Provenance : Allemagne | Éditeur : Turbine Medien | Date de sortie : 30 novembre 2023

Format vidéo
2160p24 – Ratio 2.39
Dolby Vision / BT.2020 – Encodage HEVC
Master intermédiaire 4K

Bande-son
Anglais Dolby Atmos
Allemand Dolby Atmos

Sous-titres
Anglais
Allemand

Pearl (2022)
4.5/5

Artistique : 8.5 | Vidéo : 9.5 | Audio : 9

Il est porté à l’attention de nos chers lecteurs qu’outre le matériel de visionnage précisé et utilisé, le rendu peut différer d’une installation à l’autre, qu’elle soit calibrée ou non, de même que les préférences et attentes personnelles sont susceptibles d’influer sur la notation. De surcroît, les images figurant dans l’article ne sont pas représentatives de l’édition testée.

Matériel et condition de test (Config. HP : 5.1.4)
Diffuseur vidéo : Sony Bravia XR-65A95L (Dolby Vision sombre)
Sources : Oppo UDP-203 Audiocom Reference | Zappiti Reference
Enceintes : Sennheiser Ambeo Soundbar (Dolby Atmos), SVS SB-4000

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ŒUVRE - The Wizard of PsychOz

Piégée sur la ferme familiale et isolée de tout, Pearl doit prendre soin de son père malade sous le contrôle autoritaire de sa mère, une femme stricte et pieuse. Pourtant, attirée par le monde séduisant des films qu’elle regarde sans retenue, elle rêve d’une vie glamour…

Alors que la pornographie s’en vient dans un monde de puritains où l’abstinence est portée aux nues, une anti-héroïne foldingue et délicieusement subversive ne possédant pas le « facteur X » va se laisser dicter par ses pulsions pour mieux s’évader de son emprisonnement psychologique. Et incarnée par la performance hallucinée de Mia Goth, cette figure tragique aux rêves refoulés, décrépissant dans un microcosme tout en couleurs corrompues et décorations vintage (pour mieux pasticher l’âge d’or hollywoodien), peuple de presque tous les plans cette péloche horrifique dont le (mélo)drame, inquiétant car se nourrissant des maux de la société, supplante une violence graphique pourtant marquante. Attention, préquelle démente !

« - Please, no! I won't tell anyone! Please, I swear! No! Please. I'll do anything you want! - It's not about what I want anymore, Mitzy. It's about making the best of what I have. »

IMAGE - La haine est dans le pré

Faisant montre d’une fidélité exemplaire à l’atypique photographie d’Eliot Rockett, en l’espèce une captation numérique 6K (finalisée en 4K) filtrée en post-production pour adoucir le cadre (à l’aide d’une défocalisation pour imiter le processus d’impression de l’époque), retrouver la vivacité des tirages Technicolor 3 bandes et appliquer une fine couche de grain, ce transfert UHD Dolby Vision à l’encodage nettement plus solide que celui de son homologue HD (la granularité y étant beaucoup plus homogène) est une merveille à regarder.

La définition est bien meilleure (cf. les détails en arrière-plan), les textures sont mieux définies (tout en restant volontairement incertaines) et la palette colorimétrique, extrêmement téméraire et à l’aspect délibérément artificiel (façon Autant en emporte le vent), affiche une vibrance accrue (la pétulance des ciels bleus, l’ardeur du rouge à lèvres et de la robe cerise de Pearl, la verdoyance quasi fluorescente des prairies) ainsi que des nuances supplémentaires (le coucher de soleil n’est plus jaunâtre mais orange) comme celles qui teintent de rose les magnifiques nuages cotonneux.

Pour ce qui est des contrastes, ils concèdent une meilleure harmonie entre les composants les plus clairs et les plus sombres de l’image. Les noirs gagnent en profondeur sans que rien ne soit caché dans les ombres (les passages dans la cave) et les blancs perçoivent un éclat plus qu’étendu. C’est d’ailleurs marquant lorsque Pearl, lors de sa première rêverie dansée, est braquée par un seul projecteur. Les nits grimpent en flèche dans le faisceau lumineux sans que les noirs, proprement abyssaux, ne faiblissent un seul instant. Très (mais alors très) brillants, les extérieurs diurnes sont tellement plus éblouissants qu’en SDR (avec un MaxCCL mesuré à 999 cd/m²) qu’ils paraissent voilés sur le Blu-ray.

Pearl (2022)

SON - Rêves de star

Dotée d’une spatialisation subtile (les oiseaux, les insectes et les sons environnementaux tels ceux de la petite ville s’expriment aux quatre coins de la pièce d’écoute) et d’une partition très dynamique (un score inquiétant signé Tyler Bates et Tim Williams détournant les motifs des années 20), cette bande-son Dolby Atmos çà et là brindezingue s’éprend d’une verticalité incroyable lorsque l’orage éclate, la pluie frappe, les corbeaux croassent, le drapeau flotte et les avions volent. Les dialogues sont clairement centrés et les basses, même si rarement invitées, se rappellent à notre bon souvenir lors d’un fantasme de Pearl où des explosions et des feux d’artifice font méchamment vibrer les murs.

CONCLUSION - La Septième Obsession

Adoubé par un Martin Scorsese d’abord fasciné puis troublé, ce drame horrifique (antépisode de X et MaXXXine) où le rêve hollywoodien se brise sur le mur du réel fait exploser sa rage sourde dans un déferlement de violence encore plus frappant sur support 4K Ultra HD. Raides dingues de cette récréation esthétique façonnée par Ti West, les prestations A/V soutiennent le déséquilibre de cette jeune fille en feu !

Autre article relatif à Pearl sur MaG :

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure ! #WeLovePhysicalMedia

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