Comme le disait l’aphoriste belge Le-balaise, « si la canicule est mordante, c’est parce que c’est une petite chienne ». Alors pour supporter cet été qui fait grimper le mercure du thermomètre, deux solutions cinéphiliques s’offrent à nous : voir un film qui rafraîchit ou embras(s)er la chaleur et foncer sans hésiter sur les oeuvres en proie à la canicule… Ici et là, des réalisateurs ont pris les flambées de chaleurs comme moteur de leur histoire, voire de leur mise en scène. Petit florilège pour vous mettre l’eau à la bouche et vous donner envie de remettre des glaçons dans votre cocktail… Qu’il soit alcoolisé ou non !

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Le Plongeon (The Swimmer)

The Swimmer

Commençons par Le Plongeon, film de 1968 réalisé par Franck Perry (et Sydney Pollack) où Burt Lancaster décide de rentrer chez lui en passant de piscines et piscines. Outre le torse bombé de Burt, le film regorge de qualités : c’est autant un voyage initiatique tour à tour drôle et touchant qu’une vive critique de la société américaine. Un petit bijou disponible en DVD depuis 2021.

Que Dios nos perdone

Que Dios nos perdone

Rodrygo Sorogoyen (Lire notre critique d’As Bestas sorti cet été), le nouveau génie du cinéma ibérique, s’est fait connaître en 2016 grâce Que Dios nos perdone, polar noir et transpirant. Le film prend place à Madrid, alors affectée de plein fouet par la crise économique de 2011. Visite du pape, manifestations musclées et au milieu de ce paysage éclectique : un tueur en série sévit en violant et assassinant des vieilles dames. Antonio de la Torre et Roberto Alamo sont formidables. Ils incarnent un duo de flics si différents mais tous deux parfaitement antipathiques. Hautement politique, sale et dur, Que Dios no perdone est un grand thriller noir et l’un des plus réussis de ces dix dernières années.

L'Inconnu du Lac

L'Inconnu du lac

Drame policier de 2013 d’Alain Guiraudie où il fait chaud, mais où on a froid dans le dos, L’inconnu du Lac raconte un été torride autour d’un lac, haut lieu de rencontres et de flirt masculins. Franck fait la connaissance de Michel. Mais très vite, un cadavre est retrouvé. Franck soupçonne Michel, mais le désir entre eux est trop fort. Pierre Deladonchamps et Michel Paou sont formidables dans leurs rôles respectifs, mais le film impressionne surtout par sa mise en scène avare en effets spéciaux et qui tend vers l’abstraction. Le film ne se contente pas de questionner la pulsion de vie comme de mort par 40 degrés, il va interroger en profondeur la noirceur humaine et ses limites. Peut-être le meilleur long-métrage de Guiraudie et un des grands films français de ces dix dernière années.

Do the Right Thing

Do the Right Thing

Impossible de parler de chaleur au cinéma sans parler de ce classique de Spike Lee (1989), tant la chaleur semble y être un personnage à part entière. Dans le quartier de Brooklyn, c’est le jour le plus chaud de l’année (le dog day) et les tensions raciales montent avec la chaleur. Grand film controversé Do the Right Thing fait mouche et Spike Lee montre là encore avec génie que la chaleur est souvent un bon prétexte pour mettre des personnages dans des situations critiques tout en questionnant les enjeux politiques.

Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon)

Un après-midi de chien

En 1976, Sidney Lumet réalise Dog Day Afternoon, chef-d’œuvre qui se passe aussi le jour le plus chaud de l’année. Encore à Brooklyn, Sonny et Sal décident de cambrioler une banque; évidemment l’entreprise vire vite au fiasco. Le FBI est là quasi-instantanément et les négociations sont chaotiques. Seulement Sonny, aussi piètre braqueur soit-il, est très intelligent et parvient à se faire apprécier des otages. Vont-ils réussir à s’ensortir ? Là encore, ce film très politique est en avance sur son temps, sur les questions de transidentité notamment. Al Pacino et John Cazale sont exceptionnels. Indispensable.

La Saveur de la pastèque (The Wayward Cloud)

La Saveur de la pastèque

En 2005, le réalisateur Taïwanais Tsai Ming-Liang met en scène La Saveur de la pastèque, ovni à la croisée du film érotique, du drame et de la comédie musicale. En cette période de grande sécheresse, la pénurie d’eau oblige les autorités taïwanaises à couper les robinets la journée. Alors c’est la débrouille entre vol et consommation de pastèques pour remplacer l’eau qui se fait rare. Hsiao-kang et Shiang-chyi vont vite tomber amoureux. Toujours surprenant, le film a été interdit au moins de 16 ans lors de sa sortie et n’est donc pas à mettre entre toutes les mains. Cependant les adorateurs de pastèques apprécieront très certainement cette proposition originale. 

Ici pour vous parler de cinéma dit « oriental », je ferai le grand écart, tel JCVD, entre Apichatpong Weerasethakul et John Woo sans claquage ni cocaïne. Mais attention, quand c'est raté, le Jackie Chan qui dort en moi risque de tout casser d'un coup de pied vengeur !

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