Rita's a lawyer for a big firm. Tired of whitening craps for otherwise degrading wages, Rita meets one of Mexico's greatest cartel leaders. Manitas decided to withdraw from business and wants to become the woman he has always dreamed of being. Audiard delivers a rock musical with panache while deconstructing our representations of the painful physical and psychic journey involved in a sexual transition.

Cannes Film Festival 2024

To and against all

If we had been told that Audiard's next movie would be a musical, we would probably have believed in a joke. French cinematographer customary of the cruise since the excellent A Prophet or Deepan who had received the Palme d'or in Cannes, is the director about to make a double? With such a perilous synopsis, one might have thought that Audiard was walking on eggs with Emilia Perez : a drug baron who wants to change sex against winds and tides and decides to blend into anonymity after her transition to reconnect with her family by pretending to be a distant aunt... it's a baroque proposition!

And yet, past the acceptance of such an unlikely starting point, Emilia Perez does more than transform the test. The last Audiard, carried by a play of bright actors, constantly surprises. First of all, by its staging where musical flights are very well integrated into the image. Transitions are flexible and natural between quotation marks. Even if you are not customary musicals, a genre that was widely democratized by the Americans, you should enjoy the experience. First of all because Audiard robs the camera on these characters by not hesitating to turn off the lights around. Less kitsch than one might imagine, some musical passages act as confidences and intimate dialogues present fragile characters that highlight their weaknesses. Never ass-ass for that, Emilia Perez bare internal tears on an identity in (de/re)construction.

Reset

The character of Rita, camped by Zoe Saldana, offers us powerful choreographies, curious marriage between dance and incisive requisite. As for the transsexual actress Karla Sofía Gascón, these interventions accurately and sensitively show the moments of life of her painful transition. Behind deliverance is also hidden many internal divisions where Manitas, now Emilia Perez, is never completely complete, all the more so with his organized disappearance from the world of cartels.

How to combine family life and new genre by pretending to be another? Emilia Perez offers a second life, an opportunity for redemption by erasing her old identity and by the same token of horrors involved in the life of a narco. However, Audiard is not candid and he also exposes pain and pain. « Golden prison » In which Manitas locked up his wife Jessi played by a Selena Gomez full of frustrations, therefore desires.

« Changing bodies is changing society » scande Rita lors d’une plaidoirie chantante pour convaincre le médecin d’opérer Manitas. Et c’est là que le projet porté par Audiard trouve une résonnance sincère en inscrivant la transition comme un acte politique. D’un point de départ casse-gueule, Audiard réussit à convaincre le spectateur qu’un narco a parfaitement le droit de changer de sexe ! Et c’est là tout l’intérêt d’Emilia Perez, montrer qu’on peut être soi et quelqu’un d’autre sans se renier soi-même. Le genre attiré n’a aucune raison d’être, si ce n’est enfermer les possibles, là où seule la volonté devrait primer.

C’est aussi le sens à donner des scènes où Rita esquinte sans fard l’ambivalence du gratin bourgeois qui revendique sa bonté tout en étant de parfaits criminels, les cols blancs en plus. Ce double jeu plus ou moins tacite, lui, est parfaitement toléré par la société, pourtant si propice à dicter les choix des uns et des autres.

On flaire déjà les accusations de wokisme à venir si Emilia Perez venait à décrocher la Palme d’or. Qu’importe si le terme woke n’a aucune réalité conceptuelle, cette panique morale s’enracine comme un cancer, comme en atteste la progression inquiétante des attaques sur les personnes trans et homosexuelles. L’extrême droite, elle, a désormais pignon sur rue dans nos médias pour vomir sa haine. Emilia Perez est un film original et qui donne la parole aux transgenres, fait ô combien rare au cinéma. Un challenger de choix pour la Palme d’or même si d’autres films comme Anora pourraient très bien bousculer la Croisette.

TrailerEmilia Perez

JV critic and film always ready to lead Interviews at festivals! Amateur of genre films and everything that tends to the strange. Do not hesitate to contact me by consulting my profile.

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[…] Mais n’en déplaise aux apparences, Anora ne manque pas de punch pour se défendre, bien au contraire. La jeune femme a sa langue bien pendue et n’hésite pas à rétorquer sinon rétâmer ceux qui se mettent en travers de sa route. Et quand le film dérape vers l’opération catastrophe pour réparer les pot cassés, Sean Baker nous régale de situations truculentes tout en laissant place, par contraste, à des scènes sensibles où le conte de fée s’effondre. Même si Anora ne manque pas de répondant, c’est avant tout par son corps qu’elle s’exprime. Une façade qu’on ne connaît que trop bien et qui trouve toute sa symbolique lors de son magnifique épilogue. En mariant les registres avec intelligences, Anora est un plaisir de chaque instant et une grenade dégoupillée dont on attend qu’elle explose à tout moment. Sans hésiter l’une des plus belles œuvres en compétition sur la croisette, Anora est un sérieux candidat pour rafler la palme d’or à Emilia Perez (lire notre critique). […]

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[…] Avec Emilia Perez, récompensé du grand prix du jury comme du prix d’interprétation féminine, Audiard interrogeait directement les genres par la délicate question de la transition sexuelle sur toile de fond de cartels mexicains. Un projet audacieux et politique comme en atteste déjà les vagues d’indignation transphobes aperçues sur les commentaires lamentables du média Cnews. Et même sur le tapis rouge, la question de l’inclusion s’est immiscée avec la montée des marches révoltante pour l’équipe du film Un p’tit truc en plus. Devant le monde entier, le réalisateur Arthus a dû porter Sofian Ribes, l’un des ses acteurs handicapés à défaut d’accessibilité, un comble ou plutôt une honte pour le plus gros festival de cinéma dans le monde. Avec Brice, nous revenons sur cette 77ème édition aux propositions plurielles et hautement politiques. Bonne écoute et n’hésitez pas nous poser vos questions et partager vos coups de cœur et vos déceptions en commentaires ! […]

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