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  • Nous avons passé 20 heures dans la cage
  • Homeshots.

Electronic Arts et le sport c’est une relation qui dure depuis plusieurs décennies. Et comme dans toute relation longue, maintenir la flamme est nécessaire afin de ne pas la dégrader. Or, peu importe la discipline, EA n’a cessé de se reposer sur ses acquis au fil des licences. Cette année, soit trois ans après le dernier opus, EA Sports UFC 6 surgit avec de bien meilleures ambitions. Visiblement, le studio est revenu avec une stratégie claire et des intentions louables.

A New Challenger

EA devait évoluer en améliorant sa formule satisfaisante mais éprouvée. Une formule qui tourne autant en rond que celle d’un EA Sports FC (successeur à FIFA). Avec UFC 6, une nouvelle ambition se dessine. Le MMA (Mixed Martial Arts), et plus précisément sa ligue UFC, a pris une place importante dans le paysage du divertissement sportif ces dernières années. Violente, mais pas moins technique, le MMA est une discipline qui jouit d’une réputation sulfureuse qui dépasse l’intérieur de la cage. Ce que l’on peut facilement imputer aux écarts de comportement des combattants lors des conférences de presse et des pesées où les insultes pleuvent, notamment.

Les égos s’affrontent d’abord psychologiquement, avant de se réunir dans l’octogone où il ne restera qu’une confrontation physique. Un narratif est construit autour des combattants, tandis que que la quête du buzz est prônée. Pour ces raisons parmi d’autres, le MMA devient le visage des USA. L’improbable événement UFC organisé à la Maison Blanche par Dana White et le président américain en témoigne. Chapeauté pour célébrer l’anniversaire de Donald Trump, la soirée servait aussi une propagande impérialiste attendue. Une démonstration de soft power que l’on qualifiera de gênante, de ringarde aussi, rappelant les spots publicitaires parodiques d’un Starship Troopers ou les caprices immatures des personnages politiques d’Idiocratie.

La vision d’une Amérique aux valeurs morales discutables. Et ces hommes seuls dans la cage (aucune femme invitée sur la carte de combat), qui affrontent l’adversité, finissent par en être la personnification. Lors de cette soirée c’est bien les USA qui ont gagné. Un triomphe symbolisé par la victoire de Justin Gaethje face au favoris Ilia Topuria. Un combat de qualité qui succédait à la victoire du français Cyril Gane parvenu à stopper Alex Pereira, le visage de la jaquette d’UFC 6. Une victoire qui n’a pas manqué de jeter un froid sur l’événement. Une performance mémorable pour Gane qui s’est permis d’entrée sur une musique guadeloupéenne en hommage à une culture, à une nation forgée dans l’adversité et l’esclavage, comme le précise le combattant sur ses réseaux sociaux.

Best of the best

L’éditeur ne pouvait espérer mieux comme publicité avant le lancement d’EA Sports UFC 6, en dépit de la défaite de Pereira, présent sur la jaquette. Après trois années d’attente, le retour fait du bien. Parce que si peu de choses ont changé, ce nouvel opus s’affirme par sa maîtrise et le degré de réalisme atteint. Electronic Arts montre qu’ils ont su écouter les fans, même s’il ne fallait pas être pressé. Comment cela se traduit en jeu ? Par un moteur graphique toujours plus performant déjà. Si l’on met de côté les K.O dont les animations convoquent la vallée de l’étrange, le travail sur les visages et les animations reste exemplaire. Des efforts se ressentent sur l’ambiance également, même si l’on est en droit d’espérer plus.

Le changement le plus significatif dans la cage, c’est le gameplay. Si le précédent volet souffrait d’une certaine lourdeur et d’un manque de vitesse, de fluidité dans les coups portés, c’est maintenant de l’histoire ancienne. Dans l’ensemble, UFC 6 est plus dynamique, plus punchy et il s’affirme comme l’épisode le plus satisfaisant manette en main. Les combats gagnent en tension et en intencité. Il en va de même pour les transitions au sol, plus fluides, bien qu’un peu complexe à appréhender pour un néophyte. Heureusement, diverses options de conforts existent afin de ne pas pénaliser tout le monde. En revanche, EA s’est fourvoyé en implémentant la nouvelle mécanique du Flow State.

Le but c’était de retranscrire en jeu les sensations si particulières de cette état de flow (sorte de trans ou d’ultra-instinct pour le dire simplement), que l’on atteint qu’à un certain niveau de maîtrise de son art et/ou de sa discipline dans le monde réel. Malheureusement, dans la pratique du jeu c’est un échec. Que ce soit visuellement ou bien dans les changements qui influent sur le gameplay, cela rompt avec le réalisme propre à la licence. C’est simple, on a restreint notre utilisation de la mécanique lors de nos sessions pour ne pas gâcher le plaisir. Il est pour l’instant impossible de la désactiver, ce qui contraint à la subir de la part des adversaires. Lorsqu’il s’agit de l’I.A, c’est acceptable. Pour les affrontements en ligne, on peut s’interroger sur sa pertinence.

Le réalisme inhérent à la licence, malgré le Flow State, sert également les ambitions du mode Hall of Fame. Dans ce mode, on profite d’une simili visite de musée pour découvrir les grands moments de la carrière de trois grands noms du MMA : Weili Zhang, Alex Pereira et Max Holloway. Qu’il s’agisse de Pereira et de ses origines indigènes – la tribu Pataxo –, la culture et le folklore d’Hawaï pour honorer Max Holloway, ou la chine de Weili Zhang et les valeurs taoïstes qui l’animent, la philosophie des combattants est parfaitement dépeinte. On se régale de vidéos d’archives passionnantes. EA réussit à convoquer la singularité du MMA, en même temps qu’il invite à revivre les moments marquants de la carrière de ces talentueux combattants. Les vidéos immergent dans le cœur de l’action avant de transitionner sur le jeu pour nous laisser le contrôle du combat.

MMA-cratie

Outre la réussite du mode Hall of Fame, le plaisir de jouer à UFC 6 se déploie également via le mode Héritage. Dans ce dernier, on suit la carrière d’un protagoniste fictionnel. On participe à ascension en MMA, du petit club aux canalisations défaillantes jusqu’à la signature de son contrat à l’UFC. Le récit déroule l’intrigue habituelle pour une oeuvre sportive, mêlant rivalité et quête de légitimité. Un effort narratif salutaire pour la licence, et qui n’est pas sans rappeler la tentative amorcée dans Fight Night Champions. Les personnages sont suffisamment attachants pour nous impliquer. Le véritable regret se trouve dans les phases d’accalmie à la salle entre deux combats.

Le sparring avec un coéquipier et les frappes aux sacs amusent un temps, puis la redondance se fait ressentir. Elle se ressent d’autant plus à cause du manque de variété dans les activités permises. Cela porte préjudice au mode carrière basique, dans lequel on joue avec le combattant ou la combattante de son choix, y compris celui créé par nos soins. En effet, au vu des efforts déployés sur les modes susmentionnés, lancer sa carrière ne fait qu’amener une redite du mode Héritage, la narration en moins. La répétitivité fait sens d’un point de vue discipline à acquérir et mémoire musculaire à développer. Cependant, sur le long terme l’aspect ludique se perd au profit d’un ennui ou d’une indifférence. Ce qui se traduit par l’irrépressible envie de simuler les sessions plutôt que les jouer.

À cote de ça, le soft distille ces petites doses de dopamines ci et là. Chaque accomplissement, chaque combat joué rapporte de l’expérience utile à l’obtention de cosmétiques plus ou moins utiles. Les joueurs qui souhaitent tout débloquer vont devoir dépenser plusieurs dizaines d’heures. Pourtant, la partie la plus chronophage d’UFC 6 est sans aucun doute le Gym. Une sorte de hub (sans présence physique de notre personnage) dans lequel on recrute du personnel et des combattants pour qu’ils progressent de niveau et débloquent des tenues, etc. On a pas été emballé par la proposition, mais peut-être qu’elle parlera davantage à d’autres profils de joueurs et de joueuses. Enfin, pour les compétiteurs dans l’âme le online ne déçoit pas. UFC 6 propose plusieurs modes dont la sacro-saintes carrière et, pour les amoureux du stricking et du pieds-poings, il est possible de se battre sans séquences au sol.

EA a su tendre l’oreille et se remettre un minimum en question. Le studio a su produire ce nouvel épisode avec une stratégie claire et efficace. Une stratégie qui convainc, malgré l’erreur commise en implémentant la mécanique du Flow State. L’idée fait sens, mais elle brise totalement l’immersion. Le préjudice est d’autant plus problématique que le jeu s’emploie sérieusement à s’approcher toujours plus du réalisme et des sensations propres au MMA. Au final, UFC 6 est sauvé grâce à son gameplay dynamique et percutant, ainsi qu’à ses modes Héritage et Hall of Fame. Un jeu qui comprend l’essence de la discipline et qui s’applique à la partager.

For
  • Toujours plus beau, toujours plus fluide
  • Le roster conséquent
  • Le contenu solo et en ligne
  • Les ambitions narratives
  • Des combats dynamiques et percutants
  • Le mode Hall of Fame
Against
  • La mécanique Flow State
  • Les animations lors des K.O font taches
  • Quelques soucis d'hitbox à corriger

Scribe ninja escaped from the island of Shang Tsung and now living under perfusion of films, it is possible to see me on Falkor's back as I travel through imaginary worlds in search of a catharsis or inspiration. I am told that I am constantly guided by the martial values inherited from my youth in Jiang Hu.

 

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KillerS7ven
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5 heures

Merci pour toute cette recontextualisation avec l’évènement à la maison blanche. C’est un timing parfait !

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