Anima 2024

Quinze ans après avoir mis un terme à l’épopée de l’équipe de basket-ball du lycée Shohoku, Takehiko Inoue, l’auteur de la série Slam Dunk, revient derrière la caméra pour offrir une nouvelle itération de sa série mythique. Dans la droite lignée du manga d’origine, le film a battu tous les records en devenant le cinquième film le plus rentable de tous les temps au Japon. Alors, que vaut cette rencontre sportive étudiante au plus haut niveau ?

Choisir son camp

Contre toute attente, l’équipe de basket de Shohoku semble jouer la finale contre les favoris du championnat, le lycée de Sannoh. A force de sueur et de combativité, chacun des joueurs va tout mettre en jeu pour remporter ce match décisif. Avec un tel incipit, le film se retrouve très vite face à un dilemme auquel il n’arrivera jamais totalement à répondre. Il ne sait jamais qui est son protagoniste principal. Est-ce Ryota Miyagi qui a le droit à une courte introduction ? Ou bien toute l’équipe de Shohoku filmé dès leur première apparition comme un groupe unie ? Ou bien un autre membre de l’équipe qui tire la couverture jusqu’à éclipser le reste de l’équipe ? Plus le film avance et plus il paraît s’embourber sans offrir de direction claire malgré un parti graphique intéressant.

The First Slam Dunk

Pénalité pour l’analepse

A cela s’ajoute le fait que pour quiconque n’ayant pas de connaissances dans l’univers de Slam Dunk, la narration morcelée rend le tout difficilement compréhensible et résulte en un manque d’engagement de la part du spectateur. Le film se construit autour d’un unique match, ponctué de très nombreux retours en arrière. Ceux-ci manquent invariablement leur cible, car ils n’apportent jamais la profondeur nécessaire. A chaque fois que l’on voit l’un d’eux, on a la sensation qu’il nous manque une information pour pouvoir bien tout saisir. Ces flash-back échouent dans leur objectif de nous mettre dans la peau des joueurs. Dès lors que les premières passes commencent, on ne suit plus un joueur qui se bat de toutes ses forces pour mener son équipe à la victoire, mais plutôt une bande hétéroclite dont on ne connaît personne.

The First Slam Dunk

Temps mort pour la CGI

Si l’aspect narratif pêche, on ne peut pas en dire autant de la technique. Si la 3D utilisée n’est pas toujours parfaite (les vagues en bord de mer sont particulièrement immondes), elle révèle toute sa force sur le terrain. Elle met en relief les différentes actions et les mouvements sportifs propres au match et elle permet de faire ressortir d’autant plus les scènes qui utilisent d’autres techniques d’animation ou des visuels différents. Au son, les crissements de semelles sur le sol du gymnase et les rebonds de la balle nous donnent la sensation de ressentir le match et d’être au plus proche de l’action. Une action qui profite d’ailleurs d’un découpage habile qui alterne intelligemment entre des plans serrés pour mettre en avant la dextérité et la puissance des personnages et des plans plus larges afin de garder une compréhension du match en cours.

The First Slam Dunk

Panier manqué

The First Slam Dunk est un film sensitif qui rate le coche de peu. S’il semble avoir tous les ingrédients entre les mains, il ne réussit pas à marquer le point en faisant du spectateur un fan engagé de Shohoku. Là où les personnages répètent à plusieurs reprises l’importance de cette finale pour eux, on n’arrive jamais à totalement y croire et à s’y laisser transporter. Il a le goût neutre d’un match de milieu de championnat. Pas de quoi hausser l’écharpe de son équipe favorite.

Encore petit fretin dans l'océan du cinéma, je nage entre les classiques et les dernières nouveautés. Parfois armé d'un crayon, parfois d'une caméra, j'observe et j'apprends des gros poissons, de l'antique cœlacanthe bicolore, du grand requin blanc oscarisé et des milliers de sardines si bien conservés.

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