Provenance : France | Éditeur : Pathé | Date de sortie : 29 novembre 2023

Format vidéo
2160p24 – Ratio 1.85
Dolby Vision / BT.2020 – Encodage HEVC
Master intermédiaire 4K

Bande-son
Français DTS-HD MA 2.0

Sous-titres
Français
Anglais

Le Samouraï
4.5/5

Artistique : 10 | Vidéo : 9 | Audio : 8

Il est porté à l’attention de nos chers lecteurs qu’outre le matériel de visionnage précisé et utilisé, le rendu peut différer d’une installation à l’autre, qu’elle soit calibrée ou non, de même que les préférences et attentes personnelles sont susceptibles d’influer sur la notation. De surcroît, les images figurant dans l’article ne sont pas représentatives de l’édition testée.

Matériel et condition de test (Config. HP : 5.1.4)
Diffuseur vidéo : Philips 65OLED908 (Dolby Vision Filmmaker)
Sources : Oppo UDP-203 Audiocom Reference | Zappiti Reference
Enceintes : Sennheiser Ambeo Soundbar (DTS Neural:X), SVS SB-4000

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ŒUVRE - Le tueur de l’ombre

Jef Costello, un tueur à gages, est chargé d’éliminer le patron d’une boîte de nuit. Un soir, il exécute froidement son contrat. Valérie, la pianiste de l’établissement, l’a vu commettre son crime. Jef met alors soigneusement au point un alibi, avec l’aide de sa maîtresse, Jane Lagrange. Mais la police a des soupçons à son égard et le surveille de très près…

Source d’influence pour bien des cinéastes (tels que Martin Scorsese, Michael Mann, John Woo) et moult œuvres cinématographiques dont Drive de Nicolas Winding Refn ou plus récemment The Killer de David Fincher, ce chef-d’œuvre du 7e art que l’on doit à Jean-Pierre Melville (Le Cercle rouge) est un polar séminal porté par un Alain Delon mutique qui, sous son Borsalino et son trench-coat, dévoile un spectre hiératique se dirigeant sans laisser de traces vers une destination mortifère. Inoubliable, à l’image de son mythique rōnin, cette tragédie grecque à la mise en scène très épurée (inspirée par le cinéma de Kurosawa) et au rythme savamment dosé reste, près de 55 ans après sa sortie, le plus grand film noir français !

IMAGE - Fétichisme vestimentaire

Initiée en 2022 par Pathé et Criterion, cette restauration 4K effectuée par L’image Retrouvée à partir du négatif 35 mm (et d’un interpositif) nous parvient au sein d’un transfert UHD Dolby Vision soigné qui corrige le tir du honteux ratage de 2011 (et son dégrainage massif).

La fine texture argentique (qui est de retour) est parfaitement soutenue par l’encodage, les défauts de pellicule ont tous été nettoyés, la stabilité du cadre est vraiment bonne, les détails bénéficient d’une toute autre minutie (les gros plans sur les visages, les décors recréés en studio) et la définition, si ce n’est lors des fondus où elle décline succinctement, est excellente.

Le nouvel étalonnage qui a été supervisé par le chef opérateur Bruno Nuytten, en collaboration avec l’étalonneur Raymond Terrentin, préserve les teintes mortifères de la photographie (des tons gris en veux-tu en voilà si ce n’est pour l’imperméable belge qui n’en ressort que mieux) et ne diffère que peu de celui de Pierre Lhomme (la restauration de 2011) à quelques nuances près. L’on retrouve donc cet aspect « noir et blanc en couleurs » mais avec des bleus mis en retrait et une carnation sobrement rehaussée.

Quant aux contrastes, nettement moins à l’étroit que par le passé, ils affichent des noirs denses (sans coloration aucune) superbement débouchés et des blancs éclatants (l’éclairage artificiel du métro) à la pureté reconquise (les chemises).

Le Samouraï

SON - De silence et d’or

Réalisée à partir du magnétique 35 mm, la piste monophonique encodée en DTS-HD MA 2.0 est très agréable à l’écoute et assez puissante. Les (rares) dialogues sont d’une bonne clarté malgré des voix légèrement sourdes par moments, la bande originale éthérée de François de Roubaix retentit avec ce qu’il faut de rondeur et les silences ô combien nombreux sont impeccablement tenus (ni souffle ni grésillement à déplorer). Même si un peu plats, les effets comme les ambiances (la pluie, le bouvreuil, l’agitation des rues parisiennes) sonnent bien.

CONCLUSION - Froide solitude

« Analyse d’un schizophrène faite par un paranoïaque » aux dires de son réalisateur, Le Samouraï bénéficie enfin d’une édition vidéo à sa mesure avec cet élégant coffret limité à 1000 exemplaires numérotés regroupant un 4K Ultra HD aux prestations A/V rigoureuses, un Blu-ray issu de la même restauration, le vinyle 33 tours du score, le scénario original, un livret d’analyses de 60 pages et de passionnants entretiens en supplément. En l’acquérant vous ne perdrez jamais, jamais vraiment !

Nyctalope comme Riddick et pourvu d’une très bonne ouïe, je suis prêt à bondir sur les éditions physiques et les plateformes de SVOD. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, gare à la morsure !

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