Dernier film du regretté Benny Chan, le polar d’action à gros budget Raging Fire est un véhicule parfait pour sa star, Donnie Yen (la saga Ip Man).

Entre Heat et Police story

Cheung Sung-bong (Donnie Yen) est un grand policier chinois aussi doué pour les arts martiaux qu’il n’est incorruptible. Yau Kong-ngo (Nicolas Tse) son ancien disciple sort de prison et décide de se venger des policiers qui ne l’ont pas soutenu. L’affrontement entre les deux hommes sera explosif.

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Artiste et artisan

Benny Chan lorgne souvent vers Heat dans ce polar racé, mais manque souvent de finesse dans la construction de ses personnages. Néanmoins, le film acquiert ses lettres de noblesse à chaque fois qu’il accélère et nous propose ses fantastiques scènes d’action.

Donnie Yen, outre d’être acteur et producteur sur le film, en est aussi son Action Director (chorégraphe, plus un rôle de co-réalisateur sur les scènes d’action), et cela déménage. Benny Chan, très grand artisan des films d’action chinois des 30 dernières années, et Donnie Yen, s’en donnent à cœur joie : courses-poursuites à pied, en moto, en voiture, fusillades, combats au corps-à-corps… Le tout avec un sens du cadre et du dynamisme cher au cinéma hongkongais et gonflé grâce par un budget considérable (90 millions de dollars environ). Car c’est là où le film tire son épingle du jeu, être le seul dans cette catégorie de blockbuster d’action/polar (hors franchise) que les américains ont malheureusement abandonné.

« Si quelqu'un se fait massacrer, ce sera inoubliable. »

Yau Kong-ngo

Ici, c’est sérieux, premier degré, jouissif, impressionnant, noir et tendu comme un actionner US des années 80-90, mais avec le talent de découpage incroyable de l’action des productions hongkongaises. Le climax d’ailleurs (l’affrontement entre Donnie Yen et Nicolas Tse), est un bonheur tant la grammaire de l’action est sublimée face à ses corps qui se battent jusqu’à l’épuisement dans une chorégraphie endiablée.

Faire du neuf avec un vieux

Donnie trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, prouvant qu’il est un très bon acteur, un formidable chorégraphe et, à 58 ans, un artiste martial toujours aussi impressionnant. Il est dommage d’ailleurs qu’un spectacle aussi grandiloquent n’ait pas eu le droit à une sortie en salle.

À découvrir en Blu-Ray dès le 26 mai 2022 chez Metropolitan Vidéo.

Ici pour vous parler de cinéma dit « oriental », je ferai le grand écart, tel JCVD, entre Apichatpong Weerasethakul et John Woo sans claquage ni cocaïne. Mais attention, quand c'est raté, le Jackie Chan qui dort en moi risque de tout casser d'un coup de pied vengeur !

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Cherycok DarkSideReviews
Cherycok DarkSideReviews
4 mois il y a

Trouvé ça très chouette, avec des bonnes scènes d’action qui cartonnent bien comme il faut. Il y a quelques passages un peu ridicules, un peu niais, mais qui au final sont typiques du cinéma de Hong Kong. Les images de Benny Chan sur le tournage du film qui sont présentes dans le générique de fin sont un bel hommage. Sa réputation veut qu’il soit un réalisateur aimable, gentil, et ça a l’air d’être effectivement le cas.Merci Benny Chan pour ton cinéma qui, en ce qui me concerne, m’a passionné.

le loup celeste
Administrateur
4 mois il y a

J’ai toujours beaucoup aimé les films de Benny Chan… De sorte que je suis impatient de découvrir ce dernier (que j’ai en 4K mais qu’il faut que je prenne le temps de visionner). Il va nous manquer ! 🙁

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