• Testé sur PC avec une RTX 3080, dans le noir, un casque vissé sur les oreilles
  • Avec Blue, Ummagumma et Hackett bot suicidaire mais sympathique. 
  • Code transmis par l’éditeur
  • Captures vidéo maison !
  • 15 heures de jeu pour le moment et combien d’autres à venir ?
  • Froussards, passez votre chemin !

Il y a des jeux où l’on sait immédiatement à quelle sauce on va être mangé. GTFO est de ce calibre là, du genre à nous larguer en grenouillère au centre de la Terre avec quatre chargeurs au ceinturon, trois camarades et un ticket pour la sortie, pour peu qu’on parvienne à repousser des hordes de mutants aveugles mais téméraires. Du sang et des larmes : c’est tout le programme que vous méritez. A l’instar du débarquement  de Klendathu de Starship Trooper, ne vous avisez pas de jouer les fanfarons. A défaut, GTFO vous laissera volontiers un goût de napalm pour votre forfanterie du dimanche. La coopération a rarement été aussi essentielle dans ce FPS où la communication est la rançon du succès. Perdez vos nerfs et en une poignée de secondes, c’est la mort assurée. GTFO, Get The Fuck Out pour les amateurs de la langue de Shakespeare, n’a jamais aussi bien porté son nom ! Petit aperçu du titre après une première quinzaine d’heures claustrophobiques. Reportage six pieds sous Terre !

Voyage au bout de l'enfer

GTFO est développé par le studio suédois 10 Chambers. Prenez quatre prisonniers et envoyez les fissa réfléchir à leur forfaits dans les profondeurs de la Terre pour réaliser des objectifs avant de s’extirper in extremis de la carte. Une forme de Goulag amélioré diront les fascistes en culottes courtes. GTFO s’articule selon plusieurs phases complémentaires qu’il vous faudra impérativement maîtriser collectivement pour triompher de l’adversité. Tout d’abord, bien s’équiper avant la bataille. Nos pauvres âmes égarées ont droit à deux armes au total, avec des fusils auto ou semi-automatiques pour mieux maîtriser vos précieuses cartouches. En guise d’arme secondaire, vous aurez également droit à plusieurs types de fusils à pompe ou snipers. Les guns ont du répondant, tout en faisant preuve d’un certain poids agréable, pour mieux ressentir les assauts et gérer vos munitions avec parcimonie.

GTFO
The Thing ne renierait pas les mutants de GTFO

Ce survival horror coopératif se distingue surtout par le choix de vos outils et il est primordial de bien équilibrer vos configurations avec vos adversaires pour mieux appréhender les situations. Des mines pour tendre des pièges seront de précieuses alliées, posées derrière une porte blindée, tandis qu’une tourelle automatique permettra de couvrir vos arrières face aux infectés. Le capteur de mouvements -lui aussi tout droit sorti d’Alien– est un indispensable, d’autant plus que vous baignerez la plupart du temps dans le crépuscule. Il n’est pas toujours tâche aisée de distinguer un ennemi caché dans la pénombre. Enfin il peut aussi être de bon ton qu’un d’entre vous soit « le plombier » de service, équipé d’un fusil à mousse qui permet de rendre les portes plus résistantes et gagner de précieuses secondes pour assurer votre fuite ou passer des checkpoints de sécurité.

« I can't lie to you about your chances, but... you have my sympathies »

Une fois bien harnachés sur vos modules, vous êtes propulsés sous terre via une capsule de perforration pour une mission qui ne s’annonce pas de tout repos. Le gameplay révèle toute sa splendeur avec des configurations asymétriques, où chacun respectera scrupuleusement son rôle. L’exigence et la détermination sans faille sont essentielles. Vous l’aurez sans doute deviné : GTFO a le syndrome de l’avarice. Vous commencerez (et finirez) les niveaux avec très peu de munitions. C’est même le cas la quasi-totalité du jeu, qui récompense davantage l’infiltration, plutôt que l’action décérébrée. Généralement il est toujours préférable de commencer par éliminer vos adversaires en catimini, furetant dans l’ombre jusqu’à les embrocher tous ensemble d’un coup de lance ou de marteau entre les deux yeux selon vos affinités. Les malheureux sont atteints de cécité mais prudence… ils ont l’ouïe fine ! Le moindre bruit et ils alerteront aussitôt les leurs. Attention aussi à bien éteindre vos torches pour ne pas les réveiller de leur stase. La synchronisation de vos actions est le corollaire du succès.

La mort vous va si bien

Les situations peuvent très vite dégénérer et votre barre de vie peut s’évanouir en quelques coups à peine. Il est donc recommandé de bien se positionner, chacun derrière un ennemi, avant de les tuer simultanément. Un côté Club des cinq (Dagobert en moins) qui fait toujours son petit effet une fois les joueurs rodés à l’exercice. D’autres monstres, moins rapides, mais autrement plus costauds vous donneront du fil à retordre, comme ces infectés qui déploient une myriade de longs tentacules dans toute la pièce. Si vous en touchez ne serait-ce qu’un seul, la bête poussera un cri strident, qui ameutera des hordes de ses compères. GTFO ne laisse que peu de place à l’erreur, laquelle se solde souvent par un douloureux game over et le silence assourdissant de toute l’équipe, sonnée après des heures de jeu aussitôt réduites à néant. 

Seul un checkpoint que vous devrez au préalable trouver et débloquer vous redonnera un peu d’assurance au milieu de ce cauchemar collectif. Bien observer la carte et les indications inscrites sur les portes est indispensable pour éviter d’engager votre vie dans des pièces inutiles à votre progression. On vous conseillera également de réduire la taille du HUD qui obstrue au départ une bonne partie de l’écran pour des informations de toute façon limitées. Le jeu réduit les interactions liées au Ping au minimum pour encourager la discussion. On ne peut pas marquer tout et n’importe quoi à l’écran et le titre de 10 Chambers pratique la sobriété au service du gameplay coopératif.

GTFO
Surtout ne pas paniquer, surtout ne pas paniquer...

Work together or die together

Le titre a un rythme lent et posé, où l’on échange une bonne partie de notre temps pour savoir à qui l’on donnera une poignée de munitions ou notre dernier médipack rachitique. GTFO est rude. Très rude. Pour illustration, se soigner ne redonne que 20% de vie. Pas question que votre barre ne remonte toute seule, GTFO vous fait assumer vos erreurs que vous porterez jusqu’à la fin, tel un miséreux sur son chemin de croix. Quant aux packs de munitions, il faudra également les mériter en fouillant de fond en comble les zones, quitte à parfois risquer de perdre ce qu’on a gagné contre des ennemis rencontrés sur la route. Un choix cornélien quand on a plus que sa lance pour se défendre jusqu’à la prochaine salle. GTFO pratique le communisme le plus sommaire et une bonne gestion des ressources implique un partage permanent au profit des plus démunis. 

Des terminaux d’ordinateurs vous permettent de cibler des objets en entrant des commandes précises, un peu comme sur un PC traditionnel. Le jeu poussera le sadisme à vous forcer à utiliser ses ordinateurs en plein assaut ou il vous demandera de pirater des verrous, pendant que vos coéquipiers vous couvriront avec le peu de balles qu’il leur reste. Quand vous lancez un niveau de GTFO, assurez-vous d’avoir au moins deux ou trois heures devant vous et ne vous attendez surtout pas à triompher au premier essai. Ce serait assurément présomptueux de crier victoire trop tôt.

« There are No Accidents. No Coincidences. No Escapes. You can't cheat death ! »

La mort vous guette à chaque instant et même quand on pense être en bonne posture, un incident est si vite arrivé. GTFO ne se réduit pas à un bête jeu d’action. Et son succès vient tout autant de l’exploration et les plans qu’on échafaude avant d’ouvrir la moindre porte. C’est parfois l’occasion de quelques confrontations avec vos camarades d’infortune et sachez qu’ils ne manqueront pas de vous réprimander vigoureusement si votre idée virait à l’échec. Histoire de pimenter le tout, les ennemis sont placés aléatoirement à chaque session, tout comme les objets et clés à récupérer pour réaliser nos objectifs. Des portes de sécurités savamment placées feront retentir des alarmes et il vous faudra capturer des zones un certain temps en repoussant des meutes d’ennemis enragés.

GTFO
Compter ses balles, indispensable dans GTFO

Cerise sur le gâteau, dès les premiers niveaux, certaines zones sont également infectées par le virus. Et la contagion ferait passer le taux de reproduction d’Omicron pour du pipi de chat. Si vous êtes contaminé à 80%, votre barre de vie sera désormais bridée à 20%. GTFO est un jeu intransigeant à des années lumières de l’accessibilité d’un Left For Dead ou d’un Back 4 Blood. On se rapproche davantage d’une expérience de simulation masochiste que de l’arcade à proprement parler. Le ton du jeu est étouffant et particulièrement stressant, ce qui constitue une prouesse pour un jeu coopératif. Toutes les fins de niveaux se soldent par un retour à la case départ, poursuivi par de nombreux monstres.

C’est LE momentum de chaque mission, où il vous faudra garder votre sang froid à tout prix. On respire un bon coup et chacun joue son rôle jusqu’à l’extraction, véritable lumière au bout du tunnel. Une fois l’écran de réussite affiché, c’est la délivrance et la satisfaction totale, chacun félicitant les moments de bravoure de ses coéquipiers. En quelques minutes à peine, on a rebroussé chemin sur un niveau qui nous avait pourtant donné le sentiment de l’éternité à parcourir. GTFO joue judicieusement avec les changements de rythmes, qui renouvellent avec maestria chaque partie. Depuis son alpha, le titre a beaucoup évolué et les développeurs promettent un suivi régulier. Graphiquement c’est là aussi très réussi avec des halos de lumière rouges, bleues ou vertes qui rappellent l’esthétique d’Alien. Les éclairages et les épaisses couches de brouillard donnent du relief à l’ensemble. L’atmosphère oppressante est immédiatement palpable. Une réussite artistique totale.

L'avis d'Ummagumma

Guillaume

Mêler coopération et survival horror, il fallait oser. À l’heure de la gratification à outrance dans les jeux service, où la plupart des productions encouragent des parties courtes garanties sans implication intellectuelle outre mesure, car, vous comprenez, entertainement oblige, GTFO fait tout l’inverse.

Étant plutôt amateur d’expériences solo, ours que je suis, je dois bien avouer que GTFO me captive par son rythme, par sa propension à soudainement faire grimper la tension de trois crans, et surtout par son habileté à rendre cruciale la notion de coopération dans des situations extrêmement tendues dont l’issue révèle la cohésion du groupe. En cas de défaite, c’est notre tactique collective qui doit impérativement être remise en question.

Partage de ressources, d’informations, de stratégies et de visions parfois discordantes, la capacité des membres de l’équipe à communiquer efficacement et à trouver un terrain d’entente est constamment mise à l’épreuve. On compte nos munitions, on passe de longues minutes à échafauder des plans stratégiques, on annote notre carte, parfois on s’engueule, souvent on se soutient, et oui KillerSe7ven : quelquefois on stresse ! Et c’est ça qui est bon.

GTFO
Ces ennemis tentaculaires vont vous donner du fil à retordre...

Mon seul petit regret ? Plutôt qu’un checkpoint situé à un point précis des longues missions, j’aurais préféré qu’il puisse être utilisé comme une ressource, au moment choisi. Aussi gratifiante que soit l’expérience, elle nécessite l’implication d’au moins 3 personnes (+ un bot) disponibles pour jouer au minimum deux grosses heures, ce qui peut rendre la planification des sessions un peu difficile, cela dit on a rien sans rien.

Mais pour les âmes vaillantes qui franchiront le pas, vous trouverez dans GTFO un jeu difficile mais jamais injuste, et surtout extrêmement grisant pour ceux dont les seules satisfactions du travail bien fait et de l’objectif accompli prévalent sur la gratification permanente et superficielle. Une proposition osée et sans concessions en somme, comme je les aime.

Après cette première quinzaine d’heures au compteur et arrivé à mi-parcours dans le jeu, une chose est sûre, on redemande la douloureuse de plus belle. GTFO est une expérience à part qui tranche par sa radicalité et demande l'abnégation nécessaire pour progresser. Comptez absolument au moins trois coéquipiers afin de tirer profit de l'expérience. Fondé par des anciens développeurs ayant travaillé par le passé sur la franchise de braquage Payday, GTFO est leur premier jeu affiché sous la bannière 10 Chambers. A l’image de l’excellent Hunt qui a rencontré progressivement sa communauté avec un gameplay sans concessions, on ne doute pas que le bouche à oreille fasse de même pour GTFO. Vous en sortirez exténué, éreinté et sans doute parfois un peu froissé quand vous perdez. Peut-être même que vous vous réveillerez la nuit pour réfléchir à une nouvelle stratégie suite à l’échec de la veille, mais une chose est sûre, vous n’aurez qu’une seule envie : remettre les pieds en Enfer et arracher la Vie une toute dernière fois !
Pour
  • Expérience méritante
  • Coopération à son paroxysme et complémentarité des gameplays
  • Exploration par la communication et l'observation
  • Complémentarité des gameplays et rejouabilité
  • Enrobage sonore, DA et graphisme au diapason
  • Le friendly fire qui oblige à la prudence
  • Le sentiment de soulagement quand on finit un niveau
  • Les plans qu'on monte avant de tomber sur une embuscade
  • Les bâtons lumineux qui ne servent à rien mais qu'on aime jeter sur ses amis
  • (Ummagumma qui stresse !)
Contre
  • Animations des ennemis un peu saccadées
  • Le bot qui n'a pas toujours inventé le fil à couper le beurre
  • Le bot qui donne l'impression de flotter par moment
  • Le bot qui aime s'enfermer avec les monstres
  • Le bot qui poursuit Blue pour le soigner
  • Le système d'ordres à donner pour le bot
  • Impossible de ramasser le même objet sans l'échanger
  • (Ummagumma qui stresse !)

Critique JV et ciné toujours prêt à mener des interviews lors de festivals ! Amateur de films de genre et de tout ce qui tend vers l'Etrange. N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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Blue
Administrateur
7 mois il y a

Tu es bien méchant avec ce brave [Bot] Bishop !
Les dernières mises à jour du jeu annonce tout de même de l’amélioration dans le comportement des Bots – même si ca me dérange pas qu’il ne soigne que moi :p.

Effectivement, le fait de ne pas pouvoir « stacker » le même type d’item, je trouve que c’est de la difficulté gratuite. Mais c’est vraiment un des seuls bémols du jeu.

Ummagumma
Éditeur
7 mois il y a
Répondr à  Blue

J’ai envie de jouer bon sang !

Astrid
Astrid
7 mois il y a

Belle critique qui donne envie de courir acheter le jeu !!!

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