The 77th edition of the Cannes Film Festival took place under a somewhat cloudy blue sky from Tuesday 14 to Saturday 25 May 2024. Covered by KillerS7ven and the celest wolf For nearly nine days, the event was worth the trip since the openly festive atmosphere, the paradise landscape of the Gulf of La Napoule, the encounters in queues and at the Press Room, gourmet cuisine, discussions between movie fanatics and of course the films in competition were given an appointment on the Croisette.

Cannes 2024

A selection of films attracted by portraits of women (Anora, Emilia Pérez, Seeds of the wild fig tree, The Substance, etc.) and the release of the bodies that let the monsters in (thank you) Julia Ducournau), sessions the ass screwed to a few chairs of technical teams (such as the director and actors during the presentation of the social comedy In band), an unwavering desire to produce writings no matter the hour or place, strong informative press conferences (how not to evoke the kindness and simplicity of the legend Kevin Costner) and an unforgettable closing ceremony have thus rhythmized the slow canine marathon (they try to recover since) but intoxicating from our two companions. In the streets of busy journalists/professionals/passionates, they were able to meet with the little happiness (lucky) of celebrities such as She Fanning, Eva Green, George Lucas, Laurent Lafitte, Melanie Laurent, Omar Sy, Wim Wenders, Xavier Dolan and a few more.

Between two articles of our « Tarzan » Stras adheres shirts (not necessarily flowers) and after our podcast 🎙️ in aperitif mode (to be found below for those who missed our balance sheet), it is the turn of our lupus canis of the little Siberia to tread the red carpet with its after-domain... The Festival de Cannes 2024. Follow the laurel leaves!

Contents

Oh, Canada

Oh, Canada

A famous documentary writer, Leonard Fife, knowing himself condemned, accepts that one of his former students, Malcolm, film his ultimate confession and his agony.

At the sunset of his life, a documentary artist (bubbling Richard Gere in a determined old man) confides in the (last) light of the projectors on the forward flight that he had never assumed, even though his destiny was all traced. And while his memory will forever survive through the camera, this epitaph seeking repentance sometimes hides the truth and/or blurs the chronology (whether or not the presence of colors, as well as the changes in ratio, allow to paste the pieces), to better portray a generation of progressive Americans touched by bitterness. A redemption, though late and sometimes even pathetic, but where the resurgence of ancient memories seems like a prayer dedicated to a woman (very just and authentic) Uma Thurman) which he considers to be the truth. For his fourth time in Cannes, Schrader has married to the writings of Russell Banks. 🌿🌿🌿

The Surfer

The Surfer

A man returns to his hometown by the sea in Australia. He was humiliated in front of his son by a group of local surfers who claimed absolute ownership of his childhood beach. Injured, he decided to stay on the beach, declaring war on those who controlled the bay.

Bolossed by a toxic gang of masked surfers, an excellent Nicolas Cage, ready to sell his soul for a real estate, will surf the vague nightmare of a Finnegan which, stationing in places on the fourth dimension of its Vivarium, delivers a sandy closed up to addictive sweet madness. Eat the rat!!! 🌿🌿🌿

Kinds of Kindness

Kinds of Kindness

Une fable en tryptique qui suit : un homme sans choix qui tente de prendre le contrôle de sa propre vie; un policier inquiet parce que sa femme disparue en mer est de retour et qu’elle semble une personne différente; et une femme déterminée à trouver une personne bien précise dotée d’un pouvoir spécial, destinée à devenir un chef spirituel prodigieux.

Même si vaniteuse et se pavanant de trop dans la beauté des corps féminins, cette anthologie qui voit triple sur l’emprise amoureuse et la servitude volontaire en découlant est une comédie noire qui, à l’inverse de ses personnages (un casting prestigieux qui brille tout du long) codependants au regard des autres, ne cherche jamais à plaire avec sa provocation permanente et ses images chocs. Et alors que dans Poor creatures l’héroïne vivait avec un autre cerveau que le sien, dans cet asile de fous sous contrôle, aucun corps ne semble vraiment appartenir à son légitime propriétaire… De sorte que son créateur s’interroge sur l’existence du libre arbitre. Troublant ! 🌿🌿🌿

Les Damnés

Les Damnés

Hiver 1862. Pendant la guerre de Sécession, l’armée des Etats-Unis envoie à l’Ouest une compagnie de volontaires pour effectuer une patrouille dans des régions inexplorées. Alors que leur mission change de cap, ils questionnent le sens de leur engagement.

Abandonnés dans un no man’s land où les corps des défunts servent d’amuse-gueules aux loups, les hommes déployés lors de la Civil War américaine se questionnent sur le sens de l’engagement alors que la désillusion face au combat fait rage. Mais plombée par une lenteur étouffante, la banalité du quotidien arborée dans ce drame de guerre est aussi ennuyeuse à vivre pour ses protagonistes qu’à suivre pour les spectateurs… Surtout que la mise en scène singeant le Iñárritu of the The Return est par de trop misérabiliste. Attention car tels les sudistes, l’ennui guette ! 🌿

City of Darkness

City of Darkness

Dans les années 80, le seul endroit de Hong Kong où la Loi Britannique ne s’appliquait pas était la redoutable Citadelle de Kowloon, une enclave livrée aux gangs et trafics en tous genre…

Cadencée par un Kenji Kawai en feu, cette bombe d’énergie où Self Cheang marche dans les pas du Tsui Hark of the Time and Tide and Stephen Chow of the Crazy Kung-Fu (les genres ne cessant de muter pour mieux rendre hommage au ciné HK de l’âge d’or), adapte le manhua éponyme non sans galvaniser un public friand d’arts martiaux. Car s’il est question de survie et d’une spirale vengeresse dans une jungle de béton hautement cinégénique, cette revisite épique et romanesque d’un épisode sombre de l’histoire de Hong Kong est surtout le prétexte à une tornade de bastons de hautes voltiges, renvoyant à la mémorable scène de la ruelle dans S.P.L. (réalisé par un Wilson Yip ici producteur). Dantesque ! 🌿🌿🌿🌿

Caught By The Tides

Caught By The Tides

Chine début des années 2000. Qiaoqiao et Bin vivent une histoire d’amour passionnée mais fragile. Quand Bin disparaît pour tenter sa chance dans une autre province, Qiaoqiao décide de partir à sa recherche…

Kaléidoscope de musiques, de sources, de formats, de textures, de cadences et de genres pour un beau portrait de femme tout en silences dans la Chine du XXIe siècle. Et sur plus de 20 ans, à la croisée du documentaire et de la fiction, la petite histoire si bouleversante rejoint la grande histoire d’une nation en constante mutation dans une longue déambulation au spleen planant. Gros coup de cœur ! 🌿🌿🌿🌿

Megalopolis

Megalopolis

La ville de New Rome doit absolument changer, ce qui crée un conflit majeur entre César Catilina, artiste de génie ayant le pouvoir d’arrêter le temps, et le maire archi-conservateur Franklyn Cicero. Le premier rêve d’un avenir utopique idéal alors que le second reste très attaché à un statu quo régressif protecteur de la cupidité, des privilèges et des milices privées. La fille du maire et jet-setteuse Julia Cicero, amoureuse de César Catilina, est tiraillée entre les deux hommes et devra découvrir ce qui lui semble le meilleur pour l’avenir de l’humanité.

Au carrefour du chef-d’œuvre et du nanar, cette audacieuse et expérimentale épopée babylonienne à la décadence somme toute Romaine fricote avec la fable futuriste adepte de soap opera. Et devant cette fresque tissée aux visions fulgurantes (pas toujours du meilleur goût) proches de la rêverie, des personnages symboliques (un casting royal) s’exprimant en langue théâtrale édifient un péplum postmoderne où, la puissance de l’art et les passions amoureuses font naître une humanité meilleure. Inclassable et démesurée dans tout ce qu’elle entreprend, cette œuvre d’une vie (pour Francis Ford Coppola) devrait gagner ses lettres (en alphabet latin) de noblesse avec le temps. Mais en attendant ce jour, veni, vide et sentiendum ! 🌿🌿🌿

In band

In band

Thibaut est un chef d’orchestre réputé. Atteint de leucémie, il se met en quête d’un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse. Apprenant à cette occasion qu’il est un enfant adopté, il découvre l’existence d’un frère aîné dans le Nord. Celui-ci, modeste employé, est aussi tromboniste dans une fanfare municipale en voie de dissolution.

Des notes de vivre ensemble et une symphonie de tendresse pour cette comédie sociale sur une fratrie retrouvée dont le tempo est donné par des acteurs en osmose (formidables Benjamin Lavernhe and Pierre Lottin). Le succès devrait être au rendez-vous lors de sa future représentation dans les salles ! 🌿🌿🌿🌿

The Substance

The Substance

AVEZ-VOUS DÉJÀ RÊVÉ D’UNE MEILLEURE VERSION DE VOUS-MÊME ? Vous devriez essayer ce nouveau produit : The Substance. ÇA A CHANGÉ MA VIE.

Alors que la quête de beauté éternelle mène au body horror qui tache, Coralie Fargeat vomit le strass du jeunisme hollywoodien. Et parvenant à « remplacer » les maîtres de l’horreur qu’elle convoque (à commencer bien évidemment par Cronenberg), c’est en Reine qu’elle s’impose dans un geyser de sang proprement cathartique. Monstrueuse et incroyablement jouissive, cette fable noire féministe qui assume pleinement sa part comique accouche de fait d’un classique du genre où le duo Moore/Qualley (qui ne sont qu’une) crève l’écran. Waouh !! 🌿🌿🌿🌿🌿

Horizon: An American saga - Chapter 1

Horizon: An American saga - Chapter 1

Sur une période de 15 ans avant et après la Guerre de Sécession. L’expansion vers l’Ouest est semée d’embûches qu’il s’agisse des éléments naturels, des interactions avec les peuples indigènes qui vivaient sur ces terres et de la détermination impitoyable de ceux qui cherchaient à les coloniser…

Avec son classicisme somme toute Fordien, l’ambitieuse saga sur la conquête de l’Ouest Horizon débute avec un premier segment en forme d’excellente exposition (trois voire quatre autres films de 3 heures suivront) qui sonne le retour du western à l’ancienne avec un casting 5 étoiles. Car dans le style des 90’s, alors que les coups de feu retentissent de nouveau dans la sierra et les grands sentiments s’installent à jamais dans le grand Ouest américain, cette fresque historique chorale (l’on y suit plusieurs destins durant l’expansion de la nation) faisant la part belle aux femmes sent bon le cuir des vaches et les grandes prairies. 🌿🌿🌿🌿

Emilia Pérez

Emilia Pérez

Rita, une avocate sous-estimée travaillant pour un grand cabinet d’avocats plus intéressé à faire sortir les criminels de prison qu’à les traduire en justice, est engagée par le chef d’une organisation criminelle.

Sur un sujet casse-gueule, Audiard fait son coming out ciné avec cette comédie musicale transgenre sur fond de cartels mexicains éblouie par la fougue du trio SaldanaGascónGomez. Et quand il aborde, non sans laisser vivre des numéros exaltants à la grande diversité musicale, les tragédies du Mexique (les disparitions et les féminicides), c’est pour mieux parler du féminin au travers de trois portraits de femmes aussi poignants qu’éclatants. Nul doute qu’un prix (mérité) lui sera remis ! 🌿🌿🌿🌿

The Apprentice

The Apprentice

Années 1970. Les jeunes années de l’entrepreneur immobilier, Donald Trump et sa relation avec l’homme politique, Roy Cohn.

Si elle est peut-être trop lisse pour son propre bien, cette origin story drôle et cruelle du « super-vilain » des États-Unis (ses débuts dans le business en tant que jeune promoteur), interprété par un Sebastian Stan dans un mimétisme troublant (qui a tout compris du langage corporel de Trump), voit, à travers une mise en scène scorsienne livrée derrière un vieux tube cathodique, comment un monstre façonné par deux Frankensteins (l’avocat Roy Cohn et le mannequin future épouse Ivana Zelníčková) va finalement les « tuer ». Car contrairement aux films super-héroiques, la réalité est faite de la victoire des tueurs ! 🌿🌿🌿

C'est pas moi

C'est pas moi

Pour une exposition qui n’a finalement pas eu lieu, le musée Pompidou avait demandé au cinéaste de répondre en images à la question : Où en êtes vous, Leos Carax ? Il tente une réponse, pleine d’interrogations. Sur lui, son monde. Je sais pas.

Une introspection brumeuse où Carax se raconte, à travers sa vision du monde et du cinéma, en entassant avec ou sans commentaires images d’archives, extraits de sa filmographie et intertitres. Que retenir de cette parenthèse expérimentale ? Un cri d’amour à Godard, un tacle deux pieds décollés à Polanski et qu’il n’y a pas de beau sans grain ! 🌿

Black Dog

Black Dog

Lang revient dans sa ville natale aux portes du désert de Gobi. Alors qu’il travaille pour la patrouille locale chargée de débarrasser la ville des chiens errants, il se lie d’amitié avec l’un d’entre eux. Une rencontre qui va marquer un nouveau départ pour ces deux âmes solitaires.

Dans une Chine en ruines, alors qu’un jeune homme adopte un chien errant, la charge contre le régime menée par son réal montre les réalités d’un pays déliquescent où, (très) loin de son image vendue à l’international, tout n’est qu’apocalypse… Ou presque. Et c’est là, au sein de décors singuliers (sublimés par une incroyable photographie sablonneuse) qui semblent parfois sortir d’un Mad Max, que l’incongru surgissant des décombres va animer une histoire de survie peuplée de magnifiques marginaux. Car plus que tout, telles ces deux créatures meurtries qui se reconstruisent sur le même chemin, il ne faut jamais renoncer et croire en un avenir (peut-être) meilleur. Bouleversant ! 🌿🌿🌿🌿🌿

Shrouds

Shrouds

Karsh, 50 ans, est un homme d’affaires renommé. Inconsolable depuis le décès de son épouse, il invente un système révolutionnaire et controversé, GraveTech, qui permet aux vivants de se connecter à leurs chers disparus dans leurs linceuls. Une nuit, plusieurs tombes, dont celle de sa femme, sont vandalisées. Karsh se met en quête des coupables.

S’il se crashe dans son enquête vaporeuse sur fond de théories du complot, Cronenberg livre son œuvre la plus personnelle où un Vincent Cassel glaçant, son avatar dans le suaire de son chagrin autobiographique, se lance dans une logorrhée neurasthénique pour sonder les étapes du deuil en regardant la mort en face. Mais si s’inventer des histoires peut apporter du réconfort a l’endeuillé quand l’absence de l’être aimé se fait insupportable, se refuser à laisser poindre toute émotion est criminelle… Du moins pour les spectateurs. De fait, nul doute que des ornements commémoratifs auraient facilité le recueillement sur ce sépulcre 2.0 froid comme la mort ! 🌿🌿

The Kingdom

The Kingdom

Corse, 1994. Lesia vit son premier été d’adolescente. Un jour, un homme fait irruption et la conduit à moto dans une villa isolée où elle retrouve son père, en planque, entouré de ses hommes. Une guerre éclate dans le milieu et l’étau se resserre autour du clan. La mort frappe. Commence alors une cavale au cours de laquelle père et fille vont apprendre à se regarder, à se comprendre et à s’aimer.

Dans le Valinco des années 90, alors que la guerre des clans fait rage, ce touchant road-movie où la mort fauche sans crier gare tisse avec sensibilité une relation filiale (entre un père et une fille interprétés par des acteurs non professionnels) en proximité directe avec une série de drames. Et alors qu’ils apprennent à se connaître dans la beauté déchirée du sud de la Corse, cette tragédie à hauteur d’enfant touche en plein cœur. Un premier film puissant ! 🌿🌿🌿

Anora

Anora

Le parcours d’une travailleuse du sexe entre New York et Las Vegas.

With a heart like this, this deconstruction of the American dream (with its degenerate ugly) where the spirit of the Coen brothers moves in with the Safdie, is an anti-Pretty Woman furibard qui débute comme un conte de fées trivial avant de virer au road-trip drolatique. Sensible, jouissif et enivrant, ce portrait étonnamment touchant d’une véritable bad ass (interprétée par la formidablement énergique Mikey Madison) s’impose comme le meilleur film de son réalisateur indé. J’ai trouvé ma Palme d’or ! 🌿🌿🌿🌿🌿

Parthenope

Parthenope

La vie de Parthénope de sa naissance dans les années 1950 à nos jours. Une épopée féminine dépourvue d’héroïsme mais éprise de liberté, de Naples, et d’amour. Les amours vraies, indicibles ou sans lendemain qui vous condamnent à la douleur mais qui vous font recommencer. Le parfait été à Capri d’une jeunesse insouciante malgré un horizon sans issue. Autour de Parthénope, les napolitains.

S’étendant des années 50 à nos jours, cette épopée féminine sur les mystères de la jeunesse (et de la ville de Naples), vus sous la posture de l’anthropologie, s’offre une esthétique (de cartes postales ?) aussi belle et sensuelle que sa divine héroïne. Mais ripoliné et s’abimant dans une vision surannée de la femme (comprendre celle du vieux mâle blanc), ce roman-photo à la frontière du sacré et du profane est aussi pompeux qu’éculé. Oui, The great beauty s’est noyée dans les eaux de la cité parthénopéenne ! 🌿🌿

Le Fil

Le Fil

Depuis qu’il a fait innocenter un meurtrier récidiviste, Maître Jean Monier ne prend plus de dossiers criminels. La rencontre avec Nicolas Milik, père de famille accusé du meurtre de sa femme, le touche et fait vaciller ses certitudes. Convaincu de l’innocence de son client, il est prêt à tout pour lui faire gagner son procès aux assises, retrouvant ainsi le sens de sa vocation.

Portrait d’un avocat de la défense (trop) dévoué en même temps que plaidoyer contre les convictions dans la procédure pénale (où le vrai reste inatteignable puisque sa perception est propre à chacun), ce film de procès (devant la cour d’assises) qui s’articule autour de la parole de ses acteurs (tous dans la justesse d’interprétation), entretient le doute jusqu’à l’éventuelle condamnation votée dans la chambre des délibérés… Qu’une résolution (inattendue ?) à double coups, preuve irréfutable permettant à cette œuvre de prétoire de se distinguer du tout-venant du genre, viendra chambouler le spectateur dans sa position de juré. J’accuse ! 🌿🌿🌿

Furiosa: Mad Max saga

Furiosa: Mad Max saga

As the world collapses, the young Furiosa falls into the hands of a horde of bikers led by the warlord Dementus. By crossing the Wasteland, they fall on the Citadelle presided over by Immortan Joe. As the two tyrants fight for domination, Furiosa has to survive many trials to find a way home.

Continuing to decline his obsessions while reinventing himself a fifth time, the mythical saga Mad Max Started in the 1980s, it's back on its way to Wasteland Fury Road, en construisant un monde superbement vaste et des enjeux émotionnels autrement plus profonds. Et s’il ne renouvelle pas le trip motorisé à la vélocité folle de son aîné, à raison au vu de l’ouverture de ses horizons, ce péplum mythologique post-nuke découpé en plusieurs chapitres est tout aussi généreux dans tout ce qu’il propose, même s’il laisse sur le bas-côté certaines pistes narratives. Plastiquement superbe malgré une étrangeté numérique plus marquée que par le passé, il faut dire aussi que la mise en scène favorise de furieuses envolées à la précédente métronomie du montage, il suit une magnétique Anya Taylor-Joy in his visceral vengeance against a magnificently pathetic Chris Hemsworth… Non sans croiser de virtuoses scènes d’action motorisées parvenant une nouvelle fois à se démarquer de ses prédécesseurs. Quand Ben-Hur visit the garage of Mad Max 2, Australian Home continue d’écrire sa légende où le jardin d’Eden brûle avant que l’Apocalypse ne se termine dans le silence. À 79 ans, il n’est visiblement pas prêt de lever le pied ! 🌿🌿🌿🌿🌿

Motel Destino

Motel Destino

Ceará, côte nord du Brésil. 30 degrés tout l’année. Chaque nuit, au Motel Destino, se jouent à l’ombre des regards de dangereux jeux de désir, de pouvoir et de violence. Un soir, l’arrivée du jeune Heraldo vient troubler les règles du motel.

Étreint par une photographie sous néons éprise de 16 mm (avec quelques infidélités pour le Super 8), ce thriller sexué à la chaleur étouffante évoque l’attirance des corps dans un coin paumé du Brésil. Mais alors que la tension investit peu à peu les lieux, l’intrigue est bien trop convenue pour être un véritable bon coup ! En passant, meilleur générique de fin de la sélection. 🌿🌿🌿

The Village Next to Paradise

The Village Next to Paradise

Dans un village perdu en plein désert somalien, Mamargade, un père célibataire, cumule les petits boulots pour survivre. Sa sœur Araweelo s’est réfugiée chez lui après une dispute conjugale turbulente. Le potentiel de Cigaal, le fils de Mamargade, est ignoré en raison de la situation au coeur de l’intimité de cette famille fragile. Mamargade et sa sœur se font confiance mais n’auraient pas choisi de vivre ensemble si les circonstances ne les y avaient pas contraints.

À travers l’intimité d’une famille (un père, sa sœur et son fils) en proie à la misère dans un quotidien incertain, c’est la tragédie du peuple somalien que Mo Harawe ausculte avec un formidable apaisement. Et si elle fait entendre l’un des cœurs blessés du monde contemporain, alors même que le souvenir des rêves n’est plus, cette véritable leçon de vie sans pittoresque (même si la séduisante photographie est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt) ni pathos facile aurait mérité de couper dans le gras (des longueurs de-ci de-là). Toutefois, nul doute qu’un nouveau talent vient d’émerger ! 🌿🌿🌿

Le Comte de Monte-Cristo

Le Comte de Monte-Cristo

Victime d’un complot, le jeune Edmond Dantès est arrêté le jour de son mariage pour un crime qu’il n’a pas commis. Après quatorze ans de détention au château d’If, il parvient à s’évader. Devenu immensément riche, il revient sous l’identité du comte de Monte-Cristo pour se venger des trois hommes qui l’ont trahi.

Deuxième partie du « Dumas Cinématique Univers » après le diptyque The Three Musketeers, la nouvelle adaptation du Comte de Monte Cristo permet à son héros torturé d’assouvir sa vengeance dans un grand divertissement populaire où tout n’est que grandiosité. Romanesque au possible et au service de ses personnages impérialement incarnés par un casting prestigieux (à commencer par un éloquent Pierre Niney dans la peau du célèbre Edmond Dantès), ce blockbuster made in France qui ménage son suspens tout du long est aussi enlevé (une cavalcade continue) que bien narré et visuellement chiadé (la photographie est superbe, la mise en scène ample et la reconstitution magnifique). Dans l’histoire du cinéma français, il y aura assurément un avant et un après le 28 juin prochain… 🌿🌿🌿🌿🌿

L’amour ouf

L’amour ouf

Les années 80, dans le nord de la France. Jackie et Clotaire grandissent entre les bancs du lycée et les docks du port. Elle étudie, il traine. Et puis leurs destins se croisent et c’est l’amour fou. La vie s’efforcera de les séparer mais rien n’y fait, ces deux-là sont comme les deux ventricules du même cœur…

Profondément éprise de cinéma (et certainement trop pour son propre bien), cette romance sur fond de film de gangsters, adaptée du roman éponyme de Neville Thompson, est une folle fresque rocambolesque aussi ambitieuse (une histoire d’amour étalée sur près de 20 ans) que violente faisant vibrer le cœur trois heures durant… Et même si peu nuancé et naïf, ce flirt entre Scorsese and West Side Story mû par une bande-son incroyable et prenant corps dans un casting XXL (comme tout le reste en fait), donne envie d’aimer plus que tout car le reste n’est rien ! 🌿🌿🌿🌿

All We Imagine As Light

All We Imagine As Light

Infirmière à Mumbai, Prabha voit son quotidien bouleversé lorsqu’elle reçoit un cadeau de la part de son mari qu’elle n’a pas vu depuis des années. De son côté, Anu, sa jeune colocataire, cherche en vain un endroit dans la ville pour partager un peu d’intimité avec son fiancé. À l’occasion d’un séjour dans une station balnéaire, pourront-elles enfin laisser leurs désirs s’exprimer ?

Un portrait de femmes fortes dans la cité (pluvieuse, bleue et joliment texturée) des illusions qui critique sans équivoque les carcans emprisonnant les femmes en Inde. Mais dans cette rêverie sociale éveillée où l’émancipation des femmes est en marche, la contemplation éthérée perd dans sa quête de liberté toute forme d’émotion… Si ce n’est un ennui poli ! 🌿🌿

Grand Tour

Grand Tour

1917, à Rangoon en Birmanie. Edward, employé par l’Empire britannique, s’enfuit le jour où il devait épouser sa fiancée Molly. Au cours de son voyage, la panique cède la place à la mélancolie. Contemplant le vide de son existence, le lâche Edward se demande ce qu’il est advenu de Molly… Pendant ce temps, Molly reste déterminée à se marier et part à la recherche d’Edward à travers l’Asie.

Dans un sublime écrin noir et blanc, c’est à un voyage expérimental (où il est facile de se perdre) au cœur de l’Asie d’hier (le drame d’époque) et d’aujourd’hui (le documentaire voyeuriste) que Miguel Gomes nous convie. Et tel le marionnettiste d’un nang talung, c’est en contant un languissant jeu du chat et de la souris romantique (un simple prétexte) qu’il pose un regard réflexif sur le colonialisme. Pour qui aura le courage de gravir la lenteur et la monotonie de ce trip polyglotte itinérant, l’envie de suivre celui qui fuit sera récompensée ! 🌿🌿🌿

Seeds of the wild fig tree

Seeds of the wild fig tree

Dans un Téhéran secoué par des troubles politiques et sociaux. Le juge d’instruction Iman découvre que son arme a disparu, il soupçonne sa femme et ses filles, imposant des mesures draconiennes qui mettent à rude épreuve les liens familiaux.

Voilée sous un oppressant climat paranoïaque, cette anatomie d’une lutte qui déconstruit le régime iranien au sein même d’une famille mélange les genres avec virtuosité (drame familial, thriller psychologique et vigilante movie) pour mettre en lumière la révolte courageuse des femmes dans un État archaïque en cours d’effondrement. Et alors que la pression quotidienne subie par les femmes surgit à l’intérieur du « cocon » familial, la dernière ligne droite appelle à ne jamais céder face à l’oppression (ici patriarcale et dictatoriale). Un Prix d’interprétation féminine pour le trio féminin (donc collectif) aurait été le minimum… 🌿🌿🌿🌿🌿

She's Got No Name

She's Got No Name

La souffrance d’une femme est à l’origine de la révolution des droits sociaux des femmes en Chine.

Inspiré d’un fait divers et marquant le retour sur le devant de la scène de Zhang Ziyi (Tiger and Dragon), ce mélodrame se déroulant dans le Shanghai des années 40 occupé par le Japon suit le destin d’une femme accusée d’avoir tué puis démembré son mari. Un peu trop scolaire et ralenti par quelques longueurs, ce film d’époque à l’ancienne n’en reste pas moins captivant puisque sondant l’origine de l’acte en même temps que l’évolution politique du pays. Et quand la République populaire de Chine est proclamée, la pertinence contemporaine du propos met un point final à ce que les femmes victimes de violences domestiques, peu importe leur classe sociale, soit entendues. Plus qu’une métaphore, un message fort rempli d’espoir pour la société moderne. 🌿🌿🌿

Norah

Norah

Dans un petit village saoudien isolé des années 90. Nader, un nouveau professeur d’école et artiste secret, arrive au village et rencontre Norah, une jeune femme qui réveille la créativité en lui et l’inspire à peindre à nouveau. Au péril de leur vie, ils développent une connexion délicate et un lien discret.

Engagé et empli de délicatesse, ce récit de tentative d’émancipation dans un bourg paumé du désert d’Arabie saoudite dessine (littéralement) le portrait d’une femme désireuse d’ouvrir ses horizons (limités au maximum par les hommes de sa tribu) quand la culture et l’éducation, représentées par un instituteur qui va lui permettre de contourner les interdits, vont bousculer son quotidien. Dans un pays où le statut des femmes figure parmi les plus répressifs du monde, tout juste considérées comme des inférieures soumises au bon vouloir économique de leurs pères, frères et maris, cette courageuse peinture s’apparente à un geste politique fort se devant d’être exposée aux yeux de tous ! 🌿🌿🌿🌿

Niki

Niki

Paris 1952, Niki s’est installée en France avec son mari et sa fille loin d’une Amérique et d’une famille étouffantes. Mais malgré la distance, Niki se voit régulièrement ébranlée par des réminiscences de son enfance qui envahissent ses pensées. Depuis l’enfer qu’elle va découvrir, Niki trouvera dans l’art une arme pour se libérer.

En trois chapitres, ce biopic sensible sur le début de carrière de la plasticienne Niki de Saint Phalle sonde les tourments d’une artiste dont l’art a été la thérapie. Un portrait cathartique animé par une exceptionnelle Charlotte Le Bon (de tous les plans) qui, sans jamais représenter ses œuvres à l’écran, préfère nous exposer (derrière une mise en scène délicate) comment cette artiste victime d’inceste a su trouver les armes (son art) pour se défendre après les avoir planquées (stricto sensu) sous son lit. La fin est un peu expéditive par contre. 🌿🌿🌿

La plus précieuse des marchandises

La plus précieuse des marchandises

Il était une fois une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron qui vivaient au fond d’une forêt polonaise. Pauvre bûcheronne se lamentait de ne pas avoir d’enfants. Un jour que pauvre bûcheronne regardait passer un train qu’elle croyait être de marchandises, un paquet en fut éjecté et tomba dans la neige. Comme un don du ciel, cette petite marchandise s’avéra être celle qu’elle attendait avec tant de ferveur. Une enfant.

Alors qu’il traite du devoir de mémoire, ce film d’animation de toute beauté (dont les traits évoquent l’encre des livres) conte pour la postérité l’horreur de la Shoah avec une infinie justesse. Et c’est en réduisant ses dialogues au strict minimum pour que la déchirante poésie de ses images ne fasse plus qu’une avec les violons de Desplat, que ce beau drame profondément humain et porteur d’espoirs (malgré la tristesse ambiante) touche au cœur… Que tout le monde a ! 🌿🌿🌿🌿

Les palmarès

In Competition
Palm gold : Anora de Sean Baker
Grand Prix : All We Imagine as Light de Payal Kapadia
Award for staging : Miguel Gomes pour Grand Tour
Jury Prize : Emilia Pérez de Jacques Audiard
Prix spécial : Seeds of the wild fig tree (دانه انجیر مقدس) de Mohammad Rasoulof
Scenario price : Coralie Fargeat pour The Substance
Price of female interpretation : Zoe Saldaña, Selena Gomez, Karla Sofía Gascón et Adriana Paz dans Emilia Pérez
Price of male interpretation : Jesse Plemons in Kinds of Kindness
Golden camera : Armand de Halfdan Ullmann Tøndel
Mention spéciale de la Caméra d’or : Mongrel de Chiang Wei Liang et You Qiao Yin
Palme d’or du court métrage : The Man Who Could Not Remain Silent de Nebojsa Slijepčević
Mention spéciale du court-métrage : Bad for a Moment de Daniel Soares

L’Œil d’or
Ernest Cole, photographe (Ernest Cole, Lost and Found) de Raoul Peck et Les Filles du Nil (Rafaat einy ll sama) de Nada Riyadh et Ayman El Amir

A Certain Look
Un Certain Regard Prize : Black Dog de Guan Hu
Jury Prize : L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine
Meilleure réalisation : Les Damnés de Roberto Minervini et On Becoming a Guinea Fowl de Rungano Nyoni
Meilleur acteur : Abou Sangaré dans L’Histoire de Souleymane
Meilleure actrice : Anasuya Sengupta dans The Shameless
Youth Prize : Vingt Dieux ! de Louise Courvoisier
Special mention : Norah de Tawfik Alzaidi

Semaine de la Critique
Grand Prix : Simon de la montaña de Federico Luis
Prix French Touch du Jury : Blue Sun Palace de Constance Tsang
Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation : Ricardo Teodoro dans Baby de Marcelo Caetano
Gan Foundation Award for Broadcast : Jour2Fête, distributeur français de Julie Keeps Quiet
Prix SACD : Leonardo Van Dijl et Ruth Becquart pour Julie Keeps Quiet
Prix Découverte Leitz Cine : Montsouris de Guil Sela
Prix Canal+ : Absent (Noksan) de Cem Demirer

Queer Palm
Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde (Trei Kilometri Pana La Capatul Lumii) de Emanuel Pârvu

Le Prix de la citoyenneté
Bird de Andrea Arnold

Prix Afcaé
Seeds of the wild fig tree (دانه انجیر مقدس) de Mohammad Rasoulof

Prix du cinéma positif
La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius

La Palm Dog
Palm Dog : Kodi dans Le Procès du chien
Grand Prix du Jury : Xin dans Black Dog

La Quinzaine des Cinéastes
Carrosse d’or : Andrea Arnold
Prix SACD : Ma vie, ma gueule de Sophie Fillières
Label Cinema Europa : Septembre sans attendre de Jonás Trueba

Nyctalope like Riddick and with a very good hearing, I am ready to jump on physical editions and SVOD platforms. But if the quality isn't on the rendezvous, stop at the bite! #WeLovePhysicalMedia

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[…] de la libération des corps. Retrouvez notre podcast bilan en fin d’article en plus de l’après-séance complet des films […]

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[…] dans la sélection Un Certain Regard du festival de Cannes 2024, Le Royaume de Julien Colonna est (encore) visible en salles. Doublet gagnant de films corses avec […]

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[…] lors de la 77e édition du Festival de Cannes, Les Linceuls de David Cronenberg y avait reçu un accueil plus que tiède. Un an plus tard, lors […]

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