• Partie débutée sur Xbox One S…
  • … mais rapidement récupérée sur Xbox Series X.
  • Jeu acheté en dématérialisé.
  • Environ 30h de jeu au total.
  • À deux doigts du 100%.
  • No divulgations to expect from this article.
  • Images trouvées sur Steam parce que j’ai oublié de faire des captures en jouant…

Projet ambitieux, d’une envergure assez impressionnante en raison d’un casting fourni et d’intentions de vague raccrochage scénaristique avec le film Rogue One, Star Wars Jedi: Fallen Order annonçait un joli rayon de soleil après l’obscure annulation de l’attendu 1313. Encore fallait-il que Electronic Arts laisse assez de marge de manœuvre à un Respawn Entertainment, connu pour ses Titanfall mais surtout pour Apex Legends, studio que personne n’attendait sur ce créneau. Avec son melting pot d’influences diverses, tant dans la narration, la mise en scène, que le gameplay et la progression, Fallen Order semblait au choix parti pour royalement se prendre les pieds dans le tapis, ou bien pour mettre tout le monde d’accord. En dehors de quelques petits couacs qui se comprennent plus ou moins, on y reviendra, on peut toutefois dire que nous avons assisté à la naissance d’une étoile.

The Return of the Jedi

De toutes les franchises cinématographiques à avoir eu la « chance » d’être adaptées en jeu vidéo, Star Wars est assurément, et de très loin, la plus prolifique. On recense une quantité assez folle de titres prenant place dans l’univers de Georges Lucas, qu’il s’agisse de retranscriptions des films, d’expériences autour de personnages ou de moments clés comme avec Bounty Hunter or Star Wars Racer, ou même de tentatives plus ambitieuses nous laissant libres de nos approches, comme chez KOTOR or Jedi Knight. Une variété absolument dingue de productions, dont peu ont déçu, aussi surprenant que cela puisse paraître, sans doute en raison d’un amour souvent palpable de l’œuvre originale, qui suffit généralement à faire oublier quelques écueils. Je me permets d’ailleurs de vous recommander le très sous-coté Lethal Alliance de la PSP, un titre injustement boudé. Toutefois, s’il fut une époque où les sorties s’enchaînaient à une vitesse difficile à suivre, tant pour les joueurs que pour les studios, disons jusqu’à la septième génération de consoles, la franchise a fini par perdre quelque peu en vitesse du coté des jeux vidéo, sans doute en raison de temps et de coûts de développement toujours plus élevés. Mais aussi de quelques petits tollés, comme la fameuse histoire des lootboxes dans Battlefront II, ou de la durée de vie catastrophique et du gameplay navrant de The Force Unleashed II. Dans le même temps, et alors qu’une certaine aura se dégage du projet, redoublant l’attente l’enrobant, Electronic Arts annule Star Wars 1313 sans sommation, annihilant d’un bloc les espoirs des joueurs de retoucher un jour à un titre solo d’envergure dans cet univers fort apprécié. Tandis que, du côté du cinéma, la nouvelle trilogie déçoit lourdement une grosse part des fans des six films originaux, la faute à un Disney plus occupé à traire ses licences jusqu’à en assécher le potentiel plutôt qu’à respecter les clients fidèles. Autant de raisons qui mènent, en 2019, à une attente assez colossale autour de Star Wars Jedi: Fallen Order, titre visiblement désireux de réconcilier tout le monde, les plus vieux comme les plus jeunes. Un pari osé.

Pour ce faire, Electronic Arts met les petits plats dans les grands, et envoie au charbon l’un de ses plus gros studios de l’époque, Reswpawn Entertainment, composé en bonne partie d’anciens développeurs de Call of Duty. Dans le même temps, la firme américaine démarche quelques belles têtes d’affiche, notamment Forest Whitaker qui reprend le rôle de Saw Gerrera qu’il incarne en parallèle dans le film Rogue One ; ainsi que Debra Wilson, dont la voix est bien connue des joueurs anglophones puisqu’elle a participé au doublage d’une quantité absolument astronomique de titres, parmi lesquels Metal Gear Solid 4, Days Gone or Forspoken, mais que les fans de League of Legends reconnaîtront pour son incarnation de Renata Glasc. Et bien sûr, pour le protagoniste c’est l’étoile montante Cameron Monaghan qui est choisie, acteur que nous avons tous découvert dans Malcolm in the Middle avant son rôle phare dans la version américaine de la série Shameless. Petit shout out au passage au show british, qui a malheureusement été éclipsé au profit de son remake possédant, à mon sens tout du moins, une identité beaucoup moins marquée, en plus de se la jouer moralisatrice par moments, ce que je trouve assez déplacé. Du beau monde, en tout cas, qui remplira parfaitement son office : un doublage de qualité, sans la moindre fausse note, imprégnant cette aventure d’un profond respect envers l’univers étendu de la Guerre des Étoiles. Du moins, en anglais, puisque la VF est quelque peu décevante, comme trop souvent, malheureusement. Dommage que pour profiter de la VO, il faille obligatoirement passer sa console en anglais, chose que j’ai personnellement choisi de faire, au détriment du confort (les textes finissant inexorablement dans la langue de Shakespeare par la même occasion), sans quoi je savais que l’immersion serait trop souvent mise à mal. Excusez le délire de puriste.

Star Wars Jedi: Fallen Order

Un délire qui revêt toutefois une importance assez prégnante dans l’appréciation du titre, qui vise l’immersion au sens large grâce à des ambitions cinématographiques affichées dès les premières secondes, des dialogues quasiment toujours mis en scène avec justesse, ainsi qu’un travail sur l’ambiance qui se ressent et fait mouche. Star Wars Jedi: Fallen Order nous permettra de visiter plusieurs planètes (et non, pas de Tatooine pour une fois, Dieu merci), chacune ayant un petit quelque chose de singulier, et il faut dire ce qui est : on s’y croit véritablement. Alors oui, tout n’est pas complètement rose à ce niveau, et on notera pour commencer que les version old gen peinent à suivre la cadence de ce jeu gourmand sur le plan technique. J’ai personnellement commencé ma partie sur Xbox One S, et j’ai finalement migré vers la Series X pour m’éviter des chutes de framerate assez régulières, quelques artefacts visuels peu esthétiques, ou tout simplement le bruit caractéristique d’un ventilateur en souffrance dès que plus de trois ennemis sont à l’écran. Rien de dramatique, dans l’absolu, et je ne doute pas que le jeu puisse être apprécié dans ces conditions, mais j’ai personnellement choisi un confort qui a joué un certain rôle positif dans mon expérience.

Autre petit point noir pour ce qui touche à l’immersion, Star Wars Jedi: Fallen Order emprunte beaucoup au Metroidvania dans la construction de ses environnements, ce qui induit pas mal d’allers / retours, des secrets parfois bien cachés, et plus globalement un Level Design un brin labyrinthique. Or, si la majeure partie du temps ledit Level Lesign est absolument inattaquable, il faut toutefois reconnaître que certains passages sont en deçà, ne parvenant pas à maintenir l’impression d’un monde cohérent. C’est rare, mais ça mérite d’être souligné. Pas de système de déplacement instantané non plus, dont on aurait bien eu besoin pour éviter quelques longues traversées d’espaces qu’on finit par connaître par cœur. Enfin, j’aurais tendance à penser que, parmi les planètes disponibles, Dathomir est la moins réussie, m’ayant laissé un arrière goût de remplissage forcé en bouche, notamment à cause d’une palette de couleurs me semblant mal choisie.

Le Dark Souls du casual gamer ?

Mais ce qui a le plus fait couler d’encre, et à juste titre, c’est l’affiliation que l’on peut faire entre Fallen Order and Dark Souls. Comme dit plus tôt, le titre de Respawn Entertainment est ce qu’on pourrait qualifier de melting pot d’influences, ce qui est valable pour toutes les strates le composant. Or, niveau gameplay, puisqu’on est encore en pleine mode des Souls-like, on se retrouve avec quelque chose qui ne surprend guère à première vue : parades, possibilité de verrouiller la visée sur un ennemi pour tourner autour, roulades, le tout avec une certaine exigence pouvant mener à un trépas rapide. Rien de vraiment neuf sous le soleil, et quand bien même certains regretteront le côté plus arcade et jubilatoire d’un Star Wars : The Force Unleashed (premier du nom), il faut néanmoins reconnaître que cette manière de faire fonctionne parfaitement, permet une certaine précision appréciable (malgré quelques ratés), et offre une vraie sensation de montée en puissance, tout en évitant un style de jeu trop complexe à appréhender.

Les attaques des ennemis sont lisibles, les impacts de sabre laser rendent vraiment bien, et toute l’utilisation de la force est intuitive et jubilatoire. Cependant, et c’est à mon sens le plus gros défaut du jeu, on retrouve aussi le système de feu de camp d’un Dark Souls. Système qui, vous n’êtes pas sans le savoir, représente autant un point de sauvegarde diégétique que l’occasion de dépenser ses points d’expérience pour améliorer son personnage (ici via un arbre de compétence assez basique). Jusque là rien de méchant. Là où c’est plus compliqué, c’est quand le jeu fait le choix de faire réapparaître tous les ennemis lorsqu’on décide de se reposer quelques secondes. Difficile de comprendre ce qui a bien pu pousser Respawn Entertainment à reprendre à la lettre la formule de From Software à ce niveau, car rien ne justifie jamais l’utilisation de cet élément de game design, si ce n’est la volonté de permettre aux novices de farmer l’expérience, évitant la frustration d’un boss trop compliqué. Dommage quand, comme dit plus tôt, le jeu vise clairement l’immersion totale.

Star Wars Jedi: Fallen Order

D’autant qu’à côté de cela, le challenge est fort bien dosé. Les premiers combats nous laissent le temps de nous faire aux timings d’esquive ou de parade parfaite, de saisir le rythme un poil lent des affrontements, caractéristique du système de jeu façon From Software, et d’apprécier le découpage chirurgical de petites bestioles extraterrestres semblant inoffensives à l’aide d’un sabre laser qu’il sera possible de customiser selon ses envies. Une fois ce gameplay bien en main, le titre va s’appliquer à nous proposer de nouvelles capacités, qu’il s’agisse de mouvements spécifiques ou de pouvoirs liés à la force. On pourra ainsi rapidement repousser nos opposants ou les attirer à nous, ce qui pourra nous permettre, notamment, de les envoyer valser dans le vide ou de leur asséner un coup qu’ils ne peuvent pas esquiver. Des possibilités absolument grisantes, qui prennent aussi beaucoup de sens lors de l’exploration, puisqu’elles seront utiles pour passer certaines séquences, notamment de plateforme. Ainsi, comme évoqué plus tôt, le jeu revêt un aspect Metroidvania, nous empêchant de progresser dans certaines voies lors de notre première exploration d’une planète, un concept qui marche plutôt bien, grâce à un Level Design globalement intelligent. Tout est réuni pour que l’on passe un excellent moment, jusqu’à récupérer l’idée plutôt bien sentie de nous faire incarner un ancien Padawan ayant fui in extremis lors de la rébellion des clones et le massacre de l’ordre Jedi. Une période qui fait beaucoup fantasmer les fans, pour des raisons évidentes, et que l’on explore ici dans un contexte un peu particulier, avec les prémices d’une résistance faisant son possible pour ne pas se faire écraser par le nouvel empire, et une inquisition Sith assez terrifiante, dont les apparitions sont très réussies.

At the scenario level, Star Wars Jedi: Fallen Order ne tente rien de bien périlleux, se contentant finalement d’une structure classique plaçant notre héros dans une position de faiblesse avant de le voir gagner en puissance et retourner la situation à son avantage. Quelques passages sont bien sentis, quelques révélations sont intéressantes, mais dans l’ensemble il faut reconnaître que l’histoire est prévisible, même lorsqu’elle essaye de laisser planer un certain mystère. Dommage, en un sens, bien que cela rejoigne finalement les films (et je parle bien des six premiers) qui n’étaient pas en reste au niveau des situations téléphonées. Et de manière générale, il faut reconnaître qu’en dépit d’ambitions assez minces en matière d’écriture et de quelques maladresses, l’histoire fonctionne tout de même à merveille, que ce soit grâce à sa mise en scène spectaculaire fort réussie, ou son fan service très efficace. L’idée que notre héros incarne le dernier espoir de la galaxie en partant à la recherche d’une liste d’enfants sensibles à la force, avec comme finalité la possibilité de reformer l’ordre Jedi, ce n’est pas bien original, pas bien neuf, mais il demeure difficile de ne pas être touché quand on aime profondément la franchise, même si la fin pourra décevoir. De même, certains passages que je me garderais bien de vous révéler surprennent, et même parviennent à marquer durablement. Notamment toute une séquence en fin de jeu qui nous fait nous sentir tout petits après des heures à nous sentir tout puissants. Enfin, j’ai personnellement beaucoup apprécié le fait que le scénario nous force à revenir sur des planètes déjà explorées, rendant le backtracking plus organique, moins rébarbatif que dans la majeure partie des titres qui en font usage. Et puis, grâce à cela, pas besoin de s’acharner à explorer l’intégralité d’un environnement en une fois. On est au contraire encouragé à changer d’air régulièrement, et ça fait du bien.

Star Wars Jedi: Fallen Order

Un changement d’air qui passe aussi par une grande variété dans les situations, avec autant de plateforme que d’énigmes, parfois assez retorses d’ailleurs. Après Dark Souls, on trouve sur ce plan un aspect qui rappelle beaucoup les récents Tomb Raider. Mais aussi, on en parlait plus tôt, de l’exploration parfaitement subsidiaire qui permettra de mettre la main sur des éléments pour customiser son personnage, la mascotte de cet épisode, le vaisseau qui nous sert de taxi, et bien sûr (Dieu merci) notre sabre laser. Un sabre qui sera énormément utilisé lors de l’aventure, évidemment, puisque les combats prennent une place importante dans la recette de Fallen Order, avec de nombreuses surprises qui font leur petit effet. Parmi elles, la possibilité, passé un certain stade, d’utiliser un double sabre façon Dark Maul sent quand même très fort le fantasme de fans, et personnellement ça m’a beaucoup plu. D’autant que ces changements font évoluer le gameplay.

Le double sabre permet ainsi de gérer plus facilement de grandes quantités d’ennemis, mais fera moins de dégâts. Que de bonnes idées et de réussites, rejointes par d’autres comme, n’oublions pas de mentionner l’éléphant dans la pièce, une réalisation graphique parfaitement maîtrisée. Star Wars Jedi: Fallen Order est, en 2019, une petite claque à ce niveau, ne souffrant finalement que des ralentissements que je citais plus tôt, heureusement absents dès que l’on joue sur la génération actuelle de consoles. La direction artistique, elle, fait un véritable sans faute, avec là encore un respect très marqué de l’œuvre originale, et la bande sonore est dans le même ton que les films, avec quelques morceaux qui rendent les combats ou les passages marquants encore plus puissants. Reste une durée de vie très honnête, tournant entre 20 et 30h selon votre rythme et votre affinité avec le contenu annexe ; un New Game + anecdotique mais qui a le mérite d’exister ; des combats de boss peut-être un peu trop rares mais néanmoins réussis ; des personnages auxquels on s’attache et que j’ai personnellement hâte de retrouver dans la suite ; ou encore un lore distillé avec justesse, qu’on peut décider de complètement négliger à l’envie.

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Tout n'est peut-être pas parfait, avec notamment un système qui rappelle le feu de camp de Dark Souls et qui ne fait absolument pas sens ici, mais Star Wars Jedi : Fallen Order demeure néanmoins une honnête tentative à laquelle il est bien difficile de ne pas adhérer en raison d'idées lumineuses et d'un rythme fort bien dosé. Avec sa variété de situations et ses combats jubilatoires, ses personnages attachants et sa mise en scène irréprochable, sa direction artistique respectueuse et sa technique qui provoque des crises d'asthme sur la génération précédente de consoles, le jeu de Respawn Entertainement nous en donne pour notre argent. Or, au prix auquel il est vendu aujourd'hui, difficile de ne pas recommander son achat les yeux fermés !

For
  • Mise en scène léchée
  • Combats jouissifs
  • L'utilisation de la force
  • Fan service efficace
  • Contenu très satisfaisant
  • Level Design réussi
  • Joli casting (en VO)
Against
  • Technique vacillante sur old gen
  • Le respawn d'ennemis à la Dark Souls
  • Quelques ratés pendant les combats
  • Du déplacement rapide aurait été un plus
  • Dathomir, la planète de trop

Hermite accomplished, for a long time the mind lost in old books, I failed in these columns in the hope of sharing around my monstrous Backlog, or on the occasion of my great loves that are Biohazard and the J-RPG.

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