Les vacances estivales sont malheureusement terminées ! L’occasion pour La Prochaine Séance de revenir derrière les micros, afin de vous préparer bon nombre d’émissions et d’événements en lien avec ce 7e art qui nous lie et nous passionne. Mais en attendant que tout cela se concrétise, l’association vous offre, en partenariat avec votre média préféré MaG – Movie and Game, le dernier épisode du Mag.7… Le voyage offert par notre cher Etienne, au milieu des DVD et autres Blu-ray, pour vous présenter les richesses du support physique !
C'était la prochaine séance !
Mag.7 est un podcast, produit et diffusé par l’association blésoise La Prochaine Séance. Le principe est simple : en collaboration avec les bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois, l’animateur Étienne invite des personnes à déambuler dans le service musique-cinéma et jeux vidéo des lieux et d’y choisir des DVD. Plus précisément sept films, séries, documentaires ou concerts – sept correspondant à la capacité d’emprunt proposée par la bibliothèque – pour ensuite évoquer au micro leur sélection. Une émission mensuelle basée sur le partage et la passion du 7ème art, et cherchant à mettre en valeur la qualité et la quantité de films disponibles dans les bibliothèques publiques, le tout accessible pour des montants modestes, voire totalement gratuits dans certaines collectivités.
Sculpture et 7e art
L’invité du moment : Simon Déliot. Si son nom ne vous dit rien, sachez que vous avez sans doute déjà vu l’une de ses œuvres. Et pour cause, sculpteur et artiste plasticien de métier, il a travaillé sur des films tels que La Nonne 2 ou encore le remake de The Killer par John Woo. Bien évidemment, d’autres projets sont à venir ! En attendant, venez découvrir sa sélection de DVD au sein des bibliothèques d’Agglopolys de la ville de Blois. Bonne lecture, et bonne écoute !
Le Lycéen (2022)
Nationalité : France – Genre : Drame – Réalisateur : Christophe Honoré – Distribution : Paul Kircher, Vincent Lacoste, Juliette Binoche, Erwan Kepoa Falé, Adrien Casse…
Édition DVD : France | Memento Distribution | 18 avril 2023 – Édition Blu-ray : France | Memento Distribution | 18 avril 2023 – Plateformes de diffusion : France TV, Canal VOD, Cinémutins et UniversCiné
Le pitch : Lucas, 17 ans, voit voler son adolescence en éclat suite à la mort de son père. Avec l’aide de sa mère et de son frère, il va devoir lutter pour apprendre à espérer et aimer de nouveau une vie qu’il voit désormais comme une bête sauvage à dompter…
Avis de La Prochaine Séance (Marie) : Le Lycéen se trouve dans la lignée des grands films de Christophe Honoré sur le deuil, le désir, l’amour et la dépression. On pense notamment à Dans Paris, aux Chansons d’amour ou aux Biens aimés. On pense aussi au Ciel de Nantes, l’une des merveilleuses pièces de théâtre écrites par le réalisateur. À tous ces thèmes, il faut y ajouter la tendresse, qui pourrait d’ailleurs y tenir le rôle principal. Malgré les conflits et les tensions dans la famille que nous suivons, les relations entre les frères et la mère sont d’une immense tendresse. Et puis, il y a la relation entre Lilio et Lucas qui est, elle, une incarnation même de la tendresse.
Le film s’inspirant d’éléments biographiques du réalisateur, on peut y voir (peut-être ?) l’adolescent qu’a pu être Honoré et une partie de l’adulte qu’il est devenu. On imagine alors que les paroles portées par le personnage de Lilio sont des mots du Christophe Honoré adulte vers le Christophe Honoré adolescent. Ce dialogue en miroir est une ode à la vie qui continue. On oscille entre la douleur et le réconfort. Et si tout peut agresser comme l’évoque si bien Lilio, c’est aussi bien de vieillir.
Le sujet est lourd et il faut regarder le film dans de bonnes conditions parce qu’il aborde la perte d’un parent et le suicide. Si effectivement ces sujets sont lourds, le film n’en est aucunement pesant, étouffant ou accablant mais plutôt doux. À tous ceux qui vivent avec le deuil, à tous ceux que tout agresse, à tous ceux qui essaient de persister malgré tout, Le Lycéen fait se sentir moins seul.es. Et l’on a envie, encore une fois, de (re)plonger dans la filmographie du réalisateur.
Beau Travail (1999)
Nationalité : France – Genre : Drame, Guerre – Réalisatrice : Claire Denis – Distribution : Denis Lavant, Michel Subor, Grégoire Colin, Richard Courcet, Marta Tafesse Kassa…
Édition DVD : France | France.TV Distribution | 12 mars 2003
Le pitch : Un ex-adjudant de la Légion étrangère se remémore les moments vécus avec ses hommes, à la base militaire de Djibouti avec pour mission de s’entraîner et réparer les routes. Ses souvenirs vont surtout se focaliser sur un jeune légionnaire de l’époque, avec lequel il avait refusé de partager le commandement…
News from Home (1977)
Nationalité : France, Belgique, Allemagne de l’Ouest – Genre : Documentaire – Réalisatrice : Chantal Akerman
Plateformes de diffusion : LaCinetek et Tënk
Le pitch : Avec en toile de fond divers lieux du New-York des années 70, la réalisatrice partage les lettres envoyées de Belgique par sa mère…
Boogie Nights (1997)
Nationalité : États-Unis – Genre : Comédie, Drame – Réalisateur : Paul Thomas Anderson – Distribution : Mark Wahlberg, Burt Reynolds, Julianne Moore, Luis Guzmán, William H. Macy…
Édition DVD : France | New Line | 23 octobre 2024 – Édition Blu-ray : France | New Line | 20 novembre 2024 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, VIVA et Pathé Home
Le pitch : Le destin d’un plongeur dans une boîte de nuit qui va devenir une star du cinéma porno. Et ce à une époque où le sexe est plaisir sans danger et le plaisir une industrie à part entière…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Boogie Nights n’est pas le premier long-métrage de Paul Thomas Anderson, mais il pourrait être considéré comme tel. En effet, à l’instar d’un James Cameron sur Piranha II ou encore David Fincher sur Alien 3, la production de Double mise n’était clairement pas de tout repos pour le cinéaste. À tel point qu’il fut évincé du projet lors du montage à cause de sa version de 2h30, jugée beaucoup trop longue et contemplative par les producteurs. Ce qui entraîna d’importantes coupes, aboutissant à une version d’1h40, et surtout à un film, à n’en pas douter, très éloigné de la vision du réalisateur. Pourquoi cette petite introduction ? Tout simplement pour soulever que c’est bien avec Boogie Nights que la carrière de Paul Thomas Anderson a réellement décollé, cinématographiquement parlant.
En s’inspirant de la vie de John C. Holmes et diverses autres personnalités du cinéma pornographique, Anderson dégaine son fusil d’épaule, qui deviendra d’emblée sa marque de fabrique. À savoir suivre et nous narrer les destins hors normes de personnages, baignés dans des univers bien définis. La guerre du pétrole dans There Will Be Blood, la couture dans Phantom Thread, les années 60 psychédéliques d’Inherent Vice, la secte dans The Master, les années 70 de Licorice Pizza… Et que dire du patchwork Magnolia ? Boogie Nights reprend donc l’insouciance et le côté festif des années 70-80 et nous plonge de manière immersive dans la vie de ce plongeur devenu star du X. Nous amenant à la rencontre d’hommes et de femmes hauts en couleur, interprétés avec panache par une foule de comédiens en délire – Mark Wahlberg, Burt Reynolds, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman…
D’ailleurs, ce constat se renforce par le style d’Anderson, qui reprend celui de Martin Scorsese. En somme, dérouler son intrigue avec une certaine légèreté – sans pour autant mettre de côté la facette sombre et tortueuse de celle-ci – et une énergie niveau montage qui offrent toute une dynamique à l’ensemble. Certes, le film peut paraître long avec ses 2h35 de visionnage. Mais tel est le prix d’une fresque savamment menée, qui, allègrement, vous emmènera de la période prospère du porno jusqu’à sa décadence. Un régal !
Birth (2004)
Nationalité : États-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne – Genre : Drame, Thriller, Fantastique – Réalisateur : Jonathan Glazer – Distribution : Nicole Kidman, Cameron Bright, Danny Huston, Lauren Bacall, Alison Elliott…
Édition DVD : France | New Line | 02 octobre 2024
Le pitch : Alors qu’elle est heureuse et s’apprête à se remarier, une femme fait la rencontre d’un jeune garçon de dix ans, qui prétend être la réincarnation de son défunt compagnon…
Avis de La Prochaine Séance (Alexandra) : Que dire du deuil de l’être aimé quand on s’apprête à se remarier ? C’est ce dont parle le film Birth de Jonathan Glazer (Under the Skin, La Zone d’intérêt). Anna, interprétée par Nicole Kidman, va rencontrer un enfant de 10 ans (Cameron Bright) qui se dit être la réincarnation de son défunt mari Sean, disparu une décennie plus tôt et qu’elle aimait énormément. Et il veut la convaincre de ne pas épouser son fiancé Joseph (Danny Huston). Est-ce un canular ? Une farce ? Un miracle ?
Cette femme, issue de la haute bourgeoisie new-yorkaise, ainsi que ces proches, tentent de démêler le vrai du faux de cette situation. Mais qu’en est-il des sentiments d’Anna ? Elle qui se retrouve face à cette enfant avec des sentiments adultes ? Cette complexité tortueuse et dramatique est parfaitement jouée par Nicole Kidman de par son regard intense qui détaille une palette d’émotions intenses et contradictoires.
Un conte tragique qui ne laisse pas de marbre et qui questionne sur : “Est-ce qu’on connaissait vraiment les gens qu’on a connu et qui ne sont plus là ?” Mention spéciale à la musique du français Alexandre Desplat qui réussit à créer cette ambiance si particulière, couplée à la mise en scène de Jonathan Glazer.
Les ascensions de Werner Herzog (2014)
Nationalité : Allemagne, France – Genre : Documentaire – Réalisateur : Werner Herzog
Édition DVD : France | CTV Potemkine Films | 02 juin 2015 – Plateforme de diffusion : Cine+ OCS, UniversCiné et Orange
Le pitch : Compilation de trois courts documentaires réalisés par Werner Herzog – La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974), La Soufrière (1977) et Gasherbrum, la montagne lumineuse (1985) -, parlant d’une même thématique à travers différentes histoires et points de vue : la montagne…
Avis de La Prochaine Séance (Etienne) : Herzog, connu notamment pour ces fictions complètement folles avec Klaus Kinski (Aguirre, Fitzcarraldo, Nosferatu) émerveille également le spectateur avec ses documentaires. Les trois films ont la particularité d’être réalisés avec des équipes extrêmement réduites composées seulement de Herzog et deux opérateurs caméra la plupart du temps. Cela ne l’empêche pas, tout au contraire, de produire des images qui restent inoubliables.
Dans le premier, il suit le champion de vol à ski suisse Walter Steiner et teste à cette occasion un nouveau type de caméra pour immortaliser les sauts (et les chutes) des athlètes, et c’est d’une grâce et d’une poésie à couper le souffle. Le documentaire suivant prend place à Basse-Terre sur l’île de la Guadeloupe où les autorités ont fait évacuer la population pour la protéger d’une très probable éruption du volcan La Soufrière. Herzog et son équipe errent dans les rues désertes, vont à la rencontre des irréductibles habitants qui ont refuser de quitter les lieux et s’approchent, au mépris des dangers, du cratère prêt à exploser. L’ambiance fin du monde est incroyable et ce documentaire se déroule, malgré tout, avec un flegme et une tranquillité qui paraissent paradoxaux vu la situation. Le dernier documentaire suit deux alpinistes allemands qui entreprennent l’ascension de sommets himalayens du Gasherbrum culminant à plus de 8000 m. Et c’est à nouveau l’occasion de voir des personnages confrontés à un environnement hostile qui tentent de se dépasser pour assouvir leurs obsessions de dépassement de soi.
Car c’est vraiment là le thème principal qui semble fasciner Herzog à travers tous ses documentaires : l’Homme qui cherche à dépasser ses limites face à un environnement bien plus grand et bien plus dangereux que lui, et qui continuera à creuser ses obsessions malgré les blessures ou les échecs. Et il le met magnifiquement en scène, entre des images uniques, et le commentaire de Herzog lui-même qui donne un rythme unique à ces films. Les documentaires de Werner Herzog sont uniques et démontrent que ce genre de cinéma peut fournir des œuvres au moins aussi profondes, abouties et poétiques que la fiction.
Vidéodrome (1983)
Nationalité : Canada – Genre : Thriller, Horreur, Fantastique – Réalisateur : David Cronenberg – Distribution : James Woods, Sonja Smits, Deborah Harry, Peter Dvorsky, Leslie Carlson…
Édition DVD : France | Elephant Films | 17 janvier 2023 – Édition Blu-ray : France | Elephant Films | 19 septembre 2023 – Édition 4K Ultra HD : Royaume-Uni | Arrow Films | 24 octobre 2022 – Plateformes de diffusion : Canal VOD, Pathé Home et PremiereMax
Le pitch : Le patron d’une petite chaîne érotique sur le câble découvre par hasard un étrange programme-pirate, mettant en scène tortures et sévices sexuels. Dès lors, il sera la cible d’hallucinations et d’altérations physiques, brouillant la frontière entre réalité et univers télévisuel…
Avis de La Prochaine Séance (Sébastien) : Vidéodrome est sans nul doute le film qui pourrait être le plus représentatif de la carrière de David Cronenberg. Celui qui conjugue tout son cinéma. Nous y retrouvons bien évidemment ce côté série B horrifique, qui rappelle la débrouillardise de ses premières œuvres, sur fond d’intrigues totalement délirantes (Frissons, Chromosome 3, Scanners). Également au rendez-vous, son goût prononcé pour le body horror. Ces transformations physiques souvent improbables dont il est le seul à avoir le secret, donnant à son œuvre un aspect tout aussi palpable qu’organique. Et qui lui permettent d’aborder les thématiques qui lui sont chères : le corps et ses mutations, les dérives de la technologie et son rapport à l’humain, la sexualité et ses déviances, le manque de frontière entre le réel et l’imaginaire, la perte d’identité… Tout cela, vous le retrouvez dans Vidéodrome !
Mais avec ce long-métrage, Cronenberg s’éloigne encore plus du simple film d’exploitation, en proposant une intrigue d’une grande complexité. Car en mixant ses thématiques, le cinéaste livre une réflexion sur notre société. Notamment sur l’impact de la violence et de la pornographie par le média télévisuel, Vidéodrome étant sorti en plein début de l’âge d’or de la VHS. Le titre met littéralement notre appétence pour les images extrêmes en doute et nous questionnent sur le fait que la violence peut rimer avec spectacle. Et qu’ainsi, à l’instar du signal radio du film, les médias peuvent être considérés tel un virus, qui nous contamine au quotidien.
Mené par un James Woods impliqué, Vidéodrome est un cauchemar viscéral qui possède tout ce qui caractérise un bon film d’horreur. À savoir jouer sur notre tension sans que cela ne soit gratuit, amenant à nous faire réfléchir. En clair, le film de la consécration pour Cronenberg, qui lui apportera l’attention des producteurs au point de lui offrir des projets tels que Dead Zone (une adaptation de Stephen King) ou encore La Mouche (un remake).
La Nuit se traîne (2024)
Nationalité : Belgique, France – Genre : Thriller, Action – Réalisateur : Michiel Blanchart – Distribution : Jonathan Feltre, Romain Duris, Natacha Krief, Jonas Bloquet, Thomas Mustin…
Édition DVD : France | Gaumont | 08 janvier 2025 – Édition Blu-ray : France | Gaumont | 08 janvier 2025 – Plateformes de diffusion : Canal+, Canal VOD, Arte Boutique et PremiereMax
Le pitch : Un serrurier de nuit voit sa vie basculer quand il ouvre la mauvaise porte, devenant accidentellement le complice d’une affaire de grand banditisme …
Avis de La Prochaine Séance (Marie) : Quelle joie, ce film ! Quelle contemporanéité. Les plans sont beaux. Le rythme est impeccable. C’est exaltant. L’interprétation de l’acteur principal, Jonathan Feltre (Mady), est si variée que l’on croit à la fois à sa violence et noirceur qu’à sa douceur et gentillesse. On veut à la fois que celui-ci s’en sorte mais qu’il ne sacrifie pas tout sur son chemin. Même s’il est allé ouvrir la mauvaise porte…
Ce film est une incarnation de la chanson dont il porte le titre. C’est fou, on n’avait jamais pensé qu’un film pouvait si bien revêtir les paroles d’une chanson. Et quand arrive le générique de fin, on hésite à savoir si la nuit n’en finit plus ou si elle ne finira jamais.
Rien n’est cru dans les moments violents de cette course-poursuite à pieds, à vélo, en voiture dans Bruxelles. C’est comme si tout flottait. On suit Mady en équilibre jusqu’au bout. Et maintenant, on voudrait bien voir la suite des ses aventures, parce qu’on ne doute pas qu’il puisse y avoir une suite à cette histoire.
On aurait d’ailleurs aimé que le film rassemble plus de spectateurs en salles, il le mérite vraiment. Dire que ce film n’est que le premier long métrage de Michiel Blanchard… On a hâte de voir la suite de son œuvre.
Les différents podcasts de La Prochaine Séance sont accessibles à cette adresse.
Biberonné aux films de Steven Spielberg et passionné depuis la découverte d’un certain Alien de Ridley Scott, je dévore chaque film qui me tombe sous la main. Le cinéma tendant au partage et au rassemblement culturel, j'aime en discuter avec les amoureux du 7e art. La Prochaine Séance
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