• Testé sur PS5.
  •  Code transmis par l’éditeur.
  • Histoire principale terminée avec Goku, la progression avec les 7 autres personnages est plus ou moins avancée.
  • Captures maison.
  • Connaisseur de l’univers de Toriyama en plus d’avoir joué à la majorité des titres adaptés de la licence.

Quasi vingt ans après le dernier jeu Budokai Tenkaichi, les choses ont changé. Dragon Ball est devenu avant tout une marque commercialement puissante et qui ne cesse d’asseoir sa domination, en atteste les ventes des derniers opus Kakarot, Xenoverse 2 et FighterZ, comme ceux des produits dérivés. Au point que Dragon Ball Super devienne l’image de ce qu’est l’œuvre de Toriyama, pour beaucoup du moins, alors même qu’il s’agisse d’un spin-off sur lequel l’auteur n’a finalement que peu contribué. Premier jeu à sortir depuis qu’Akira Toriyama s’en est allé, Dragon Ball : Sparking ! Zero entend bien renouer avec la saveur Budokai Tenkaichi, trilogie culte d’une génération. 3 millions de ventes écoulées en 24 heures, une presse majoritairement séduite, les promesses semblent tenues. Pourtant, c’est bien avec le cœur endolori, autant que le pouce droit, que nous venons dresser un constat doux-amer…

Cell jeu de la mort

Derrière l’appellation Sparking ! se cache en réalité le nom officiel utilisé au Japon pour parler des jeux Budokai Tenkaichi, tandis que le Zero renvoie à un nouveau départ, un retour aux sources, e que l’on ne peut pas nier. Très vite, via sa cinématique introductive, ou encore le chaleureux menu principal ainsi qu’aux sons des premières musiques entendues – le compositeur attitré Takanori Amira est de retour – l’affiliation avec la trilogie de la PS2 est évidente. Puis vient les premiers affrontements pour se faire la main, après avoir choisi de jouer avec les touches Classique de l’époque ou avec un mapping plus moderne – précisons d’ailleurs que jouer en “Classique” implique des problèmes à cause des boutons mal placés, bugués, même si des ajustements personnels sont possibles.

Soyons francs, avoir autant poncé BudokaiTenkaichi 2 et 3 à l’époque nous a laissé des restes, une mémoire musculaire dirons-nous. Et que cela ressurgisse instinctivement, en quelques minutes seulement, prouve bien que les équipes de Spike Chunsoft n’ont pas menti. Les combats sont bien dans la veine de la trilogie, avec une caméra ici plus éloignée. Une manière de profiter davantage des vastes décors déployés, les arènes n’ayant jamais été aussi imposantes ni fidèlement retranscrites. En revanche, quantitativement, c’est déplorable en plus de manquer cruellement de folies. Nous sommes loin des arènes oniriques que pouvaient proposer les opus antérieurs, même l’intérieur du corps de Buu n’est pas jouable.

Au moins, les combats restent plaisants et, avouons-le, le dynamisme de l’action est tel, sans parler de la caméra ayant parfois beaucoup de mal à suivre, que nous avons rarement le temps d’apprécier les environnements, à fortiori quand nous sommes engagés dans un combat contre un puissant adversaire. L’IA ne rigole pas dans Dragon Ball : Sparking! Zero, pas du tout même. Un tour en entraînement afin de suivre les conseils de Piccolo ne sera pas de trop si vous ne voulez pas périr comme Yamcha. En apparence, le gameplay est similaire à celui de l’époque, se permettant de recycler des animations d’antan – chose courante dans les jeux de combat – mais avec un peu trop d’engouement ici cela dit. Cependant des spécificités font leur apparition comme les combats par équipe par exemple, même si on est cantonné au 1 vs 1 loyal sur le terrain

Les Kakarot sont cuicuites

Nous sommes critiques sur ce point, mais force est de constater qu’avec 104 personnages sous 182 formes, comparé aux 161 formes réparties en 98 combattants pour Budokai Tenkaichi 3, Dragon Ball : Sparking ! Zero n’a pas un ratio si éloigné. En revanche l’absence de la première partie du manga – Dragon Ball donc – ampute le roster du soft de Spike Chunsoft d’une diversité maintenant dissoute au milieu des trop nombreux Goku et Vegeta, notamment. Un ridicule que l’on doit à DB Super, alors même que des visages comme Granola ou Moro pouvaient être légitimement attendu des fans. Aujourd’hui il y a un marché du DLC à nourrir, alors bon…

Ces petits écarts pourraient être passés sous silence, sauf qu’ils révèlent un développement, soit difficile en termes de temps, soit mené par des impératifs plus commerciaux que passionnés. Oui les combats sont réussis, visuellement c’est aussi vraiment joli, sans parler de la technique vraiment solide de ce Sparking! Zero. Les structures peuvent s’écrouler violemment face à une pluie de kikohas en tout genre, les combattants peuvent virevolter à toute vitesse sur des kilomètres sans que le framerate ne fléchisse. Cependant, le mode entraînement est imbitable, en partie à cause d’explications manquant de clarté ainsi qu’une traduction parfois étrange. C’est bien pire lors des dialogues de personnages, comme dans le mode histoire où l’on verra des énormités – tendax, dinguerie – déclamer par Gohan, Satan et d’autres.

Face à une œuvre avec des personnages si iconiques et connus de tous, c’est regrettable de se trouver devant de telles libertés. D’autant que cela dénature les conversations et sort du jeu. Pas de quoi relever la tête devant un mode histoire scénarisé qui fait mal. Il fait mal, car il parvient à faire moins bien que le mode histoire de Budokai Tenkaichi 2 qui nous faisant voler sur une map en temps réel et se permettaient quelques cinématiques iconiques réalisées avec soins pour rendre justice au mieux à l’animé. Dragon Ball : Sparking! Zero privilégie un mix de page du manga, de micro cinématique sans ambition et parfois de situations entre les deux, à l’instar de celles présentes dans le mode histoire de FighterZ.

Absence d’émotions quand ce ne sont pas carrément des combats intéressants qui sont écartés… ce mode est d’un ennui certain, le seul intérêt étant d’enchaîner les combats qui ont le mérite de jouir d’enjeux narratifs propres aux arcs de Dragon Ball Z et aux premiers de DB Super. Le petit plus qui donne un peu de saveur c’est possibilité de débloquer des chemins alternatifs, des « what if… » qui, bien que futile pour la plupart, peuvent en voir certains réécrire un arc entier. Mais difficile de pleinement les apprécier au vu de l’état de leur mise en scène, si l’on peut dire. De surcroît, la narration se perd en optant pour des scénarios concentrés sur un personnage unique.

On se la Cold ?

Au total, ce sont huit guerriers qu’il faut incarner pour parcourir ses combats et son point de vue. Alors, forcément, on n’échappe pas à l’effet de redite en retraversant un arc. Qui plus est, le fait de nous restreindre à un unique point de vue, et nous obligeant à alterner en changeant de personnages, n’a pas de sens sur le plan narratif, en plus de hacher autant que diluer le contenu des arcs. L’accomplissement de chaque ligne narrative, sans compter l’exploration des embranchements peut être légèrement fastidieux ; heureusement que la passion nous guide.

L’intérêt de Dragon Ball : Sparking ! Zero est à trouver dans les modes tournois, plus complet qu’à l’époque et pouvant être parcourus seul ou à plusieurs en ligne. Toute la composante en ligne attendue d’un jeu de combat est d’ailleurs de la partie. Seulement voilà, Budokai Tenkaichi oblige, l’expérience n’a pas vocation à devenir compétitive, oubliez donc le rollback netcode pour fluidifier vos parties ainsi qu’un équilibrage comme on serait en droit d’attendre. Cela fut communiqué par les développeurs, l’équilibrage suit celui de l’œuvre de Toriyama. Aucune raison d’accepter que Krillin tabasse Hit.

Néanmoins, un système de puissance, les points de destruction dit «  DP », est là pour quantifier les niveaux. Vous pouvez bâtir une team de cinq guerriers maximum sans excéder 15 DP. Or, chaque personnage possède son propre niveau. De quoi limiter le grand n’importe quoi en ligne. Pour le reste, fidèle à la PS2, Sparking! Zero est une boutique généreuse avec des capsules amélioratives à acheter et équiper à son roster, ainsi que des tenues et personnages à débloquer in-game. En effet, cet imposant casting n’est pas disponible en intégralité, il faut d’abord avancer dans le mode histoire et remporter des tournois afin de les débloquer, de renouveler le contenu de la boutique aussi.

Notons que le jeu rembourse un item s’il a déjà été acheté. Des points positifs qui prouvent une fois encore que Dragon Ball : Sparking! Zero est bien le nouveau volet Budokai Tenkaichi. Nous passerons sur l’usage des boules de cristal offrant des cadeaux in-game ou encore les défis passifs de Zeno, pour mentionner le mode combat bonus. Un mode qui invite à participer à des affrontements régis par des règles, des personnages et un contexte narratif spécifiques. Nous pouvons également réaliser nos propres combats, les partager en ligne et jouer à ceux des autres. Une bonne idée un peu gâchée par les dialogues restreints, évidemment pour éviter les abus douteux, mais aussi à cause d’une ergonomie perfectible.

Si c’est indéniablement le Budokai Tenkaichi le plus solide et viable sur son gameplay, notamment grâce à plusieurs ajouts de mécaniques pertinentes, et que toute l’essence de la trilogie culte de la PS2 demeure, des musiques aux modes de jeux et au contenu à débloquer in-game, Dragon Ball Sparking ! Zero accuse tout de même des soucis inquiétants. A commencer par une traduction discutable, des bugs en tout genre pour les joueurs, joueuses en mode « Classique », sans parler de l’affligeant mode histoire qui fait tout de même pâle figure devant ce que tentait un Tenkaichi 2. L’absence de toute trace de DB fait aussi tache dans le tableau. Un très bon jeu à n’en pas douter, qui ne trahit pas sur la marchandise et sur lequel on s’amuse sans compter les heures, mais loin d’enterrer ses aînés chez qui l’amour de l’œuvre semblait davantage guider les équipes créatives.

Pour
  • Roster conséquent et convaincant…
  • Un gameplay qui s’enrichit sans se dénaturer...
  • Visuellement beau et fidèle à l’œuvre
  • Tout ce qui faisait le charme d’un Budokai Tenkaichi est là
  • Contenu à débloquer in-game
  • L’OST de Takanori Arima
  • Courbe de progression satisfaisante
  • Le dynamisme des combats
  • Le mode Combat Bonus
Contre
  • … Même si les doublons se font trop ressentir
  • … Mais qui abuse sur le recyclage de coups
  • Tutoriel approximatif
  • Traduction plus que discutable
  • Mode Histoire ridicule
  • L’absence de la partie Dragon Ball du manga
  • Les touches du mode « Classique » sujets aux bugs (certains étant problématiques)
  • Des soucis globaux d’ergonomie
  • Des problèmes de caméra
  • Des arènes peu nombreuses et qui manquent de folies

Scribe ninja échappé de l’île de Shang Tsung et vivant maintenant sous perfusion de films, il est possible de m'apercevoir sur le dos de Falkor alors que je parcours les mondes imaginaires en quête d’une catharsis ou d’une inspiration. On dit de moi que je suis constamment guidé par les valeurs martiales héritées de ma jeunesse dans le Jiang hu.

 

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