Sans Bruce Willis au casting, nous n’aurions jamais parlé de ce DTV, mais le hasard du calendrier allié à une bien triste nouvelle fait que nous ne pouvions passer à côté. En effet le 30 mars dernier, la famille de Bruce Willis annonçait publiquement la retraite de l’acteur, diagnostiqué aphasique ce qui affecterait sa capacité à parler, écrire et comprendre un langage, à la fois oral et écrit. Un bouleversement pour lui et sa famille, naturellement, mais aussi pour ses fans de par le monde, dont la question de savoir « Mais pourquoi joue-t-il dans tous ces navets ? ») venait de trouver une bien triste réponse.

Le Camping Paradis des retraités

L’acteur, repéré par la série Clair de lune avant d’être starifié par le meilleur film d’action des années 80 (Piège de cristal, what else?), a enchaîné les films cultes (Le Dernier Samaritain, Hudson Hawk, Pulp Fiction), les chefs-d’œuvre (Le Bûcher des vanités, L’Armée des 12 singes, Sixième Sens, Incassable), le meilleur film d’action des années 90 (Une journée en enfer, what else ?) et les plaisirs coupables (58 minutes pour vivre, Armageddon, Mon voisin le tueur), nous faisant (presque) oublier les Chacal et autres Code Mercury de sinistre mémoire.

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Mais, depuis 2012 et malgré quelques exceptions notables (le bourrin et fun Death Wish, Glass ou encore Brooklyn Affairs), notre John McClane préféré aligne les DTV sans-le-sou, productions obscures dignes d’un Steven Seagal où l’apparition de sa trogne avec son sourire en coin n’excédait que rarement les 20 minutes à l’écran. Precious Cargo, Acts of Violence, 10 Minutes Gone, Trauma Center, Hard Kill, des titres interchangeables surfant sur les succès passés de leur Guest, placardé en « tête de gondole » sur les affiches pour mieux appâter le chaland.

Parmi ses derniers « méfaits », Cosmic Sin fut gratifié il y a peu d’un Razzie Awards (avant que les organisateurs ne s’excusent platement et annulent le « prix » décerné, n’étant pas au courant de l’état de santé du nommé). Notez que parmi la palanquée de ces téléfilms se cachent quand même quelques bonnes petites pétouilles réalisés par Steven C. Miller : Extraction, Marauders et First Kill, honnêtes séries b avec un sens certain de la mise en images malgré des scénarios foutraques.

Yippee Ki-Yay, Bruce !

On ne pourra pas en dire autant de ce Fortress (ou Jeu Fatal de par chez nous), « mis en images » (c’est un bien grand mot) par James Cullen Bressack, un zédard coupable d’un Survive the Game (Jeu de survie) déjà avec un Bruce Willis malade et d’un Beyond the Law avec Steven Seagal.

D’un script de série b (écrit qui plus est par Emile Hirsch : oui, oui, l’acteur de Speed Racer et Into the Wild) où un groupe de criminels s’introduisent dans une colonie d’anciens agents de la C.I.A à la recherche de l’un d’entre eux, Bressack aurait pu en faire une petite péloche efficace, sans prétention comme on savait faire dans les 80’s. Non, le réalisateur se torche avec et nous balance ses excréments à la face (oui, l’image est quelque peu sale, je le conçois) !

La fameuse colonie ressemble à un camping du fin fond de la Creuse et sa directrice, botoxée à mort, a l’air d’être droit sortie d’un tournage Brazzers (les amateurs apprécieront). Le reste du casting est à l’avenant, vieilles gloires de séries tv (Jesse Desperate Housewives Metcalfe, Chad Michael Les Frères Scott Murray) dont le comble étant atteint avec Shannen Beverly Hills Doherty dans le rôle d’une… Générale ! Tout ce beau monde en font des caisses, s’agitent dans tout les sens autour de ce pauvre Bruce Willis, totalement démuni, affaibli, passant le peu de temps de présence à l’écran assis, à réciter péniblement sans aucune conviction des dialogues ineptes.

«- C'est quoi cet endroit ?
- Forge Moutain est une retraite sur invitation unique en son genre, pour des cadres d'entreprises qui ont besoin de se ressourcer»

Paul à Kate

La réalisation verse dans l’amateurisme le plus crasse, une série Z qui n’assume même pas son côté cheap, veut en mettre plein la vue mais ne fait que consterner pendant sa pénible heure et demie.

Comble du comble, la fin annonce clairement une suite, probablement tournée dans la foulée au doux nom de Fortress 2: Sniper’s Eye. Par respect pour notre cher acteur, je ne saurais que trop vous conseiller de faire l’impasse sur cette chose dont la volonté artistique est proportionnelle à la somme des talents engagés : c’est à dire nulle !

Biberonné très tôt au cinéma, j'avalais de la pellicule comme d'autres des bérets verts au petit déjeuner ! Curieux de tout et aujourd'hui casanier dans l'âme, c'est dans la douce atmosphère du foyer que j'étanche ma soif sans limite de 7e art.

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