• Testé sur Switch 2
  • Jeu acheté en édition physique au Japon
  • Captures d’écran maison
  • Fini le mode standard avec toutes les médailles d’or
  • Campagne en mode expert terminée
  • Mode en ligne testé quelques parties

Depuis 2018, des rumeurs persistantes tablaient sur la sortie imminente d’un certain Star Fox Grand Prix, un prétendu jeu de course inspiré de l’univers de la série et, cerise sur le gâteau, développé par Retro Studio. Rien n’arrivera des texans, sauf un Metroid médiocre, dont on se serait bien passé. Dans le secret des dieux, de supposés initiés jurèrent mordicus que Nintendo préparait un nouvel épisode plus classique, quand d’autre oracles tout aussi avisés s’étaient persuadés que Star Fox Adventures préparait son comeback. Les astres étaient alignés et pourtant, toujours rien. Quand soudain, par une belle journée de printemps, un Nintendo direct surprise vint contrarier toutes ces belles prédictions ! Nintendo a alors douché tout espoir en annonçant que Fox reviendrait mais dans un simple remake de Lylat Wars. Réalisé par les Américains de Velan Studios, le titre a été supervisé sous la houlette du petit artisan. En 2011, le jeu avait déjà eu droit à une splendide relecture, académique certes, mais sublimée par la 3D stéréoscopique. Quinze ans plus tard, le renard préféré des Français nous pose une question existentielle : un remake d’un remake est-il un bon remake ? Ou s’agit-il d’un remaster déguisé ?

On ne change pas une équipe qui gagne

C’est en 1997 que les heureux possesseurs d’une Nintendo 64 sillonnaient l’espace avec la troupe de mercenaires légendaires connue sous le nom de StarFox. A l’époque, petite anecdote, c’était le tout premier jeu à proposer des vibrations avec le célèbre Rumble Pak qui fit frétiller les chaumières. Notez que dans un pur souci de professionnalisme, l’auteur de ses lignes aura joué une partie du titre au-dessus des nuages, dans son avion pour le Japon, afin de retranscrire les turbulences de l’Airwing IRL. Sensations garanties ! Erigé au rang de classique intemporel, Star Fox a donc conquis plusieurs générations de joueurs sur Nintendo 64, sur 3DS et maintenant sur Switch 2. Vous pouvez parfaitement faire un repas de famille et que tout le monde ait joué à Star Fox une fois dans sa vie !

Avec des sorties espacées d’une quinzaine d’années à chaque retour en fanfare, le cupide renard aurait-il raflé les comptes de Corneria pour se payer une belle retraite anticipée ? A moins que Fox ne se comporte plutôt comme une vieille rockstar qui reprendrait les tournées après avoir découvert que le plan épargne retraite avait surtout épongé un train de vie trop cavalier. A l’instar d’une vedette qui fait son éternel retour mais qui chante toujours ses mêmes vieux tubes, ne comptez pas sur un retour sur scène en fin de concert. Vous aurez beau applaudir de toute vous force pour qu’il revienne, celui que vous attendiez depuis des années est déjà en train de boire son martini dans les loges. Bref, vous l’aurez compris, le goupil chasseur de primes et lointain cousin d’Han Solo est resté sous les radars de trop longues années pour qu’on lui pardonne de revenir chanter le même refrain comme si de rien n’était. « On s’était dit rendez-vous dans 10 ans. Même jour, même heure…», stop, ça suffit maintenant ! On n’a pas encore atteint ce qu’on appelle dans le jargon « le point F-Zero », nouvelle échelle ouverte qui sert à mesurer le mépris d’un éditeur pour ses fans. Mais Nintendo chatouille nos nerfs !

Sarcasmes mis à part, quel dommage de ne pas se saisir davantage de l’univers de Lylat Wars qui doit beaucoup à la saga de Georges Lucas. Si l’on fait exception des années folles de la période Gamecube, où Nintendo avait (encore) le goût du risque, les sorties du renard se comptent sur les doigts d’une main. Présent au line up de la console, l’excellent Star Fox Adventures avait fait des émules, réussissant l’exploit de faire de l’ombre à Link. Star Fox Assault soldera cette brève parenthèse avec un jeu d’action honnête mais dont les phases au sol n’avaient pas su enchanter les critiques. Puis rien de neuf à se mettre sous la dent avant ce remake 3DS qui a très certainement servi de matériau de base à cette version Switch 2.

Pilote automatique activé

Quinze ans plus tard, on reprend instantanément ses marques et le gameplay est toujours aussi plaisant. Comme les célèbres B-52 américains toujours en fonction depuis le Vietnam, l’Airwing est une valeur sûre qu’on pilote fièrement de père en fils. Un bouton permet de larguer des bombes téléguidées, un autre est dédié au tir en rafale ou au lock et les gâchettes permettent d’ajuster nos trajectoires dans les virages serrés. Dans les zones ouvertes, on peut aussi faire des acrobaties aériennes d’une simple pression d’un bouton, une technique de choix pour leurrer nos adversaires qui nous avaient pris en chasse et les frapper dans le dos. Un gameplay simple qui n’a pas bougé d’un fil d’un remake à un autre. Quant à la mise en scène des niveaux, elle est toujours aussi vertigineuse grâce à une campagne courte mais diablement variée.

Switch 2 oblige, le jeu offre une résolution augmentée et une fluidité à toute épreuve qu’on soit en docké ou en version portable. On se demande d’ailleurs si le jeu aurait pu être un candidat tout trouvé pour tourner à 120 fps. On sent que les développeurs ont soigné les éclairages et les reflets qui rendent l’espace particulièrement vibrant. Quand on pousse l’accélérateur, la sensation de vitesse est tout de suite grisante. Sur l’écran HDR de la console, on en prend plein les mirettes. Malgré un level design très dirigiste, le jeu donne l’impression de fondre à toute allure vers l’ennemi, surtout quand on choisit la méthode musclée en évitant soigneusement d’accomplir les objectifs. Mention spéciale pour les secteurs X et Y, où Rob envoie de puissants rayons laser pour décimer des vaisseaux mères. Tout simplement jouissif !

Les niveaux dans l’espace sont toujours les plus impressionnants. A part le monde aquatique qui fait toujours autant bailler et les rares phases terrestres au Landmaster un tantinet lassantes à force de répéter les missions en boucle, la construction des niveaux est un modèle de rythme. Si les boss ne présentent aucune difficulté sérieuse, chacun d’entre eux a ses propres patterns et son identité graphique qui font de chaque rencontre un plaisir de la (re)découverte. Argument marketting oblige, la mise en scène de ce remake est encore plus proche de Star Wars, grâce à des cinématiques sympathiques qui viennent ponctuer l’aventure avec des briefings qui s’enchaînent sans temps de chargement.

La guerre des étoiles selon Nintendo

La nouvelle direction artistique des cinématiques ne mettra pas tout le monde d’accord. Fox a parfois des mimiques de vieux crooner du Cap d’Agde. Un savant mélange entre Patrick Sebastien et Patrick Bruel qui auraient abusé du bourbon, diront les mauvaises langues. Le choix de l’anthropomorphisme et du « réalisme » animalier peut surprendre au premier abord mais on s’y fait. Formidable moment de grâce quand on Fox se met à courir tout engoncé dans sa combinaison, vouté comme une grand-mère cabossée ! Malgré tout, ces cinématiques donnent un enrobage « stratégique » très cool à l’ensemble, notamment lorsqu’il faudra choisir entre deux choix tactiques et vers quelle planète diriger notre escadron.

En dehors de ces questions de forme, pas de surprise pour les initiés, puisque le jeu suit religieusement le jeu original. Si la direction artistique des personnages a pas mal fait jazzer sur internet, on sent que Nintendo cherche à étendre son univers et c’est tant mieux. Après avoir préparé le terrain avec le dernier film Mario, qui sait, peut-être qu’on aura enfin droit à un nouvel opus avant quinze ans ? Autre réussite totale de ce remake, la réorchestration musicale de l’OST d’origine est un véritable bonbon pour les fans ! Un travail remarquable qui donne un punch fou aux niveaux.

Alors quelle est la meilleure version ? Certes j’aurais toujours le cœur qui s’emballe en repensant à la 3D relief et les prodigieux effets de profondeurs de la version 3DS. Pour autant, ce remake Switch 2 est à ce jour la plus belle porte d’entrée vers la série. Pour ceux qui auraient loupé le coche en 1997 et en 2011, c’est l’occasion de découvrir un classique. Pour les novices, rappelons que l’aventure s’expédie à la vitesse lumière et que tout l’intérêt du titre réside dans la découverte des chemins alternatifs jusqu’à défier Andross (rien à voir avec la compote). Un parcours de santé qui devient autrement plus exigeant quand on essaie d’obtenir les médailles d’or à chaque niveau.

Si le titre n’a pas l’air taillé pour le scoring au premier abord, la faute à une absence de compteurs de combos notamment, c’est pourtant en essayant de tuer le maximum d’ennemis qu’on exploite le vrai potentiel du titre. Sans être impossible, cela nécessite d’être exigeant et persévérant tout en utilisant toutes les mécaniques de gameplay et les meilleurs embranchements, d’autant plus que l’objectif à atteindre ne laisse que très peu de place à l’erreur. Il faudra aussi veiller à ce que nos trois compagnons ne se fassent pas liquider pour pouvoir réaliser l’objectif. Prudence également, car ces fourbes n’hésiteront pas à vous griller la priorité et il faudra toujours essayer de tuer les ennemis avant qu’ils ne s’en chargent. Détail qui a son charme, le friendly fire est activé, alors n’hésitez pas à vous venger et à bourrer le pif de vos camarades !

Un grand nom, ça se mérite

Une fois toutes les médailles d’or obtenues, on peut débloquer le mode expert autrement plus punitif. Les collisions nous font tout de suite perdre une aile ce qui rend la mécanique autrement plus intéressante. Le centre de gravité de l’Airwing bascule alors, changeant la conduite de l’appareil. En outre les ennemis sont plus nombreux et beaucoup plus agressifs. Enfin fini les continus, il faut arriver sur la planète Venom d’une traite et optimiser nos trajets en conséquence. Rien d’insurmontable comme le jeu n’est pas avare en vies. Ce choix de gamedesign visant à débloquer le mode expert après avoir aligné les médailles est peut-être discutable, puisque 95% des joueurs ne verront jamais la couleur de ce mode. Pis encore, une fois débloqué, pas dit qu’on veuille encore refaire les mêmes niveaux qu’on aura poncés en standard, surtout pour les vieux briscards de N64 et de la 3DS. (Que le temps passe vite).

Cela dit, viser les médailles d’or, c’est aussi une manière de nous apprendre à apprivoiser l’Airwing. Il y a une vraie marge de progression, et une fois qu’on a gagné ses galons, on flirte dans les airs avec la grâce du Faucon Millenium. Un régal pour peu qu’on se fixe soit même des objectifs personnels ! S’il y avait un point qu’aurait pu améliorer Velan Studios, c’était certainement de chercher une carotte plus attrayante pour pousser au score. Le combo n’est il pas l’alpha et l’oméga de tout jeu d’arcade ? Autre idée qui a aurait fait sens, proposer de nouveaux vaisseaux et armes, d’autant plus que le multijoueur le permet. Ayons le droit de rêver, Nintendo aurait aussi pu proposer une campagne alternative du point de vue de l’adversaire.

Certainement emprisonnés par le poids du jeu original, on sent que les développeurs n’ont pas voulu faire autre chose que mettre le titre au goût du jour. Leur a-t-on laissé le choix ? Si on comprend volontiers le souhait de coller au jeu originel, rien ne les aurait empêchés de proposer des embranchements supplémentaires et pourquoi pas une troisième fin. Ah si, réjouissez-vous, il y a bien des nouveautés. Vous gagnez de l’argent qui ne vous sert à rien à chaque fin de campagne et j’oubliais un point essentiel. En remportant toutes les médailles d’or, on débloque le père de Fox avec ses lunettes de soleil exclusivement visibles dans les miniatures des retransmission radio, pas dans les cinématiques. « For sure », voilà une récompense bien méritée !

Dog fights on line

Notons tout de même une agréable surprise avec le mode multijoueur en ligne, beaucoup plus sympathique qu’espéré, même si on doute qu’il tienne en haleine sur la durée. Captures de point fixes ou mobiles donnent (presque) un côté Battlefield à l’ensemble. Surtout, les fans apprécieront de découvrir d’autres vaisseaux à piloter. Chaque pilote dispose de ses propres aptitudes offensives ou défensives. On peut même accélérer la vitesse de jeu pour parcourir plus vite les vastes zones ouvertes où ont lieu ces escarmouches aériennes plus techniques qu’il n’y paraît avec les parades aériennes, virages serrés en freinant et autres coups de Trafalgar.

Gimmick de cette édition Switch 2, le jeu permet d’utiliser une webcam pour que notre personnage retranscrive les mêmes expressions que nous ingame. On vous voit déjà faire des duckface à tout bout de champ. Une idée sympathique qui contourne la rigueur de Nintendo, toujours très sensible pour protéger son jeune public en ligne. Encore faut-il avoir pris la peine d’acheter une caméra compatible pour une poignée de jeux qui l’exploitent… Le jeu est aussi jouable avec les manettes comme avec une souris qu’on utiliserait sur une table. Mais pas sûr que cette fonctionnalité n’ait jamais émoustillé les joueurs. Enfin Star fox propose le mode multijoueur local le plus ennuyant du monde où un joueur dirige le vaisseau pendant que l’autre vise. Là encore, pas de quoi faire des émules ! Un dernier mode défi assez sage permettra de prolonger l’expérience pour les plus téméraires.

Si vous n’avez encore jamais joué à Star Fox, cette version Switch 2 est l’occasion idéale de découvrir un classique de Nintendo. Pour les autres qui rongent leur frein en espérant avoir droit à un nouveau opus avant de mourir, la réponse est moins évidente. Tout dépendra de votre amour pour la franchise et votre appétit pour le score. Quoiqu’il en soit, replonger dans Star Fox, c’est rejouer à un titre qui n’a pas vieilli d’une ride. Un classique du genre qui nous fait espérer qu’enfin Nintendo se saisisse de la licence pour en reconstruire les bases. A l’instar de ce qu’ils ont pu faire avec Zelda, Mario ou plus récemment Donkey Kong, ils en sont parfaitement capables. Pourvu qu’on n’attende pas quinze cette fois-ci… Et espérons qu’Ocarina of Time saura se permettre un peu plus d’audace cet hiver.

For
  • Un gameplay intemporel
  • Les embranchements
  • Design sonore vibrant
  • Réorchestration musicale excellente
  • Multi sympathique
  • Les cinématiques fanservice
Against
  • Un remake d'un remake
  • Le mode expert à débloquer
  • Système de scoring pas très engageant

JV critic and film always ready to lead Interviews at festivals! Amateur of genre films and everything that tends to the strange. Do not hesitate to contact me by consulting my profile.

0 0 Votes
Evaluation of Article
Subscribe
Notify of
guest
1 Commentary
oldest
most recent Most popular
Itokiry
5 heures

Très déçu qu’il ne s’agisse “que” d’un remake, d’un jeu dont j’ai déjà fait le remake, après avoir bouclé l’opus original étant gamin… Mais comme toi je croise les doigts pour que ce ne soit que le début, un test au doigt mouillé pour savoir si la mayonnaise prend chez les joueurs…

Par contre, aucun espoir concernant Ocarina of Time me concernant : je m’attends à une copie respectée à la lettre du jeu d’origine. Je m’en vais de ce pas refaire la version 3DS (la meilleure et de loin) pour m’éviter de craquer et de repasser à la caisse plus tard cette année.

1
0
We would like your opinion, please leave a comment.x