent jeu au doux parfum de l’époque Gamecube/PS2, c’est aussi un condensé de joie de vivre qui vous imprimera le sourire aux lèvres. Un petit bonheur, tout simplement.
Pour
  • Mise en scène déjantée et rutilante
  • Belle inventivité visuelle
  • Musicalement irréprochable
  • Une patate de tous les instants
  • Techniquement sans accrocs
  • Satire hilarante de l'entreprise en filigrane
  • Une équipe de bras-cassés attachante
  • Doublage anglais très juste
  • Du contenu endgame pour les joueurs en quête d'un dernier rappel
Contre
  • Peut-être un tantinet trop « marvelisant » par moments
  • On voudrait encore plus de jeux de rythme et qu'ils soient plus complexes
  • De courtes phases de plateforme moins intéressantes

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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BennJ
Administrateur
1 année

Une RTX 4090… Et ben ca paye bien de bosser chez MaG.

trackback

[…] Il est aujourd’hui capitaine de son propre studio Tango Games (The Evil Within, Ghostwire: Tokyo, Hi-Fi Rush) et c’est donc l’équipe interne de Capcom qui a dû reprendre les rênes après un début de […]

KillerSe7ven
Administrateur
8 mois

J’ai toujours pas fait le jeu, il faudra que je rattrape ça. Pardi j’ai plein de temps libre mais je cours après le temps tout de même.

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