• Testé sur PC au moyen d’un code fourni par l’éditeur.
  • Configuration de test : RTX 4090 + AMD Ryzen 7 9800X3D = le minimum recommandé pour un jeu en pixel art.
  • Terminé en environ 6 heures selon le compteur Steam.

Comme le disait si bien Flint Westwood dans Il était cinq fois dans l’Est, le monde se divise en deux catégories : ceux qui pointent et cliquent, et les autres. Imaginez à présent que l’on transcende ce genre béni du jeu vidéo en y entremêlant les influences du pulp et de l’horreur cosmique, un peu comme si la revue Weird Tales chafouinait avec les écrits les plus délirants de H. P. Lovecraft. Après les excellents Nightmare Frames et An English Haunting, c’est exactement ce qu’a fait le studio indépendant Postmodern Adventures, qui va jusqu’à qualifier de pulp & click leur dernier-né, le bien nommé The Dark Rites of Arkham.

Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn

The Dark Rites of Arkham nous met dans le pixel du détective Jack Foster, hanté par un récent traumatisme et en charge d’une enquête qui lui est tombé dessus un peu par hasard : un meurtre rituel macabre a en effet eu lieu dans un appartement fermé à clé d’un immeuble miteux. Un bouge, qui plus est, dont personne n’aurait pu entrer ou sortir sans être aperçu. Une chose en entraînant une autre et dans une pirouette délicieusement éculée que n’aurait pas reniée L’Inspecteur Harry, notre anti-héros désabusé va se retrouver forcé à faire équipe avec son nouveau partenaire et expert en sectes, Harvey Whitman. Foster et Whitman, dont les caractères sont aux antipodes l’un de l’autre, vont alors collaborer pour résoudre les mystères glauquissimes d’Arkham, une ville économiquement rongée par la Grande Dépression, de surcroît dans le contexte historique compliqué de la Prohibition.

Comme toujours, les développeurs de Postmodern Adventures nous gratifient d'une sublime direction artistique en pixel art.

Ponctuée de twists et de séquences fortes dignes de tout comics pulp qui se respecte, l’histoire m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière scène, malgré un final peut-être un peu brusque. Pour le reste, les amateurs de point ‘n click seront comblés, avec des puzzles juste ce qu’il faut de tarabiscotés pour offrir satisfaction lors de leur résolution. On ne bloque jamais trop longtemps et c’est dans ce cas-ci une bonne chose, car cela permet de se laisser porter par le rythme du récit ou encore de s’abandonner à notre imagination à la lecture des nombreuses descriptions d’éléments du décor. Ces dernières sont toujours mues par les remarques et pensées amusantes de notre détective, pour un jeu qui ne manque pas d’humour.

Le jeu n'hésite pas à dynamiser le sempiternel défilement horizontal et à varier les points de vue au moyen de plans poitrine rapprochés du plus bel effet.

C’est souvent glauque et toujours mystérieux, mais le titre ne se prend jamais franchement au sérieux et c’est tant mieux ! On sent que le développeur solo José María Meléndez a été biberonné aux Weird Tales, Tales From The Crypt, Crime SuspenStories etc. S’il y a bien un genre de jeu vidéo qui donne l’impression de connaître un peu personnellement son créateur au moment de dérouler les crédits, c’est le point ‘n click. À noter également la réussite de la bande originale tantôt jazzy, tantôt inquiétante, composée par Matías J. Olmedo, qui était déjà à l’ouvrage sur An English Haunting.

Ancré dans le contexte politique de xénophobie assumée et de crise du capitalisme des années 30, le titre fait régulièrement écho à notre triste époque, au point que c'en est parfois perturbant.

Avec trois jeux sortis en à peine cinq ans et qui est plus tous excellents, les espagnols de Postmodern Adventures ont une nouvelle fois réussi leur pari avec The Dark Rites of Arkham. On termine le jeu comme on tourne la dernière page d’un exemplaire des Contes de la Crypte, soit parcouru de frissons et, surtout, avec le sourire.

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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