Adam Driver envoyé sur Terre pour fracasser du dinosaure, voilà qui avait de quoi allécher. Voir Sam Raimi sur le projet ne le rendait que plus intéressant, tout autant que sa durée rafraichissante d’à peine une heure trente. Pourtant 65: La Terre d’Avant semble être un alunissage raté dans la carrière de Driver tant le film se délite toujours plus jusqu’à son final en plat total. Dommage, car une petite série B aurait pu naître de l’ébauche de ce long-métrage.

Hype maximale

Il ne faut pas attendre longtemps pour que la hype provoquée par l’annonce de ces quelques noms, d’un budget confortable et d’un scénario potentiellement juteux, ne s’étiole totalement avec la scène d’ouverture présentant le trio de personnages duquel naîtra l’enjeu du film. Tourné sur une plage avec une image rosâtre de télénovela, on comprend que le père Mills (Adam Driver) part en mission afin d’avoir suffisamment d’argent pour payer les soins de sa fille malade. Mielleuse à souhait, cette exposition bancale (et trop longue pour ce qu’elle a à montrer), plombe les espoirs mais laisse toutefois entrevoir la possibilité d’une suite plus explicitement bourrine… Des espoirs malheureusement rapidement douchés.

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Le duo de réalisateurs – Scott Beck & Bryan Woods – n’est pas totalement inconnu. S’ils sont à l’origine de plusieurs films d’horreur plus ou moins obscurs, ce sont également eux qui signent l’écriture du très réussi Sans un bruit. Ici, il semblerait qu’ils aient utilisé une corne de Carnotaurus mort pour écrire 65: La Terre d’Avant, tant le film alterne entre une back-story niaise et des scènes d’action plates, le tout parsemé d’un nombre d’incohérences stratosphérique.

Gigantisme absent

Le plus frappant à l’image, c’est à quel point tout fait petit. Les acteurs sont constamment filmés en contreplongée pour arracher du cadre un arrière-plan qu’il aurait fallu construire. Au contraire, lorsqu’ils évoluent au sein d’un paysage, il pourrait s’agir d’une forêt actuelle tout ce qu’il y a de plus classique. Le travail sur le décor relève presque du néant et repose, quasi-exclusivement, sur des effets spéciaux extrêmement mal gérés. Un problème d’autant plus criant lorsqu’on est censés représenter des bêtes énormes, évoluant dans des forêts luxuriantes où tout devrait être démesurément grand.

Série B ?

Certains plans laissent entrevoir la possibilité d’une (salvatrice) petite série B, du genre qui peuplerait les grilles des programmes RTL9. En effet, on a quelques scènes où l’humour marche plutôt bien et où le film ne se prend décidément pas au sérieux. Quelques saillies dégueulasses à base d’élytres et d’insectes écrasés parviennent même à dégoûter le spectateur. Il n’y avait qu’un pas à faire pour pondre une SF complètement décomplexée, décérébrée et jouissive.

Malheureusement, le duo de réalisateurs n’est jamais assez cruel avec ses personnages, assume une liste d’incohérences absolument dingue et, pire, parsème leur récit de moments « émotion » niais et sans intérêt. Un gras qui empêtre le long-métrage jusqu’à une fin qu’on ne dévoilera pas, mais bien trop gentillette pour être plaisante.

Buvant les Stephen King comme la sirupeuse abricotine de mon pays natal, j’ai d’abord découvert le cinéma via ses (souvent mauvaises) adaptations. Épris de Mrs. Wilkes autant que d’un syndrome de Stockholm persistant, je m’ouvre peu à peu aux films de vidéoclub et aux poisseuses séries B. Aujourd’hui, j’erre entre mes cinémas préférés, les festivals de films et les bordures de lacs helvétiques bien moins calmes qu’ils en ont l’air.

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KillerSe7ven
Administrateur
11 mois

Ca a l’air très concon mais tu m’as donné envie de le voir pour une soirée pizzas !

le loup celeste
Administrateur
11 mois
Répondr à  KillerSe7ven

La même ! 😉

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