La période pandémique aura très probablement eu son impact sur la création artistique. Confinés à tour de rôle sur la planète façon chaises musicales, c’était l’occasion idéale pour expérimenter la solitude à grande échelle. En réalité, n’avions-nous jamais été aussi seuls ensembles ? Tin Can s’inscrit dans la veine de ces huis clos qui se réduisent à une même unité de lieu, un cercueil pour Buried (2010), une capsule cryogénique pour Oxygen (2020) et maintenant un sarcophage duquel plusieurs scientifiques doivent s’échapper pour le dernier film de Seth A. Smith. Qui dit même unité de lieu dit aussi exercice périlleux à réaliser pour tenir le spectateur en haleine. On vous explique en vidéo pourquoi l’héroïne aurait mieux fait de rester dans sa boîte de conserve !

Y a t il un pilote dans l'avion ?

Si la première partie commençait plutôt bien, avec tout ce qu’il faut de plans serrés sur des corps en proie à la panique, gagnés par la sueur froide de ceux qui se réveillent entubés de tous les côtés, passée la première demi-heure, le film sombre dans les clichés propres aux séries B qu’RTL9 ne passe qu’en troisième partie de soirée. C’est bien dommage car l’esthétique initiale faisait mouche avec ces éclairages intermittents et couleurs incendiaires. Tin Can a très certainement un petit budget et se concentrer sur l’expérience du confinement à proprement parler eut sans doute été plus judicieux que nous exposer des scènes abracadabrantes, navrantes et sans aucun crédit. 

Lentes et sans saveur, on accumule des situations affligeantes et si l’auteur de ses lignes n’est pas un fervent défenseur des images de synthèse (CGI), il y a sans doute une demi-mesure entre l’assiette de bolognaise et la cervelle écrasée. Une fois sorti des cabines, les décors sont vides et par aplats de couleurs qui font toc au premier coup d’œil. Le virus du corail donne lieu à des contaminés ratés et qui rappellent davantage le fromage à effilocher Ficello [la rédaction de MaG conteste par avance tout lien avec quelconque placement de produits]. Une agonie sensée rappeler le corail et qui aurait pourtant pu se traduire avec succès, comme ce fut le cas avec les parasites champignonesques du jeu-vidéo The Last Of Us, autrement plus crédible. 

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« Je me demande si je dois me réveiller ou m'endormir »

Propos de l'héroïne de Tin Can qui, dans un élan de lucidité, en est au même stade que le spectateur...

Quant aux flashbacks supposés donner corps à la narration, ce sont sans doute les plus affligeants avec des intrigues sans enjeux. Pardonnez-moi d’emblée le spoiler mais mention spéciale à la scène où l’héroïne inculque le « virus du crustacé » à son compagnon, infidèle et endormi, en le piquant avec une seringue par le chibre. Pourquoi ? Bonne question… Aucun des personnages n’a suffisamment de profondeur pour susciter quelconque empathie. Et hormis l’actrice principale Anna Hopkins, les acteurs eux-mêmes ne semblent pas croire à leur jeu, Simon Mutabazi le premier ! Même Michael Ironside ne parvient pas à rehausser l’attention du public qui est soudainement rattrapé par l’incompréhension, puis le sommeil, le film n’ayant pas été avare sur la longueur de la pellicule. Hormis le point de départ confiné, qui à défaut d’être original, est plutôt fidèle à la couverture du film dans les tons comme l’esprit année 1980, difficile de recommander Tin Can en l’état ! 

Critique JV / ciné. Toujours prompt à mener des interviews à la volée lors de salons ! N'hésitez pas à me contacter en consultant mon profil.

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