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- Resident Evil 5, il est urgent ...
- Testé sur PlayStation 3.
- Jeu acheté en physique (Gold Edition).
- Environ 40h de jeu étalées sur deux semaines.
- Images piquées sur internet.
- Aucun divulgâchis n’est à attendre de cet article.
Sorti quatre ans après un intouchable et instantanément culte quatrième épisode qui aura changé la face de l’industrie à jamais, Resident Evil 5 avait les épaules lourdement chargées d’attentes qu’il ne pouvait décemment espérer combler. Fort du succès monumental de son prédécesseur, Capcom met le paquet niveau technique et marketing, laissant deviner un jeu d’action dans la même veine, à la pointe question graphismes. Et c’est effectivement ce que l’on a eu, dans une certaine mesure. Malheureusement, trop d’attentes tuent facilement une sortie, car le résultat ne sera jamais à la hauteur. Resident Evil 5, pourtant loin d’être mauvais et affichant un nombre de ventes record, sera rapidement délaissé. Une injustice sur laquelle nous revenons aujourd’hui, dans l’espoir de redorer le blason de ce titre plein de bonne volonté qui met encore à l’amende pas mal de jeux d’action du moment.
Welcome to Africa
Propulsé par une hyperactivité que seuls l’alcool et la randonnée parviennent à apaiser (momentanément), j’ai eu le déplaisir de me rendre compte, avec l’apparition d’un pouvoir d’achat adulte, que j’étais un homme de lubies passagères. Chaque année, je passe de hobby en hobby, d’une routine à une autre, le tout sans véritable logique, juste au gré des envies du moment, des influences de différentes lectures et de passions éphémères. Il y a quelques mois, c’était le pique-nique en forêt, les balades nocturnes à vélo, et le Roguelike. Deux abonnements à la salle de sport et trois tentatives d’inscription à des activités de groupe plus tard, tous soldés par un échec induit par une lassitude trop vite arrivée, je me mettais en tête de collectionner les guides au format papier de jeux vidéo qui me semblaient en valoir la peine. C’est ainsi que je mettais la main sur ceux de Soul Calibur 2, Final Fantasy XIII, et bien sûr de plusieurs Resident Evil, série que j’aime tout particulièrement. Une lubie qui m’est passée avant que je ne me penche vraiment sur le contenu de ces artefacts d’un autre temps (et même avant que mes achats Vinted ne finissent entre mes mains à vrai dire), remplacés depuis par des kilomètres de pages internet sans âme, mais plus pratiques, nous faisant gagner en efficacité ce que l’on a perdu en charme. M’ennuyant, un soir de pluie, j’ouvrais au hasard le guide de Resident Evil 5 et découvrais, ô surprise, plusieurs petites choses sur ce jeu que je croyais pourtant connaître comme le dos de ma main. Ni une, ni deux, je sautais sur cette occasion parfaite de passer une nuit blanche sur cette authentique Madeleine de Proust.
Resident Evil 5 souffre de son ingrat statu d’entre-deux. Avant lui, Resident Evil 4 secouait l’industrie plus fort qu’aucun autre jeu d’action ne l’avait fait jusque là (et peut-être ne le fera jamais, d’ailleurs), devenant par la même une véritable référence dans le genre que tout le monde s’est ensuite occupé de singer d’une manière ou d’une autre. Ce qui a donné une véritable mousson de TPS et de Cover Shooter, dont bien peu resteront dans les anales, si ce n’est Gears of War, ayant lui aussi participé à cet essor fulgurant. Après lui, Resident Evil 6 marquera un tournant décisif pour la franchise, en se révélant assez mauvais pour que beaucoup commencent à s’interroger sur son avenir. Même Capcom, d’ailleurs, n’est pas serein, malgré des ventes fort convenables, ce qui poussa cette merveilleuse firme nippone à revoir en profondeur ses plans, accouchant tardivement d’un Resident Evil 7 n’ayant plus rien à voir avec les trois précédents volets numérotés. Pour le meilleur, assurément, puisque cet habile mélange de retour aux sources et de nouvelle façon de jouer, façon FPS, a comme qui dirait sauvé la franchise de ses démons : le kitch et le ridicule. Mais je m’égare. Entre le quatrième, adulé, et le sixième, détesté, Resident Evil 5 est un peu oublié, probablement parce qu’une grosse partie de l’internet a choisi de le déposséder de sa légitimité au sein de la série, en le qualifiant plus ou moins ouvertement de gros nanar et de jeu d’action débile. Ce qu’il est, entendons nous sur ce point précis avant de lancer les hostilités. Resident Evil 5 est bête comme la pluie ! Mais tout jeu abrutissant qu’il soit, il y a quelque chose de l’ordre de la régression, dans le bon sens du terme, dans son aventure africaine qui regorge de passages Over the top.
Régression qui commençait d’ailleurs avant même la disponibilité du jeu, avec des propos abrutissants qui le qualifiaient de raciste en se basant sur des considérations on ne peut plus terre à terre, réfléchissant trop là où il n’était nul besoin. Oui, Resident Evil 5 met en scène des « morts vivants », terme sur lequel on reviendra plus tard ne vous en faites pas, qui arborent fièrement une couleur de peau noire, dans une Afrique subsaharienne fantasmée, où le blanc fait figure d’exception ; et oui, il place au centre de son récit un blanc, qui tire inévitablement sur des noirs, pour le dire de la manière la plus limpide possible. Il n’y a toutefois aucune volonté de représentation péjorative ou de signe de domination coloniale, comme ont pu le hurler quelques militants embrigadés dans des systèmes dogmatiques, incapables par nature de se remettre en question. La volonté de Capcom est pourtant claire, quand on y pense : le choix de l’Afrique comme théâtre des événements est un moyen facile (et efficace par ailleurs) de renouveler les décors, pour une série qui s’ancrait jusque là dans un occident très gris. Avec ce changement de continent, le dépaysement est assuré. Et puis, quitte à débouter l’argumentaire cité précédemment, autant rappeler que le grand méchant de l’histoire demeure un blanc, blond, aux yeux bleus, à l’initiative de l’épidémie asservissant la population locale, noire. Sous cet angle, peut-on y voir une critique du colonialisme ? Faisons plutôt ce que toute personne sensée choisirait de faire, en nous détournant de ces questions politiques ridicules qui n’ont rien à faire dans nos jeux vidéo.
La suite logique
Avec le recul, difficile de comprendre pourquoi Resident Evil 5 a autant déçu parmi les joueurs qui ont pourtant érigé son prédécesseur au rang de monument. Car en le relançant aujourd’hui, il ne faut pas longtemps pour constater qu’il fait, en substance, la même chose, en plus moderne. Même en matière de construction narrative et de progression, on touche à quelque chose de très similaire, pour ne pas dire identique dans certains cas. Resident Evil 5 est la suite logique de Resident Evil 4. Et rien qu’en disant cela, je sais que je risque de m’attirer les foudres de fans. Pourtant, c’est la plus pure vérité. On y retrouve un gameplay très similaire, avec une vue à l’épaule et un système de visée matérialisé par un laser rouge, ainsi qu’un personnage demeurant, malgré une nouvelle caméra plus libre, lourd dans ses déplacements. Le développeur a conservé la riche idée de deux gâchettes pour utiliser son arsenal (aussi ajouté dans Deadly Silence sur DS) : une pour le couteau, l’autre pour l’arme à feu équipée. Et il a profité d’un bestiaire plus mobile pour implémenter de nouvelles possibilités offensives au corps à corps, se traduisant par des actions contextuelles plus régulières. Au niveau de la jouabilité, on est vraiment comme à la maison. Excepté sur deux points de détail qui ont toute leur importance. D’abord, l’inventaire, qui est plus limité que jamais, avec seulement neuf cases à remplir, mais surtout qui ne met plus le jeu en pause pendant qu’on le consulte. Nouveauté qui change drastiquement la manière de jouer, en ajoutant une grosse dose de stress, tout particulièrement contre les boss ou dans les phases qui nous envoient une grande quantité d’ennemis. Et s’il existe bien un système de réserve, nous permettant de conserver à l’abris les items et armes de notre choix, celui-ci n’est toutefois pas accessible pendant les périodes de jeu. Il faudra attendre la fin d’un niveau pour en bénéficier.
L’autre changement, et c’est finalement celui que tout le monde a retenu, c’est l’apparition d’un second joueur : Sheeva. Une deuxième protagoniste, qui accompagnera Chris Redfield dans toute l’aventure, lui apportant un soutien offensif et défensif, voire l’aidant à atteindre certains items cachés ou à résoudre certaines énigmes. Une riche idée, qui s’accompagne d’une gestion de l’inventaire plus complexe, puisqu’il est possible d’envoyer des items à Sheeva ou de lui en demander, celle-ci se révélant prompte à nous soigner en cas de difficulté. Mais une idée qui est malheureusement contrebalancée par une intelligence artificielle jugée, à l’époque, nettement perfectible. Et il est vrai qu’en y rejouant aujourd’hui, il demeure difficile de faire comme si ce défaut n’existait pas. Oui, le second personnage nous bloque parfois le passage, peut se révéler gênant lorsqu’on souhaite viser dans des endroits exiguës, ou se fera bêtement tuer lorsque les ennemis sont trop nombreux. Il aurait aussi été sympa de pouvoir programmer soi-même ses réactions, ne serait-ce que la fréquence d’utilisation des items de soin (qui partent vite dans le niveau de difficulté le plus élevé). Il demeure bien possible de lui imposer momentanément une attitude offensive ou défensive, mais ce n’est vraiment pas suffisant. De là à dire que le jeu est inexorablement balafré par sa présence ? Loin s’en faut. Oui, Sheeva ne réagit pas toujours comme on l’aurait souhaité, et elle a tendance à se coller dans nos jambes. Mais elle participe aussi au charme de cette aventure, en solo, et ajoute une très légère dimension gestion qui n’est pas déplaisante.
Mais bien sûr, son plus gros point fort c’est de pouvoir être incarnée par un second joueur. Et ça, il faut bien avouer qu’on ne l’avait pas vu venir. Pourtant, là encore, c’est la suite logique de Resident Evil 4. Adieu Ashley, la potiche qui ne servait à rien d’autre qu’à créer de la tension supplémentaire (Dieu que le mode Difficile était affreux à cause d’elle) et bonjour à un personnage qui peut non seulement se défendre, mais en plus vous donner une bonne raison d’inviter un pote à la maison (désolé maman) ! Et vu sous cet angle, le jeu n’est plus du tout le même. De gros défouloir débile, on passe à une excellente expérience coopérative, pouvant se jouer en ligne ou, mieux encore, en écran partagé, dans le même canapé. L’inventaire réduit trouve alors nettement plus de sens : chaque joueur peut envisager un rôle différent (tank / sniper par exemple) et s’y tenir pendant toute la campagne. Dommage que le jeu soit si avare en argent pendant la moitié de l’aventure, puisqu’on peine à améliorer les armes des deux joueurs à bon rythme lorsqu’on joue en coop. Resident Evil 5 fait le choix de ne pas adapter ses systèmes en conséquence, ce qui est un peu dommage. Notamment au niveau de la difficulté, puisqu’on vient évidemment plus facilement à bout de toutes les engeances se présentant en étant deux. Petit conseil pour ceux qui auraient été assez titillés par cet article pour lancer le jeu avec un pote : choisissez le mode Difficile, beaucoup plus juste dans ces conditions. N’allez toutefois pas croire que RE5 ne vaut pas le coup en solo, après toute cette tirade sur le multijoueur, d’autant que le challenge y est assez relevé, ce qui est appréciable.
Le mouton noir ?
Toutefois, s’il fait figure d’évolution remarquable sous de nombreux aspects, Resident Evil 5 perd effectivement une part non négligeable de l’ADN de sa franchise, et quelques points de détail ont pu faire tiquer. Pour commencer, le titre est nettement plus linéaire que son prédécesseur. Or pour arriver à ce résultat, il a dû se délester de (pratiquement) tout le système de clés des précédents volets, en poussant encore plus loin la construction en niveaux de Resident Evil 4. Désormais, vous ne passerez plus deux fois dans les mêmes décors, chaque environnement est pensé pour être traversé d’un bout à l’autre sans se retourner. Exception faite d’un unique passage, pas le plus réussi, nous laissant un peu plus libre de nos mouvements, on est ainsi posé sur des rails, avec extrêmement peu d’embranchements, et donc rien pour nous donner l’illusion qu’on n’évolue pas dans un simple couloir tracé pour nous. Ce qui aurait assurément sonné comme un défaut dans un autre jeu peut ici être vu comme une qualité, puisque Resident Evil 5 ne perd jamais de temps, qu’il presse constamment le joueur, et joue habilement avec le stress que peuvent faire ressentir certaines de ses séquences. Passée l’introduction, qui met quelques minutes à poser l’ambiance africaine en nous laissant marcher, sans danger, au milieu des locaux, l’action demeure ininterrompue jusqu’à la dernière seconde de l’aventure. Si ce n’est lors de très courts passages proposant de vagues énigmes pas bien réfléchies, seulement là pour nous laisser souffler quelques minutes entre deux affrontements énervés. Avec tout cela en tête, vous vous doutez bien que cet épisode se déleste de toute dimension horrifique, hormis via un bestiaire qui pousse toujours plus loin le Body Horror, ce qui a aussi pu décevoir.
Autre changement, le marchand de RE4 est ici remplacé par un simple menu, permettant de faire exactement la même chose, à savoir acheter des armes, améliorer celles en notre possession, ou vendre notre butin, mais sans cette petite touche d’étrange si caractéristique. Ici, votre réaction dépendra de votre affinité avec l’armurier. Mais me concernant, je trouve que ce choix est plutôt pertinent : on évite d’avoir un personnage supplémentaire à intégrer dans ces décors on ne peut plus dangereux, et personne ne se demandera comment il est arrivé ici, ou comment il s’arrange avec les locaux. Ça n’a l’air de rien, mais même dans un jeu d’action aussi débile, l’immersion demeure une qualité. Et puis on gagne du temps, par ailleurs, puisque ledit menu arrive au début de chaque niveau, comme chez un Devil May Cry, et qu’on peut y faire rapidement nos emplettes avant de repartir au combat, sans avoir à se cogner l’animation d’un PNJ. On perd quelque peu en identité ce que l’on gagne en efficacité… ça vous rappelle un truc ? Difficile de passer à côté des nouveaux ennemis, par ailleurs, qui sont plus vivaces encore que ceux de Resident Evil 4, et peuvent même entreprendre des choses assez complexes. Internet ne se remet toujours pas de ces infectés qui font de la moto, et il y a de quoi. Infectés qui ne sont pas des morts vivants, au sens où la franchise l’entendait jusqu’à Resident Evil 3, mais sont donc, là encore, une évolution logique de ceux que l’on trouvait dans l’opus précédent. Ce qui a pu gêner, mais se révèle assez pertinent au vu des améliorations de gameplay, de la caméra plus libre et des fonctionnalités coop.
Et bien sûr, difficile de sortir un jeu en 2009 sans y intégrer une dimension online. On l’a déjà évoqué, le titre permet de jouer en coopération en ligne, avec un inconnu ou un ami. Mais ce n’est pas tout : un mode de jeu inédit et compétitif voir le jour. Rien de bien extraordinaire, c’était à prévoir, pourtant les serveurs sont toujours ouverts, et quelques joueurs se disputent encore des matchs régulièrement. J’ai été extrêmement surpris de constater qu’il ne m’a pas fallu longtemps pour tomber sur une partie, via ma version PS3, un soir de semaine. J’ai pu y passer deux bonnes heures, pendant lesquelles j’ai été un véritable boulet face à ces joueurs qui ont visiblement poncé le mode et connaissent toutes les caches d’armes ou les tactiques pour maîtriser la partie. Mais j’ai malgré tout passé un agréable moment, qui m’a surtout permis de souffler avant de relancer le solo. Dommage que le concept soit si bateau, finalement, car il s’agit simplement de marquer des point, en équipe ou chacun pour sa peau, en s’en prenant aux autres joueurs ou aux ennemis sortis de la campagne. Le tout sur des maps assez vastes, reprises du mode Mercenaires, lui-même l’évolution logique de celui de RE4. Plus d’ennemis, plus d’armes, plus de personnages jouables, plus de contenu à débloquer… Bref, un mode efficace pour qui adhère à sa proposition somme toute simple : tout défourailler. Au cas où cela ne vous suffirait toujours pas niveau contenu, l’histoire, qui vous demandera entre douze et quinze heures pour être bouclée, propose par ailleurs un mode New Game +, et vous offrira quelques joyeusetés si vous améliorez à fond certaines armes. Vous pourrez ainsi en débloquer d’autres, cachées, ou obtenir des bonus de type munitions illimitées. Pour finir, deux DLC ont vu le jour, sympathiques mais clairement en deçà de l’aventure principale.
Sus au réalisme, vive le jeu vidéo
Bon, maintenant que tout est dit, pourquoi avoir choisi de vous parler de cet opus plutôt que d’un autre ? Il est de notoriété publique que Resident Evil Village est une excellente pioche, et un jeu d’action nerveux, lui aussi extrêmement inspiré de Resident Evil 4. Ce choix aurait été d’autant plus logique qu’il s’agit du volet dont Requiem, dernier en date, fait directement suite. Eh bien pour plusieurs raisons, à commencer, comme le titre de l’article l’indique clairement, dans le but de réhabiliter ce volet délaissé de la franchise. Resident Evil 5, contrairement à sa suite, ne mérite pas l’indifférence qu’il a pu susciter, et encore moins la haine de certains joueurs. Oui, c’est un jeu débile, ça je pense l’avoir assez abordé dans ces quelques lignes. Mais pour autant, il demeure peu de choses à lui reprocher aujourd’hui, même en le comparant aux standards actuels. En dehors d’un gameplay lourd et d’une IA alliée nettement perfectible, c’est pratiquement un sans faute, à condition que vous soyez aptes à apprécier son scénario absurde. Il faut aussi noter que le titre est absolument sublime, ce que les dix-sept ans qui nous séparent de sa sortie n’ont pas réussi à émousser. On remarque juste plus facilement les rares chutes de framerate, qui n’ont rien de bien gênant, ou un aliasing prononcé sur certaines ombres. Dans l’ensemble, Resident Evil 5 impressionne encore, notamment via ses effets de lumière léchés, ses textures particulièrement fines pour l’époque, ou ses effusions de sang. Sans rire, j’ai été surpris de constater le résultat sur PlayStation 3, alors que je sortais de titres nettement plus récents, en me collant à RE5. Je voulais aussi vous en parler parce qu’il est parmi mes jeux favoris, évidemment, et que ne compte plus les parties que j’ai enchaînées sur son solo.
Mais ce que je désirais le plus mettre en lumière en grattant ces quelques lignes, c’est ma vision du jeu vidéo. Parce que je trouve qu’on en fait trop avec le réalisme, avec le contenu et l’Open World, qu’on essaie de nous vendre des expériences trop complètes, trop parfaites, qui auraient certes fait rêver le gosse que j’étais il y a vingt ans, mais qui m’indiffèrent complètement en tant qu’adulte. Aujourd’hui tout est aseptisé, fondu dans le même moule, en dehors du travail toujours plus remarquable des indépendants, et je ne comprend pas pourquoi les joueurs continuent de suivre ce flot de titres se ressemblant tous, alors qu’ils ne font que singer des expériences passées qui les dépassent pratiquement sur tous les aspects. Prenez Crimson Desert par exemple, qui arrive dans quelques jours, et comparez le à The Witcher 3 : Wild Hunt. Pensez-vous vraiment qu’il soit de taille en matière de narration, de cohérence, d’ambiance ? Pas moi, en tout cas. J’ai la sensation qu’on a atteint un plafond, il y a un moment, probablement avec la sortie de Red Dead Redemption 2, et que désormais plus aucun studio n’est capable d’innover dans la voie de l’Open World, et encore moins du réalisme. Réalisme qui, d’ailleurs, me semble clairement être la pire des chimères que le jeu vidéo nous vend, puisqu’on y perd beaucoup du fun qui a pourtant fait partie intégrante de l’ADN du média pendant plusieurs décennies. Alors dans ce paysage très plat, un jeu d’action décomplexé tel que Resident Evil 5, n’aspirant à rien de plus, dont la tension ne débande presque jamais, est une vraie bouffée d’air frais. Voilà pourquoi je vous le recommande chaudement.
Hermite en devenir, depuis longtemps l'esprit égaré dans de vieux livres, j'ai échoué dans ces colonnes dans l'espoir de partager autour de mon monstrueux Backlog, ou à l'occasion de mes grands amours que sont Biohazard et le J-RPG.
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Semblerait il que Capcom soit bientôt prêt à relancer Resident Evil 5 en remake aussi. J’ai rattrapé Resident Evil 7 ce weekend et j’ai presque fini Village. Je me régale même si c’est très différent des anciens. Je me demande si je ne vais pas écrire à l’occasion un article sur le côté burlesque de ces deux épisodes.
[…] le gag du cinquième épisode. Un jeu d’action décomplexé que certains comme Itokiry voudraient réhabiliter pour ses qualités ludiques primaires malgré son bras d’honneur adressé à ses origines (et à […]
Super article qui vante toutes les qualités de RE5 sur lequel j’ai passé de très nombreuses heures. J’en garde un des meilleurs souvenirs de coopération à deux joueurs de ma vie et aussi en solo. Je l’ai retourné dans tous les sens :-p
Il a vraiment un excellent sens du rythme ce jeu, on ne s’y ennuie jamais. C’est un peu un RE4 sous stéroïdes à mon sens, avec ce que cela entraîne de défauts mais aussi de fun sans prise de tête. Par ailleurs, de mémoire, les niveaux de difficuté supérieurs étaient bien corsés.
P.-S. – Et dégager un rocher en le frappant du poing avec Chris, ça n’a pas de prix.