• Accès anticipé
  • Testé via un code fourni par Terminals.io, toujours dans les bons coups pour donner de la visibilité aux indépendants
  • Premier avis rendu après huit heures au compteur ! Il y a déjà de quoi bien s’occuper au niveau du contenu
  • La piste musicale ci-dessous ne provient pas du jeu, pour l’heure peu représenté sur les plateformes musicales de streaming, mais du fantastique Deepstar Six (Mutant Aquatique en Liberté en VF) que je conseille aux amateurs de nanars avec une âme, ceux qui vous font à la fois rire et frissonner

Łukasz Kałuski définit Hidden Deep comme un jeu d’exploration/action se déroulant dans un univers de science-fiction/horreur. Basé à Varsovie, ce développeur solitaire vétéran de l’ère Amiga et amoureux de James Cameron revendique les influences d’Aliens et de The Thing sur son projet. Manette en main, on assiste à un croisement racé entre l’appropriation du terrain de la série mythique des Worms et la physique organique de Half-Life. Maintenant que les présentations sont faites, inspirez un grand coup et enfonçons-nous ensemble dans les abysses ténébreuses de cet accès anticipé…

Terreur sous la zone hadale

L’intrigue de Hidden Deep se déroule dans des cavernes situées à 1,6 km sous le plancher d’un océan indéterminé. Suite à la captation d’anomalies par leurs instruments de mesure, une première équipe de scientifiques est envoyée sur les lieux pour mener l’enquête. Presque deux années de recherches s’écoulent jusqu’au jour où la liaison radio s’interrompt soudainement… Qu’est-il arrivé ? C’est à vous, responsable de l’équipe de secours, de le découvrir.

Le premier contact avec le jeu  -que Łukasz Kałuski définit comme « le plus gros projet de sa vie »- est saisissant. Inertie des mouvements, ressenti des transferts de masses ou encore cette sensation presque tangible de broyer concrètement des amas de pixels lorsqu’on détruit le terrain : Hidden Deep se démarque immédiatement grâce à son moteur physique de haute volée. Imaginez-vous que quasiment tous les éléments de ce titre à la 2D alléchante sont soumis aux lois de la gravité et de l’énergie cinétique.

On peut ainsi percer au travers de la majorité des sols au moyen d’une charge de C4,  comme on le ferait dans Worms armé d’un marteau-piqueur ou d’une banane (les vrais sauront). Vous n’excaverez toutefois jamais au hasard ! Vous devrez effectivement faire appel à plusieurs outils, dont un scanner topographique fort utile pour déceler les poches d’air dissimulées sous vos pieds.

Hidden Deep
Le recours aux explosifs est essentiel à la progression.

À chaque situation son approche : vous avez repéré un tunnel sombre mais les gargouillis écœurants qui en proviennent vous font reconsidérer l’entreprise ? Envoyez une sphère flottante en éclaireur pour découvrir ce qu’il s’y cache ! Elle pourra même électrocuter les éventuels ennemis tapis dans la pénombre, voire enclencher des mécanismes. In-dis-pen-sable.

Les sphères volantes évoquent la technologie futuriste du film Prometheus de Ridley Scott.

Le retour de la corde ninja

Vous trouverez également des engins à piloter et à exploiter afin d’accomplir vos objectifs, qui vous seront toujours communiqués au début des niveaux. C’est à ce moment là que le jeu révèle sa dimension puzzle en nous laissant commander alternativement plusieurs protagonistes aux compétences distinctes. Notre personnage principal peut se servir de certains outils mais est incapable de conduire une machine à construire des ponts ? On zappe alors à l’un de nos ingénieurs pour exécuter la tâche de construction puis on passe à un autre ouvrier pour transporter la machine au dessus d’un précipice. Attention au balancement de la nacelle lors de ces séquences de haute voltige durant lesquelles on retient notre souffle et on s’exclame bêtement, inquiet à l’idée que notre moyen de forage ne tombe dans la vide.

Spéléologie oblige, vous devrez constamment utiliser votre grappin. C’est l’équivalent de la corde ninja de Worms. Sa portée est immense et vous pourrez soit vous en servir pour atteindre des espaces inaccessibles autrement, soit comme une corde de rappel le long de laquelle monter, descendre ou vous balancer, soit comme une tyrolienne. Il s’agira de votre accessoire principal et, là encore, gare aux lois de la physique quand vous vous ballottez sous peine de voir votre gus s’exploser le crâne contre la paroi de la grotte, dans une gerbe de sang du plus bel effet.

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À noter que l’écran de game over vous permet d’observer votre cadavre pendant quelques secondes post mortem, ce qui donne lieu à des scènes cocasses où on admire notre corps inerte rebondir jusqu’à finalement toucher le fond de la crevasse dans un bruit sourd, tel un pantin désarticulé. Jetez un œil à cette compilation de mes plus gros échecs pour mieux comprendre de quoi je parle !

The Thing

Hidden Deep comporte également une dimension action/horreur, sans en faire un survival horror pour autant. Vous n’êtes en effet pas seul dans ces galeries… Lombrics mangeurs de chaire humaine, araignées-crabes veineuses et autres immondices volantes mi-drosophiles mi-lasagnes se mettront ainsi régulièrement en travers de votre chemin. Généreux en munitions, en vies et avec des checkpoints quasi-instantanés, l’accès anticipé du jeu se laisse parcourir avec plaisir. Les joutes contre les monstres sont réussies mais sont plus là pour nourrir l’ambiance claustrophobe au possible plutôt que pour vous poser de réels problèmes (du moins dans les 6 premiers niveaux, à voir ce qu’il en sera dans la version finale). Les combats sont assez fréquents et rythment adéquatement notre exploration, pour un titre qui sait aussi mettre l’emphase sur des séquences plus solitaires quand c’est nécessaire.

Un tentacule peut en cacher un autre...

Alors qu’il n’est encore qu’en accès anticipé, Hidden Deep frappe déjà fort et dégage une impression grisante de « jamais joué ». Avec son univers 2D en huis-clos souterrain, son ambiance sonore angoissante, ses bestioles organico-dégueulasses mais surtout grâce à son moteur physique et à ses énigmes ingénieuses nécessitant de se creuser les méninges en assignant chacun de nos personnages à une tâche bien précise, le titre de Łukasz Kałuski a clairement le potentiel pour marquer la scène indépendante à sa sortie. Affaire à suivre !

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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