• Jeu acheté sur Steam le jour de la sortie et le sourire aux lèvres
  • Testé en version originale
  • Vive les point’n click !

À l’été 2017 sortait le point’n click humoristique The Darkside Detective, développé par un petit studio irlandais de 4 personnes nommé Spooky Doorway. L’équipe est basée à Galway en bordure du Connemara, une région plus connue dans l’Hexagone pour ses terres brûlées, son vent ou encore ses landes de pierre que pour ses développeurs de talent. Le pitch, un détective et un policier qui font équipe pour résoudre des phénomènes paranormaux, est à l’origine établi lors d’une gamejam par les artistes Paul Conway et Christopher Conston. Suite au succès rencontré lors de la mise en ligne du projet, l’équipe s’agrandit pour en faire un jeu complet en accueillant Treasa et Dave McCabe. Le duo se chargera de participer au développement et à l’écriture.

L’accueil est dithyrambique, ouvrant début 2021 un portail dimensionnel vers une suite sous titrée A Fumble in the Dark qu’on pourrait traduire en français par  »à tâtons dans l’obscurité ». Le premier épisode ayant été porté sur presque toutes les plateformes actuelles, on peut légitimement attendre la pareille du second. Notons également la présence d’une traduction française pour les anglophobes.

Le classicisme d'antan dans un écrin de modernité

Tout d’abord un petit disclaimer pour qui n’aurait jamais osé se (re)lancer dans un point’n click, pour toutes sortes de raisons valables selon les goûts et affinités de chacun. De l’eau a coulé sous les claviers depuis les jeux de l’école Sierra ou LucasArts ! Souvenez-vous ces longues heures à interagir vainement avec tout le décor avant de finalement réaliser qu’on avait manqué un objet clé en bas à droite de l’écran 37 (oui The Dig je pense à toi). Il fallait effectivement souvent adopter des raisonnements tirés par les cheveux pour venir à bout d’énigmes tarabiscotées au dénouement retors. Un temps révolu vous dis-je ! The Darkside Detective offre ainsi une formule classique avec son lot de charades intellectuelles adaptées au confort moderne. On pense notamment à cette pression d’une touche qui permet d’afficher tous les éléments interactifs de la scène, nous épargnant un épuisant pixel hunting qui n’a plus vraiment lieu d’être aujourd’hui. Le joueur peut également sauvegarder à la volée ou déplacer instantanément les personnages au tableau adjacent en double-cliquant sur les bords de l’image, ce qui n’est pas du luxe.

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Tu cliques ou tu pointes ?

A Fumble in the Dark nous place une nouvelle fois aux commandes du détective Francis McQueen. L’enquêteur est à la recherche de son fidèle acolyte l’officier de police Dooley, porté disparu et suspecté d’être piégé dans une dimension parallèle peuplée de créatures fantastiques, le Darkside. La bourgade de Twin Lakes,  »34ème ville la plus hantée des Etats-Unis » selon Spooky Doorway, est donc une fois encore la proie d’événements occultes, pour notre plus grand plaisir.

Jouissant d’un pixel art à faire rougir les nostalgiques de l’ère 8 bits, le jeu nous fait visiter des environnements variés au travers des 6 enquêtes distinctes de l’aventure. Un vieux château en ruines, une fête foraine inquiétante, une arène de catch normale en apparence : l’inspiration ne manque pas. Les investigations, toutes plus réussies les unes que les autres, sont reliées par un fil conducteur scénaristique qui nous tient en haleine le long des 10 heures nécessaires pour boucler l’intrigue.

Le Sacré Graal de l'humour

À l’instar du premier épisode, l’atmosphère palpable de buddy-movie paranormal sauce 80’s qui se dégage du jeu est délicieuse, le duo McQueen / Dooley étant proprement hilarant. On glousse bêtement et on rit souvent lorsqu’on joue à The Darkside Detective, parfois même aux éclats. L’humour omniprésent sait se montrer tantôt absurde tantôt loufoque, usant de toutes les cabrioles de la langue anglaise pour générer des jeux de mots de haute volée. Globalement les dialogues sont subtils et offrent quasi-systématiquement un second degré de lecture. Le duo d’enquêteurs se renvoie la balle  »du tac au tac » et ne laisse aucun répit à nos zygomatiques.

En effet les Monty Python ne renieraient pas l’esprit d’auto-dérision de cette aventure à l’humour british prononcé. Les références à la culture populaire sont bien amenées et on ne ressent jamais la désagréable sensation d’être face à un catalogue de références sur-digérées et vomies ad nauseam comme dans le premier Marvel venu. Le quatrième mur est régulièrement malmené (essayez de cliquer sur McQueen pour voir !) et les joueurs les plus assidus profiteront de la myriade de descriptions de décors, là encore comiques au possible. D’ailleurs les légendes urbaines les plus iconiques de nos sociétés occidentales ne sont pas en reste. Comment ça il n’y a pas de crocodiles dans les égouts de New York ?  Au niveau de la bande-son le compositeur Ben Prunty laisse sa place à Thomas O’Boyle pour un résultat vibrant aux frontières du réel, qui nous file la chair de poule dès les premières notes malgré un niveau général légèrement en deçà de l’opus de 2017.

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Verdict

Avec son riche univers paranormal bourré d'humour et ses protagonistes principaux attachants au possible, A Fumble in the Dark constitue le digne successeur de The Darkside Detective premier du nom. Régal de chaque instant, le point'n click de Spooky Doorway vise juste pour peu qu'on accroche à l'humour absurde et autres comédies loufoques dans lesquelles le comique repose avant tout sur le verbe et les situations. Si sa direction artistique colorée en basse résolution pourra en rebuter certains, on vous conseille vivement de passer outre vos éventuels préjugés et de laisser sa chance à l'ambiance mystérieuse et fendarde de cette production indépendante au charme comique irrésistible.
Pour
  • Un jeu qui fait se sentir bien
  • L'humour absurde omniprésent mais pas envahissant pour peu qu'on adhère au style
  • La direction artistique dans un pixel-art en basse-résolution, moteur à l'imagination
  • L'écriture maîtrisée et réussie
  • L'emphase mise sur les personnages pour les rendre encore plus attachants
  • La foultitude d'environnements soignés et de situations inédites
  • Sensation de ''Darkside-verse'' qui commence à s'installer
  • La possibilité de ''scanner'' l'écran pour afficher tous les éléments interactifs
Contre
  • Une direction artistique qui peut diviser
  • Une seule énigme peu claire en début de partie

Résident permanent dans la petite bourgade de Raccoon City et prosélyte du génial Rain World depuis 2017, on l'entend parfois jurer à pleins poumons lorsqu'il perd lamentablement face au singe de Sekiro à un poil de lemming près. En quête d'une 3080 depuis bientôt un an, le malheureux espère une réception de sa commande en 2022 : l'important c'est d'y croire ! Son TOC préféré ? Recenser dans un PDF tous les jeux auxquels il a joué dans sa vie.

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BennJ
Administrateur
1 année il y a

Mais le point and click c’est pas un type de jeu spécialement développé pour les anciens qui ont des réflexes très faibles ? ^^

le loup celeste
Administrateur
1 année il y a
Répondr à  BennJ

😁😂🤣
En passant, voilà une superbe critique Guillaume. Bravo !

Dernière édition le 1 année il y a par le loup celeste
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